La romanisation du wu s'inscrit dans le cadre général des méthodes de transcription phonétique des langues chinoises au moyen des caractères latins. Celles-ci se comptent par dizaines, depuis les premiers essais de Matteo Ricci au début du .

Depuis le , où elle a reçu l'approbation de la cinquième session du premier Congrès du peuple, il existe une méthode standard de transcription du chinois en caractères latins, qui est le Hanyu pinyin, dont la base légale a été officialisée en 2001 par la Loi sur la langue nationale communeLoi sur la langue et l’écriture communes nationales de la République populaire de Chine (2001). Le pinyin, en effet, est un outil destiné à travailler à la convergence du chinois vers une langue commune, le putonghua, en étant un système de romanisation du mandarin.

La question de la romanisation d'autres langues ou dialectes chinois n'est donc pas résolue, bien au contraire, par le recours au pinyin. Ainsi, le wu, parlé dans une grande partie de la province du Zhejiang, la municipalité de Shanghai, le sud de la province du Jiangsu, ainsi que dans des petites parties des provinces de l'Anhui, du Jiangxi et du Fujian, par une population totale de près de 100 millions de locuteurs, n'a-t-il pas de transcription phonétique en caractères latins adaptée à ses particularités, d'autant que ces transcriptions spécifiques se heurtent à l'hostilité des autorités chinoises.

C'est pourquoi il existe aujourd'hui plusieurs systèmes de transcription du wu concurrents, plus ou moins populaires ou, au contraire, avortés, qui peuvent être centrés sur telle ou telle variante de wu, comme le shanghaïen. Cette prolifération anarchique provient de l'absence de soutien des autorités d'une part, de l'importance des enjeux de l'autre : défense de la langue, mais aussi codage informatique des sinogrammes à partir de la transcription phonétique que constitue la romanisation.

Problématique de la transcription phonétique du wu

Particularités phonétiques du wu par rapport au mandarin thumb|right|Lin Yutang, un pionnier de la romanisation des tons du chinois. Les consonnes Le wu est une langue chinoise qui possède des consonnes voisées comme d, g, b, etc. (le cantonais et le mandarin n'en ont pas).

Les tons Le pinyin, conçu pour le mandarin dans l'optique d'une convergence vers le putonghua, n'est pas du tout adapté aux langues wu, ne serait-ce qu'à cause de la question des tons : le mandarin a 4 tons + le ton neutre, les langues wu en ont (ou en ont eu) jusqu'à 8, le shanghaïen en a 5. De plus, ce ne sont pas les mêmes qu'en mandarin.

D'autre part, le wu exécute couramment des liaisons tonales entre les mots. La règle de base en est que les tons syllabiques sont changés pour que la phrase soit facile à prononcer. C'est pour cela qu'il est parfois dit que le wu n'est pas réellement une langue tonale (par rapport aux autres langues chinoises dont les tons doivent être soigneusement prononcés sous peine d'inintelligibilité).

Les différents dialectes wu

Les dialectes nord et sud du wu ne sont pas mutuellement intelligibles. Le wu est divisé en six groupes de dialectes : le taihu (), parlé dans une grande partie du sud du Jiangsu du nord du Zhejiang, en incluant Shanghai, Suzhou, Changzhou, Hangzhou, Ningbo, Shaoxing, etc., le taizhou (), parlé dans et autour de Taizhou, dans le Zhejiang ; le oujiang () / Dong'ou ():, parlé dans et autour de Wenzhou, dans le Zhejiang ; le wuzhou (), parlé dans et autour de Jinhua, dans le Zhejiang ; le chu qu (), parlé dans et autour de Lishui et de Quzhou, dans le Zhejiang ; le xuanzhou (), parlé dans et autour de Xuancheng, dans l'Anhui.

À l'intérieur même d'une zone dialectale, les différents locuteurs vont se comprendre, mais les prononciations peuvent être parfois assez différentes. Ainsi, la prononciation du taihu d'un habitant de Ningbo pourra-t-elle provoquer l'hilarité de quelqu'un de ShanghaiWm. C. Hannas, Asia's orthographic dilemma; .

Enjeux de la romanisation du wu

Défense du wu en tant que langue distincte

La problématique ici semble être double : d'une part, obtenir pour la langue wu une romanisation adaptée à ses particularités phonétiques ; d'autre part, s'efforcer de fédérer et de rassembler autant de locuteurs du wu que possible autour d'une méthode wu unique.

Codage informatique

Un rôle essentiel de la romanisation des langues en général est de permettre, à partir de la saisie en informatique de la prononciation ainsi romanisée, d'obtenir les sinogrammes correspondants.

En réalité, compte tenu de la multiplicité du nombre de sinogrammes possibles à partir d'une même romanisation (même en tenant compte des tons), l'informatique propose en fait les différents sinogrammes possibles correspondant à la prononciation ainsi saisie.

Position du gouvernement face aux transcriptions du wu

Ayant pour politique la convergence à terme des différentes langues chinoises vers une langue nationale commune, le putonghua, les autorités chinoises voient d'un mauvais œil toute tentative d'utiliser autre chose que le pinyin pour transcrire phonétiquement les langues wu, et ceci, bien qu'il n'y soit pas adapté.

Ainsi, les sites étrangers proposant sur internet des méthodes de romanisation sont-ils habituellement bloqués en Chine. Ceux qui existent en Chine sont étroitement encadrés et contrôlés, et peuvent être fermés à tout moment.

Les différentes méthodes de romanisation du wu

Du fait de l'absence de toute ligne directrice officielle en dehors du pinyin, voire de l'hostilité des autorités vis-à-vis de toute romanisation propre au wu, les romanisations du wu se sont développées de façon anarchique, non coordonnée et même concurrente, chacune s'efforçant de faire prévaloir son point de vue en soulignant les insuffisances des autres systèmes.

La situation est rendue plus complexe par le nombre de formes dialectales diverses présenté par la langue wu, par la nécessité de prendre en compte les problèmes de codage informatique, et également par les connaissances déjà existantes dans la population, qu'il s'agisse du pinyin, ou de l'anglais et de sa prononciation, ou du français et de sa prononciation (ce dernier cas est celui du fawu).

Romanisation du shanghaïen Rien que pour le shanghaïen, il existe une douzaine de méthodes de romanisation différentes, parmi lesquelles on compte : Romanisation du shanghaïen dite Fawu (« façon française ») ; prend en compte les spécificités phonétiques du shanghaïen, et permet l'encodage informatique à partir du shanghaïen. Romanisations du shanghaïen sur la base du pinyin : la plus répandue est celle mise au point par Qiang Nairong.

Autres méthodes Autres méthodes : Méthode des missionnaires français, réalisée par le Père Josephe de LapparenceLe Père A. Bougeois, Grammaire du Dialecte de Changhai 1941, Page IV., notamment adoptée par le Père A. Bourgeois un missionnaire français pour ses nombreux travaux, se base sur l'orthographe français, emploie ' pour indiquer l'aspiration, eû pour , ang, ong pour , . Méthode d'Edkins, réalisée par Joseph Edkins un missionnaire anglais, emploie ' pour indiquer l'aspiration, pour et pour , -h pour les voyelles courtes, -ng pour les voyelles nasales. Les missionnaires anglais et américains ont réalisée plusieurs romanisations du shanghaïen, mais cela est plus connue, grâce aux données importantes de Monsieur Edkins. Latinxua Sin Wenz du wu(), réalisée par Qu Qiubai, se base sur le Latinxua Sin Wenz. Méthode du professeur Zhao Yuanren , réalisée par Zhao Yuanren, se base sur le Gwoyeu Romatzyh. Méthode du professeur Ruan Henghui , se base sur le pinyin. Méthode du professeur Tang Zhixiang la méthode du Tang, très spécifique, car elle fait appel simultanément à l'anglais, à l'IPA et au pinyin. Méthode du professeur Zhu Xiaonong , comme cela du Tang, mélange l'orthographe anglaise, le pinyin et l'API.

Méthode fawu de romanisation du shanghaïen

Parlé par environ 15 millions de personnesShanghainese (上海闲话 / Zanhe-ëwo), sur omniglot.com (consulté le 17 février 2010), le shanghaïen est un des « dialectes » wu les plus importants, car, avec le développement de la ville, il a pris le pas sur le wu parlé à Suzhou, autrefois le dialecte wu le plus notoire.

Sa romanisation, en chinois 吳語拉丁式注音法, est connue du public sous le nom de fawu, « la façon française »La deuxième ligne veut dire « Romanisation du shanghaïen », appelée 法吴 (« méthode shanghaïenne ») par les internautes »., parce qu'il a emprunté des orthographes françaises qui sont plus adaptées.

Ce système est ouvert à tout le monde (la déclaration c.f.《上海吴语手册》P2:上海吴语注音法是向所有个人和团体开放的。).

Présentation Bien qu'aux yeux du gouvernement chinois, le shanghaïen ne soit qu'un dialecte chinois, la phonétique du shanghaïen et celle du mandarin parlé à Pékin (le chinois standard) sont essentiellement différentes.

Un tiers de consonnes initiales (声母, shangmu), telles les consonnes sonores, un tiers de rimes (韵母 yunmu) c'est-à-dire des voyelles avec ou sans consonne finale, ainsi que les voyelles finies par les occlusives (/ʔ/) et /ø/ (eux en français) du shanghaïen ne sont pas employées par le mandarin. Globalement, la moitié des syllabes shanghaïennes n'ont pas de correspondance en mandarin. La romanisation du mandarin ne peut pas indiquer la prononciation du shanghaïenComparer la phonétique du mandarin et celui du shanghaïen..

L'étude du Shanghaïen n'existe pas, car le wu chinois n'a pas obtenu le statut de langue en Chine. Les participants d'un mouvement protecteur du shanghaïen se sont rendu compte qu'une romanisation du shanghaïen est indispensable. Le rôle de cette romanisation est essentiellement de faciliter l'enseignement du shanghaïen, et de coder les caractères chinois selon les prononciations shanghaïennes pour écrire le wu chinois dans l'ordinateur, éventuellement pour transcrire le shanghaïen en langue occidentale, qui permette de montrer une existence de cette langue dans le monde extérieur.

Le dialecte shanghaïen ABC (上海闲话abc) initiateur du mouvement protecteur des dialectes chinois est également la seule personne mentionnée par le ministère d'éducation comme un opposant vis-à-vis de la politique linguistique en 2005 在论坛上有一个叫上海闲话ABC的,不知道真名是谁。, a lancé un projet de romanisation du shanghaïen en 2001La nécessité d'une romanisation du shanghaïen., après quelques petites modifications « la méthode phonétique latine de shanghaïen » définitivement formée en 2003.

Pour faciliter l'enseignement, le premier dictionnaire de shanghaïen sur Internet emploie cette romanisationP14, c'est l'édition 2006, il existe l'édition 2004.

En 2003, la première méthode d'encodage du chinois sur ordinateur du shanghaïen吳語注音法 est réalisée sur la base du Fawu « La méthode phonétique latine de shanghaïen » par M. ZXC 郑晓钧:“上海话输入法”开发者, un partisan. Ce logiciel a gagné sa popularité上海吴语注音输入法 http://down.tech.sina.com.cn/content/40553.html http://dl.pconline.com.cn/download/51424.html http://download.pchome.net/utility/lan/ime/detail-140158.html http://www.greendown.cn/soft/11181.html http://download.it168.com/400/410/81488/index.shtml http://www.d9down.com/download/5643.html http://www.mumayi.com/downinfo/4920.html http://download.pchome.net/utility/lan/ime/download-140158.html http://www.52cv.com/52soft/52cvsoft-1731.htm http://www.wangtam.com/50226711/aeeee_154951.php http://www.happydown.com/soft/soft/38211.htm http://www.down117.com/Soft_info/Soft_info_14742.html http://www.cngr.cn/dir/209/258/2008072932649.html.

Prononciations des initiales Romanisation Shanghaien|| Exemples || IPA|| Explication |- ||b||跑步bobû|| || b, comme bible |- ||p||宝贝pôpê|| || p non aspiré, comme papier. |- ||ph||乒乓phinphan|| || p aspiré, comme prope. |- ||v||文物venveq|| || comme en français. |- ||f||方法fanfaq|| || comme en français. |- ||vh||朆vhen || || la consonnes spirantes (approximantes) et assourdie de V. un seul mot. |- ||m||眉毛mimo || || comme en français. |- ||mh||猫咪mhomhi|| || la dévoisée d' m|-