La rue de Montmorency est une rue du de Paris, dans le quartier du Marais.
Situation et accès Cette rue prend naissance rue du Temple et se termine à hauteur du 212, rue Saint-Martin.
Ce site est desservi par les stations de métro Arts et Métiers et Rambuteau.
Origine du nom La rue porte le nom d’une des plus importantes familles du Marais de la Renaissance, les Montmorency qui y ont eu leur hôtel jusqu'au milieu du quatorzième siècle.
Historique La rue de Montmorency est ouverte au lors du lotissement des terres du prieuré Saint-Martin-des-Champs (actuel Conservatoire national des arts et métiers) créant le quartier du bourg Saint-Martin-des-Champs.
Cette voie résulte de la réunion de deux rues : La partie située entre les rues Saint-Martin et Beaubourg était nommée, dès le , « rue du Seigneur de Montmorency ». La partie située entre les rues Beaubourg et du Temple était, en 1328, la « ruelle au Villain » (nom dû à l’orfèvre Guillaume Villain qui habitait une maison qui s’étendait de la rue Michel-le-Comte à cette rue). Elle s'est nommée « rue Cour-au-Villain », par corruption de « Courtauvillain », avant de prendre en 1768 son nom actuelExtrait de la nomenclature officielle des voies de Paris..
Elle est citée sous le nom de « rue Courtau villain », pour une partie, et « rue de Montmorency ». Pour une autre partie, dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique : .
Débaptisée pendant la Révolution française, la rue de Montmorency devient, jusqu'en 1806, la « rue de la Réunion. », du nom que portait la section où elle est située.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire La rue de Montmorency est assez représentative des rues anciennes du cœur de Paris. Elle y abrite une des plus vieilles maisons de la ville.
: emplacement d’un hôtel particulier où Marie-Madeleine de Castille et Nicolas Fouquet vécurent de 1651 à 1658. Elle lui avait apporté en dot ce vaste ensemble situé dans la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, au coin des futures rues Michel-le-Comte, du Temple et de Montmorency. Cet hôtel particulier a appartenu jusqu'en 1624 à la famille de Montmorency. Nicolas Fouquet a été nommé par Anne d'Autriche surintendant des finances en 1653. Théophile de Viau y séjourna également. Une fontaine néoclassique est encore visible dans le jardin de l’actuel hôtel Thiroux de Lailly, souvent appelé Hôtel de Montmorency. Moyse Blien y séjourna en 1755. 6 : porche Louis-Philippe. La chanteuse Lio, Joseph Morder et Robi Morder y ont habité. De 2000 à 2006 y a vécu et travaillé la peintre iranienne Zohreh Eskandari. 8 : madame de Sévigné y habita de 1676 à 1677. 10 : s'y trouvait une imprimerie, La Ruche ouvrière, fondée après la Seconde Guerre mondiale par Yervant Aprahamiant (vers 1900-1972) qui était en étroite relation avec les libertaires espagnols, bulgares, italiens, français et russes, et plus particulièrement avec Nestor Makhno et Voline. L’imprimerie dont il est le gérant adopte la forme d'une coopérative ouvrière. De nombreux tracts, affiches, journaux, brochures et livres édités par les libertaires français, bulgares et espagnols y sont imprimés. Un incendie a détruit l'immeuble en 1980, et il a été reconstruit ensuite. 16 : y a vécu la famille Wulfman. Maurice Wulfman échappe à la rafle du en passant par la cave qui communiquait alors avec la rue Chapon. 17 bis : porte du jardin de l'hôtel d'Hallwyll. 19 (ex-) : Berthet et Peret, ébénistes, y travaillèrent de 1856 à 1864. Pierre Prins et Lucienne Prins y tinrent un magasin de parapluie familial où la communarde André Léo y fut cachée lors de la fin de la Commune avant d’émigrer en Suisse. 40 : s'y trouvait l'atelier de gravure de Charles Brennus (1859-1943), graveur du bouclier de Brennus, trophée du championnat de France de rugby à XV. : emplacement de l'église du couvent des Carmélites de la rue Chapon 51 : maison de Nicolas Flamel, construite par Nicolas Flamel pour accueillir les pauvres, autrefois dite « au grand pignon ». Bâtie en 1407 et classée monument historique, il s'agirait de la plus ancienne maison de Paris. À la fin du , on commença à écrire, faussement, que Flamel, libraire-juré de l'UniversitéJuré parce qu'il devait prêter serment à l'université de Paris. était un alchimiste qui détenait le secret de la pierre philosophale, permettant de changer les métaux en or. Des images gravées ont été mises au jour à l'occasion de travaux . Sur la façade de l'édifice, on peut encore lire cette inscription : Cette fondation pieuse comportait un mur pignon, aujourd'hui disparu. Les deux premiers étages subsistent et conservent leur décoration originelle : l'inscription gothique mentionnée plus haut, ainsi que les piliers moulurés du soubassement et les décors d'anges et de colonnettes. Sur les deuxième et cinquième piliers sont gravées les initiales « NF » en hommage au fondateur du lieu. Cette décoration semble être l'œuvre d'un graveur funéraire du cimetière voisin de Saint-Nicolas-des-Champs. Cette maison a fait l'objet de nouvelles restaurations en juin 2007 et est de nos jours un restaurant. Elle était jadis occupée par deux boutiques.
Située dans le quartier Beaubourg, non loin du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, et comptant de nombreux immeubles anciens de style et des hôtels particuliers, la rue de Montmorency accueille aujourd'hui des galeries d'art contemporain.
Dans la fiction Des scènes du film Et soudain, tout le monde me manque (2010) de Jennifer Devoldère ont été tournées aux 41 et 43, rue de Montmorency (galerie Anne de Villepoix). Le roman Rhum de Blaise Cendrars a pour cadre une fonderie de briques au 14, rue de Montmorency. La plupart des films de Joseph Morder ont comporté au moins une scène au , parmi lesquels L'Épicier en 1972, avec l'épicier Anser et l'acteur algérien Mohamed Zineh, Casa Morales, La Reine de Trinidad.
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie . Marcel Aubert, « La maison dite “de Nicolas Flamel”, rue Montmorency à Paris », in Bulletin monumental, , 1912, . Catherine Brut et Valentine Weiss, « La maison de Nicolas Flamel, la plus ancienne demeure conservée de Paris », in Les Dossiers d'archéologie, , septembre-, . Lucien Lambeau, « La maison de Nicolas Flamel, située rue Montmorency, 51 », in La Cité, , 1918, . Philippe Plagnieux et Valentine Weiss, « Maison de Nicolas Flamel », in La Demeure médiévale à Paris, [répertoire sélectif des principaux hôtels], Paris, Archives nationales, 2012, , et dans La Demeure médiévale à Paris, Paris Archives nationales, Somogy, 2012, . Étienne-François Villain, Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme, recueillie d'actes anciens qui justifient l'origine et la médiocrité de leur fortune contre les imputations des alchimistes ; on y a joint le testament de Pernelle et plusieurs autres pièces intéressantes, Paris, G. Desprez, 1761, . Archives Morlock - Forum des images. Napoléon Chaix, Paris guide, 1807, Librairie internationale. Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, notice « Maurice Wulfman ».
Iconographie Charles Lansiaux, La Maison de Nicolas Flamel, 1916, photographie, Département d'histoire de l'architecture et de l'archéologie de la Ville de Paris/Commission du vieux Paris.
Articles connexes Liste des voies du de Paris Le Marais (quartier parisien) Conservatoire national des arts et métiers Nicolas Flamel
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
Catégorie:Rue dans le 3e arrondissement de Paris Catégorie:Le Marais Catégorie:Voie citée dans rues de Paris en 1636