Les Îles Salomon . (), parfois simplement appelées les Salomon, sont un État de Mélanésie situé à l’est-sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. C'est une monarchie constitutionnelle et parlementaire membre du Commonwealth.

Les îles qui composent ce pays se trouvent essentiellement dans l’océan Pacifique, en mer des Salomon et en mer de Corail (îles Santa Cruz et îles Duff).. Cet État mélanésien est constitué d’une douzaine d’îles principales et de près d’un millier d’îles plus petites réparties sur trois archipels : l’archipel des îles Salomon pour la plus grande partie du pays, les îles Santa Cruz et les îles Duff pour la province de Temotu..

Cet État de Mélanésie conserve encore son nom colonial, contrairement au Vanuatu, voisin, qui s’appelait avant 1980 les Nouvelles-Hébrides. Il doit faire face à d’importantes difficultés économiques et politiques depuis son indépendance.

Histoire

Archipel de l’Océanie proche (c’est-à-dire des îles qui, pour la plupart, sont intervisibles, ce qui facilite la navigation entre elles), il est peuplé dès la première phase d’expansion de la culture océanienne Lapita, par des populations qualifiées sans doute à tort de Mélanésiennes par Jules Dumont d'Urville en 1831 parce qu’elles sont d’étroites parentes de toutes les populations austronésiennes voisines, et dont rien, du point de vue linguistique et culturel, ne les distingue. Plus proches du foyer initial (situé dans les îles de l'Amirauté), elles sont sans doute parmi les plus fragmentées, surtout du point de vue linguistique. En revanche, aucune parenté étroite n’existe avec les Papous.

Le Royaume-Uni établit un protectorat sur les îles Salomon dans les années 1890, dans le cadre de la Commission du Pacifique occidental, et face à l’expansion coloniale allemande dans cette région notamment en Nouvelle-Guinée et aux Samoa.

De très durs combats ont lieu dans ces îles entre les États-Unis et le Japon durant la Seconde Guerre mondiale (Campagne des îles Salomon).

L’autonomie est accordée le et l’indépendance est proclamée le . Peter Kenilorea devient le premier dirigeant du pays.

En 1986, l’archipel fait appel à l’aide internationale après avoir été dévasté par un cyclone tropical.

A la fin des années 90, les Îles Salomon sont plongé dans des violences et guérilla ethnique mener entre les Forces de l'Aigle de Malaita et le Mouvement pour la liberté d'Isatabu.

En , le gouverneur général des Salomon demande officiellement l’aide internationale.

Un important contingent international de sécurité, baptisé RAMSI, commandé par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, composé de soldats et de policiers, et avec des représentants d’une vingtaine d’autres nations du Pacifique dont les Tonga, les Fidji et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, commence à se déployer en , sous le nom d’opération « Helpem Fren » (terme signifiant « aider un ami » en pidgin local). Cette force régionale d’assistance est aujourd’hui contestée. Michael Maina, le ministre salomonais de la Police, estime début 2005 que cette force doit être passée en revue en raison de « graves carences ». En revanche, Peter Noble, un Néo-Zélandais, adjoint au « coordinateur spécial » de la RAMSI, quitte ses fonctions en étant chaleureusement félicité par le Premier ministre sir Allan Kemakeza. Le coordinateur suivant est un Australien, James Batley, un diplomate de carrière.

La mort d’un jeune policier australien, abattu par balles début , provoque l’envoi d’une compagnie d’une centaine d’hommes.

Le , l’archipel est frappé par un violent séisme suivi d’un tsunami (séisme de 2007 aux Îles Salomon). Un nouveau séisme, de magnitude Mw 8, frappe le pays le (Séisme de 2013 aux Îles Salomon).

Les problèmes actuels qui mettent en cause la viabilité de cet archipel sont, entre autres : le déficit budgétaire, la déforestation et le paludisme. Le mécontentement continu de la population mène à un arrêt presque complet de l’activité normale ; les fonctionnaires restent impayés pendant des mois et les réunions du cabinet doivent être tenues dans le secret pour empêcher des seigneurs de guerre locaux de s’y mêler.

En 2017, les Îles Salomon signent avec l’Australie un traité de sécurité bilatéral..

En éclatent des émeutes motivées par les difficultés économiques, leur aggravation par la pandémie de Covid-19 et par la rivalité entre les îles de Malaita, qui se considèrent abandonnées et de Guadalcanal, siège de la capitale Honiara. Elles visent notamment le quartier chinois de celle-ci, les tensions s’étant aggravées en 2019 lorsque le gouvernement décide de reconnaître la Chine et non plus Taïwan..

En , la Chine annonce avoir signé un accord de sécurité avec les îles Salomon, ce qui fait craindre à l’Australie et aux États-Unis l’implantation de bases militaires chinoises..

Politique

Les Îles Salomon sont une démocratie parlementaire fondée sur le système de Westminster . Les Îles Salomon étant l’un des quinze royaumes du Commonwealth, le chef d’État est actuellement Charles III. La monarchie salomonaise se trouve en état d’union personnelle avec la monarchie britannique, le monarque britannique portant ainsi la Couronne salomonaise. Les fonctions du monarque, en son absence, sont délégués à un gouverneur général, nommé par le roi sur recommandation du Parlement. Les fonctions du monarque et du gouverneur général sont cérémonielles et symboliques.

Le chef du gouvernement est un Premier ministre, élu par le Parlement, et qui gouverne tant qu’il dispose du soutien d’une majorité des députés.

Le Parlement national est un organe monocaméral composé de cinquante députés élus dans autant de circonscriptions au suffrage universel, tous les quatre ans ou à la suite d’une dissolution, et d’un président () choisi en dehors du Parlement par les députés.

Subdivisions administratives

Les Salomon sont divisées en neuf provinces Centrale, Choiseul, Guadalcanal, Isabel, Makira-Ulawa, Malaita, Rennell et Bellona, Temotu et Occidentale, chacune dirigée par une assemblée provinciale élue. S'y ajoute le territoire abritant la capitale, Honiara, gouverné par un conseil municipal indépendamment de toute province.

La province de Temotu, située dans les îles Santa Cruz, est la seule à ne pas dépendre géographiquement de l’archipel des îles Salomon.

Instabilité politique et corruption En raison de la multitude de partis politiques, auxquels les députés s’attachent parfois de manière temporaire et qui ne sont pas fondés sur des différences de programme nettes et pérennes, les gouvernements sont composés de coalitions regroupant plusieurs partis ainsi que des députés sans étiquette. Ces coalitions sont souvent instables ; il est fréquent que des membres du gouvernement rejoignent l’opposition, ou vice-versa, provoquant une chute du gouvernement en cours de mandat.

En 2017, un rapport de qualifie l’archipel de « très corrompu ».

La corruption et l’instabilité gouvernementale rendent difficile l’action de l’État en réponse aux catastrophes naturelles et crises économiques.

Économie

L’économie de subsistance est le secteur économique le plus important. La majeure partie de la population dépend de l’agriculture, de la pêche et de la sylviculture pour au moins une partie de leur vie Lindsay Brown et al.: Papua New Guinea & Solomon Islands, p. 204. Lonely Planet Global Ltd, Londres 2016..

La plupart des produits manufacturés et des produits pétroliers doivent être importés. Les îles sont riches en ressources minérales peu exploitées telles que le plomb, le zinc, le nickel et l’or.

Crise économique depuis la fin des années 1990 Les problèmes économiques en Asie du Sud-Est ont mené à une diminution brusque de l’industrie du bois de construction et le rendement économique a diminué d’environ 10 % en 1998.

Le gouvernement a institué des réductions de salaire dans le service public et d’autres secteurs. L’économie a partiellement repris en 1999 grâce à la montée des prix de l’or sur le marché mondial et la première année complète d’exploitation de la mine . Cependant, dans le milieu de l’année, la fermeture de la principale plantation de palmier à huile du pays jette une ombre sur les perspectives futures. La situation politique désastreuse n’est pas de nature à faciliter la croissance économique.

Déforestation

Plus de de déforestation sauvage ont déjà été lancées, la Chine étant au cœur de cette crise selon , professeur d’écologie tropicale à l’université James-Cook.

Géographie

thumb|Carte des Salomon. vignette|Les Salomon avaient un score moyen de l’Indice d'intégrité du paysage forestier 2019 de 7,19, le classant sur ..

Les Îles Salomon se répartissent en trois archipels : celui des îles Salomon, partagé avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, situé au nord-ouest, celui des îles Santa Cruz, situé au sud-est et celui des îles Duff plus à l’est. Ces deux derniers archipels sont occupés par une grande partie de la province de Temotu. Le reste du pays est situé dans l’archipel des Salomon. Le pays est situé en Océanie, dans l’ensemble géographique appelé Mélanésie où il occupe plusieurs espaces maritimes. Au nord-ouest, les plus grandes îles, Choiseul, Santa Isabel, Malaita et San Cristóbal sont dans l’océan Pacifique Sud ; on trouve en mer des Salomon les îles Shortland, l’archipel de la Nouvelle-Géorgie, les îles Russell, les îles Florida ou îles Nggela, Guadalcanal, Bellona et Rennell. En mer de Corail se trouvent Santa Ana et Santa Catalina ; puis plus loin vers l’est-sud-est les îles Santa Cruz et Duff. Encore plus éloignées vers l’est, Tikopia, Anuta et Fatutaka sont situées dans l’océan Pacifique sud.. Par ailleurs, ce dernier borde de tous côtés l’atoll de Sikaiana, qui se retrouve isolé à à l’est-nord-est de l’île de Malaita.

La distance entre la pointe nord de l’île Choiseul et l’extrémité sud de Vanikoro est d’environ . Au sud-est, les îles Santa Cruz, qui se situent au nord du Vanuatu, sont particulièrement isolées, à des îles Duff, mais à environ de l’extrémité sud de San Cristobal. L’île la plus australe du pays est l’île Rennell. Des volcans avec des degrés variables d’activité sont situés sur certaines des plus grandes îles, alors que plusieurs des îles les plus petites sont simplement des atolls minuscules recouverts de sable et de cocotiers.

Au nord-ouest de l’archipel, l’île Buka, l’île Bougainville et d’autres petites îles liées sont incluses géographiquement dans l’archipel des Salomon (d’où leur nom anglais de North Solomons), bien que politiquement elles soient rattachées à la Papouasie-Nouvelle-Guinée avec un statut d’autonomie depuis 2004.

Démographie vignette|Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d’habitants.

Les Salomon comptent en 2018, soit une densité de . La croissance démographique est alors de 2,1 %« Salomon », PopulationData, lire en ligne, consulté le 26 novembre 2021.. Les îles les plus peuplées sont à cette date celles de Malaita () et de Guadalcanal (). Honaira, la capitale, sur l’île de Guadalcanal, compte . Aucune autre ville ne dépasse .

Langues

La langue officielle des Salomon est l’anglais. La langue la plus répandue est le pijin des Salomon, proche du bichelamar parlé au Vanuatu.

De nombreuses langues méso-mélanésiennes (une soixantaine, environ 90 % de la population) natives y sont parlées, ainsi que quatre langues papoues, quelques langues polynésiennes ou encore le gilbertin, langue micronésienne.

Religions

Selon le , en 2010, 97,4 % des habitants des Îles Salomon sont chrétiens, principalement protestants (76,6 %) et dans une bien moindre mesure catholiques (19 %). De plus, 1,3 % de la population pratique une religion populaire..

Selon les chiffres du recensement de 2019, la proportion des chrétiens au sein de la population est de 92 % dont 32 % d’anglicans, 20 % de catholiques, 10 % de méthodistes, 12 % adventistes. En outre, l’archipel compte une communauté Baha’i et environ ..

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