L’Office national des chemins de fer (ONCF) est un établissement public marocain chargé de l’exploitation, de l’entretien et du développement du réseau ferroviaire national. Il assure le transport de voyageurs et de marchandises sur l’ensemble du territoire, ainsi que la gestion et la modernisation des infrastructures ferroviaires.
Créé en 1963, l’ONCF est constitué sous la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il est placé sous la tutelle administrative du ministère du Transport et de la Logistique.
Historique Création L'Office national des chemins de fer a été constitué le par le rachat des trois concessions qui reliaient l'ancienne capitale marocaine Fès à l'atlantique à l'ouest (Compagnie des chemins de fer du Maroc (CFM)), au réseau ferré algérien à l'est (Compagnie du chemin de fer du Maroc oriental (CMO)) et à la Méditerranée au nord (Compagnie franco-espagnole du Tanger-Fès (TF)), subsistant comme concessionnaires distincts pendant le protectorat, afin de fusionner l'exploitation de ces trois réseaux. L'ONCF est aujourd'hui membre de l'Union internationale des chemins de fer (UIC), de l'Union arabe des chemins de fer (UACF) et du Comité du transport ferroviaire maghrébin (CTFM).
Statut et missions L'ONCF a depuis sa création gardé son statut d'établissement public, ayant pour objectif d'assurer les missions suivantes : l’exploitation du réseau ferroviaire national marocain ; les études, la construction et l’exploitation des lignes nouvelles des chemins de fer ; l’exploitation de toutes les entreprises se rattachant directement ou indirectement à l’objet des missions du secteur ferroviaire local.
Évolution institutionnelle Afin d'ouvrir le marché ferroviaire marocain à la concurrence, l'ONCF s’apprête à être bientôt transformé en Société Anonyme (SA), Elle sera baptisée SMCF (Société Marocaine des Chemins de Fer)de l'ONCF vers la SMCF. La future SMCF est une société anonyme dont le capital sera, dans un premier temps, détenu à 100 % par l’État.
Anciens présidents Moussa Moussaoui Mohammed El Alej Karim Ghellab Mohamed Rabie Khlie (en fonction)
Le réseau ferré Le réseau ferroviaire marocain est, à l'instar des réseaux ferrés des différents pays africains, assez peu dense, la concentration des populations et des zones d'activités en dehors du Sahara et des hauts reliefs de l'Atlas n'ont pas incité l'opérateur ONCF à développer son réseau dans ces régions. À fin 2013 l'ONCF dispose d'un total de km de lignesDétail du réseau de l'ONCF Rapport IPMED novembre 2014 PP 34-36 de voies ferroviaires dont km sont électrifiées. Les km de lignes sont toutes toujours en activité et gérées par l'ONCF comme opérateur unique de maintenance y compris les embranchements particuliers vers ses clients cimentiers, sidérurgistes, industriels, agroalimentaires et miniers. Ce réseau de voies ferrées est composé comme suit: km total de lignes ferroviaires en activité ; 736 km d'embranchements particuliers, de voies de service et de traitement logistique ; km de lignes principales à écartement UIC exploitées pour le transport de fret et passagers; km de ces lignes sont en Long Rail Soudé LRS (93 % du réseau); km de lignes électrifiées (60 % du réseau); 640 km de lignes à double voies (30 % du réseau).
Le réseau de l'ONCF s'étend sur en 2014. Il est certes d'un linéaire assez modeste ( en Afrique), cependant, malgré sa taille restreinte il totalise un grand nombre de passagers (38 millions de passagers, deuxième rang en Afrique derrière l'Algérie avec 43 millions de passagers) comparativement à d'autres réseaux ferrés africains à l'échelle continentale. Les pays anglophones africains prennent en compte dans leurs statistiques les passagers des métros et des trains de banlieue alors que le transport passagers longues distances est quasiment réduit à néant depuis l'arrivée des autoroutes.
Le réseau actuel marocain est à écartement uniforme UIC et relativement bien entretenu : 93 % du rail marocain est renouvelé et transformé en Long Rail Soudé (LRS) ce qui confère un bon confort d'usage pour le trafic passagers notamment pour les trains couchettes, l'axe le plus sollicité du réseau est situé entre Casablanca et Tanger (400 km)400 km pour la ligne classique mixte fret et passagers, 350 km sur la ligne grande vitesse qui a été triplé entre Kénitra et Casablanca, le taux d'électrification (actuellement de 60 %) est censé atteindre 90 % en 2018 après la mise en service de la LGV Tanger - Kénitra. Mais l'électrification de la ligne Fès - Oujda est encore repoussé à une durée indéterminée.
L'ensemble du réseau ferré de l'ONCF est à écartement uniforme standard, il est maintenu régulièrement et gardé entièrement en service pour fret et passagers excepté la ligne de situé entre Oujda et Bouarfa vers le Sahara où le service passagers régulier a été suppriméLigne rail Oujda Bouarfa du fret et des touristes en raison de l'ensablement des rails et de sa non compétitivité face à la route. Elle est cependant exploitée à une très faible vitesse pour les groupes touristiques par un train touristique mythique baptisé "Oriental Desert Express" quelques rares fois à dates fixes dans l'année ou sur réservation à tout moment souhaité pour les groupes de passionnés de trains. C'est à bord de ce train qu'a eu lieu le tournageÀ partir de la du film Spectre le de la série 007. La réservation d'un circuit à bord de l'Oriental Express coûte Euros par place en 2016, les dates fixes sont souvent sélectionnées en dehors de l'été afin d'éviter les tempêtes de sable. La ligne est aussi exploité par le fret à raison de trois trains par semaineLe train Oriental Express.
À moyen terme, l'ONCF envisage la réalisation de deux lignes de TGV aux alentours de 2030.. La première relie les villes de Tanger, Kénitra depuis 2018, les autres lignes seront réalisés entre 2024 et 2030 pour relier les autres villes (Rabat, Casablanca, Marrakech et Agadir); sur ce dernier tronçon une concurrence féroce opposant la Chine à la France... La seconde reliera la ville de Rabat, Meknès, Fès, Taza et Oujda pour continuer vers l'Algérie, puis la Libye, dans le cadre du projet de TGV trans-Maghrébin.. Un autre projet est en cours d'études pour la construction d'une ligne classique reliant Agadir, Guelmim et Laâyoune sur une distance d'environ .
Activités thumb|La Z2M prototype grise dans la gare de Rabat-ville|220px Chiffre d'affaires L'ONCF continue sa croissance sur son secteur d'activité voyageurs (39.6 millions de passagers en 2014 contre 38 millions en 2013) cependant, l'activité fret a été affectée par la mise en place d'un pipeline géant pour le transport de phosphates depuis le deuxième semestre 2014 par l'Office Cherifien des Phosphates (OCP), le transport de marchandises s'est rétracté à 34.6 millions de tonnes en 2014 contre 36 millions en 2013. L'activité passagers a permis de stabiliser le chiffre d'affaires du groupe à 3.6 milliards de dirhams en 2014 1 % (2.15 MM MAD fret, 1.45 MM MAD transport passagers).
Transport de voyageurs
En 2014, l’ONCF a transporté 39.5 millions de voyageurs (4 %) avec un taux de 5.3 milliards de passagers km stable par rapport à 2013.
Une concurrence avec la route maîtrisée Contrairement à la plus grande partie des pays européens où le trafic interne passagers par autocar a été depuis très longtemps interdit, l'ONCF a été très confrontée à la concurrence du bus depuis l'expansion rapide des autoroutes et des voies express au Maroc. Si l'arrivée des autoroutes a poussé beaucoup d'opérateurs ferroviaires à travers le monde à stopper complètement l'activité passagers longues distances. Cependant l'ONCF a souvent pu réagir à temps pour garder ses parts de marché face au bus et à la voiture. À travers l'électrification progressive des lignes, leurs dédoublements et leurs mises à niveau des lignes qui ont été fructueuses. Aujourd'hui toutes les agglomérations proches d'un million d'habitants sont reliées par train électrique rapide et celles de populations très modestes sont connectées en transport combiné train+route par des bus Supratours filiale de l'ONCF avec des horaires cadencés sur les trains. Les agglomérations dépassant un million d'habitants (Fès, Rabat, Salé, Casablanca, Meknes, Kénitra) sont quant à elles connectées par une ligne dédoublée et mise à niveau pour des vitesses allant de 140 à . Depuis 2018, les deux autres villes d'un million d'habitants ont été dédoublées qui sont Marrakech. Le dédoublement avec Casablanca complété et ouvert à la circulation en 2018. Et Tanger par le triplement de la ligne entre Kénitra et Casablanca ouvert à la circulation en fin 2018 et la mise en service du TGV entre Tanger et Casablanca et de la LGV Tanger -Kénitra).
Des travaux lourds sur les axes les plus sollicités Grâce à ces efforts l'ONCF a pu doubler le nombre de ses passagers pendant la dernière décennie (18 millions en 2004 à 39.5 millions en 2014) malgré le passage du total d'autoroutes au Maroc de 500 à pendant cette même période.En Eté 2015 en dépit des travaux qui étaient en cours sur une bonne partie de son réseau, l'ONCF annonce la mise en circulation de 250 trains passagers par jour250 trains passagers pour la saison estivale 2015. Les travaux en cours ont engendré beaucoup d'insatisfaction et de retards en 2014 et ont eu un impact sur l'affluence des voyageurs sur les parties concernées. À cause des travaux de triplement de voies entre Rabat et Casablanca la ligne Rabat-Fès dépasse pour la première fois (9.4 millions de passagers 37 % en 2014Total passagers ONCF) la ligne la plus historiquement achalandée Casablanca-Rabat (9.15 millions en 2014).
Un système de supervision de trafic qui a fait ses preuves en Espagne En plus des mises à niveau et des dédoublements réalisés sur le réseau un des grands éléments qui est passé inaperçu du grand public mais qui a été aussi déterminant a été le choix par l'ONCF du système de gestion du trafic rail Da Vinci élaboré par l'Opérateur espagnol ADIF un système qui avait fait ses preuves sur le réseau de grande vitesse en Espagne.
Un réseau entièrement à écartement UIC un atout de taille Contrairement à beaucoup de chemins de fer africains où une grande partie des réseaux sont à écartement métrique difficile à mettre à niveau et à rendre compétitifs face au transport routier et où les seules lignes subsistantes sont utilisées à des fréquences de un train par jour ou par semaine l'ONCF assure des dessertes allant jusqu'à chaque 15 minutes par sens entre Rabat et Casablanca soit 112 rotations de trains passagers par jour, 48 rotations Rabat - Fès, 30 rotations Fès - Tanger (4 directes et 18 via correspondance à Kénitra), 22 rotations quotidiennes Casablanca-Tanger (rehaussé à 30 par jour après la mise en place du TGV), 18 rotations Marrakech-Casablanca (porté à 60 rotations après achèvement des travaux de la ligne rail Casablanca-MarrakechPassage à 60 trains par jour Casablanca-Marrakech) et 4 trains par jour Taza-Fès, les autres lignes sont assurées à raison de moins de dix rotations par jour. Au moment de l'inauguration de la gare de Tanger Med l'ONCF avait commencé une desserte par navettes rapides rail de huit trains par jour et tablait sur une réévaluation à 16 trains par jourOuverture de desserte Tanger ville - Tanger Med cependant, l'absence du succès de cette desserte a poussé l'opérateur ONCF à réduire cette ligne à deux trains par jour en dehors de l'été. Elle a été finalement supprimée en 2019.
Modulation des trains selon l'affluence