L’alphabet siddham (𑖭𑖰𑖟𑖿𑖠𑖽   « abouti » ; sanskrit : सिद्धम्), parfois nommé gupta tardif, est un ancien alphasyllabaire, utilisé jusqu’au dans le nord de l’Inde pour écrire le sanskrit. Il fut progressivement remplacé par la devanāgarī, pour disparaître complètement des écrits indiens autour du .

Il descend directement du gupta et a donné notamment naissance aux alphasyllabaires devanāgarī tibétain et néwar. Il présente en particulier de nombreuses similitudes avec la devānagari.

Historique

De l'Inde à l'Asie de l'Est Dérivant de la gupta, l'écriture siddham apparaît en Inde au EC. Elle est étroitement associée à la conservation et à la transmission de formules sacrées sanscrites, et a joué un rôle important dans la diffusion du bouddhisme tantrique au Népal, en Asie centrale et en Chine. C'est ainsi que beaucoup de textes bouddhiques parvenus en Chine étaient été écrits en siddham, et l’influence de cette écriture a été particulièrement importante pour la transmission des tantras bouddhiques. En effet, il était important de préserver la prononciation exacte des mantras, et le chinois se prêtait mal à la retranscription des sons du sanskrit. Cela conduisit à conserver le siddham en Asie de l'Est et dans les zones où le bouddhisme tantrique (vajrayāna) s’est développé.

Diffusion au Japon Kūkai, le fondateur du bouddhisme japonais Shingon, a introduit le siddham dans son pays à son retour de Chine en 806, après l'avoir étudié avec un moine formé à université de Nâlandâ, du nom de PrajnaGaston Renondeau et Bernard Frank, « Le Bouddhisme au Japon », in René de Berval (Dir.), Présence du Bouddhisme, Paris, Gallimard, 1987, p. 629.. Au moment où Kūkai apprit cette écriture, le négoce et les itinéraires de pèlerinage vers l’Inde venaient de fermer du fait de l’expansion de l’empire islamique des Abbassides.

Au Japon, l’écriture de mantras et la copie de sutras au moyen des caractères siddham se pratique encore dans les écoles bouddhiques ésotériques Shingon et Tendai, ainsi que dans la secte syncrétique du Shugendō. Ces caractères sont connus comme shittan (悉 昙?) ou bonji (梵字?). L’édition du Taishō shinshū daizō-kyō pour le canon bouddhique japonais du bouddhisme mahâyâna (issu du Tripitaka pour le canon pali, utilisé depuis le Sri Lanka jusqu’en Birmanie et en Chine), conserve les caractères siddham pour la plupart des mantras, et les bouddhistes coréens écrivent encore les syllabes germes (bija) dans une forme modifiée du siddham. bouddhisme ésotérique

Au milieu du , la Chine des Tang connut une série de purges des « religions d’origine étrangères » entrainant le déclin du bouddhisme ésotérique (mikkyō au Japon), ce qui coupa le Japon de ses sources en textes siddham. Dans le même temps, d’autres écritures dérivées (en particulier le tibétain, le néwar au Népal, avant la devanāgarī déjà adoptée en Inde) remplacèrent le siddham en Asie du sud comme écriture. Ce qui fait que l’Asie de l'Est est à l’heure actuelle la seule région où le siddham est encore employé pour les textes et le symbolisme bouddhiques.

Il est typique de voir le siddham écrit avec des pinceaux, comme l’écriture chinoise. Au Japon, une brosse spéciale appelée bokuhitsu (朴笔) est utilisée pour la calligraphie siddham formelle.

Utilisation contemporaine Une innovation récente est l’écriture de slogans en langue japonaise sur les t-shirts à l’aide de caractères bonji. Le siddham japonais bonji a évolué à partir de l’original et est maintenant un peu différent de l'ancienne écriture.

Représentation informatique La plage de caractères Unicode prévue pour le siddham s’étend de U+11580 à U+115FF.

Voir aussi : Table des caractères Unicode/U11580

Le code ISO 15924 du siddham est Sidd.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes Omniglot.com : Siddham script Manuscrit du Sûtra du cœur en sanskrit, copié en siddham.

Siddham