Le terme « marsouin » , ou « cochon de mer », est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes de cétacés odontocètes. Il fait principalement référence aux espèces de la famille des phocoenidaeElsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Par Murray Wrobel..
Étymologie Le nom vernaculaire français marsouin est emprunté à l'ancien scandinave marsvín « cochon de mer » via le normand, qui se perpétue dans l'islandais marsvín, le danois, suédois, norvégien Elisabeth Ridel, les Vikings et les mots : L'apport de l'ancien scandinave à la langue française, éditions Errance, Paris, 2009, . ou au moyen néerlandais , et ceux-ci se traduisent aussi éventuellement par « cochon de mer ». Le mot d'ancien français pour désigner cet animal était , une évolution du bas latin , qui signifie « poisson-cochon ». Cet étymon est à l'origine de l'anglais .
L'appellation de cochon de mer se retrouve dans plusieurs langues, par exemple en breton ; en allemand, signifie « cétacé-cochon ». Ces appellations rappellent le rapport entre δέλφαξ, « cochon de lait », et , « dauphin », en grec ancien.. En espagnol, marsopas signifie également « cochon de mer ». L'italien est issu du grec φώκαινα. Le Gall signale qu'en Europe, au début du siècle, le mot beluga était souvent utilisé — à tort — par les pêcheurs pour désigner le marsouin commun ou d'autres petits cétacés.
Mais dans la plupart des cas, le terme de langue étrangère correspondant, contrairement au français, ne s'applique qu'aux Phocoenidae, exception faite par exemple pour l'anglais avec le .
Études anciennes Ces mammifères marins sont odontocètes, comme les dauphins, mais ont un bec plus court que ceux-ci. Selon Guillaume Rondelet, un auteur du , les marsouins ne différent des dauphins que par leur corps plus long et leur museau plus court et plus obtusRondelet, Histoire des poissons, part. I. liv. XVI. ch. vj.. Cette définition s'applique mal au bélouga. Pierre Belon a comparé avec justesse l'anatomie d'un dauphin, d'un Phocoenidae sous le nom de marsouin et de l'homme, mais en a conclu d'une manière erronée que ces animaux étaient des poissonsL'histoire naturelle des estranges poissons marins: avec la vraie peincture... Par Pierre Belon.. Belon spécifie dans son ouvrage que la chair des marsouins est meilleure que celle des dauphins. Belon a en outre en examinant l'embryon du Marsouin, émis la première idée sur l'embryologie. Au moins depuis le les bélougas sont chassés au Canada sous le nom de marsouin blanc.
Interactions avec l'homme
Les humains ont été le prédateur le plus redoutable des cétacés, et du marsouin en particulier.
Le marsouin commun a ainsi été chassés pour sa viande, et en tant que concurrents de la pêche ou parce qu'il faisait des dégâts dans les filets en s'y prenant accidentellement ou en cherchant à y manger des poissons, ce qui les a fait considérer comme nuisibles par certains.
Dans les années 1920, l'ichthyologue Le Gall (agrégé de l'université, directeur du laboratoire de l'office scientifique et technique des pêches maritimes de Boulogne-sur-mer, et correspondant du CIEM, en poste à Boulogne-sur-Mer), pouvait ainsi écrire que les pêcheries sardinières de l'Atlantique .
La chair du marsouin, foncée et au goût assez fort, a été prisée durant des siècles, par toutes les classes sociales. Les Passamaquoddy du Maine considéraient sa chaire comme "une rare sorte de nourriture de l'âme" Elle était vendue fraîche dans les ports et salée ou fumée sur les marchés. La langue, le filet, la cervelle, le foie et les rognons étaient notamment appréciés. Désuète en France, elle était encore au début du appréciée et consommée en Angleterre, en Italie, aux États-Unis, dont sous forme de conserves de Cétacés au Canada. Le Gall disait ceci de la « défaveur » récemment faite à la viande de marsouin en France : , elle . Il recommande pour cela l'emploi de la senne tournante à grandes mailles et surtout le fusil lance-harpon inventé en Norvège par M KrohnstadFiskeriassistant au Fiskerimuseet de Bergen en 1923 et testé avec succès en 1924Le gall, La pêche en Norvège (Notes de mission), Mémoires ; Office scientifique et technique de pêches maritimes, 81 pages. Série spéciale N° 4 ; Ed Blondel La Rougerie ; Paris. (Il s'agit du compte rendu d'une mission d'études des techniques de pêche en Norvège, réalisée à la demande du « Syndicat des Armateurs boulonnais » pour étudier la possibilité pour l'industrie haranguière boulonnaise d'aller directement pêcher le hareng en Norvège au lieu de l'importer. . Ce n'est que dans les années 1970 qu'une meilleure connaissance des cétacés, leur présentation par les films sous-marins (du Commandant Cousteau notamment), et la prise de conscience d'une crise écologique globale ont changé l'opinion d'une grande partie du public sur ces mammifères à gros cerveaux et le rôle important qu'ils jouent en tant que prédateur (sélection naturelle, équilibres écologiques, services écosystémiques).
Les ultrasons des marsouins
Tout comme les autres odontocètes, les marsouins ont recours à l’écholocalisation pour repérer les éléments de leur environnement ainsi que leur nourriture. Néanmoins, les marsouins émettent des ultrasons, ou cliquetis, très différents de ceux d’autres cétacés, comme les dauphins et plus précisément les orques. Les ultrasons leur servent de camouflage acoustique .
Une étude publiée en par une équipe de chercheurs de l’Université d’Aarhus a mis en évidence la singularité de ces cliquetis : la fréquence ultrasonique des marsouins ne descend jamais en dessous de . Les chercheurs en ont conclu que cette évolution de leurs ultrasons était due à la pression de la prédation exercée par d’autres espèces sous-marines comme les orques, dont la capacité auditive ne dépasse pas .
Liste des espèces Les 6 espèces de Phocoenidés : Neophocaena phocaenoides (marsouin aptère, marsouin de l'Inde ou marsouin de Cuvier) ; Phocoenoides dalli (marsouin de Dall) ; Phocoena dioptrica ou Australophocaena dioptrica (marsouin de Lahille ou marsouin à lunettes) ; Phocoena sinus (marsouin du Golfe de Californie ou marsouin du Pacifique) ; Phocoena spinipinnis (marsouin de Burmeister) ; Phocoena phocoena (marsouin commun) ; Dans la famille des Monodontidés : Delphinapterus leucas (marsouin blanc ou bélouga, qui est aussi indifféremment qualifié de baleine ou de dauphin).
Notes et références
Catégorie:Nom de mammifère ambigu Catégorie:Cétacé (nom vernaculaire) Catégorie:Phocoenidae