Les campagnes jouent un rôle important en Italie. L'Italie a été un pays rural, elle va se moderniser inégalement au . Des clivages vont persister au sein du pays : un Nord industriel et plus riche, un sud plus paysan et moins prospère.
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Les évolutions politiques et sociales au
Selon Gilles Pécout, spécialiste de ce sujet, le monde rural italien a longtemps été victime de clichés, positifs ou négatifs ; il était l'image de pauvreté extrême et d'immobilisme. Il insiste sur les préjugés à combattre : l'unité du monde paysan, discutable, l'isolement, à relativiser, des valeurs paysannes, mais qu'on retrouve aussi à la ville.
Les évolutions politiques et sociales ne sont donc pas absentes de la campagne ; la campagne n'est pas pilotée par la ville, la campagne a une influence dans le pays. L’« ordre éternel des champs » est une formule. L'évolution en Italie sera néanmoins beaucoup plus lente que dans le reste de l'Europe (du Nord notamment).
La situation économique des campagnes en Italie est désastreuse tout au long du . La rupture existe encore entre Italie du Nord (industrialisée) et Italie du Sud (rurale et endormie). Gramsci les décrit de façon binaire. Des mouvements séparatistes, tels que la ligue du Nord, sont basés sur cette analyse.
Les évolutions politiques et sociales, conséquences directes des mauvaises conditions économiques ont lieu dans la première moitié du depuis le Risorgimento. La politisation va jouer un rôle d'intégrateur au sein de la démocratisation libérale et de la nation.
Un sombre tableau
Disparités et influences La société italienne est, à cette époque, divisée en deux strates séparées : la classe dirigeante et la paysannerie. Il n'y a pas que des paysans à la campagne. La classe dirigeante à la campagne (possidenti) et l’Église influencent les paysans (cf. Le Guépard, même s'il est hors de cettepériode).
Une pauvreté extrême La paysannerie constitue la majeure partie de la population, dont . Beaucoup de chômage : les journaliers, souvent, (braccianti) n'arrivent pas à travailler plus de par an ; les petits fermiers sont à la merci des aléas (sécheresse) ; leurs fermes ne leur permettent pas de vivre. Ils sont menacés d'expropriation. Être métayer n'est guère rentable, au vu des rendements. Ni viande, ni lait, les paysans se nourrissent de galettes ou de polenta, à partir du peu de grain disponible. Ils en sont réduits à chercher la chaleur dans les étables l'hiver.
Des paysans dépendants Le paysan est journalier, il est à la merci des propriétaires des latifundia ; ou bien, il est permanent dans ces latifundia et il vit un peu mieux, mais toujours à la merci du propriétaire ; s'il possède sa propre parcelle de terre —trop petite — il lutte pour survivre face aux créanciers.
Il peut choisir entre l'exode rural vers des villes peu accueillantes et déjà saturées, ou la révolte. Des pillages, destruction de registres et occupations apparaissent sans « signification politique précise ». Garibaldi a exploité ces révoltes face au pouvoir des Bourbons. Il les combattra ensuite, pour rassurer les propriétaires.
Une forte concentration des terres D'un point de vue foncier, les chiffres (même postérieurs) permettent un aperçu des conditions : 50 % des terres appartiennent à 8 nobles et 30 % sont soumis à la « mainmorte », d'où la problématique des latifundia.
Impossibilité de s'exprimer Le suffrage universel sera instauré à partir de 1912 et 1919. Les campagnes qui veulent avoir un rôle dans les évolutions politiques et sociales, trouvent des dérivatifs : les discussions publiques. Selon Gilles Pécout, les libertés politiques acquises (de presse, d'association et de réunion) n'ont pas été expliquées à la « classe contadina ». Sereni affirme que les paysans ont été mis de côté lors de l'Unité : la fin des pratiques féodales a profité à la bourgeoisie.
Le redémarrage Une meilleure éducation Dans les années 1830-1840, les élites pré-unitaires rêvent d'une économie unifiée : elle passe par la modernisation des campagnes, qui est menée via l'éducation agraire.
La modernisation Durant les années 1840-1850 sont mises en place une irrigation systématique, la fertilisation chimique et la mécanisation en Toscane, Lombardie et Piémont (c'est-à-dire principalement au Nord), favorisée par les mairies et les grands propriétaires.
Dans le Nord, les prix agricoles augmentent. Le Sud n'en profite presque pas, tout comme de la modernisation citée ci-dessus.
De nos jours
Bibliographie
Manuels et ouvrages généraux Serge Bernstein et Pierre Milza, L'Histoire du , Hatier, Paris, 1996
Ouvrages spécialisés Sous la direction de Michel Pigenet et Gilles Pécout, Campagnes et Sociétés en Europe 1830-1930, Les Éditions de l'Atelier, 2005 Gilles Pécout, Politisation et transition étatique dans les campagnes toscanes du Risorgimento, in Les Actes du Colloque international du 20- à Rome
Catégorie:Géographie de l'Italie Catégorie:Agriculture en Italie