La Simca 8 est une automobile produite entre 1938 et 1951 sous licence, par le constructeur français Simca, filiale de l'italien Fiat.

Histoire thumb|upright=1.2|Vue arrière d'une Simca 8 1100 Berline.

Comme tous les modèles qui l'ont précédée, la Simca 8 n'a pas été conçue en France mais chez le géant Fiat à Turin. Il s’agit d’une Fiat 1100 508C légèrement adaptée pour le marché français. En cette fin des années 1930, de nouvelles couches sociales françaises accèdent au monde des quatre roues, alors que les congés payés sont devenus une réalité.

Présentée lors du Salon de l'automobile de Paris en , la Simca 8 est directement dérivée de la Fiat 1100 « 508C Nuova Balilla » fabriquée dans les usines Simca-Fiat de Nanterre sous licence Fiat, afin d’éviter les droits de douane à la frontière franco-italienne. La production n'a réellement débuté qu'en , la voiture n'étant véritablement mise en vente qu'à partir de novembre 1937.

Modèles Simca 8 1100 Berline Voiture de catégorie moyenne, elle fait une brillante carrière au regard de la concurrence des Peugeot 202 et Renault Juvaquatre. Ressemblant trait pour trait à la Fiat 1100 508C, elle dispose d'une face avant avec une calandre ovoïde et des phares ronds saillants bien en évidence. La carrosserie est nettement plus aérodynamique que l'ancienne Simca-Fiat/SAFAF 6 CV qu'elle remplace. Contrairement à sa cousine italienne, la Simca 8 ne porte pas l'écusson Simca-Fiat sur ses enjoliveurs de roues.

Les portières de la berline s'ouvrent en opposition, disposition appelée « portes antagonistes ». Entre les deux portes d’un même côté il n’y a pas de montant central. Grâce à ce modèle, la marque Simca renaît, acquiert un début d'indépendance et inaugure son nouveau logo à l'hirondelle.

Le moteur est toujours le 4-cylindres Fiat 108C de développant à . La distribution, comme sur beaucoup de moteurs Fiat, est à soupapes en tête. Les suspensions sont à roues indépendantes à l'avant et essieu rigide à l'arrière et les freins à tambours sur les quatre roues avec circuit hydraulique. Dotée d'une boîte à , elle atteint . Sa puissance fiscale inférieure à 9 CV alliée à ses performances routières lui vaut, dès l'origine, le surnom de « Simcavite ».

upright=1.2|thumb|Grand Prix Handicap Olazur en mai 1939, victoire de Robert Cayeux.

Dans un contexte de mutation du secteur automobile, la catégorie des 6/7 CV (fiscaux en France) bénéficie d'une forte croissance. Chaque constructeur profite de l’occasion pour proposer de nouveaux modèles, d’allure moderne, mais généralement peu sophistiqués. Alors que Renault persiste à utiliser le moteur latéral sur la Juvaquatre et que la 202 de Peugeot conserve ses obsolètes freins à tringles, la plus italienne des françaises, dénommée « Simca-Fiat » (avant de devenir « Simca » tout court) démontre une bonne avance technologique. Elle offre à ses clients un moteur moderne culbuté à culasse en alliage avec des doubles ressorts de soupapes, une boîte quatre rapports dont les deux rapports supérieurs sont synchronisés, un freinage hydraulique, une batterie et surtout une caisse monobloc en acier haute résistance sans montants latéraux. À ce niveau de gamme, c’est une nouveauté. Proposée en versions berline et cabriolet quatre places, la Huit se forge l’image méritée d’une voiture rapide, nerveuse et fiable, mais économique. Revers d’une mécanique pointue, une partie du la clientèle, trop perméable à l’argumentaire commercial négatif des concurrents nationalistes français, arrive à douter de la tenue dans le temps d’un moteur aussi enjoué. La réponse de Henri Théodore Pigozzi, patron de Simca, ne se fait pas attendre ; il lance une communication choc : des tests grandeur nature validés sous constat d’huissier, puis habilement exploités par la publicité, encore appelée « réclame » à cette époque.

En , une Simca 8 de série fut prélevée par un huissier sur le parc automobile des voitures en attente de livraison pour effectuer un test d'endurance de sans interruption, réalisé sous contrôle de l'A.C.F. : sur le circuit de Montlhéry à plus de de moyenne, battant huit records internationaux, pour une consommation certifiée de aux ; sur route à de moyenne et une consommation de / ; puis dans Paris à de moyenne pour /, l'ensemble étant parcouru par une même berline confiée à une équipe de quatre conducteurs. Aucun concurrent n'osa et ne put soutenir la comparaison.

Commercialisée à partir de novembre 1937, la Simca 8 ne trouve que 318 acquéreurs jusqu'au 31 décembre de cette année-là ; en sortiront en revanche au cours de la seule année 1938, puis en 1939.

Simca 8 1100 Coupé thumb|270px|Simca 8 1100 Coupé. Présenté au Salon de Paris en complément de la berline et du cabriolet déjà au catalogue, ce coupé deux portes deux places se distingue des autres Simca 8 par son pare-brise ouvrant, dépourvu de cadre métallique, et par des pare-chocs plus fins ; sa ligne, particulièrement soignée à l'arrière du pavillon, se termine sur un coffre malheureusement inaccessible de l'extérieur. Contrairement à la Simca 5 et à la Simca 8 berline et cabriolet, dont la carrosserie dérive directement d'un modèle Fiat, ce coupé est le premier modèle propre à la jeune entreprise Simca, si l'on excepte le discret concours des carrossiers de Nanterre sur le cabriolet 6 CV de 1935.

Il est vendu au Salon 1938, au même tarif que la berline Grand Luxe. Au cours de l'année 1939, il aligne à son tour ses pare-chocs sur ceux, plus épais, adoptés par la berline et le cabriolet.

Simca 8 1100 Cabriolet Grand Luxe thumb|270px|Simca 8 1100 Cabriolet (1950).

Pour répondre à l'attente d'une clientèle plus aisée et désireuse de grand air, Simca propose, très peu de temps après la berline, la version cabriolet, une copie conforme de sa cousine italienne.

Au Salon 1938, la gamme s'échelonne ainsi : châssis nu, ; berline Standard sans pare-chocs et exclusivement noire, ; berline Luxe, ; berline Grand Luxe, ; coupé deux places, ; cabriolet décapotable quatre places, .

Simca 8 1200 Berline thumb|Simca 8 1200 Berline.

La Simca 8 restera au catalogue plusieurs années après la reprise de l'activité économique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu'en Italie, Fiat avait déjà remplacé ce modèle par la Fiat 1100 B en , il faudra attendre pour que la bénéficie d'un léger restylage.

En attendant la future Simca 9, dont l'étude vient tout juste de commencer, Henri Théodore Pigozzi a besoin, sans engager de trop gros frais, d'un modèle de transition susceptible de relancer les ventes de sa Huit : la 8/1200 est donc préparée à partir de la 8/1100 moyennant des retouches plus ou moins convaincantes. Elle reçoit une calandre bombée, un capot moins plongeant, des pare-chocs plus épais, des enjoliveurs de jantes agrandis, des déflecteurs sur les portes avant, des ailes arrière carénées et, surtout, une malle arrière proéminente enfin accessible de l'extérieur et intégrant la roue de secours ; la planche de bord est également modernisée. Elle reçoit à cette occasion le moteur Fiat de développant qui était celui prévu pour la future Simca 9.

Comme la 8/1100, la 8/1200 est proposée en berline, en cabriolet quatre places et en coupé deux places, ainsi qu'en fourgonnette tôlée reprise du catalogue 1100 ; en revanche, la berline découvrable et le break de chasse « Canadienne » disparaissent. Les caractéristiques complètes de la 8/1200 sont les suivantes :

Moteur : 4 cylindres en ligne ; cylindrée ; alésage × course 72 × 75 mm ; puissance fiscale 7 CV ; puissance réelle 40 ch à 4 400 tr/min ; taux de compression 6,3 ; soupapes en tête commandées par arbre à cames latéral et culbuteurs ; vilebrequin à 3 paliers ; carburateur Solex type 32 BIC ; réservoir d'essence de 35 litres placé à l'arrière ; refroidissement par eau, circuit de 7 litres ; équipement électrique 12 volts, 45 ampères. Transmission : classique aux roues arrière ; embrayage monodisque sec ; boîte 4 vitesses (2, 3 et 4 synchronisées) avec levier de commande à glissière placé sous le volant. Freins : à commande hydraulique, tambours à l'avant et à l'arrière. Suspension : à l'avant, roues indépendantes avec ressorts hélicoïdaux enfermés dans des boîtiers verticaux fonctionnant dans un bain d'huile ; à l'arrière, essieu rigide avec ressorts à lames longitudinaux. Direction : à vis et secteur hélicoïdal. Pneus : 5,25 × 15. Dimensions : empattement 242 cm ; voies avant/arrière 123/122,5 cm ; longueur 402 cm ; largeur 148 cm ; hauteur 153 cm. Poids : 870 kg à vide en ordre de marche. Vitesse : 120 km/h.

Les premières Simca-8/1200, presque toutes des berlines, sont vendues en janvier 1950, puis six mois plus tard ; le coupé vaut environ de plus que la berline et le cabriolet nécessite un supplément bien plus important, de l'ordre de ; ces deux carrosseries, à leurs débuts, ne sont livrées qu'au compte-gouttes et seulement sur commande spéciale. La création de la 1200 relance nettement les ventes de la Simca 8, dont la production 1950 grimpe à .

Pour son dernier millésime, en 1951, la Simca-8/1200 ne connaît qu'une modification sensible : le levier de vitesses, jusqu'alors à tige coulissante peu précise, adopte un système à rotule. Elle reste disponible en trois carrosseries, au tarif du Salon 1950 : berline , coupé deux places , cabriolet quatre places ; sa production s'élève encore à cette année-là.

Simca 8 Sport Stabilimenti Farina En 1948, Simca présente la Simca 8 Sport créée par Stabilimenti Farina et produite pour Simca chez Facel Métallon. Plus puissante, avec ses elle autorise une vitesse de . Sa fabrication est arrêtée en 1952, elle était à cette époque considérée comme la plus jolie voiture française !

Simca 8 Fourgonnette thumb|280px|Simca 8 camionnette. Avec la reprise de l'activité économique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la direction générale de Simca se décide à lancer la version utilitaire de la . Alors qu'en Italie, Fiat avait déjà remplacé ce modèle par la Fiat 1100 B en , il faudra attendre le Salon de l'automobile de Paris en pour que Simca présente la 8 avec un très léger restyling et la qui bénéficie aussi du moteur Fiat de développant . Deux versions sont proposées : fourgonnette tôlée et camionnette bâchée, offrant toutes deux une charge utile de 500 kg.

En 1948, Simca arrête la production de la Cinq fourgonnette, démarre celle de la Six et présente un break de chasse à structure en bois, appelé « Canadienne », sur la base de la version fourgonnette.

Au Salon de l'automobile de Paris en , Simca présente la nouvelle « 8 » qui bénéficie du moteur Fiat de développant . La break de chasse Canadienne disparaît du catalogue, faute de commandes.

La gamme utilitaire Simca 8 sera remplacée en 1954 par les versions dérivées de l'Aronde.

Les millésimes 1938-1939 : les débuts Continuant de s'aligner sur les Fiat produites à Turin, Simca ne modifie guère sa Huit en 1939, si ce n'est par de nouveaux pare-chocs, d'abord plus minces sur le coupé, puis alignés sur les pare-chocs plus épais de la berline et du cabriolet, comme en témoigne le cabriolet présenté au Concours d'Élégance de Fémina-L'Intran en juin 1939. La production de la Simca 8 atteint pour cette seule année 1939.

1940-1945 : Simca au ralenti La déclaration de guerre de septembre 1939 affecte immédiatement la production destinée aux civils ; les cadences chutent de 75 % dès 1940, où quittent tout de même les usines de Nanterre, contre en 1941. Durant l'Occupation, Nanterre produit surtout pour l'occupant des pièces mécaniques et des patins de chenilles ; la production de tourisme tombe à en 1943, en 1944 et en 1945.

1946-1947 : le redémarrage