La politique étrangère de la Russie porte sur la politique menée par la Russie depuis la dislocation de l'Union soviétique en 1991. Les accords d'Alma-Ata signés par les onze ex-républiques soviétiques créent la CEI et établissent la Russie en tant qu'État successeur de l'Union soviétique aux plans du droit international et de la possession des armes nucléaires. Elle hérite donc du siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU qu'occupait l'URSS.

Sa politique étrangère est largement déterminée par les facteurs constitutifs de la géopolitique de la Russie : héritage laissé aux générations actuelles par l'Empire russe et l'ère soviétique, immensité géographique et rigueur climatique, richesses énergétiques, obsession sécuritaire résultant d'un sentiment d'encerclement et de la diversité ethnique et culturelle du pays, besoin d'affirmer la puissance militaire retrouvée de la Russie à l'extérieur à des fins de politique intérieure.

Déjà amorcé durant le second mandat de Boris Eltsine (de 1996 à 1999) et poursuivi de manière plus significative par son successeur Vladimir Poutine, le redressement de la diplomatie russe, après la période de confusion à la suite du démembrement de l'Union soviétique, s'est surtout basé sur un réalisme politique dont les principales préoccupations se rapportent aux intérêts nationaux de la Russie. La volonté des dirigeants russes de retrouver l'ancien prestige de leur pays comme superpuissanceOn peut d'ailleurs citer la Russie comme l'une des superpuissances émergentes. En effet, elle ne l'était plus depuis la dissolution de l'URSS en 1991. est l'un des points les plus marquants en ce début de .

Après la chute de l'URSS, la Russie s'est engagée dans plusieurs conflits : guerre civile du Tadjikistan (1992-1997), conflit en Ossétie du Nord de 1992, guerre du Dniestr (1992), première guerre de Tchétchénie (1994-1996), invasion du Daghestan (1999), seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), guerre russo-géorgienne de 2008, guerre du Donbass depuis 2014. Vladimir Poutine a également soutenu Bachar el-Assad dans la guerre civile syrienne en intervenant militairement.

Histoire de la politique étrangère russe depuis 1991

Politique étrangère de la Russie de 1991 à 2008

Naissance de la politique étrangère russe actuelle en 2008

Dans une interview diffusée le par les chaînes russes de télévision, Dmitri Medvedev a détaillé les « cinq principes » fondateurs de la politique étrangère russe. :

La « primauté » du droit international ; La « multipolarité » du monde ; Le désir « d'éviter les conflits et l'isolement » ; La « défense de la vie et de la dignité des citoyens russes où qu'ils se trouvent ; protection des entrepreneurs à l'étranger » ; La reconnaissance par la Russie de « zones d'intérêts privilégiés ».

Cette doctrine se veut une réaffirmation de la puissance de la Russie à deux égards. D'un côté, elle fait valoir à l'Occident, particulièrement l'OTAN, qu'elle a retrouvé ses allures de superpuissance et qu'elle n'acceptera désormais plus qu'on lui dicte les conditions de conduite. La Russie ne supportera plus qu'on fasse fi de son opinion et de ses intérêts stratégiques, comme ce fut le cas avec les rondes répétées d'élargissement de l'OTAN (à la Pologne et à la République tchèque en 1998, puis à l'Europe centrale et orientale ainsi qu'aux pays baltes en 2004) ou, plus récemment avec la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo en . Ainsi, elle utilise tous les mécanismes de pression qui sont à sa disposition pour contraindre les États-Unis d'abandonner leur projet d'installation de radars anti-missiles en Pologne et en République tchèque ou pour contrer l'élargissement de l'Alliance atlantique à l'Ukraine et à la Géorgie. De l'autre côté, elle envoie un avertissement clair aux anciennes républiques soviétiques qu'elle n'hésitera pas à utiliser la force pour défendre les Russes (ethniques ou naturalisés) et ses intérêts stratégiques dans ce qu'elle appelle l'« étranger proche » (comme dans le cas de l'Ossétie du Sud, de l'Abkhazie ou de la Transnistrie).

Incertitudes économiques (depuis la fin de 2008) La crise économique mondiale née aux États-Unis, en 2008, annonce une baisse de la consommation mondiale d'hydrocarbures. Ceci entraîne une baisse des cours des matières premières stratégiques, et sans doute un coup de frein pour longtemps à la croissance russe. La participation de la Russie à la deuxième guerre d'Ossétie du Sud a également renforcé la méfiance des puissances occidentales.

Premières conséquences de la crise, Le Figaro, novembre 2008, . :

Un krach brutal de la place financière de Moscou, en particulier des valeurs phares. Une baisse des recettes budgétaires de l'État, donc de ses capacités d'investissement. Une baisse rapide du taux de change rouble qui s'est considérablement dévalorisé vers la fin de l'année, ce qui pousse les experts à prédire la poursuite de la politique de « dévaluation progressive » de la monnaie nationale. Une baisse lente des énormes réserves de la banque centrale qui soutient la monnaie, le système bancaire et les entreprises stratégiques. Une hausse du chômage. Une réduction drastique de la production dans divers secteurs industriels.

La crise mondiale pourrait entraîner une dégradation générale des indicateurs macroéconomiques du pays, ce qui aurait comme conséquence une marge de manœuvre réduite dans sa politique économique et que ses ambitions géostratégiques et militaires seront plus modestes.

Pour l'heure, l'exécutif russe s’attelle principalement à soutenir l'économie réelle en prônant une politique interventionniste, limite protectionniste en s'appuyant sur le service fédéral anti-monopole pour favoriser la demande intérieure avec l'action contre la société Mechel en ainsi qu'avec une forte hausse de la taxation à l'importation de véhicules étrangers à partir de 2009.

Par contre, disposant d'un important levier financier par l'entremise d'un fonds de stabilisation issue des recettes des hydrocarbures ( de dollars US au ), le gouvernement russe multiplie les actions interventionnistes auprès des entreprises privées, jusqu'à en prendre le contrôle, renforçant ainsi les participations de l'État dans les secteurs économiques clés ..

Du Kosovo à l'Ossétie du Sud (2008)

thumb|Pays reconnaissant le Kosovo Le , le Kosovo proclama son indépendance de la Serbie. Les États-Unis, ainsi qu'une dizaine d'autres pays européens, ont immédiatement reconnu la nouvelle république indépendante Kosovo MPs proclaim independence. et le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies se réunit en urgence à la suite de l'appel de Moscou dès le lendemain pour examiner la question, gelée depuis 1999Kosovo : le Conseil de sécurité se réunit d'urgence.. Durant la session, un seul des 15 États membres du Conseil de sécurité, la Russie, demanda que l'ONU déclare la proclamation « nulle et non avenue ». À la suite de l'échec de la réunion pour Moscou, la Russie a déclaré qu'elle « se sentait autorisée d'entretenir des relations avec les États autoproclamés » malgré les menaces de l'Union européenne de ne pas considérer le Kosovo comme un précédent pour d'autres pays, avant de condamner officiellement l'indépendance de la république albanaise. En effet, le même jour, les provinces sécessionnistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie se réveillèrent et demandèrent une nouvelle fois à la Russie de reconnaître leur indépendance en vue d'une prochaine union fédérale des trois entités. Mais les alliés des États-Unis continuaient progressivement à reconnaître l'indépendance du Kosovo. Au , 60 pays de la Communauté internationale reconnaissaient le nouveau pays, le dernier en date étant le Bahreïn ..

Les problèmes se transmirent du Kosovo en Géorgie dès le mois suivant. En effet, le , en réponse à la reconnaissance de l'indépendance de la région autonome serbe par les États-Unis, la Russie se retira du concert des pays de la CEI qui imposaient des sanctions économiques à la province sécessionniste géorgienne d'Abkhazie depuis 1996 .. Certains pays, comme la Suède, condamnèrent l'acte et le chef de la diplomatie suédoise Bildt déclara que l'acte de Moscou « pouvait être considéré comme une annexion de facto » EU concerned at Russian moves on Abkhazia.. La même déclaration fut également issue par le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer alors que le président russe Dimitri Medvedev reconnaissait les demandes de coopération économique entre les marchés abkhazes et russes de Soukhoumi Russia tightens ties with Georgian rebel areas.. La crise russo-géorgienne se dégrada d'un cran le quand un drone de reconnaissance géorgien de conception israélienne fut abattu au-dessus de l'Abkhazie.

Parallèlement, durant le Sommet de l'OTAN qui se tint à Bucarest du 2 au NATO Summit 2008 Bucharest., l'Ukraine se trouva enrôlée dans le conflit des géants quand, le dernier jour de la réunion, la question sur le Plan d'action pour l'adhésion à l'Alliance nord-atlantique fut proposé à Kiev et à Tbilissi. La Russie (dont le Premier ministre était présent à la réunion) s'y opposa sur le champ Vladimir Putin tells summit he wants security and friendship. et les relations entre Moscou et l'OTAN se dégradèrent énormément. C'est à cette période que la crise des drones s'aggrava en Abkhazie et que les accidents frontaliers entre l'Ossétie du Sud et les territoires encore contrôlés par Tbilissi se firent de plus en plus dangereux. Le , le service de contre-espionnage russe (le FSB) captura deux citoyens russes d'origines géorgiennes, Ramzan Tourkochvili et Zelimkhan Khangachvili, inculpés d'espionnage pour le compte du SSID (services secrets géorgiens) et d'être derrière les évènements meurtriers de 2004 en Ciscaucasie. Le ministère de l'Intérieur géorgien renia les allégations de Moscou mais les deux ne furent jamais libérés Russia accuses Georgia of aiding rebels.. La situation s'envenima encore une fois en juin, quand la Russie envoya des troupes en Abkhazie, officiellement pour protéger les chemins de fer de la région Russia army unit sent to Abkhazia..

La deuxième guerre d'Ossétie du Sud (août 2008)

Malgré les attentes, la crise devint nettement plus importante en Ossétie du Sud qu'en Abkhazie au cours de l'été 2008. Tout au long du mois de juillet, des incidents frontaliers firent plusieurs morts des côtés géorgien et sud-ossète, tandis que la Russie se préparait indirectement à la guerre, notamment en envoyant des menaces à Tbilissi. Cela mena à une ouverture totale des hostilités de la part de la Géorgie le et confirmé par le rapport de l'Union européenne.

D'après des témoignages inédits de la part de certains soldats qui avaient combattu en Géorgie (mais contredits par le gouvernement russe et depuis lors vérifiés), la armée russe, basée à Vladikavkaz (Ossétie du Nord), entra en alerte dès ledit et commença à pénétrer en grand nombre dans la province séparatiste après une attaque géorgienneКрасная звезда // Еженедельный выпуск № 159 (25162) du 3 - 9 septembre 2008, page 5.. Durant la nuit suivante, les combats aériens débutèrent. Des quartiers entiers de Tskhinvali, capitale de l'Ossétie du Sud, furent détruits, non seulement par les tirs géorgiens mais aussi par les bombardements russes Heavy fighting in South Ossetia.. Bientôt, le gouvernement sécessionniste dut se réfugier à Djava, dans le Nord du pays, mais les troupes russes réussirent à reprendre contrôle de la situation. Le lendemain, un nouveau front fut ouvert, en Abkhazie Abkhazia launches operation to force Georgian troops out..