Lluís Companys i JoverPrononciation catalane : approximativement ‘Lou-iss Koumpagnss’, ou, dans la transcription API : [ʎuˈis kumˈpaɲs]. Ainsi le nom ‘Companys’ ne comporte-t-il que deux syllabes. L’accent tonique doit se placer sur la deuxième (et dernière) syllabe tant pour le prénom que pour le patronyme.En castillan de nombreux documents, dont administratifs et officiels, ont aussi utilisé la forme castillanisée de son vivant, fait aujourd'hui désuet.. est un avocat et homme politique catalan, né le à El Tarròs (aujourd'hui Tornabous) et mort le à Barcelone. Il est président de la Généralité de Catalogne de 1934 jusqu'à la guerre d'Espagne.
Il est l'avocat, puis le dirigeant, du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Exilé en France (Loire-Inférieure) après la guerre civile espagnole, il est arrêté en 1940 par la Gestapo et livré à l'Espagne franquiste par les Allemands, jugé puis fusillé au château de Montjuïc à Barcelone.
Son mausolée se situe au Fossar de la Pedrera, à Barcelone.
Biographie Jeunesse Les parents de Lluís, Josep Companys et Maria Lluisa de Jover, étaient propriétaires terriens dans la région d'Urgell, sa mère étant d'ascendance noble. Lluís fit des études de droit à l’université de Barcelone et participa dès sa jeunesse à la vie politique de la Catalogne. En 1906, il contribua à la création de Solidaritat Catalana, dont il devint le plus jeune dirigeant. Il milita au sein de l’ dont il présida la section politique en 1910.
Companys fut rédacteur en chef de La Barricada et de La Publicitat, deux journaux républicains. Son intense activité politique, sa proximité avec les syndicats, lui valurent d'être considéré comme un agitateur et il fut arrêté quinze fois. Après « la Semaine tragique de Barcelone en 1909, » les rapports de police le qualifiaient d'« individu dangereux ».
Avec Francesc Layret, qu’il connut à l’université et qui fut son inspirateur politique et son ami, il s’inscrivit au Parti républicain catalan et siégea sous cette étiquette au conseil municipal de Barcelone en 1917.
En , en compagnie d’autres syndicalistes, à savoir Salvador Segui dit « el noi de sucre », Martí Barrera et , Companys fut détenu au château « de la Mola ». Malgré sa relégation, il remporta les élections législatives en dans la circonscription de Sabadell pour le siège de Layret, qui avait été assassiné, ce qui lui assura l’immunité parlementaire et lui rendit la liberté.
En 1922, Companys fut l’un des fondateurs de l’, où il travailla en tant que directeur du magazine La Terra pendant la dictature de Primo de Rivera, puis en 1925 comme avocat. Emprisonné à nouveau, il ne put participer à la « conférence d’Esquerres », tenue entre le 12 et le , où fut fondé le parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), dont il fut membre exécutif.
Seconde République Le , Companys fut nommé Gouverneur civil de Barcelone, mais il fut remplacé dès le mois de mai par Carlos Esplá.
Le , lors des élections générales, il fut élu député de Barcelone. Il vota le statut d’autonomie de la Catalogne connu sous le nom d’Estatut de Nuria. Entre autres fonctions, il exerça la présidence du Parlement catalan puis la fonction de ministre de la Marine de juin à . Dans le même temps, il poursuivait sa carrière journalistique, dirigeant L'Humanitat (l’organisme officiel de l'ERC) de à .
Après la mort de Francesc Macià, Companys le remplaça le au poste de Président du Gouvernement autonome catalan.
Le , il proclama la République catalaneNicolas Berjoan, « Alejandro Nieto, La rebelión militar de la Generalidad de Cataluña contra la Repùblica. El 6 de octubre de 1934 en Barcelona », Mélanges de la Casa de Velázquez, 46-2, 2016, mis en ligne le , consulté le .. Le soulèvement fut un échec. La Généralité fut suspendue et ses conseillers furent arrêtés. Il y eut 107 morts et 11 blessés durant les dix heures de ce coup d'État. Arrêté pour rébellion en Benoît Pellistrandi, L'Espagne face à elle-même. Démocratie et question nationale, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2002/2, (no 74), pages 57 à 71., Companys fut condamné à de réclusion. En 1936, après la victoire du Front populaire, la Généralité fut rétablie. Revenu au pouvoir, Companys géra la coalition avec les forces de gauche.
Exil upright=1.2|droite|vignette|Monument érigé à la mémoire de Lluís Companys au col de Manrella. Après l’occupation de la Catalogne par les troupes franquistes le , les mouvements anarchistes s'effondrèrent. Toutes les forces de gauche furent pourchassées et beaucoup de leurs membres exécutés. Companys s’exila le jour-même de l'occupation, en franchissant le col de Lli à La Vajol, pour se réfugier en France, à Escoublac-la-Baule en Loire-Inférieure.. Il y rejoignit sa femme, Carme Ballester. Il fut arrêté le par la police militaire allemande., interné à la prison de la Santé, puis extradé en Espagne... Jugé et condamné le pour haute trahison par un tribunal militaire, il fut, après avoir été torturé., fusillé au château de Montjuïc à Barcelone le . Il ne voulut pas avoir les yeux bandés et mourut face au peloton d'exécution en criant « pour la Catalogne ! » Visca Catalunya! Paul Preston, « Great statesman or unscrupulous opportunist?: Anglo-Saxon interpretations of Lluís Companys », Bulletin of Spanish Studies, 2015, pp. 1-17.
Un monument en forme de pyramide a été érigé en sa mémoire au col de Manrella à la frontière franco-espagnole, sur le territoire de la commune d'Agullana.
Une stèle se dresse sur le lieu de son arrestation, à La Baule-Escoublac.
Lluís Companys au L'ancien président Companys reste au début du une figure de l’indépendantisme catalan. De nombreuses personnalités politiques catalanes lui rendent hommage tous les au Fossar de la Pedrera.
Le fut particulièrement médiatisé en Catalogne., le jour anniversaire des 75 ans de l'exécution de Lluís Companys coïncidant avec une citation à comparaître de l'ancien Président de la Généralité, Artur Mas, pour avoir organisé une consultation illégale au sujet de l’indépendance de la Catalogne le .
En 2008, la Généralité annonce qu’elle va entamer la révision de son procès. En , l’État espagnol annule officiellement la décision de justice contre Lluis Companys et reconnaît que son exécution a été motivée par des raisons politiques, simplement parce qu’il était président de la généralité à l’époque. Le gouvernement proclame que le tribunal l'ayant condamné en 1940 était illégal et illégitime, et affirme que Companys a droit à la reconnaissance et à obtenir une réparation morale.
À Barcelone, un stade porte son nom. Il s’agit du stade olympique Lluís-Companys de Montjuïc, construit par Pere Domènech i Roura.
Un monument à sa mémoire a été inauguré en 1981, au col de Manrell de Las Illas, à la frontière entre la France et l'Espagne.
En , la commune française de Le Boulou a renommé son pont « Pont Lluís Companys ».
Voir aussi Le Fossar de la Pedrera, mausolée de Lluís Companys, depuis 1985, près du cimetière de Montjuïc, à Barcelone, œuvre de l'architecte Beth Galí.
Notes et références
Bibliographie Ramón Alquézar, Esquerra Republicana de Catalunya: 70 anys d'història (1931-2001), Barcelona, Columna, 2002, 408 p. . Josep Benet, Lluís Companys, presidente de Catalunya fusilado, Barcelona, Península, 2005, 220 p. .
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