thumb|upright|Diane de Gabies

La Diane de Gabies est une statue de femme drapée représentant probablement la déesse Artémis, qui est traditionnellement rattachée au sculpteur Praxitèle. Après avoir fait partie de la collection Borghèse, elle est conservée au musée du Louvre sous le numéro d'inventaire Ma 529.

Histoire

La statue est découverte en 1792 par Gavin Hamilton sur la propriété du prince Borghèse à Gabies, non loin de RomeHaskell & Penny, 218.. Elle rejoint immédiatement les collections du prince. En 1807, celui-ci, en proie à des difficultés financières, se voit contraint de la vendre à Napoléon I, et la statue est exposée au musée du Louvre dès 1820.

La statue devient très populaire au : un moulage en plâtre est placé dans l'Athenæum de Londres, une réplique en marbre rejoint les autres copies d'après l'antique qui ornent la cour Carrée du Louvre, et une réplique en fonte orne la fontaine du village de Grancey le Chateau situé en Côte d'Or. On en trouve une copie en marbre (provenant de la Fonderie du Val d'Osne) dans le jardin de Villa Ocampo, résidence de Victoria Ocampo, à San Isidro (près de Buenos Aires).

Des répliques en taille réduite, en terre cuite, en porcelaine et en bronze, sont également commercialisées à l'intention des amateurs.

Description left|thumb|Le visage

La statue représente une jeune femme drapée debout, grandeur natureLa statue mesure 1,65 m. Martinez, .. Le poids du corps porte sur la jambe droite, soutenue par un tronc d'arbre, la jambe gauche étant laissée libre. Le pied gauche est rejeté en arrière et le talon se soulève légèrement, la pointe du pied tournée vers l'extérieur.

Elle est habituellement identifiée comme Artémis, déesse vierge de la chasse et de la nature sauvage, sur la seule base de ses vêtementsAjootian, 125. Une hypothèse minoritaire voit en la statue une représentation d'Iphigénie : Franz Studniczka, Artemis und Iphigenie, Leipzig, 1926, 77-79.. Elle porte en effet un chiton court et à larges manches, typique de la déesse. Le vêtement est noué par deux ceintures : l'une est visible au niveau de la taille, l'autre, cachée, permet de rabattre une partie du tissu, et donc à raccourcir le chiton et dégager les genoux. La déesse est représentée alors qu'elle va agrafer son manteau : la main droite tient une fibule et ramène un pan du vêtement sur l'épaule droite tandis que la main gauche soulève l'autre pan au niveau de la poitrine. Le mouvement a fait glisser le col du chiton, dénudant l'épaule gauche.

La tête est légèrement tournée vers la droite, mais la déesse ne regarde pas véritablement ce qu'elle fait : le regard porte dans le vague, comme c'est souvent l'habitude pour les statues du second classicismeRidgway, Hellenistic Sculpture I. The Styles of ca. 331-200 B.C., Madison, 2001, 34.. Les cheveux ondulés sont ramenés en arrière et retenus par un bandeau noué en haut de la nuque ; leurs extrémités sont rassemblées en une sorte de chignon maintenu par un second ruban invisible.

Attribution thumb|upright|Dessin de la sandale du pied gauche

Selon Pausanias (I, 23, 7)., Praxitèle est l'auteur de l'effigie d'Artémis du Brauronion de l'acropole d'Athènes. Des inventaires du temple datant de 346-347 av. J.-C. mentionnent effectivement, entre autres, une « statue dresséeTullia Linders, Studies in the Treasure Records of Artemis Brauronia Found in Athens, Stockholm, 1972. » décrite comme représentant la déesse enveloppée dans un chitoniskos. On sait par ailleurs que le culte d'Artémis Brauronia comportait la consécration de vêtements offerts par les femmes.

L'œuvre a longtemps été reconnue dans la Diane de Gabies : la déesse serait montrée agréant le don de ses fidèles. On a également noté la ressemblance de la tête avec celle de l’Aphrodite de CnideRidgway , 329. et de l’Apollon sauroctoneRolley, 262 ; Martinez, 314.. Cependant, l'identification a été remise en cause à plusieurs titres. D'abord, les inventaires découverts à Athènes se sont avérés être des copies de ceux du sanctuaire de Brauron : il n'est pas certain que le culte athénien ait compris lui aussi l'offrande de vêtements. Ensuite, le chiton court serait anachronique au Argument cité par Ajootian, 126. : sur cette base, la statue serait plutôt de l'époque hellénistique. Enfin, une hypothèse plus récente reconnaît l'Artémis Brauronia dans une tête du musée de l'Agora antique d'Athènes, qui a pris le nom de Tête DespinisGeorge Despinis, « Neues zu einem alten Fund », Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts, Athenische Abteilung, 109 (1994), 173-198..

Pour autant, la Diane de Gabies frappe par sa grande qualitéRolley évoque « un charme prenant », 262 ; Ridgway « une composition des plus réussies », 329. s'inscrit bien dans ce que l'on considère habituellement comme le style praxitélien, ce qui a poussé certains spécialistes à maintenir malgré tout la statue dans le corpus du maîtreMartinez, 314. ou à l'inscrire dans celui de ses filsRolley, 262..

Notes

Bibliographie

Aileen Ajootian, « Praxiteles », Personal Styles in Greek Sculpture (s. dir. Olga Palagia et Jerome J. Pollitt), Cambridge University Press, 1998 ( 1996) , 124-126. , 101, 218-219. Jean-Luc Martinez, « Praxitèle après Praxitèle », dans Praxitèle, catalogue de l'exposition au musée du Louvre, 23 mars-18 juin 2007, éditions du Louvre & Somogy, 2007 , 73, 312-314. , 329. , 262.

Catégorie:Sculpture de la Grèce antique Catégorie:Collection d'antiquités grecques du Louvre Catégorie:Artémis ou Diane dans la sculpture Catégorie:Mythologie grecque dans la sculpture antique Catégorie:Sculpture de Praxitèle Catégorie:Gabies