Hovhannès Chiraz (en ; de son vrai nom Hovhannès (Onig) Tadevosi Karapetyan), né le à Gyumri (alors Alexandropol, Empire russe) et mort le à Erevan, est un poète arménien. Considéré comme l'une des figures majeures de la littérature arménienne moderne, il est l'auteur d'environ quarante recueils de poésie et de traductions.

Biographie Jeunesse et formation Hovhannès Chiraz naît dans une famille marquée par le génocide arménien. Sa mère, Astghik, devient veuve du génocide peu avant sa naissance. Il grandit dans une pauvreté extrême et, dès l'âge de cinq ans, erre dans les rues avec d'autres enfants orphelins pour vendre de l'eau.

En 1932, il travaille dans une usine textile de Leninakan (aujourd'hui Gyumri) et publie ses premiers poèmes dans les journaux d'usine, signant d'abord sous le pseudonyme Hovhannes Shirag. L'année suivante, il devient enseignant dans le village de Haji Nazar (aujourd'hui Kamo), dans le district d'Akhurian.

Origine du pseudonyme Le pseudonyme « Shiraz » lui est attribué par le romancier Atrpet, qui déclare : , en référence à la ville iranienne de Chiraz, célèbre pour ses roses et ses poètes. Une autre version suggère que son nom de plume dérive de « Shirak azn », signifiant « enfant de Shirak », la région dont il est originaire.

Formation littéraire Très jeune il commença à écrire des poèmes. Il a publié son premier recueil La venue du printemps (Garnanamut) en 1935, qui lui apporte une reconnaissance immédiate. En 1937, il entre au département de littérature arménienne de l'université d'État d'Erevan, où il étudie jusqu'en 1941. Il poursuit ensuite sa formation à l'Institut de littérature Maxime-Gorki de Moscou de 1952 à 1954.

Œuvre littéraire Publications principales Puis suivirent La voix du poète (Banasteghtsi dzaynë) et le Livre des chants (Yergeri girk''') en 1942. Il publia ensuite Lyrique en 1946, le Livre à la paix et à l'amour en 1950.

Son œuvre majeure est la trilogie Lyre d'Arménie (Knar Hayastani), dont le premier volume paraît en 1958, suivi des deuxième et troisième volumes en 1965 et 1974. Ces collections rassemblent les meilleurs exemples de sa poésie et sont considérées comme des chefs-d'œuvre de la littérature arménienne.

Style et thématiques Chiraz développe un style poétique caractérisé par un vocabulaire riche et une sensibilité particulière, enrichi d'éléments folkloriques et populaires. Ses poèmes traitent principalement de thèmes patriotiques et amoureux, incluant des œuvres célèbres comme « Ani », « Ma Mère », « Que mon amour reste secret », « Siamanto et Khjezare », « Impromptu », « Mon Saint Pays », ou encore « Le Destin des Arméniens ».

Œuvres censurées Plusieurs de ses œuvres majeures sont censurées par les autorités soviétiques en raison de leur contenu patriotique arménien.

Le Dante arménien Son chef-d'œuvre Le Dante arménien, poème de plus de 8 000 vers sur le génocide arménien, est écrit dès 1941. Seuls de courts extraits sont publiés en Arménie soviétique de son vivant, tandis que quelques chapitres paraissent à Beyrouth et Téhéran. L'œuvre complète n'est publiée qu'en 1990 à Erevan, six ans après sa mort.

Le poème « Ani » Son poème « Ani », consacré à l'ancienne capitale de l'royaume d'Arménie, écrit en 1950, connaît le même sort : publié par extraits dans la diaspora, il ne paraît dans son intégralité qu'en 2012.

Diffusion et traductions Malgré la censure, ses œuvres connaissent un succès considérable. Le tirage de ses livres dépasse le demi-million d'exemplaires et ses poèmes sont traduits en 58 langues. Ses œuvres sont connues dans toute l'ancienne URSS, traduites notamment par Arseny Tarkovsky et Nikolay Aseev.

Vie personnelle Il fut marié avec la poétesse Sylva Kapoutikian : ils sont les parents du sculpteur Ara Chiraz (1941-2014). Il a eu sept enfants avec sa seconde femme Shushanik Shiraz (Aristakesyan, 1937-2006.) dont le poète Sipan Chiraz (1967-1997).

Chiraz était réputé pour son sens de l'humour. En 1963, l'écrivain américain John Steinbeck lui rend visite dans son appartement d'Erevan et écrit par la suite : .

Engagement et résistance Chiraz maintient une position critique envers le régime soviétique tout au long de sa vie. Il refuse de voyager à l'étranger, mais de nombreux poèmes inédits sont clandestinement transmis à l'étranger et publiés dans la presse de la diaspora arménienne.

En 1974, lorsque le critique littéraire Suren Aghababyan lui annonce l'attribution de l'Ordre de Lénine, Chiraz répond :

Distinctions Décoration Ordre de Lénine (1974)

Prix Prix d'État de l'Arménie soviétique (1975) Prix Hovhannes Tumanyan (1982)

Reconnaissance et héritage L'influence de Chiraz sur la littérature arménienne est largement reconnue. Selon le poète Paruyr Sevak, . L'écrivain américain William Saroyan déclare : . Le poète russe Evgueni Evtouchenko lui rend également hommage en affirmant que Chiraz construit ses poèmes avec du .

En 2014, la Banque centrale d'Arménie émet une pièce commémorative en argent de 10 000 drams pour le centenaire de sa naissance.

Lieux de mémoire Le Musée-Maison Hovhannès Chiraz est situé rue Varpetats à Gyumri, dans un bâtiment du construit en 1886. La maison lui est offerte par les autorités arméniennes soviétiques en juillet 1983 et devient officiellement un musée en 2003. L'école n°169 d'Erevan et une rue de Julfa à Ispahan portent son nom.

Traductions Sept poèmes dans Rouben Mélik (dir.), La poésie arménienne : anthologie des origines à nos jours'', Les Éditeurs français réunis, 1973 (épuisé).

Poème célèbre

Notes et références

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