Ahmès-Mérytamon ou Ahmosé-Méritamon (Celle qui est née de la Lune, Aimée d'Amon) est une reine d'Égypte de la . Elle est la fille aînée d' (ou Ahmès, v. 1549-1525/24) et de la reine Ahmès-Néfertary. Elle est l'une des épouses de son frère , dont elle sera la grande épouse royale. Elle succède à sa mère dans la fonction d'« épouse du dieu », mais on ne sait pas grand-chose d'autre d'elle.

Attestations

La reine est attestée par plusieurs documents : certains éléments de sa tombe TT358 : vignette|gauche|Sarcophage d'Ahmès-Mérytamon découvert à Deir el-Bahari. la toile enveloppant la momie au nom de l'« épouse du dieu, l'épouse du roi, Mérytamon, aimée d'Amon, qu'elle vive »; le couvercle du cercueil anthropoïde au nom de la « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, grande épouse royale, Khénémet-néfer-hedjet, dame des Deux Terres, Mérytamon, justifiée devant Osiris », un fragment de sarcophage extérieur découvert à vingt mètres du puits funéraire, probablement perdu par les pilleurs ; l'inscription sur ce fragment est la suivante : « fille du roi, sœur du roi, Ahmès [Mérytamon] »Ce fragment ayant été découvert à l'extérieur, et l'inscription s'arrêtant à Ahmès, il a été supposé initialement qu'il provenait de la tombe de la princesse Ahmès-Témourisy située à huit cents mètres du lieu de découverte. Cependant, le fragment s'emboitant parfaitement avec les fragments découverts dans la tombe d'Ahmès-Mérytamon, il est certain qu'il provenait de cette dernière (, )., le document Wilinson, un morceau d'un élément funéraire (soit un cercueil, soit un coffre à canope), découvert à Thèbes dans les années 1820 et dont l'inscription a été copiée par John Gardner Wilkinson ; cette inscription « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, grande épouse royale, dame des Deux Terres, Ahmès-Mérytamon », la stèle de Qasr Ibrim de l'an 8 d' et conservée au British Museum (BM E1422) ; le roi est accompagné de deux reines : la « mère du roi » Ahmès-Néfertary et la « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, épouse du roi » Ahmès-Néfertary ; cependant, ce second nom, tout comme celui du roi, a été en réalité regravé après une première destruction, probablement à la période amarnienne, lorsque le pouvoir décidé de détruire de nombreuses inscriptions au nom du dieu Amon ; ainsi, il est très probable que ce second nom était en réalité celui d'Ahmès-Mérytamon, de petits objets : fragments de ménat, scarabées, plaques et perles, dont une plaquette portant d'un côté le nom d' et de l'autre celui de Mérytamon ; à l'exception de la plaquette, ces objets mentionnent le titre d'« épouse du dieu » ou le titre de « grande épouse royale », un cône funéraire de Mahou, second prophète d'Amon et premier prophète de Mérytamon ; le nom de la reine est inscrit dans un cartouche, un fragment de bois (Florence invent. 2392) dont l'inscription lacunaire est la suivante « de la sœur du roi Ahmès-Mérytamon », le nom de la reine étant dans un dans un cartouche, un fragment de relief conservé au Bridgestone Gallery of Art de Tokyo d'un préposé aux troupeaux de Mérytamon, un fragment de relief représentant et Mérytamon, daté de la fin de la ou au début de la et conservé au Fitzwilliam Museum (EGA 4353-1943), un relief de la tombe ramesside TT359, parmi les « Seigneurs de l'Occident ».

Une statue, dont la partie supérieure conservée au British Museum avait été découverte en 1817 par Giovanni Belzoni alors qu'il travaillait à Karnak., tandis que la partie inférieure avait été découverte bien plus tard à côté d'un colosse d' devant le pylône; a souvent été considérée comme étant une statue conjointe de la reine Ahmès-Mérytamon et de la princesse Satamon. L'inscription de chaque côté du siège ayant été volontairement abîmée à chaque occurrence du nom du dieu Amon, probablement à l'époque amarnienne, l'attribution des deux noms lacunaires laisse le débat ouvert, bien que l'attribution de l'un d'eux à la princesse Satamon soit souvent retenue. Cependant, selon certains chercheurs, il semblerait que cette statue n'appartienne en fait qu'à la princesse Satamon.

Généalogie

La reine est clairement attestée comme la fille du roi et de la reine Ahmès-Néfertary, ainsi que l'épouse de son frère le roi . Ce qui est certain également, c'est que ni elle, ni son époux ne sont les parents de son successeur , malgré le fait que par le passé, la reine Ahmès, épouse principale de , a parfois été considérée comme leur fille ou leur sœur.

Biographie

Hormis ses titres familiaux, deux principaux titres sont connus pour cette reine : le titre de grande épouse royale, qui indique qu'elle était l'épouse principale de son frère , le titre d'épouse du dieu, charge sacerdotale importante liée au clergé d'Amon qu'elle a exercée du vivant de sa mère Ahmès-Néfertary, à partir du règne de son frère . Comme l'atteste la stèle de la donation, Ahmès-Néfertary avait reçu un domaine, avec les réserves et le personnel d'exploitation nécessaires ; on peut donc se demander si la reine Ahmès-Mérytamon a reçu ces mêmes dispositions lorsqu'elle a exercé cette charge.

Sépulture vignette|gauche|Tête de la momie d'Ahmès-Mérytamon.

Ses restes furent découverts à Deir el-Bahari dans la tombe TT358 en 1930 par Herbert Eustis Winlock. Sa momie fut trouvée dans deux cercueils en bois de cèdre et un sarcophage en carton. Elle avait été réemballée et inhumée par des prêtres qui avaient découvert sa tombe profanée par des pilleurs. Il semble qu'elle soit décédée relativement jeune, souffrant d'arthrite et de scoliose.

Le cercueil extérieur (aujourd'hui conservé au Musée égyptien du Caire, JE 53140) mesure plus de trois mètres de haut et est fait de planches de cèdre assemblées et sculptées avec une épaisseur uniforme. Les yeux et les sourcils sont incrustés de verre. Le corps est finement sculpté de chevrons peints en bleu pour imiter des plumes. Le cercueil était recouvert d'or, qui avait disparu avec le temps. Le cercueil intérieur était plus petit, mais mesurait tout de même plus de de haut. Le cercueil intérieur était également recouvert d'or, mais ce précieux métal en avait été retiré. La momie avait été soigneusement réemballée sous le règne de . Des inscriptions indiquent que le linceul utilisé pour cette réinhumation fut confectionné en l'an 18 du règne de par le grand prêtre d'Amon Masaharta, fils de . La réinhumation eut lieu le du troisième mois de l'hiver de l'an 19. Il est à noter qu'une seconde momie datant de cette période a été enterrée avec Ahmès-Mérytamon : il s'agit de la « chanteuse d'Amon » Nauny, fille de .

En , la momie d'Ahmès-Mérytamon a été transférée du Musée égyptien du Caire au Musée national de la civilisation égyptienne, en même temps que celles de trois autres reines et de dix-huit rois, lors d'un événement baptisé « Parade dorée des Pharaons ».

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Voir aussi Articles connexes Place des femmes dans l'Égypte antique

Liens externes

Quelques reines importantes : Ahmès-Méritamon

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