Jean-Pierre Timbaud, né le au hameau Bossavy (commune de Payzac, en Dordogne) et mort fusillé le à Châteaubriant (Loire-InférieureLoire-Atlantique depuis le .), est un fondeur et syndicaliste français appartenant à la Confédération générale du travail.

Il est fusillé comme otage en représailles à l'attentat du contre le Feldkommandant Karl Hotz.

Biographie Jean-Pierre Timbaud naît en Dordogne, département d'origine de sa mère. Embauché en 1920 à la fonderie Rudier, il est militant syndical et membre du Parti communiste français. Dans les années 1930, Jean-Pierre Timbaud devient secrétaire du syndicat des métallurgistes parisiens, affilié à la CGT. À ce titre, il lutte activement durant les grandes grèves des années qui précèdent le Front populaire, notamment chez Citroën. et chez Renault.. Une des rares interventions filmées (et sonores) de Jean-Pierre Timbaud figure dans le film Les Métallos. (1938), commande du syndicat de la métallurgie : il tient un discours aux grévistes dans la cour d'une usine occupée.

Comme de nombreux communistes et syndicalistes parisiens, il est arrêté par la police de Pétain (le ). Il est emprisonné au camp d'internement administratif d'Aincourt (Seine-et-Oise), transféré à la centrale de Fontevraud puis à celle de Clairvaux et se trouvera en détention au camp de Choisel à Châteaubriant, le .

Le , Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de Loire-Inférieure, est abattu à Nantes par un commando de l'Organisation spéciale (branche armée du PCF). En représailles, les Allemands décident de fusiller quarante-huit otages : vingt-sept prisonniers communistes du camp de Châteaubriant et vingt-et-un autres prisonniers pour faits de Résistance incarcérés à Nantes et à Paris.

L'après-midi du , les otages font preuve d'une grande dignité face à la mort. On raconte que Jean-Pierre Timbaud est mort en criant : . Léon Blum, lors du procès de Riom, a dit qu'il chantait La Marseillaise.

Parmi les quarante-huit otages, se trouvaient aussi Guy Môquet, l'un des deux plus jeunes d'entre euxLe second « plus jeune » des quarante-huit victimes de ces représailles est André Le Moal, fusillé à Nantes. (il n'a que dix-sept ans et refuse que ses camarades intercèdent en sa faveur : , déclare-t-il au médecin Maurice Ténine) et Charles Michels, qui, en 1936, avait été élu député communiste du de Paris.

Le , les vingt-sept victimes du camp de Châteaubriant sont enterrées par groupe de trois dans neuf cimetières des environs : Jean-Pierre Timbaud dans celui de Saint-Aubin-des-Châteaux, où il repose encore, sa famille n'ayant pas souhaité le transférer ailleurs après la Libération. En , l'instituteur de Saint-Aubin est René Guy Cadou, qui assiste au passage du camion funéraire, et écrira ensuite un poème célèbre sur cette fusillade.

Documents

Lettre d'adieu à sa femme et à sa fille, quelques heures avant d'être fusillé Lettre écrite par le fondeur Jean-Pierre Timbaud, ouvrier syndiqué et militant communiste qui ne fut quasiment pas scolarisé, à sa femme et à sa fille :

Cette lettre est présentée, en , avec celles d'autres fusillés, dans l'exposition « La vie à en mourir », consacrée à leurs dernières lettres, au musée de la Résistance et de la Déportation de Limoges, en lien avec le musée de la Résistance nationale..

L'éloge de Léon Blum lors du procès de Riom

Citations

Hommages Voies Une place de la commune de Payzac, où il est né, porte le nom de Jean-Pierre Timbaud, ainsi qu'une place de Montreuil . Les villes suivantes : Arcueil (Val-de-Marne), Argenteuil, Bobigny, Boucau, Cappelle-la-Grande, Châtillon, Courbevoie, Drancy, Échirolles, Fontaine, Fontenay-sous-Bois, GennevilliersDans cette ville la rue s'appelle « rue Pierre Timbaud »., Goussainville (Eure-et-Loir) et Goussainville (Val-d'Oise), Guyancourt, Issy-les-Moulineaux, Laon, Le Blanc-Mesnil, Limay, Limoges, Maisons-Alfort (Val-De-Marne), Montigny-le-Bretonneux, , Paris, Persan (Val-d'Oise), Poissy, Rosny-sous-Bois, Saint-Germain-sur-Morin, Sartrouville, Seysses, Stains, Vigneux-sur-Seine, Villeneuve-le-Roi et Villerupt ont une rue Jean-Pierre-Timbaud. Une avenue porte son nom à Saint-Dizier, Trappes, Saint-Yrieix-la-Perche et Villepinte. Un quai porte son nom à Juvisy-sur-Orge. Établissements

Des lycées portent son nom à Aubervilliers et Brétigny-sur-Orge. Un collège porte son nom à Bobigny Une école porte son nom dans la ville de Drancy. Un centre de rééducation professionnelle pour travailleurs handicapés porte son nom à Montreuil. Depuis le , son nom a été donné à l'école publique de Saint-Aubin-des-Châteaux, où repose Jean-Pierre Timbaud.. Une salle de la Maison du Peuple (lieu de réunions) porte son nom à Poitiers. Plaque Une plaque commémorativeLe texte de la plaque est erroné. Il aurait dû être : « Fusillé à Châteaubriant par les Allemands le ». est apposée à son dernier domicile, 88 bis, rue Riquet, dans le de Paris. Musique Le rappeur Django, dans le titre Fléau de son album S/O le Flem, rend hommage à Jean-Pierre Timbaud. : « Je passerai devant le fusil, brave, comme Jean-Pierre Timbaud ».

Notes et références

Bibliographie

Lucien Monjauvis, Jean-Pierre Timbaud, Éditions Sociales, 1971.

Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, Éditions Sociales, 1971. Louis Aragon, Le Témoin des martyrs, 1942. Lettres de fusillés, 1941-1944.

Voir aussi Articles connexes Rue Jean-Pierre-Timbaud à Paris Liste de résistants en France

Liens externes

Une biographie. Quelques photos. « Timbaud Jean-Pierre », sur le site maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr.

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