Franka est une série de bande dessinée d'aventure néerlandaise créée par l'auteur Henk Kuijpers pour le magazine néerlandais Pep en 1974, avant qu'elle ne soit éditée en albums par Oberon en 1978.
En France, elle est traduite et publiée pour la première fois dans le magazine Spirou en 1981 et, la même année, dans trois albums édités par Dupuis, puis reprise par Les Humanoïdes Associés en 1987. En 2010, l'éditeur belge BD Must sort en tirage de tête les albums manquants à la collection, quatre par quatre, jusqu'en où elle est enfin complète. L’ordre chronologique n'est pas respecté lors des parutions des traductions françaises.
Vendue à plus d'un million d'albums aux Pays-Bas, la série est également parue en Allemagne, en Suède, en Finlande, en Espagne et au Danemark.
L'auteur a reçu le prix Stripschap en 1990. En , Franka est considérée comme le par les lecteurs hollandais du magazine Eppo.
Description Synopsis Terriblement intelligente, belle et courageuse, Franka est une femme rousse élégante et sportive, maligne et forte, plongeant très souvent dans d'étranges aventures dues à sa carrière en tant que secrétaire à ses débuts et archéologue, parfois accompagnée de son fidèle petit bouledogue blanc nommé Bars.
Personnages Franka — de son vrai nom Francesca Victoria, elle est indépendante, maligne, habile et énergique. Dans la première aventure, elle n'est que secrétaire du musée du crime avant de participer à l'enquête. Bars, fidèle compagnon de Franka, un petit bulldog blanc qui apparaît pour la première fois dans l'épisode inédit Le Retour de Noorderzon (De Terugkeer van de Noorderzon). Furora a sauvé Franka de la noyade dans un canal avant qu'elles ne deviennent amies. Elle est une diseuse de bonne aventure hautement qualifiée, et vit dans une péniche. Jarko Jansen, jeune employé du musée du crime récemment engagé, mince, au cheveux châtains et moustachu, visiblement un peu maladroit. Commissaire Bert Krachijn (Commissaris Northwind), un ancien commissaire de police à la retraite, devenu directeur du musée au côté de Jarko Jansen, avec qui il mené l'enquête sur un suspect dans Le Musée du crime. Cheveux blancs, fumeur de pipe et costaud, une caricature qui rappelle fortement l'acteur Jean Gabin. Il a pour compagnie un bulldog blanc nommé Bof, beaucoup plus costaud que celui de Franka. Philippe Factotum (Philip Factotum), conservateur, bibliothécaire et archiviste du musée du crime, vêtu de noir, portant des lunettes rondes et une barbe blanche. Laura Lava, une pin-up blonde, styliste de mode française talentueuse. Désespérée et à court d'argent, elle rencontre Franka à Saint-Plouc-des-Ondes en Bretagne. Celle-ci va remplacer un mannequin victime d'un léger accident, et être témoin d'une machination orchestrée par son ennemie Madame Maude. Gravin de Weelde, une comtesse. Madame Maude, styliste, ennemie de Laura Lava. Uschi Undsoweiter, assistante et autre ennemie de Laura Lava. Lina Marcopolis, veuve et héritière de la riche propriétaire de Midas Marcopolis. Rix, athlétique play-boy, et voleur d'objets d'art contré par Franka dans Het Portugese Goudship. Franka en devient intensément amoureuse, idylle qui se poursuit jusqu'à l'épisode Het zwaard van Iskander.
Clin d'œil Le personnage Franka
, les Francophones comparent cette héroïne avec l'hôtesse de l'air Natacha de François Walthéry qui, elle aussi, apporte une touche très sexy aux publications, ainsi qu'avec Yoko Tsuno de Roger Leloup pour son côté solitaire et débrouillard.
La ville Groterdam thumb|150px|right|Le Tuschinski Theater Groterdam est une ville imaginaire pour laquelle l'auteur Henk Kuijpers s'est inspiré de la capitale des Pays-Bas, Amsterdam.
Immanquablement, Franka n'a jamais déménagé tout le long des épisodes. En effet, Groterdam et Amsterdam ne font qu'une ville, comme l'on peut se rendre compte dans le second album L'Œuvre d'art (1978) : l'héroïne se dirige vers le Théâtre Pluchinsky, sur la grande place Leidseplein. Ce bâtiment fait référence au célèbre Théâtre Tuschinski. C'est seulement à partir du diptyque Les Dents du dragon (1982-1984) que tout devient progressivement réaliste, même si la ville n'y est ni précisée ni mentionnée sur les récitatifs — abstraction faite lors de la visite à l'étranger.
La série Développement Années Pep (1973-1975) thumb|right|500px|Logo original apparu dans Pep (1974) avant d'être renommé en Het Misdaadmuseum (Le Musée du crime) pour l'album.
Inspiré de ses recherches dans toutes les prisons des Pays-Bas à l'époque où l'auteur était étudiant, l'histoire raconte une équipe de professionnels du crime, personnages qui travaillent dans le milieu du cinéma et qui étaient des spécialistes pour ce genre de film. Henk Kuijpers est engagé sur-le-champ par les responsables de l’hebdomadaire Frans Buissink et Jan de Rooy, en 1973, mais sa première histoire n'est jamais publiéeD'ailleurs, cette histoire a finalement été présentée plus tard dans le magazine Eppo (voir dans le site personnel de l'auteur, précisément dans Achtergrond [Deel 44]) dont numéro et date restent inconnus. Elle a également été publiée dans la revue fan-club Furora en 1985, en noir et blanc et néerlandais (Voir le site de Erik Oskamps Homepage: Henk Kuijpers Fanclub 1985-1986).. Il commence alors une nouvelle histoire dont le personnage principal est Jarko Jansen, qui rencontre l'ancien commissaire Bert Krachun, devenu directeur du musée du crime, et sa secrétaire rousse, Franka. L'histoire est publiée sous le titre De Staatsgreep (Le Coup d’état) dans Pep du en 1974 jusqu'au en 1975.
Peu satisfaits des personnages, les éditeurs lui demandent une suite pour cette histoire. L'auteur se concentre alors sur la ravissante rousse, Franka, qui n'apparaissait tout au plus que sur quatorze pages, et lui attribue le rôle principal dans les histoires suivantes, à la demande des lecteurs hollandais qui
Années Eppo (1975-1982) Franka, personnage principal thumb|left|Logo apparu dans la revue néerlandaise Eppo dès 1975. En 1975, les magazines Pep et Sjors deviennent Eppo, dans lequel apparaît Het Meesterwerk (L'Œuvre d'art), du au en 1976. Franka tient le rôle principal, toujours en tant que secrétaire. L'histoire se déroule en dehors du musée du crime, du point de vue de Franka, montrant son appartement et ses amis, les mêmes personnages secondaires et les mêmes figurants. Le caractère de ce récit se modifie : dans Het Misdaadmuseum, il se concentre sur le braquage avant se terminer en coup d'État et, dans Het Meesterwerk, s'attache sur le faux en art. Franka y rencontre sa future amie, l'élégante Tzigane, la diseuse de bonne aventure, nommée Furora.
thumb|right|200px|Bars, le bouledogue blanc de Franka, apparaît en 1977. En quatre-vingt-neuf planches, une première longue aventure de l'héroïne paraît du en 1977 jusqu'au en 1978, De Terugkeer van de Noorderzon (Le Retour du soleil du nord) qui, quelques mois plus tard, a pour suite De Wraak van het Vrachtschip (La Vengeance du cargo), du en 1978 au en 1979. C'est ici qu'intervient pour la première fois Bars, un bouledogue blanc, qui deviendra le compagnon permanent de Franka.
Premiers albums chez Oberon La maison d'édition Oberon se charge, en 1978, de l'impression en album des premiers épisodes, De Staatsgreep et Het Meesterwerk (L’Œuvre d’art). L'auteur change le titre du premier en Het Misdaadmuseum (Le Musée du crime). Comme il l'explique lors d'un l'interview pour la revue Hop ! en 1999 : .
Tandis que l'éditeur Oberon publie en album de "De Terugkeer van de Noorderzon" et "De Wraak van het Vrachtschip", en 1979, dans la revue, continuent à paraître les courts récits Dierenwinkel (La Journée des animaux) () et De Pyromaan (Le Pyromane) ( au ).
En même temps que Felicitatie (Félicitation), Circus Santekraam (Drôle de cirque) est publié en 1980, du au , la suite, un mois plus tard, du au et huit semaines après, du au en 1981.
Après un passage du mini-récit De Saboteur (Le Saboteur) dans le , terminé au en 1981, Het Monster van de Moerplaat (Le Monstre du marais) se poursuit du en 1981 au en 1982. Pendant ce temps, Circus Santekraam est en préparation pour une parution en album.
Het Monster van de Moerplaat paraît en album en 1982. Suit une nouvelle aventure à la Indiana Jones en jupons, très inspirée du Monde perdu d'Arthur Conan Doyle, qui a pour titre De Tanden van de Draak (Les Dents du dragon), dont les planches paraissent dans les à avec une fin « à suivre ». Cette suite sort elle-même dans les à .
Années Eppo Wordt Vervolgd (1984-1989) Alors qu'en 1984, De Tanden van de Draak (Les Dents du dragon) paraît en album, la revue Eppo est rebaptisée Eppo Wordt Vervolgd et reprend, en 1985, la suite de l'aventure sous le titre De Ondergang van de Donderdraak (Opération-Tonnerre) dans les à en 1986. Ce même récit est publié en album la même année. Le 1985, le magazine annonce que le réalisateur Steven Spielberg souhaiterait adapter Les Dents du dragon au cinéma, mais c'est un canular.
Un fan hollandais de seize ans, Erik Oskamp, crée une petite organisation nommée Henk Kuijpers Fanclub, en 1985. Avec ses membres, il publie une revue trimestrielle en noir et blanc, Furora, remplie de travaux personnels et d'informations sur l'auteur. Dans les trois premiers numéros paraît Het Halssnoer (Le Collier) qui sera renommé Moordende Concurrentie (Victime de la mode) en 1989. Dans les trois derniers numéros de 1986 est paraît Het Proefverhaal (Histoire d'essai), les dix planches que Henk Kuipers avait présentées chez Pep en 1973, et qui n'avait jamais été publiées.
Années Sjors en Sjimmie Stripblad (1989-1997) En 1988, Eppo Wordt Vervolgd change de titre en Sjors en Sjimmie Stripblad qui, dans les premières années, connaîtra un succès.
Ce magazine reprend le mini-récit déjà publié sept ans plus tôt dans Eppo, De Saboteur (Le Saboteur) au de 1989, et à partir du numéro suivant, débute un nouvel épisode sur le monde de la mode, Moordende Concurrentie (Victime de la mode) du au en 1990. Une interview de Henk Kuijpers est publiée dans le en 1989. Ce récit sur la mode, à l'origine, avait commencé sept ans plus tôt, en 1983, sous le titre Het Halssnoer (Le Collier).
En 1992, l'héroïne entre dans le monde du cinéma avec Gangsterfilm (Film de gangsters) du au et, avec son amie Furora, dans un récit de cinq pages au , Eerlijke Eddy. La même année, l'auteur signe un contrat avec Veronica Uitgeverij BV pour que les aventures de Franka soient également publiées dans Veronicagids, plus connu sous le titre Veronica Magazine, l'hebdomadaire de télévision le plus lu par les Hollandais, avec plus de ventes. Cela représente plus deux millions de lecteurs chaque semaine, dont aussi les jeunes, qui y découvrent la mode, le cinéma, les sports, internet, la musique pop, les jeux, le show-biz et la vie.
thumb|Nouveau logo apparaissant sur l'album en 1996.
Proche de l'affaire du créé par Howard Hughes, De Vlucht van de Atlantis (Le Vol de l'Atlantis) suit du au en 1993.
De Blauwe Venus (La Vénus bleue), un thriller, paraît du au en 1994.
L'héroïne retrouve la styliste française Laura Lava dans (La Treizième Lettre) du au en 1995, où madame Maude prend sa revanche.
Suit une aventure en deux parties entre l'Asie et Lisbonne, (Le Vaisseau d'or portugais) paru du au en 1996, et De Ogen van de Roerganger (Les Yeux du timonier), du au en 1997. Franka y poursuit un célèbre voleur d'art professionnel, Rix, dont elle s'éprendra éperdument.
Franka Magazine thumb|left|Logo du magazine créé en 1997 par l'auteur de Franka.
Henk Kuijpers monte sa propre maison d'édition, Franka BV en 1996, et pour faire plaisir à ses fans hollandais, édite en 1997 Franka Magazine, dans lequel il partage sur seize pages ses secrets, ses documents de travail, ses reproductions et ses commentaires.