Charles Adrien Prosper d'Épinay, dit NemoPseudonyme en tant que caricaturiste., né le à Pamplemousses (île Maurice) et mort le à Saint-Cyr-sur-Loire, est un sculpteur et caricaturiste français.

Biographie Jeunesse Charles Adrien Prosper d’Épinay est le fils d'Adrien d'Épinay et le neveu de Prosper d'Épinay, hommes politiques mauriciens.

Son père, avocat, est marié à Marguerite Le Breton de La Vieuville. En 1839, ses parents l’emmènent en France. Son père y meurt au bout de quelques mois, au retour d’un voyage à Londres. Prosper d’Épinay retourne avec sa mère dans son île natale où il fait des études dans la petite école de Pamplemousses, puis au pensionnat Snellgrove à Port-Louis. Dès son jeune âge, il manie l’ébauchoir et pétrit la terre glaise. Il est aussi caricaturiste.

1851-1864 : Paris, Rome et Londres Prosper d’Épinay part faire ses études à Paris en 1851. En France, un ancien préfet, Jacques Éloi Mallac, lui sert de tuteur légal. Après un court retour à l'île Maurice en 1857, il revient à Paris pour étudier la sculpture dans l’atelier de Jean-Pierre Dantan. Il se forme à son art de 1858 à 1860 et réalise des portraits charges.

Résident à la villa MédicisLa Nouvelle revue, T.49, , , . à Rome, il découvre la sculpture antique. Il y est l'élève du sculpteur Luigi Amici, auteur du tombeau du pape Grégoire XVI.

En 1864, il s’établit à Rome et fonde l’atelier de la via Sistina, qu’il va diriger de 1864 à 1912.

En Italie, il devient l’ami de deux célèbres artistes, le peintre catalan Marià Fortuny et le peintre orientaliste Henri Regnault. Fortuny brosse le portrait de Prosper d’Épinay.

Les débuts vignette|redresse|L'Entente cordiale (1863), localisation inconnue. En 1864, d’Épinay connaît un premier succès à Londres avec son groupe caricaturalÀ cette époque toutes ses charges sont signées « Nemo ». intitulé Entente cordiale représentant Napoléon III et lord Palmerston bras dessus bras dessous et . Des copies en bronze sont tirées à plusieurs milliers d’exemplaires par un éditeur londonien.

Le vrai succès arrive la même année avec la statue de L'Innocence que le duc de Luynes lui commande pour son château de Dampierre. En 1865, Prosper d’Épinay sculpte le Buste de la princesse de Galles, future reine du Royaume-Uni, Alexandra de Danemark .

Le monument dédié à son père est inaugurée à l'île Maurice au jardin de la Compagnie à Port-Louis le . En 1867, également sûr son île natale, il exécute le Monument à William Stevenson, gouverneur de l'île. Il réalise aussi un grand nombre de statuettes et de portraits de types orientaux.

Il revient en Europe. À cette époque, le jeune sculpteur est membre de plusieurs associations telles que le Cercle de l’union artistique de Paris, ainsi que le Circolo della Caccia de Rome, qu’il contribue activement à fonder toutes deux avec quelques amis, respectivement en 1860 et 1870.

Prosper d’Épinay se marie le à Paris, avec Claire Mottet de La Fontaine (1844-1936), fille d’Adolphe Mottet de La Fontaine, capitaine au service du Nizam de l'Hyderâbâd Asaf Jah IV et d’Élisabeth de Warren, une artiste peintre. Elle est comme lui une « quasi-orientale », aux yeux des Européens de son époque. Elle est née à GolcondeAlix Laincel, Les peintres de la Femme, 1888, ..

Sculpteur des familles princières

Parmi ses clients figurent des souverains, des nobles, ou de multiples célébrités. Durant sa carrière, il exécute nombre de bustes, parmi lesquels ceux de reines et de princesses, . En 1869, il réalise un Buste de l’impératrice Élisabeth d’Autriche.

En 1873, le lui commande le buste en bronze du peintre Marià FortunyLouis Dussieux, Les Artistes français à l'étranger, 1876.. Il partage sa vie entre Rome, Paris et Londres, où il s’installe. Il est proche des milieux légitimistes parisiens et du comte de Chambord, mais aussi du prince Demidoff et des aristocrates anglais, souvent beaucoup plus libéraux.

Le Salon de 1874 voit le couronnement de son talent et détermine l’orientation de son art. Son œuvre en marbre de Carrare d'une jeune femme nue, essayant de fermer une ceinture, Ceinture dorée, connaît une grande notoriété en France, mais aussi à l’étranger. Dans le même temps, Prosper d’Épinay réalise plusieurs portraits de l'épouse du roi Édouard VII.

Il sculpte également les bustes de Napoléon III, de l'impératrice Eugénie et du prince impérial, conservés au château de Compiègne.

Il participe régulièrement aux séances de la Royal Academy de 1865 à 1881.

En 1881, la mairie de Port-Louis lui commande le groupe Paul et VirginieL'original est conservé au Blue Penny Museum de la ville.. Une autre version se trouve dans le jardin de l’hôtel de ville de Curepipe.

En 1898, il expose le portrait du duc d’Aumale et ceux du marquis de Morès et de son épouse Medorah au Salon du cercle de l’union artistique. À la mort du marquis de Morès, il réalise un portrait de celui-ci et de sa femme pour orner leur tombe.

Les dernières années vignette|redresse|Jeanne d'Arc au Sacre (1902), statue polychrome, cathédrale de Reims. Il réalise une statue polychrome de Jeanne d'Arc intitulée Jeanne d’Arc au Sacre (Jehanne au sacre) qu'il expose au Salon des artistes français de 1902. Elle est offerte par un mécène à la cathédrale de Reims en , à l'occasion des fêtes de la béatification de Jeanne d'Arc. Selon la tradition, cette œuvre est placée dans une chapelle absidiale à l’endroit précis où Jeanne d’Arc se tint durant le sacre de Charles VII. Pour cette statue polychro-éléphantinePolychrome et composite., le casque et l'armure sont confectionnés dans le bronze argenté, le visage est sculpté dans l’ivoire et la tunique dans un marbre jaune de Sienne, parsemé de fleurs de lys en lapis lazuli« Statue (grandeur nature) : Jehanne au sacre », sur cathedrale-reims.culture.fr..

Lors de l'Exposition franco-britannique de 1908 de Londres, il envoie le buste en marbre de la reine Alexandra de DanemarkPhotographie sur le site gac.culture.gov.uk., réalisé en 1906. En 1909, Prosper d’Épinay figure au Salon des humoristes.

D’Épinay est aussi un collectionneur de peintures, entre autres de José Villegas CorderoLes orientalistes de l'école italienne par Caroline Juler, 1996, .. . Il possède une bibliothèque que le conseil de Curepipe décide d’acquérir après sa mort et qui constitue le noyau de l’actuelle bibliothèque Carnegie. Il fournit des caricatures à Vanity Fair de à 1914. Il se retrouve au centre d’une polémique ourdie par quelques artistes, au sujet du buste de Benivieni, acheté comme authentique par le musée du Louvre et payé Claude Vento, Les salons de Paris en 1889, ..

vignette|Sépulture au cimetière du Montparnasse. Prosper d’Épinay meurt le à La Chanterie, à Saint-Cyr-sur-Loire. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris ( division). Sa tombe est ornée du médaillon de celle qu'il appelait « sa fille chérie ».

Les autres portraits Prosper d’Épinay est l’auteur d'environ 500 portraits parmi lesquels ceux de l’impératrice de Russie, la reine d’Italie, la princesse Marie de Bade, de la princesse A. de Broglie, de Sarah Bernhardt, de Lady Walter Scott

D’Épinay La Nouvelle revue, T.49, , , ..

Distinctions Prosper d’Épinay est commandeur de l'ordre royal de Victoria, commandeur de l’ordre d'Isabelle la Catholique, officier de l’ordre du Lion d'or de la maison de Nassau, , chevalier de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, officier de l’ordre impérial de la Rose, de l’ordre de Saint-Georges et de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.

Œuvres dans les collections publiques

vignette|redresse|L'Amour mendiant (1887), marbre, Saint Pétersbourg, musée de l'Ermitage. États-Unis New York, Metropolitan Museum of Art : Sappho Jalouse, 1895, statue en marbreflickr.com..

France Compiègne, château de Compiègne : Buste du prince impérial mort, terre cuite. Montargis, musée Girodet : Vase, 1885, marbre blancVase relief en ronde-bosse en marbre blanc, musée Girodet, Montargis. ; Vase Empire : Sapho, 1885, vase en marbre blanc, décor en haut-reliefVase Empire : Sapho, musée Girodet, Montargis..

Russie Saint Pétersbourg, musée de l'Ermitage : Bacchante, 1866Bacchante, musée de l’Ermitage. ; Réveil, 1873Réveil, musée de l’Hermitage. ; L’Amour mendiant, 1887, 103 cm, statue en marbre pour l’empereur de RussieL’Amour mendiant, musée de l’Hermitage..

Salons

1883 : Callixène.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Patricia Roux-Foujols, Prosper d’Épinay. Un sculpteur mauricien à la cour des princes, L'Amicale Ile Maurice-France, 1996 . Allister Macmillan, Mauritius Illustrated Historical and Descriptive, Commercial and Industrial…, Londres, W.H. et L.Collingridge, 1914.

Liens externes

« Prosper d'Épinay » sur artrenewal.org. « Prosper d’Épinay », sur le site potomitan.info.

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