Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871, auparavant association des amis de la Commune de Paris (1871), est une association française créée en 1882 par les communards rentrant d'exil et de déportation, avec pour but de faire connaître l'histoire de la Commune et d'en entretenir la mémoire. Sa devise est « Le cadavre est à terre mais l'idée est debout ». Il s'agit de la plus ancienne organisation du mouvement ouvrier français encore en activité.
Historique Le , la loi d'amnistie totale est votée à l'Assemblée nationale. Les communards déportés commencent à revenir et des mouvements de solidarité s'organisent pour les accueillir. En 1881, la « Société protectrice des citoyens contre les abus » créée par le docteur Edmond-Alfred Goupy est la première en date, elle disparaîtra par la suite.
Le se crée la « Solidarité des proscrits de 1871 » (dont le secrétaire est le citoyen Berthier et la trésorière la citoyenne Cadolle (Le Radical, et plusieurs autres journaux), fondée à l'initiative d'Henry Louis ChampyHenry Champy (1846-1902) ouvrier coutelier et orfèvre avait été élu du arrondissement à la Commune. Cf notice in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français(DBMOF). et ancêtre de l'« association des amis de la Commune », Le trésorier en sera plus tard Jean Allemane.. Son nom change plusieurs fois : « Solidarité des militants de 1871 » en 1884, puis « Société fraternelle des anciens combattants de la Commune » en 1889.
Les membres de la Fraternelle aident les anciens de la Commune et leur famille, reprennent des actions militantes, participent aux querelles de l'époque, agitation boulangiste, affaire Dreyfus et organisent les obsèques des anciens camarades. Chaque année, un banquet réunit ses membres.
La loi de 1901 apparue, la Fraternelle se transforme en 1905 en « Association fraternelle des anciens combattants de la Commune ». Le , une plaque est apposée sur le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise, le un monument aux morts de la Commune est érigé au Cimetière du Montparnasse grâce à une souscription populaire.
thumb|right|Le local de l'association en 2014. Le nombre des anciens communards déclinant, l'association s'ouvre aux amis et sympathisants et prend le titre d« Association des anciens combattants et amis de la Commune » en 1914. La Première Guerre mondiale arrivant, l'association se range aux côtés de l'Union sacrée tout en exprimant quelques critiques contre le gouvernement. L'entre-deux guerres voit des dissensions politiques et syndicales s'instaurer et l'Association s'affaiblit. En 1929, elle prend le titre d« Association des vétérans et des amis de la Commune ».
Occupation et renaissance La période de l'Occupation met sous le boisseau les activités de l'association qui reprennent sans vigueur jusqu'en 1957. En 1962, elle renaît sous l'impulsion du postier syndicaliste et communiste Emmanuel Fleury : Jacques Duclos en devient présidentCf. . Le bureau comprend outre Jacques Duclos et Emmanuel Fleury, secrétaire général : Arthur Adamov, Florimond Bonte, Jean Braire (qui succède à Emmanuel Fleury en 1970), Maurice Choury, Jean Dautry, Robert Francotte, Eugène Hénaff, Lucien Jayat, Gabriel Pioro, Maurice Pépin, Émile Tersen.. Un appel solennel est lancé :
La reconstitution de l'« Association des amis de la Commune (1871) » est publiée au Journal officiel du . Elle apparaît publiquement le par la pose d'une plaque à la mémoire de Zéphirin Camélinat au . La tradition des banquets annuels est reprise et un bulletin annuel est édité.
Avec l'approche de la célébration du centième anniversaire de la Commune, l'association déborde d'activité. Lors de la Fête de l'Humanité de 1970, le stand de l'association présente une exposition d'affiches d'époque et recueille 300 adhésions. La commémoration nationale de 1971 est un succès, de nombreux débats, publications et expositions voient le jour.
L'association aujourd'hui vignette|La fête de la Commune, en , place de la Commune-de-Paris. Interview de Claudine Rey et concert des Nag'air. thumb|redresse|Le local de l'association lors d'une fête locale. Pour l'anniversaire des 140 ans, un parcours "Paris communard" est lancé, ainsi que d'autres festivités devant l'hôtel de ville de Paris.
En 2013, l'association féminise son nom et devient Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871..
En 2021, l'association compte ..
Un local permanent incluant une librairie et un fonds documentaire important est installé au , dans le quartier de la Butte-aux-Cailles. De nombreuses brochures et un bulletin sont édités, la tradition des banquets annuels est perpétuée et une manifestation est organisée dans Paris chaque année pour le premier jour de la Commune, le , entre autres activités. L'association commémore aussi le dernier jour de la Commune par une montée au mur des Fédérés qui rassemble une quarantaine d'associations, syndicats, partis politiques.
Présidents de l'association 1905 - 1918 : Edmond Goupil 1918 - 1929 : Élie MayÉlie May (1842-1930) avait été directeur de la Manufacture des Tabacs pendant la Commune. Cf. Jean Braire, art. cit. La liste des présidents vient de cette source. 1929 - 1932 : Zéphirin Camélinat 1932 - 1937 : Charles Rappoport 1937 - 1957 : Francis Jourdain 1962 - 1975 : Jacques Duclos 1975 - 1983 : Jean Bruhat 1983 - 2003 : Claude Willard 2003 - 2015 : Jean-Louis Robert 2007 - 2013 : Claudine Rey 2015-2022 : Roger Martelli et Joël Ragonneau depuis 2022 : Sylvie Braibant et Joël Ragonneau
Pour approfondir
Bibliographie
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Historiographie de la Commune de Paris Catégorie:Organisme fondé en 1882 Catégorie:Association ou organisme fondé sous la Troisième République Catégorie:Mémoire de la Commune de Paris Catégorie:Parti communiste français