Il était une fois la révolution () est un western spaghetti américano-hispano-italien de Sergio Leone sorti en 1971.

Le film se déroule au Mexique en 1913. Deux personnages font connaissance : un pilleur de diligences, Juan Miranda (Rod Steiger), et un Irlandais fénien, membre de l'Irish Republican Brotherhood en fuite, spécialiste en explosifs, John Mallory (James Coburn). Juan voit en John le complice idéal pour braquer la banque de Mesa Verde et va se trouver, bien malgré lui, plongé en plein cœur de la tourmente de la révolution mexicaine dont il sera le héros, grâce à (ou à cause de) son nouvel ami.

Le film est une fable picaresque qui se déroule dans le contexte de la révolution mexicaine (1910-1920) et se situe par là dans la lignée des westerns zapata initiés par El Chuncho (1966) de Damiano Damiani, El mercenario (1968) de Sergio Corbucci ou Trois pour un massacre (1969) de Giulio Petroni. Dans la filmographie de Leone, Il était une fois la révolution est le second volet de la Trilogie du temps, précédé par Il était une fois dans l'Ouest (1968) et suivi par Il était une fois en Amérique (1984). S'il n'y a pas de lien direct entre les intrigues et les temporalités de ces trois films, ils partagent des thèmes communs. Ainsi, les trois films parlent d'amitié, de trahison, de vengeance et, dans les deux derniers, de pardon. Il est en outre frappant de constater à quel point l'argent et les questions politiques (révolution, lutte des classes, mouvement ouvrier, politiciens corrompus) sont explicitement au centre des deux derniers volets. Sergio Leone y déploie un point de vue critique mais nuancé du romantisme révolutionnaire au profit d'une vision plus anarchisante.

Rassemblant 6 millions de spectateurs en Italie et 4,7 millions en France à sa sortie, le film est un franc succès. Dernier western réalisé par Leone, il est considéré par certains comme l'un de ses films les plus sous-estimés.

Synopsis

Au milieu de la révolution mexicaine - en 1913, un vagabond mexicain hèle une diligence remplie de passagers riches, mais il est d'abord tenu en joue par le marshall qui assure la sécurité et désire voir la tête des voyageurs quand le péon s’insérera parmi eux. Quand la diligence repart, le vagabond subit les insultes racistes des passagers. Mais plus loin, la diligence est attaquée par une famille de bandits dont le vagabond, de son vrai nom Juan Miranda, est le chef. Les hors-la-loi dépouillent les hommes riches tandis que Juan viole une passagère qui l'a insulté puis ils les chargent tous dans une charrette jetée dans une fosse à purin. Mais les bandits sont intrigués par une série d'explosions plus loin et comptent se rapprocher.

En passant à moto non loin, John H. Mallory, membre de l'IRB et spécialiste des explosifs, rencontre le hors-la-loi. Après que Juan eut tiré sur la moto pour l'arrêter, John descend de sa moto. Découvrant son habileté avec la dynamite et la nitroglycérine, Juan demande à John de l'aider à cambrioler la Banque nationale de Mesa Verde. John refuse, mais ordonne que Juan lui répare sa moto. Une fois la moto réparée, John s’apprête à repartir, mais Juan tire de nouveau sur la moto la rendant inutilisable. En guise de vengeance, John dynamite la diligence et s'en va. Juan lui dit qu'il le retrouvera.

Plus tard dans la nuit, John se réveille dans une chapelle en entendant des gens arriver pour le retrouver. Il place un explosif dedans et se réfugie dehors d'où il actionnera le détonateur. Juan arrive derrière lui et appuie sur le détonateur. Il avait dénoncé John à des soldats et ce sont ces derniers qui périssent dans la chapelle (et non la famille de Juan comme John le pensait). Juan le fait accuser pour le meurtre de plusieurs soldats, faisant de lui un criminel recherché et offrant de le « protéger » en échange de son aide. John accepte à contrecœur d'aider Juan à attaquer la banque, mais s'enfuit sur le chemin de Mesa Verde.

Arrivé dans la ville avant Juan, John prend contact avec des révolutionnaires mexicains dirigés par le Dr Villega et accepte d'utiliser ses explosifs à leur service. Quand Juan arrive, John l'introduit dans les rangs des révolutionnaires. La banque est envahie lors de l'attaque des révolutionnaires contre l'armée mexicaine. Juan, intéressé uniquement par l'or de la banque, est ébahi de constater qu'elle n'a pas de fonds et qu'elle est à la place utilisée par l'armée comme prison politique. John, Juan et sa famille finissent par libérer des centaines de prisonniers, faisant de Juan, contre son gré, un « grand, grand et glorieux héros de la révolution ». vignette|gauche|La figure de Pancho Villa est évoquée dans le film. Les révolutionnaires sont chassés dans les collines par un détachement militaire de l'armée régulière dirigé par le colonel Günther Reza. John et Juan se portent volontaires pour les arrêter avec deux mitrailleuses et de la dynamite. Une grande partie du détachement de l'armée mexicaine est détruite en traversant un pont et en se réfugiant dessous, lequel est détruit par John à l'explosif. Le colonel Reza, près d'une voiture blindée, apparait comme seul survivant. Après la bataille, John et Juan découvrent que la plupart de leurs camarades, y compris le père et les enfants de Juan, ont été tués par l’armée dans une grotte qui servait de repaire aux rebelles. Affolé et enragé, Juan sort seul pour combattre l'armée et est capturé puis emmené dans un camp militaire. Le soir, John se faufile dans le camp, où il est témoin des exécutions de plusieurs de ses camarades révolutionnaires par un peloton d'exécution. Ils ont été trahis par le Dr Villega, qui a été torturé par le colonel Reza et ses hommes. Cela évoque chez John des souvenirs d'une trahison similaire par Nolan, son meilleur ami en Irlande. Dans un flashback, après que Nolan eut donné l'identité de John, celui-ci tue les deux soldats britanniques de garde puis Nolan, forçant John à fuir l'Irlande. Le lendemain, Juan fait face à son propre peloton d'exécution, mais John arrive et fait exploser le mur avec de la dynamite juste à temps. Ils s'échappent sur la moto de John.

John et Juan se cachent dans un wagon d'animaux d'un train de l'armée régulière en direction des États-Unis. Il s'arrête pour récupérer le gouverneur tyrannique Don Jaime, qui fuit (avec une petite fortune) les forces révolutionnaires de Pancho Villa et Emiliano Zapata. Alors que le train est arrêté et pris en embuscade, John, pour tester la loyauté de Juan, lui permet de choisir entre tirer sur le gouverneur et accepter un pot-de-vin de sa part. Juan tue Jaime, volant également le butin du gouverneur. Alors que les portes de la voiture s'ouvrent, Juan est accueilli par une foule nombreuse et est à nouveau salué de manière inattendue comme un grand héros de la révolution. L'argent est emporté par le général révolutionnaire Santerna.

Dans un train avec les commandants de la révolution, John et Juan sont rejoints par le Dr Villega, qui s'est échappé. John seul est au courant de la trahison de Villega. Ils apprennent que les forces de Pancho Villa seront retardées de 24 heures et qu'un train de l'armée transportant 1 000 soldats et armes lourdes, dirigé par le colonel Reza, arrivera dans quelques heures ce soir-là, ce qui supprimera sûrement la position rebelle. John suggère de charger une locomotive avec de la dynamite et de l'envoyer vers le train de l'armée mexicaine. John a besoin d'un autre homme, mais au lieu de choisir Juan, qui se porte volontaire, il choisit le Dr Villega. Il devient clair pour Villega que John est au courant de la trahison, mais John dit qu'il n'avait jugé quelqu'un qu'une seule et unique fois. John le supplie de sauter de la locomotive avant qu'elle ne touche le train de l'armée, mais Villega se sent coupable et reste à bord. John saute dans le même temps, et les deux trains entrent en collision et explosent, tuant Villega et un certain nombre de soldats mexicains.

L'embuscade des révolutionnaires réussit, mais alors que John s'approche pour retrouver Juan, il est abattu dans le dos par le colonel Reza. Un Juan enragé abat le colonel avec une mitrailleuse. Alors que John est mourant, il continue à avoir des souvenirs de Nolan et d'une jeune femme qu'ils aimaient tous les deux. Juan s'agenouille à ses côtés pour poser des questions sur le Dr Villega. John garde le secret du médecin et dit à Juan qu'il est mort en héros de la révolution. Alors que Juan va chercher de l'aide, John, mortellement blessé, sachant que sa fin est proche, déclenche une deuxième explosion qu'il a secrètement préparée au cas où la bataille tournerait mal. Horrifié par la mort soudaine de son ami, Juan regarde les restes brûlants de John, avant de se tourner vers la caméra et de demander désespérément : « Et moi alors ? ».

Fiche technique Titre français : Il était une fois la révolution Titre original italien : ( : Baisse la tête ou Courbe l'échine) Titre espagnol : ( : baisse-toi, abruti), ( : Les Héros de Mesa Verde) Titre anglais : ( : baisse-toi, connard), puis ( : Une poignée de dynamite) Réalisation : Sergio Leone, assisté d'Alberto de Martino (sous le nom de « Martin Herbert ») Scénario : Sergio Donati, Luciano Vincenzoni et Sergio Leone Dialogues : , Carlo Tritto Photographie : Giuseppe Ruzzolini Montage : Nino Baragli Musique : Ennio Morricone Décors : Andrea Crisanti, Effets spéciaux : Antonio Margheriti Costumes : Franco Carretti Maquillage : Affiche : Robert McGinnis Production : Fulvio Morsella, , Ugo Tucci Sociétés de production : Rafran Cinematografica, Euro International Films, San Miura, United Artists Pays de production : - - Langues de tournage : italien / anglais / espagnol Format : couleur - 2,35:1 - son mono - 35 mm Durée : 157 minutes Dates de sortie : Italie : France : États-Unis : Espagne : Affiche : Jouineau Bourduge (France)

Distribution

Production Genèse et développements Le développement dIl était une fois la révolution commence pendant la production dIl était une fois dans l'Ouest, lorsque Sergio Donati, collaborateur de Sergio Leone, lui présente une première mouture du film. Au même moment, Mai 68 éclate à Paris, et les idéaux révolutionnaire et du nationalisme de gauche étaient devenus populaires parmi les étudiants universitaires et les cinéastes à travers l'Europe. Leone, qui avait consacré ses films précédents à déconstruire le romantisme de l'Ouest américain, décide de consacrer Il était une fois la révolution à déconstruire le romantisme révolutionnaire et à mettre en lumière l'instabilité politique de l'Italie contemporaine.

Leone, Donati et Luciano Vincenzoni travaillent ensemble sur le scénario du film pendant trois à quatre semaines, discutant des personnages et des scènes du film. Donati, qui avait déjà fait office de script doctor pour Le Bon, la Brute et le Truand, conçoit le personnage de Juan Miranda comme le pendant de Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand. Par ailleurs, Leone est en grande partie responsable du personnage de John Mallory et de l'accent mis par le film sur le développement de l'amitié entre John et Juan. Cependant, Leone, Donati et Vincenzoni ont parfois constaté qu'ils avaient des opinions très divergentes sur la façon dont le film devait être réalisé, Leone souhaitant que le film soit produit à grande échelle avec une qualité épique, tandis que Donati et Vincenzoni percevaient le film comme un thriller à petit budget.