Alfred Chanzy, né le à Nouart dans les Ardennes et mort le à Châlons-en-ChampagneÀ l'époque « Châlons-sur-Marne »., est un général français, gouverneur de l'Algérie, député des Ardennes.
Il est grand-croix de la Légion d'honneur.
Biographie Famille vignette|Maison natale d'Alfred Chanzy.
D'une famille d'agriculteurs, son père et son oncle se sont engagés dans les troupes napoléoniennes. L'oncle reste dans l'armée et devient capitaine de cuirassiers ; son père en revanche quitte le service après avoir été sous-officier et chevalier de la Légion d'honneur. Il obtient, à son retour en 1821, un poste de receveur des contributions directes, fonction administrative qui fait de lui un modeste fonctionnaire mais lui garantit une vie correcte pour lui et sa famille...
Carrière militaire Formation Après avoir suivi quelque temps les classes du collège de Sainte-Menehould, Chanzy s'engage à seize ans en 1839 comme timonier sur Le Neptune, mais le manque de bataille navale le déçoit. La frustration et surtout les vexations des marins et un mal de mer chronique ont raison de sa courte vocation et il quitte la Marine à son retour en France, le . Il s'engage en 1841 au d'artillerie de Metz, puis suit les cours au Collège royal. Entré finalement à Saint-Cyr ( sur 138 au concours d'entrée), élève studieux, il sort dans les vingt-cinq premiers de sa promotion.
Algérie Nommé sous-lieutenant en 1843, il rejoint les zouaves commandés par Louis Eugène Cavaignac à Blida en Algérie où il restera seize ans. Lieutenant en 1848 au d'infanterie de ligne, capitaine en 1851 au de la Légion étrangère, il rejoint le service des bureaux arabes à Tlemcen puis à Oran. Il est promu chef de bataillon en 1856 au ligne.
Campagne d'Italie (1859) En 1859, il participe à la campagne d'Italie, en particulier aux batailles de Magenta et Solférino au mois de juin.
Expédition française en Syrie Lieutenant-colonel au d’infanterie de ligne en , il part en avec le corps expéditionnaire en Syrie, où il est commandant du QG chargé des affaires politiques, grâce à sa connaissance de l'arabe..
Retour en Algérie Il effectue un séjour au corps d'occupation de Rome, au ligne, de 1861 à 1864. Colonel en 1864 du d'infanterie de ligne, il est de retour en Algérie avec son régiment, où il combat sur la frontière marocaine. Général de brigade en 1868, il exerce le commandement de subdivision à Sidi-Bel-Abbès, où il « nettoie » le Sud-Ouest des razzias de tribus marocaines. Il s'adjoint à cette époque comme plus proche collaborateur le futur général de Boisdeffre, qui le suit ensuite dans tous ses postes. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en .
Guerre de 1870 vignette|redresse=1.0|Statue-hommage à Chanzy au Mans.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il se voit refuser un poste à l'armée du Rhin au début du conflit. Général de division, le , sur intervention de Patrice de Mac Mahon auprès de Léon Gambetta, il est nommé chef du de la première armée de la Loire. Il participe aux combats de Coulmiers et Loigny.
Le , il est nommé commandant en chef de la seconde armée de la Loire composée des et d'armée et arrête un temps l'offensive allemande à Villorceau. Mais il ne peut progresser et se replie sur Vendôme, puis sur Le Mans où son armée est battue les et . Il se retire alors sur Laval le et sur la rive droite de la Mayenne, où le trouve l'armistice du .
La bataille du Mans est une défaite importante pour l'armée française. En 1871, une commission d'enquête est créée dont le rapport, accablant pour celle-là, est rédigé par l'historien breton Arthur de La Borderie.
Carrière politique vignette|gauche|Au lycée Chanzy de Charleville.
Élu député des Ardennes en 1871 par sur , sans même avoir fait acte de candidature., il rejoint le gouvernement à Bordeaux, où il prône la poursuite de la résistance. Le , l'armée de la Loire est dissoute.
Chanzy se rend à Paris le , le jour même où commence la Commune. Arrêté par les insurgés, il est menacé d'exécution, puis libéré. À Versailles, il se range avec les républicains modérés, est élu député des Ardennes et siège au centre gauche du au .
Il est nommé sénateur inamovible en 1875 et est élu président du conseil général des Ardennes, mais il reste en résidence à Alger. Au Sénat, il siège au centre gauche avec les républicains conservateurs. Après la démission de Patrice de Mac Mahon, bien que n'étant pas candidat, il obtient 14,8 % des voix contre Jules Grévy à l'élection présidentielle du .
Carrière administrative Gouverneur de l'Algérie À la tête du d'armée en 1872, il est nommé, sur proposition du maréchal de Mac Mahon, « gouverneur général civil et commandant des forces de terre et de mer en Algérie » le . et à ce titre, chef du corps d'armée créé en .
Sous son administration, la colonie connaît des troubles et il est contraint de mettre Alger en état de siège par un arrêté du . Responsable, avec d'autres, d'une certaine modernisation de la colonie, avec la construction de lignes de chemins de fer et d'autres ouvrages civils, il inaugure une « exposition algérienne » en 1876 et demeure en poste près de six ans.
Ambassadeur en Russie Après l'élection présidentielle, sa situation de gouverneur général devient impossible, et dès le Lettre au commandant de Boisdeffre ; archives Boisdeffre., il est nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg et le , il est relevé officiellement de ses fonctions de gouverneur général de l'Algérie. Il reste en Russie pendant trois ans avant de démissionner à la suite d'un désaccord avec Léon Gambetta.
Retour en France vignette|redresse=1.0|Plaque sur la maison de Châlons où il mourut.
En 1882, il est réintégré à l'État-Major général et nommé membre du Conseil supérieur de la guerre. Il prend le commandement du d'armée à Châlons-sur-Marne où une caserne porte son nom. Il succombe brusquement à Châlons d'une hémorragie cérébrale, dans la nuit du au . Il est inhumé à Buzancy dans les Ardennes.
Chanzy était catholique fervent et, bien qu'accusé d'être clérical, semble s'être toujours opposé à l'ultramontanisme. Les papiers personnels d'Alfred Chanzy sont conservés aux Archives nationales sous la cote 270APArchives nationales..
Hommage, distinctions et héritage Décorations (décret du .) ()
Titulaire de nombreuses décorations étrangères : Ordre de Charles III d'Espagne ; Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand ; Ordre du Saint-Sépulcre ; Ordre du Medjidie de Turquie ; Grand-croix du Nichan Iftikhar de Tunis.
Hommages posthumes
vignette|Inscription au Panthéon, Paris. vignette|À Buzancy.
À Paris : au Sénat, statue du général Chanzy ; au Panthéon, sous l'urne où repose le cœur de Léon Gambetta, une inscription rend hommage aux généraux de la guerre de 1870 : .
au Mans : statue du général Chanzy, sur le monument à la deuxième armée de la Loire dû à Gustave Crauk.
Dans les Ardennes : à Buzancy (Ardennes) : statue du général Chanzy par Aristide Croisy ; à Nouart : statue du général Chanzy ; à Vouziers : buste du général Chanzy ; ainsi qu'un lycée à Charleville-Mézières.
Plusieurs villes de France ont donné le nom de Chanzy à l'une de leurs voies. En Charente, à Angoulême, existe un stade de football et de rugby nommé « stade Chanzy ».
En Algérie encore française, la bourgade de Chanzy, dans le département d'Oran, rappelait son souvenir ; elle se nomme maintenant Sidi Ali Benyoub.
Héritage Il a donné son nom à un lycée reconnu dans le département des Ardennes (à Charleville-Mézières)..
Notes et références
Annexes
Bibliographie Frédéric Beauchef, 1871, Le Mans, une bataille oubliée, éditions Libra Diffusio, Le Mans, 2010. Commandant Léonce Grandin, Chanzy, Dans le passé, Éditions SPES, Paris, 1929, 364 p. Allocution prononcée par Son Exc. l'archevêque de Reims aux funérailles du général Chanzy, le ().
. Jules-Alphonse-Ignace Rouiet, Éloge du Général Chanzy, 1886.
Articles connexes Guerre franco-allemande de 1870 Armée de la Loire Bataille du Mans Monument aux morts de la guerre de 1870 en France
Liens externes
Photos Site sur Chanzy et la Bataille du Mans
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