Louis-François, baron Lejeune, né le à Strasbourg et mort le à Toulouse (Haute-Garonne), est un général, peintre, graveur et homme politique français.
Il contribue à l'introduction de la lithographie en France.
Biographie Un jeune artiste engagé volontaire Après une enfance à StrasbourgCollectif, sous la direction de Valérie Bajou, Les Guerres de Napoléon, Louis François Lejeune, général et peintre, à l'occasion de l'exposition du même nom au château de Versailles, au . Éditions Hazan, 2012, 280 pages. ., Lejeune, de retour à Paris, étudie d'abord la peinture chez Pierre-Henri de Valenciennes avec Jean-Victor Bertin. Il est reçu également à l'Académie royale de peinture, à partir de . Mais il quitte l'atelier et part comme volontaire le dans la compagnie des Arts de Paris. Il reçoit son baptême du feu à la bataille de Valmy. Nommé sergent au bataillon de l'Arsenal, il passe en 1793 dans l'artillerie à La Fère, assiste aux sièges de Landrecies, du Quesnoy et de Valenciennes, où il devient aide-de-camp du général Jacob puis fait, en qualité de lieutenant-adjoint au génie, les campagnes de 1794 en Hollande et de 1795.
Campagnes (1798-1813) Appelé en 1798 au dépôt de la Guerre, il réussit brillamment ses examens et se voit nommé capitaine-adjoint au corps du génie. Il devient aide-de-camp du maréchal Berthier en 1800 et le reste jusqu'en 1812.
Il participe à ce titre pratiquement à toutes les campagnes des guerres de l'Empire, notamment en Espagne, où il est blessé et fait prisonnier. Capitaine après Marengo, chef de bataillon après Austerlitz, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, puis nommé colonel le après s'être valeureusement comporté au siège de Saragosse.
Nanti d'une première dotation en Hanovre en 1808, d'une seconde en Westphalie en 1810, il est fait baron d'Empire le .
Le , lors de la campagne de Russie, il est promu général de brigade et chef d'état-major de Davout. Victime de gelure au visage, il quitte son poste lors de la retraite de Russie mais est mis aux arrêts sur ordre de Napoléon .
Libéré dès , il est d'abord affecté dans les provinces illyriennes, puis rejoint à nouveau l'armée, sous les ordres du maréchal Oudinot, dont il devient le chef d'état-major. Pendant la campagne de Saxe, le général Lejeune est présent à la bataille de Lützen, au passage de la Spree, à Bautzen, etc. Il est fait officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière.
À la bataille de Hoyerswerda, alors que le corps de Bülow écrase le formé en carré dans une prairie, le général Lejeune, au risque d'être enlevé, s'aventure dans les lignes ennemies avec un bataillon, la cavalerie du général Wolff et six pièces de 12. Il brise toute l'artillerie prussienne et sauve le maréchal Oudinot et son armée.
À nouveau plusieurs fois blessé, dont la dernière à Hanau, il est autorisé à quitter l'armée en , après plus de vingt ans de services. Il revient alors à la peinture pour s'y consacrer pleinement.
Vie civile et intermède militaire Déjà titulaire de la croix de l'ordre impérial de Léopold, le général Lejeune est nommé chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII, et promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1823.
Il reprend du service dans l'armée, devenue royale, de 1818 à 1824, comme. Il est encore commandant de la première subdivision de la militaire (Haute-Garonne) en 1831.
Le , il épouse entre-temps Louise Clary, sœur du général Marius Clary, nièce de la comtesse de Survilliers, épouse de Joseph Bonaparte, et surtout nièce et filleule de Désirée Clary, reine de Suède par son mariage avec Jean-Baptiste Bernadotte. En 1824, le roi de Suède lui confère la grand-croix de l'ordre de l'Épée de Suède.
En , il devient un directeur apprécié de l'École des beaux-arts et de l'industrie de Toulouse, jusqu'à la veille de sa mort. En , il assure la direction municipale de Toulouse, nommé par le gouvernement à la suite de la démission d'Arzac.
Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur par décret du .
L'artiste Lejeune n'avait pas oublié ses pinceaux sur le champ de bataille, et l'amour des arts ne l'avait pas abandonné. On possède de lui un assez grand nombre de tableaux d'histoire très estimés. On distingue surtout le tableau de la bataille de Guirando, présenté en 1819 et qui eut un beau succès, et le tableau de la bataille de la Moskova, considéré comme le chef-d'œuvre de l'auteur. Il reste principalement connu pour ses tableaux de scène de batailles pleins de vigueur qui allient vérité historique et composition artistique, réalisés à l'aide de croquis pris sur le vif durant les combats.
On lui attribue généralement l'introduction, en France, de la lithographie qu'il avait vu utiliser à Munich dans l'atelier de son inventeur, Aloys Senefelder, en 1806. Il dessina aussi quelques uniformes de l'armée impériale, dont celui des lanciers de Berg de Murat et celui des aides de camp de Berthier.
Derniers jours Alors que se déroulent à Paris les combats de février 1848, il meurt d'une crise cardiaque à Toulouse le .
Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise ().
Œuvre graphique Collections publiques
Paris, département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France : l'ensemble de son œuvre lithographiéCatalogue de la BnF.. Toulouse, musée Paul-Dupuy : Album de dessin (1820-1829), 37 dessins« Album de dessin », notice descriptive sur le site musees-midi-pyrenees.fr.. Versailles, musée de l'Histoire de France : Bataille d'Aboukir ; La deuxième Bataille d'Aboukir ; Bataille de la Moskova ; Bataille des Pyramides ; Passage du Rhin ; La Bataille de Lodi ; Bataille du mont Thabor ; Marengo ; Bivouac à la veille d'Austerlitz ; La Bataille de Somosierra ; Le .
Publications Sièges de Saragosse, histoire et peinture des événements qui ont eu lieu dans cette ville ouverte pendant les deux sièges qu'elle a soutenus en 1808 et 1809, Paris, Firmin-Didot frères, 1840lire sur Gallica.. Mémoire du général Lejeune publiés par Germain Bapst. De Valmy à Wagram, tome I, Paris, Firmin-Didot, 1895En ligne sur openlibrary.org.. Mémoire du général Lejeune publiés par Germain Bapst. En Prison et en Guerre, tome II, Paris, Firmin-Didot, 1896En ligne sur openlibrary.org.
Ses Mémoires ont fait l'objet de multiples .
Titulature et distinctions Titres Baron Lejeune et de l'Empire (accordé par décret du et lettres patentes signées à Fontainebleau le ) ; Donataire : En Westphalie (revenus : .) par décret impérial du ; Sur Rome par décret impérial du .
Distinctions + Rubans des décorations106px|Grand officier de la Légion d'honneur106px|Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis106px|Commandeur de l'ordre impérial de Léopold106px|Commandeur de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière106px|Grand'croix de l'ordre de l'Épée de Suède Légion d'honneur : légionnaire (), puis ; officier (), puis ; commandeur (), puis ; grand officier de la Légion d'honneur (). Chevalier de Saint-Louis (). Ordre impérial de Léopold : chevalier (autorisé le ), puis ; commandeur. Commandeur de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière (1823). Grand'croix de l'ordre de l'Épée de Suède (1824).
Hommages vignette|Plaque de rue à Strasbourg. Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris. Une rue de Strasbourg, dans le quartier de la RobertsauMaurice Moszberger (dir.), Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), ., et une rue à Toulouse portent son nom. Du au , le château de Versailles présente l'exposition Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintreSite du château.. Patrick Rambaud en a fait l'un des héros de son roman La Bataille, prix Goncourt 1997.
Armoiries Image Blasonnement Armes du baron Lejeune et de l'Empire
Coupé, au premier parti à dextre d'or au dextrochère gantelé de sable, mouvant à sénestre, tenant un compas ouvert du même ; à sénestre de gueules au signe des barons tirés de l'armée, au deuxième d'azur à la tête de Minerve en profil d'or. Livrée : les couleurs de l'écu.
Généalogie vignette|redresse|Sépulture de Louis-François Lejeune, Paris, cimetière du Père-Lachaise.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
. . . . Pour approfondir . Collectif, sous la direction de Valérie Bajou, Les Guerres de Napoléon, Louis François Lejeune, général et peintre, à l'occasion de l'exposition du même nom au château de Versailles, au . Éditions Hazan, 2012, 280 pages .
Articles connexes
Armorial des barons militaires de l'Empire (F-Z) Étienne François Clary et Famille Clary (Marseille) Familles subsistantes de la noblesse d'Empire Guerre et Paix Iconographie de Napoléon Ier Incendie de l'ambassade d'Autriche à Paris Les Hussards (pièce de théâtre) Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire Liste des membres de la noblesse d'Empire Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile Ordre de l'Épée Ordre des Trois-Toisons d'Or Peinture de bataille État-major général de la Grande Armée durant la campagne de Russie Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Liste des familles françaises anoblies et/ou titrées au XIXe siècle
Liens externes
. . . .
Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1812 Catégorie:Général strasbourgeois Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Maire de Toulouse Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre français de bataille Catégorie:Artiste de guerre Catégorie:Graveur français du XIXe siècle Catégorie:Lithographe français du XIXe siècle Catégorie:Enseignant à l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse Catégorie:Chevalier grand-croix de l'ordre de l'Épée Catégorie:Commandeur de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Ordre impérial de Léopold Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Naissance en février 1775 Catégorie:Naissance à Strasbourg Catégorie:Décès en février 1848 Catégorie:Décès à Toulouse Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 33) Catégorie:Militaire français des guerres napoléoniennes