La est une ligne ferroviaire française à écartement standard électrifiée de la région Auvergne-Rhône-Alpes. D'une longueur de 80 kilomètres, elle est à double voie sur les deux tiers de sa longueur. Elle fait partie de la ligne du Sillon Alpin Sud. Elle relie la gare de Valence-Ville, dans la Drôme, sur la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles, à la gare de Moirans, dans l'Isère, sur la ligne de Lyon-Perrache à Marseille-Saint-Charles (via Grenoble).

Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Historique Cette ligne est concédée à la Compagnie du chemin de fer de Saint-Rambert à Grenoble par une convention signée le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie. Cette convention est approuvée par un décret impérial le ..

Par une délibération d'assemblée générale du , la Compagnie du chemin de fer de Saint-Rambert à Grenoble est rebaptisée Compagnie des chemins de fer du Dauphiné. Cette modification est approuvée par décret impérial le ..

Un traité passé le entre la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée et la Compagnie des chemins de fer du Dauphiné prévoit le rachat de cette dernière. Ce traité est approuvé par deux décrets impériaux le ...

La ligne est mise en service sur la totalité de sa longueur par la compagnie PLM le , à voie unique.

En 1910, la ligne est mise à double voie sur tout son parcours.

Entre 1917 et 1922, la portion entre Romans - Bourg-de-Péage et Moirans est mise à voie unique, sur demande de l'Armée Française, afin de récupérer les rails de la deuxième voie pour les fondre pour fabriquer des canons.

En 1922, la deuxième voie est reposée intégralement entre Romans et Moirans (source : "Le sillon Alpin Sud, histoire et transfiguration d'un chemin de fer", de Mariano Florès, Presses et éditions Ferroviaires). À noter que, en revanche, aucune mise à voie unique n'a été entreprise durant la Seconde Guerre mondiale.

De nombreux matériels roulants et trains de légende ont circulé sur cette ligne dès 1945 avec la mise en place de la liaison "Alpes-Pyrénées" de Saint-Gervais à Hendaye.

En 1959, la portion de ligne de Romans à Moirans est, à nouveau, mise à voie unique, avec dépose de la deuxième voie.

En 2006, un PIPC est mis en service, avec son Poste de Commande à Distance (PCD) construit à Moirans, ce qui a entraîné la fermeture de plusieurs postes d'aiguillage dans les gares de la ligne : St-Marcellin, Vinay, Poliénas et Tullins, puis, beaucoup plus tard, Romans - Bourg-de-Péage.

De 2007 à 2009, de gros travaux baptisés SAS (pour Sillon Alpin Sud) sont mis en œuvre pour la pose de la deuxième voie entre St-Marcellin et Moirans.

Le trafic ferroviaire de la ligne est totalement interrompu du au pour le remplacement du tablier des ponts-rails (PRA) et la mise à double voie de la plupart des passages à niveau. Ces travaux ont notamment permis la mise en place de l'horaire cadencé sur les liaisons Valence - Grenoble - Annecy et sur Saint-Marcellin - Grenoble - Chambéry à partir du .

Le trafic ferroviaire de la ligne est encore totalement interrompu du au pour la création de la plateforme de la future deuxième voie.

Du au , une nouvelle interruption totale de trafic entre Romans et Moirans permet de finaliser la modernisation de la ligne et la remise à double voie de la section entre Saint-Marcellin et Moirans.

Le , la double voie avec IPCS et le saut-de-mouton de Moirans sont mis en service.

La pose d'une voie d'évitement longue entre l'ancienne gare de La Sône et l'ouest de la gare de Saint-Hilaire-Saint-Nazaire débute en 2010 (mise en service le ) tandis que la voie d'évitement de la gare de Saint-Paul-lès-Romans est allongée dans le même temps.

La région Auvergne-Rhône Alpes a choisi, pour des raisons budgétaires, de ne pas remettre à double voie la section de Romans à Saint-Marcellin. Si une remise à double voie était éventuellement décidée à plus long terme, elle serait uniquement réalisée entre Romans et Saint-Paul-les-Romans (le pont rail de la déviation est de Romans est conçu pour la double voie), et entre La Sône (côté Chatte) et Saint-Marcellin, .

Un doublement entre Saint-Paul-les-Romans et l'Ouest de Saint-Hilaire-Saint-Nazaire serait beaucoup plus difficile, en raison des difficultés topologiques dues aux falaises de Saint-Lattier. De plus, le pont-rail de La Sone, construit au dessus de l'A 49 durant l'année 1989, a été conçu pour une seule voie, ce qui rendrait très couteuse la continuité de la double voie à cet endroitsource: Le Sillon Alpin Sud, histoire, et transfiguration d'un chemin de fer, Mariano Florès, Presses et Éditions Ferroviaires.

La ligne est totalement fermée du au entre les gares de Valence TGV et Moirans du fait des travaux d'électrification baptisés SAS 2 (pour rappel, la jonction avec le 1,5 kV CC à Valence-Ville est existante depuis 1994) en 25 kV 50 Hz. Tous les TER sont remplacés par des bus durant cette période. Les TER Romans-Briançon sont supprimés entre Romans et Valence-Ville, la correspondance avec le TGV Paris-Miramas et ce TER s'effectuant à Valence-Ville. Seuls les TGV Paris-Miramas continuent à circuler normalement entre la jonction LGV de Saint-Marcel-lès-Valence et Valence-Ville (portion non affectée par les travaux puisque déjà électrifiée depuis 1994). Tous les anciens ponts voûtés sont démolis et remplacés partiellement par des ponts au gabarit, à l'exception d'un ouvrage situé à 20 mètres au dessus des voies, n'engageant pas le gabarit nécessaire pour installer les caténaires, ni les TER 2N, et TGV 2 Niveaux, ni le B+ pour d'éventuels trains de ferroutage. Un changement de section (entre les sous stations de Chambaud LGV, et Moirans-Perelle), est installé à Chatte. Une jonction, à voie unique, entre la LGV Méditerranée et la ligne classique Valence-Moirans est créée. Les TGV doivent franchir, pantographes baissés, une section de jonction LGV/ligne classique, du fait du réglage différent des pantographes dans les deux environnements. Si ce raccordement est utilisé par quelques TGV Annecy-Marseille, les TGV Paris-Grenoble l'utilisent également en cas de coupure de trafic entre Lyon et Grenoble.

En , un éboulement de terrain coupe la ligne de chemin de fer. Cette voie ferré qui passe de l'autre côté de l'Isère est coupée non loin de l'éboulement de La Rivière, obligeant La SNCF à mettre en place une ligne de car de substitution sur la RD 1092 laquelle sert déjà de voie de déviation à la RD 1532Site mesinfos.fr, article "Ligne SNCF Grenoble-Valence : un chantier technique après l'éboulement à Poliénas"..

Infrastructure

thumb|right|530px|Carte de la ligne.

Voies Construite sur deux voies pour permettre l'acheminement des marchandises depuis le Midi jusqu'à l'Isère, elle fut, en 1958 et devant le développement du transport routier, mise à voie unique de Romans à Moirans. Depuis cette époque, elle n'était donc plus à double voie qu'entre Valence et Romans.

Cette ligne a connu au début du d’importants travaux afin de diminuer sa saturation. Ils ont consisté dans un premier temps (achevés le ) à repasser en voie double entre Moirans et Saint-Marcellin, avec circulation à double sens sur chaque voie et des appareils de voie permettant de passer d'une voie à l'autre à Poliénas, puis dans un deuxième temps à moderniser la section entre Romans et Saint-Marcellin, une opération baptisée SAS pour Sillon Alpin Sud. Cette modernisation comprend la réalisation de deux points de croisements : une voie d'évitement en gare de Saint-Paul-lès-Romans, ainsi qu'une double voie sur permettant des croisements dynamiques aux alentours de la gare de Saint-Hilaire-Saint-Nazaire.

Pour des raisons budgétaires, la remise complète à double voie entre Saint-Marcellin et Romans n'est pas prévue à moyen terme; les tronçons entre Saint-Marcellin et La Saône, de Saint-Hilaire à Saint-Paul-lès-Romans et de Saint-Paul à Romans - Bourg-de-Péage restent donc en voie unique. Cependant, certains ouvrages d'art réalisés sur ces sections tiennent compte de cette future opportunitéLors de la création de la déviation est de Romans, le pont-rail est conçu pour 2 voies, car il a été construit, lorsque des dessertes ferroviaires par embranchements particuliers étaient encore en service. Cette voie a été démontée à l'automne 2009. La voie principale se retrouve d'un côté, il suffira de reposer une seconde voie banalisée en lieu et place de cette voie de dessertes. Par contre, le pont-rail de La Sône, sur l'A 49, est conçu pour une seule voie, ce qui pose de nombreux problèmes, pour la repose de la seconde voie entre cette gare, et Saint-Marcellin: Un deuxième pont rail parallèle serait coûteux. Éventuellement, un franchissement sur le seul pont rail existant, avec exploitation en voie unique sur cet ouvrage (solution moins coûteuse, mais source de problèmes de circulation et de débit). En outre, l'ancienne voie desservant des industries à l'est de Romans a été déposée libérant la place pour la repose d'une voie banalisée. . Ultérieurement, le reste de la ligne jusqu'à Romans pourra être remise à double voie, suivant les enveloppes budgétaires régionales.

A Romans, une voie de garage a été aménagée côté Est pour remiser le matériel TER circulant en direction de Briançon. Ce train ne peut être remisé qu'à cet endroit, car il effectue à Valence TGV des correspondances avec les TGV en provenance et à destination de Paris, Lyon, Lille, et Bruxelles. Cette voie de garage a également été électrifiée en 2013.

Tracé La ligne se situe entièrement en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le département de la Drôme, de Saint-Marcel-les-Valence à Saint-Paul-lès-Romans (commune immédiatement au nord de Romans-sur-Isère) puis, sur la majeure partie du tracé, dans le département de l’Isère, de Saint-Lattier à Moirans. La ligne parcourt la basse vallée de l’Isère, en rive gauche de Saint-Marcel-lès-Valence (bifurcation du Cagnard sur la ligne PLM) au viaduc de Vernaison (situé au sud de Romans) puis en rive droite au nord de ce viaduc. Elle se situe sur la plus grande partie du parcours sur les terrasses de l’Isère et recoupe quelques éperons rocheux, ce qui a justifié le percement de trois tunnels et un passage à flanc de paroi (tranchée des Etroits).

Les rayons de courbure descendent localement à 455 mètres aux abords du viaduc du Furand, et à 550 mètres au passage du tunnel de Têche (anciennement appelé tunnel de Beaulieu, la commune voisine). Le profil en long, en forme de toit dont le sommet se situe aux alentours de Saint-Sauveur, ne dépasse pas 10‰.

Le raccordement avec la ligne de grande vitesse se fait par un raccordement au nord de la gare TGV..

Ouvrages Sur cette ligne, on trouve notamment les ouvrages suivants : 13 ponts-route (PRO), 3 tunnels : le tunnel de Têche d’une longueur de 172 m, le tunnel de Poliénas d’une longueur de 781 m et le tunnel de Rochefort d’une longueur de 235 m, 7 filets détecteurs de chute de rochers (3 à St-Lattier, 3 à Têche et 1 à Tizin), 8 ponts-rail (PRA) de grande longueur entre 50 m et 300 m.

Exploitation La vitesse maximale de la ligne est généralement comprise entre 120 et 140 km/h en fonction des tronçons. Les travaux d'électrification et de modernisation ont été accompagnés par l'automatisation de la signalisation en BAPR, la mise en place d'un poste de commande à distance (PCD) à Moirans et la reconfiguration des gares de Romans et de Saint-Hilaire.

Électrification thumb|Les voies en provenance de la ligne Moirans-Valence en gare de Valence TGV permettant le raccordement à la LGV. thumb|Les voies TER électrifiées en gare de Valence TGV. thumb|Les voies de raccordement à droite.