Le Tour de Gaule d'Astérix est le cinquième album de la bande dessinée Astérix, publié en 1965, scénarisé par René Goscinny et dessiné par Albert Uderzo.
Il a été pré-publié dans le journal Pilote du () au ().
Résumé 280px
thumb|1: Village d'Astérix. 2 : Rotomagus (Rouen). 3 : Lutèce (Paris). 4 : Camaracum (Cambrai). 5 : Durocortorum (Reims). 6 : Divodurum (Metz). 7 : Lugdunum (Lyon). 8 : Nicae (Nice). 9 : Massilia (Marseille). 10 : Tolosa (Toulouse). 11 : Agínnum (Agen). 12 : Burdigala (Bordeaux). 13 : Gesocribate (Le Conquet).
L'inspecteur général Lucius Fleurdelotus informe le centurion Gracchus Nenjetépus — responsable du camp romain de Petibonum — qu'il est mandaté par Jules César pour s'occuper une bonne fois pour toutes de l'irréductible village d'Astérix. Mais après une nouvelle défaite, Fleurdelotus, désormais convaincu que les Gaulois sont invincibles, décide de construire une grande palissade autour du village afin d'isoler les rebelles et de les empêcher de propager le mauvais exemple dans le reste de la Gaule.
Astérix lance alors un défi à l'envoyé spécial de Jules César : avec Obélix, il franchira la palissade, fera le tour de la Gaule et ramènera comme preuves de leur périple des spécialités gastronomiques des villes gauloises visitées. Sûr de sa supériorité, Fleurdelotus relève le défi, mais lorsque les deux compères réussissent à s'évader au nez et à la barbe des légionnaires, il lance une alerte générale à travers tout le pays pour ordonner aux occupants romains d'arrêter les deux Gaulois, désormais considérés comme des fugitifs.
Étapes
Rotomagus (Rouen) Astérix et Obélix profitent d'une « diversion » — une attaque fulgurante organisée par le reste du village — pour partir vers Rotomagus (Rouen). Peu après leur entrée dans la ville, ils sont reconnus par une patrouille romaine et contraints de fuir vers la Seine. Là, ils profitent d'un bateau loué par un couple de Romains en croisière pour remonter le fleuve en direction de Lutèce (Paris).
Lutèce (Paris) Après avoir acheté du jambon de Lutèce, ils fuient les patrouilles romaines en se procurant un char d'occasion. Mais le véhicule est en mauvais état et perd une roue après être sorti de la ville. Les deux compagnons s'emparent alors d'un char de dépannage appartenant à un Romain (Tikedbus) pour arriver à Camaracum (Cambrai). Or depuis Lutèce, et sans qu'ils s'en aperçoivent, ils sont suivis par un petit chien blanc...
Camaracum (Cambrai) Achetant des bêtises dans une boutique de Camaracum, les deux héros sont piégés par une patrouille romaine, ce qui déclenche une bataille. Le commerçant, au courant de leur pari, retient les légionnaires le plus longtemps possible afin de leur permettre de poursuivre leur chemin — il s'agit du premier Gaulois à leur prêter main-forte dans leur entreprise contre les Romains.
Durocortorum (Reims) Sur la route de Durocortorum (Reims), les deux héros découvrent un char en panne — celui pour lequel avait été appelé le char de dépannage qu'ils conduisent. Pour franchir un barrage, ils dupent le Romain attendant près du véhicule et l'abandonnent au bord de la route. À Durocortorum, tandis qu'ils achètent des amphores de vin pétillant (champagne), le légionnaire abandonné les retrouve, mais il est assommé par le bouchon d'une des amphores. Le duo part alors pour Divodurum (Metz).
Divodurum (Metz) Traversant une forêt, Obélix, attiré par une odeur de sanglier rôti, se dirige vers la maison de Quatrédeusix, qui leur offre l'hospitalité. Mais celui-ci les dénonce aux Romains ; Obélix s'étant absenté pendant l'intervention des légionnaires, seul Astérix est capturé. Obélix part ensuite à Divodurum (Metz) où il se fait emprisonner pour retrouver son compagnon. Ayant réussi à rejoindre Astérix dans son cachot, il lui fait boire de la potion magique, puis tous deux s'évadent et s'emparent d'un char postal pour atteindre Lugdunum (Lyon).
Lugdunum (Lyon) À Lugdunum, de nombreux légionnaires attendent Astérix et Obélix de pied ferme. Les deux héros sont aidés par Beaufix, le chef clandestin de la ville, qui entraîne la garnison dans un labyrinthe de ruelles (les traboules) afin de l'égarer. Il offre ensuite du saucisson et des quenelles aux voyageurs et leur fournit un char pour leur permettre de rejoindre Nicae (Nice).
Nicae (Nice) Après de longs embouteillages sur la voie romaine n°VII, ils arrivent à Nicae où ils achètent une salade nicaeoise. Repérés par une patrouille romaine, ils fuient sur une plage bondée et empruntent une barque à un vacancier pour aller jusqu'à Massilia (Marseille).
Massilia (Marseille) À Massilia, Astérix et Obélix récupèrent une bouillabaisse auprès de César Labeldecadix (qui leur propose un pastix), qui les aide ensuite en retenant les Romains (au cours d'une mémorable partie de pétanque) pendant qu'ils quittent la ville pour Tolosa (Toulouse). Les deux Gaulois marchent jusqu'à ce qu'il fasse nuit noire, puis s'endorment.
Tolosa (Toulouse) À leur réveil, les deux héros découvrent qu'ils se sont endormis au milieu d'un camp romain. Ils commencent par se défendre, puis, apprenant que les Romains ont l'intention de les amener à Tolosa, ils se laissent capturer, ce qui leur permet d'atteindre facilement la cité, afin d'y acheter des saucisses. Ils poursuivent ensuite leur route vers Aginnum (Agen).
Aginum (Agen) À Aginum (Aginnum), les Romains placardent des affiches partout dans la ville offrant une récompense de 50 000 sesterces pour la capture d'Astérix et Obélix. Odalix, aubergiste gaulois rusé et cupide, décide de les piéger en les invitant dans son établissement et leur offre d'abord un paquet de pruneauxLes pruneaux d'Agen se trouvent bien sur la table offerte à Lucius Fleurdelotus, mais ne sont pas cités par les deux héros, à la p. 48, deuxième case., puis leur apporte des sangliers rôtis. Méfiant, Astérix force Odalix à goûter le premier un des sangliers et découvre ainsi qu'ils sont remplis de somnifère. Quant à Obélix, il mange son sanglier sans éprouver de malaise.
Burdigala (Bordeaux) Sur la route vers Burdigala (Bordeaux), ils se font voler leur sac de spécialités régionales par Radius et Plexus, deux brigands romains. Ceux-ci sont capturés par leurs compatriotes qui les ont pris pour les fugitifs gaulois. Les deux vrais Gaulois récupèrent leur sac de victuailles alors que les voleurs sont attachés aux carcans sur l'échafaud, provoquant une émeute. Avant de partir, ils achètent des huîtres (ostréiculture arcachonnaise) et du vin blanc (Bordeaux (AOC)).
Gésocribate (Le Conquet) Astérix et Obélix retournent vers l'Armorique en mer à bord du bateau du capitaine Changélédix qui transporte des menhirs. Ils croisent et, conformément à la tradition, coulent le bateau des pirates, puis arrivent à Gésocribate (Le Conquet), où ils débarquent dissimulés dans des sacs avant d'être repérés par une patrouille. Ils quittent Gésocribate pour retourner au village.
Retour au village gaulois Astérix et Obélix retrouvent leur village, non sans avoir écrasé la cohorte de Romains postée devant la palissade. Comme convenu, ils présentent les mets du banquet à Fleurdelotus : le jambon de Lutèce, les bêtises de Camaracum, les amphores de vin de Durocortorum, le saucisson et les quenelles de Lugdunum, la salade nicæoise, la bouillabaisse de Massilia, les saucisses de Tolosa, les huîtres et une amphore de vin blanc de Burdigala et les pruneaux d'Aginnum — présents sur la table, mais non cités par les deux héros. En conclusion, Astérix y ajoute la « spécialité » du village, à savoir la « châtaigne », en assommant Fleurdelotus. À la fin de l'épisode, Obélix se rend enfin compte de la présence du petit chien qui les a suivis depuis Lutèce.
Personnages principaux
Analyse Création de l'œuvre Écriture du scénario Plusieurs modifications furent faites au parcours avant la version finale. Dans les premières esquisses, le parcours s'exécutait en sens inverse. Astérix et Obélix devaient aussi traverser plus de villes, mais le voyage fut limité par le nombre de pages : Caesarodunum (Tours, pour ses rillettes), Vesunna (Périgueux, pour son foie gras), Baeterrae (Béziers, pour son vin), Arelate (Arles, pour son saucisson), Cabello (Cavaillon pour ses melons), Cularo (Grenoble pour ses noix), Genabum (Orléans, pour son vinaigre) et Suindinum (Le Mans, pour son poulet). Bien que les deux personnages visitent Gésocribate (Le Conquet), ils n'y achètent pas de crêpes comme prévu dans la première version..
La première prépublication a lieu dans le numéro 172 du magazine Pilote le . La première édition en album est sortie en 1965.
Place de l'album dans la série Dans Le tour de Gaule d'Astérix, la série commence à se fixer. Par exemple, il s'agit du premier album de la série où Obélix se préoccupe de son poids et s'énerve lorsqu'on le traite de « gros »« Un gros ? Quel gros ? » Obélix, page 11 de l'album..
Éléments récurrents de la série, les pirates font leur deuxième apparition. Érix, le fils du chef Barbe-Rouge, fait sa première et dernière apparition : il sera laissé ensuite comme garantie pour que les pirates puissent récupérer un navire. Il s'agit d'un prétexte pour justifier sa disparition dans la série : le dessinateur l'a retiré car il ne trouvait pas ce personnage drôle et les trois autres faisaient finalement l'affaire. Baba, la vigie des pirates, apparaît pour la première fois au moment où leur bateau a sombré du fait d'Astérix et Obélix. Mais ni Barbe-Rouge, ni Triple-Patte ni Baba ne sont nommés.
C'est aussi dans cet album que les Romains tentent d'attaquer le village gaulois pour la première fois dans la série.
Astérix et Obélix visitent Lutèce pour la seconde fois, après le deuxième album La Serpe d'or. Comme d'habitude à Lutèce, les rues de la ville sont toujours bondées de véhicules et de piétons.
Les personnages secondaires commencent à réapparaître. Gracchus Nenjetépus, le centurion de Petibonum, est déjà présent dans l'album précédent, Astérix gladiateur. Il est le seul centurion à apparaître dans deux aventures à la suite. De même, lorsque Lucius Fleurdelotus annonce qu'il retournera à Rome si Astérix réussit son pari, Obélix lui demande de dire le bonjour à Caius Obtus, l'entraîneur de gladiateurs rencontré dans l'album précédent, Astérix gladiateur. On retrouve aussi Cétautomatix, le forgeron du village gaulois, que l'on n'avait pas revu depuis le premier album Astérix le Gaulois. Certains personnages familiers de la série, tel Cétautomatix, n'ont pas encore leur apparence définitive..
On verra encore Changélédix, Beaufix et Labeldecadix dans Astérix en Corse, avec de nombreux autres personnages, alors qu'ils viennent au village gaulois pour le banquet anniversaire de la victoire de Gergovie.
« Naissance » d'Idéfix Le chien Idéfix, encore sans nom dans cet album, fait sa première apparition, sur la de la page 13, assis devant la charcuterie où Astérix et Obélix vont chercher du jambon de Lutèce. Il suit ensuite les personnages dans leur périple et apparaît dans la majorité des cases. Il n'est remarqué par Obélix que dans l'antépénultième case avant d'être ramassé dans l'avant-dernière. Il ne sera nommé que dans l'album suivant, Astérix et Cléopâtre, à la suite d'un concours dans le magazine Pilote. De nombreux courriers arriveront à Pilote et parmi les noms proposés, en plus d'Idéfix, il y aura Patracourcix, Papeurdurix, Trépetix, Paindépix, Toutousanprix, Minimix.. Ce sont quatre ou cinq lecteurs du magazine périodique qui choisiront Idéfix.
Dans la première version du scénario (écrite par René Goscinny seul), Idéfix n'apparaissait pas. Ce n'est que lors de la concertation pour la mise en page que Albert Uderzo suggère de placer un petit chien dans les images. Pour une raison inexpliquée, dans la seconde version du synopsis, la phrase « À la porte se trouve un petit chien » est soulignée..