Le port du Havre est un port de commerce situé en France, donnant sur la Manche.
S'étendant désormais sur plusieurs communes plus à l'est de la ville du Havre, il a été créé en 1517 sur l'ordre de François et à la demande d'une élite normande (principalement de Rouen et de Caen). La construction de ce port est à l'origine de la fondation de la ville du Havre.
Placé au nord de l'embouchure de la Seine, à l'extrémité occidentale de la façade maritime du Nord de l'Europe appelée « rangée nord-européenne » (ou par l'anglicisme ), il est relié de manière efficace à un arrière-pays dense (Rouen et Paris).
En outre, Le Havre est le fondateur de l'Association Internationale Ville & Port qui regroupe désormais une centaine de ports sur les cinq continents. Le port est également membre-fondateur du Port Center havrais.
Au , le « grand port maritime du Havre » est devenu HAROPA PORT, résultant de sa fusion avec les ports de Rouen et de Paris. C'est un établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, plus particulièrement de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités.
En 2025, HAROPA PORT est le cinquième plus grand port européen en termes de trafic total annuel en tonnes.
Le port accueille également une filière « éolienne en mer ». De à , le port accueille le chantier de construction des 71 fondations gravitaires du futur parc éolien en mer de Fécamp.. Il accueille également l'usine de production de pales et de nacelles Siemens Gamesa.
Géographie Une situation favorable, un pays intérieur riche et peuplé Le port du Havre est un port du nord-ouest de la France, dans la région Normandie. Il est aménagé sur la rive nord de l'estuaire de la Seine sur la Manche. Sa situation est favorable pour une raison : il se trouve sur la mer la plus fréquentée du globe. Le port du Havre est le premier et le dernier port de la Rangée nord-européenne, la façade la plus importante d'Europe qui concentre un quart de tous les échanges maritimes mondiaux. ont amélioré l'accessibilité de l'agglomération et du port : l'autoroute A131 (E05) relie Le Havre à l'A13 (autoroute de Normandie) par le pont de Tancarville. Le port du Havre se trouve à une heure de Rouen et une heure trente de l'Île-de-France.. Plus récemment, l'autoroute A29 - E44, autoroute des estuaires) relie l'agglomération havraise au nord de la France et aboutit au Pont de Normandie, ce qui met Amiens (au nord-est) à deux heures de route et Caen (au sud-ouest) à une heure. Cependant, seuls 4 % des conteneurs qui sont redistribués vers la France intérieure le sont par voie ferroviaire, 5 % par voie fluviale et 86 % par la route..
Description du port du Havre La circonscription portuaire du Havre mesure d'est en ouest, et maximum du nord au sud.
D'une superficie de , son territoire s'étale de la digue sud () au pied du pont de Tancarville (). Le sud de l'estuaire est du ressort du port de Rouen. La Zone Industrialo-Portuaire en amont est accessible par bateau par la Seine, le canal du Havre à Tancarville et par le Grand Canal du Havre. Elle s'étend sur huit communes : Le Havre, Gonfreville L'Orcher, Rogerville, Oudalle, Sandouville, Saint-Vigor-d'Ymonville, La Cerlangue et Tancarville.
Histoire Les origines du port (1517 - 1550) Dès 1516, une certaine partie de l'élite normande estime que la Normandie a besoin d'un nouveau port en raison de l'envasement des ports d'Harfleur et de HonfleurLa marine marchande au Havre.
À Paris, la création d'un nouveau port militaire est souhaitée. Fin 1516, François reçoit le rapport qu'il avait demandé aux notables de la Marine, qui détermine les endroits les plus propices pour « établir par deçà en son duché de Normandie une ville et un port de mer ».
Le , à Paris, François adresse la lettre suivante à Bonnivet, amiral de France, : « ... comme pour tenir en seureté les navires et vaissaulx de nous et de noz subjects navigans sur la mer Océane, ayons fait sercher en la coste de Normandie et pays de Caux lieu seur et convenable et nous ayt esté rapporté par vous et notables personnaiges en ce experimentez et entenduz que le lieu de Grace soit la plus propre et le plus aisé de lad. coste et pays de Caux, à faire havre auquel lesd. navires et vaissaulx puissent aisement arriver et seurement sejourner, et faire faire led. havre en la forme qu'il appartient... vous avons pour ces causes et autres consideracions à ce nous mouvans, commis, ordonné et députté, commectons, et donnons et députons commissaire général pour la construction dud. havre et fortification nécessaire pour la seureté d'icelluy par ces présentes... »Documents relatifs à la fondation du Havre, recueillis et publiés par Stephano de Merval (1875), Sté d'hist. de Norm., Rouen, p.9. La mer océane est l'ancien nom donné à l'Océan Atlantique. Christophe Colomb était Amiral de la Mer Océane. thumb|right|Peinture de Claude Monet : Bateaux de pêche quittant Le HavreLe , Bonnivet chargea Guyon Le Roy de cette mission, en reprenant les termes mêmes de la lettre du roi. Le , Guyon demande à M. de Blosseville, capitaine des côtes de Normandie, d'appeler les maîtres maçons et autres ouvriers de Normandie à l'adjudication des travaux à Harfleur.
Les travaux comprenaient : La construction de jetées et de deux tours pour protéger le futur Bassin du Roy. La construction d'un dock. Le creusement d'un canal vers le port d'Harfleur.
Les travaux débutèrent en avril 1517. La partie des travaux se termine en 1532. Le canal, lui, fut creusé seulement dans les années 1600.
Un port en évolution
centré|vignette|479x479px|Le bassin du Havre en 1776, par Nicolas Ozanne. vignette|Plan du port du Havre en 1786. Fondé en 1517 par le roi de France François , à la fois comme forteresse à l'entrée de la Seine, port de pêche et port de commerce afin d'établir des relations commerciales avec le Nouveau Monde récemment révélé aux Européens, le port du Havre est situé au cœur de la façade maritime entre la Manche et la Mer du Nord, à l'entrée de l'estuaire de la Seine, sur la rive droite. C'est, à l'origine, un port d'échouage dont la localisation a été choisie pour ses qualités nautiques exceptionnelles connues de tous les marins, en raison de la . L'annuaire des marées indique que les marées hautes durent 3 heures, de 2 heures avant à 1 heure après la pleine mer.
Grâce à cette position maritime privilégiée, Le Havre hérite, dès sa mise en service, des flux de trafic des ports environnants, victimes de leurs faibles profondeurs et de l'invasion des alluvions. C'est notamment au Havre que s'effectue désormais le transbordement des cargaisons destinées à l'approvisionnement des régions intérieures sur les précieuses allèges fluviales remontant jusqu'à Paris. Ensuite, la vocation commerciale du port du Havre prend véritablement son essor au cours du avec le développement des importations coloniales de sucre, de café, de coton et d'épices et la pratique du commerce triangulaire par les négociants havrais.
thumb|left|Le paquebot Normandie, symbole de l'âge d'or transatlantique. vignette|« Projet d’un pont flottant pour l’élargissement de l’écluse de la Barre ». Elévation, coupe, plan d'ensemble et de détail. Signé par Lapeyre, ingénieur des ponts et chaussées, 25 janvier 1809. Principal port morutier normand au , second port négrier français au , le port du Havre, totalement livré au commerce après la fermeture définitive de l'arsenal en 1824, bénéficie alors de l'extraordinaire période d'expansion – qui fait suite au marasme des guerres de l'empire napoléonien – marquée par l'apparition de la navigation à vapeur. Grâce à l'achèvement en 1847 de la liaison ferroviaire Paris-Le Havre, le transport des passagers au long cours, , devient l'activité prépondérante et, pendant plus d'un siècle, l'histoire du port du Havre se confond avec celle des grands paquebots de ligne et des gares ferroviaires maritimes situées sur les quais.
thumb|Le bassin du commerce du port du Havre, par Eugène Boudin (1892).L'évolution du trafic transatlantique qui se caractérise par la course au gigantisme des navires et par l'accroissement de leur tirant d'eau exige d'importantes profondeurs, de même que la suppression des servitudes imposées par le passage des écluses des anciens bassins. C'est la raison pour laquelle les travaux entrepris dès le début du sont essentiellement consacrés à l'amélioration des accès nautiques, à l'aménagement d'une nouvelle entrée de port et à la création d'un bassin de marée permettant l'accostage des grands navires. Ainsi, quand le paquebot Normandie de la Compagnie Générale Transatlantique effectue son escale inaugurale au Havre en 1935, la largeur de l'entrée du port a été portée à et la passe est draguée à la cote (- 11.00). Entre-temps, le régime de l'Autonomie est institué au port du Havre. En effet, le , l'établissement public devient un port autonome et se voit confier la gestion des services portuaires, auparavant assurée par l'État pour les infrastructures et par la Chambre de Commerce pour l'outillage.
vignette|Le Bassin du Commerce au début du , avec une rame de l'ancien tramway du Havre sur le quai.
La Seconde Guerre mondiale et la Reconstruction (1945 - 1965) À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le port du Havre n'est plus qu'un amas de ruines encombré de plus de 350 épaves : vingt années seront nécessaires pour la reconstitution de l'outil portuaire. La reconstruction est décidée sur la base du plan-masse de 1939, avec deux modifications : la rive Sud du bassin Bellot est devenue un quai d'un seul alignement, de même que la partie à l'ouest du quai Joannès-Couvert (partie du futur quai Pierre-Callet). Six caissons en béton armé de type Phénix (identiques à ceux du port artificiel d'Arromanches) sont utilisés pour reconstruire les ouvrages. Vers 1965, la reconstruction est achevée avec le quai de Pondichéry (futur Jean-Reinhart).
La renaissance (1965 - 1985) Le schéma d'extension, élaboré par la suite, a pour objectif de favoriser le développement industriel du port du Havre, son adaptation aux nouvelles techniques de manutention et à l'augmentation de la capacité des grands pétroliers, les hydrocarbures étant devenus - en tonnage - la principale composante du trafic portuaire.
En 1965, le port du Havre – l'un des six ports autonomes de France (i.e. Bordeaux, Dunkerque, Le Havre, Marseille, Nantes – Saint-Nazaire et Rouen) – voit son rôle et ses compétences définies par la loi du . Le statut de port autonome lui avait été attribué le , et fut conservé lors de la deuxième loi d’autonomie en 1965.
thumb|right|Un porte-conteneur dans l'écluse François . Parmi les réalisations essentielles du Port du Havre au cours des quarante dernières années du , citons : l'extension vers l'Est du bassin de marée à partir de 1968 et ouverture du premier terminal à conteneurs cette année-là (terminal de l'Atlantique, quai de l'Atlantique, utilisés par les armateurs OOCL, Evergreen, MSC, P&O Nedlloyd et CMA-CGM) ; l'approfondissement du chenal d'accès dragué à la cote en octobre 1970 ; en 1971, ouverture du second terminal à conteneurs, terminal de l'Europe (quai de l'Europe), et mise en service, en décembre de cette même année, de l'écluse François (la plus profonde au monde () et en accord avec les mensurations du canal de Panama), offrant un accès à la zone industrielle aux navires de , ouverture en 1977 de deux nouveaux terminaux à conteneurs (Atlantique-Europe, qui rallonge vers le fond du port le terminal de l'Atlantique avec le quai des Amériques, utilisé par les armateurs OOCL, Evergreen, MSC, P&O Nedlloyd et CMA-CGM ; et terminal de l'Océan (quai Bougainville), aujourd'hui utilisé par l'armateur MSC, parfois P&O Nedlloyd dans des cas exceptionnels), ouverture à Saint-Jouin-Bruneval, au nord du Havre, du terminal d'Antifer accessible aux plus grands pétroliers en 1976,