La est une ligne du réseau ferroviaire français de la région Nouvelle-Aquitaine à écartement standard, électrifiée et à double voie. Elle relie la ville de Bordeaux à Irun, ville frontalière espagnole, au pays basque.

Ouverte de 1854 à 1864 par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, avec réemploi d'un tronçon de la ligne de Bordeaux à La Teste ouvert dès 1841, elle constitue une des grandes radiales française dans le prolongement de la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean. Longtemps parcourue par de grands trains internationaux desservant la péninsule ibérique comme le « Sud-Express » ou « El Puerta del Sol », son trafic est au essentiellement constitué du TGV et de desserte locale par le TER Nouvelle-Aquitaine.

Elle constitue la ligne Arrêté préfectoral de la Gironde du 2 mars 2009, annexes page 2/6 ; Annexes. du réseau ferré national.

Histoire Chronologie : ouverture de la ligne de Bordeaux-Ségur à La Teste, : inauguration du tronçon de Lamothe à Dax, : ouverture du tronçon de Dax à Bayonne, 1855 : détournement des trains vers la gare de Bordeaux-Saint-Jean et fermeture de Bordeaux-Ségur, : ouverture de la ligne entre Bayonne et Irun, de 1926 à 1929 : mise en service de l'électrification en continu.

De l'origine à 1940 La mise en concession d'un chemin de fer de Bordeaux à la Teste est autorisée par une loi le .. La concession est attribuée le , et l'exploitation par la Compagnie du chemin de fer de Bordeaux à La Teste débute le .

La loi du déclare d'utilité publique la réalisation d'une ligne de Paris […] sur la frontière d'Espagne, par Tours, Poitiers, Angoulême, Bordeaux et Bayonne..

Si la ligne de Paris à Bordeaux est considérée comme essentielle, son prolongement jusqu'à la frontière espagnole est très vite considéré comme important, d'autant plus que le gouvernement espagnol a décidé la construction d'un chemin de fer reliant Madrid au Pays basque. Quatre tracés sont mis à l'étude : deux passant par la vallée de la Garonne jusqu'à hauteur de Langon, pour ensuite bifurquer vers le sud en direction de Bazas ou de Villandraut, puis Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne ; et deux autres traversant les Landes, l'un à l'ouest par Lamothe et Labouheyre, l'autre à l'est par Sabres. C'est finalement le tracé par Lamothe qui est choisi, celui-ci desservant mieux le centre des Landes et pouvant s'établir en partie sur le chemin de fer existant de Bordeaux à La Teste jusqu'à Labouheyre. De plus son profil serait facile, s'affranchissant de la plupart des vallées« La ligne Paris - Bordeaux - Irun » dans le magazine Le train, spécial 27, mars 2001, 21.

La ligne de Bordeaux à Bayonne est concédée à Messieurs Ernest André et par décret le .. Cette concession donne naissance à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne. Le , à la suite de très importantes difficultés financières, la Compagnie du chemin de fer de Bordeaux à La Teste est reprise par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne.

Le tronçon entre Bordeaux et Lamothe du chemin de fer de La Teste est intégré à la ligne en direction de Bayonne, imposant une remise à niveau et la création de raccordements à Bordeaux entre les deux gares tête de ligne. Les travaux débutent rapidement, sont réalisés sans problèmes majeurs hormis des difficultés d'approvisionnement en matériaux de construction entre Dax et Bayonne, et la ligne est mise en service jusqu'à Bayonne en deux étapes. Le premier tronçon, long de , de Lamothe à Dax, est ouvert à la circulation en , les gares n'étant pas toutes achevées. La mise en service officielle se déroule le . Le , l'ouverture de la seconde section de permet d'atteindre Bayonne.

Toutefois, il manque encore un maillon d'une quarantaine de kilomètres pour rejoindre la frontière espagnole, comme le prévoit la loi de , mais la Compagnie du Midi ne montre aucun empressement à le réaliser, compte tenu de la faible population de la région qui ne laisse présager qu'une faible rentabilité. Par ailleurs, il reste à déterminer le point à relier sur la frontière, en accord avec l'Espagne. La décision espagnole de réaliser une jonction sur le littoral, et le choix du gouvernement, sur pression de qui affectionne Biarritz, poussent à choisir le tracé côtier.

La section de ligne entre Bayonne et la frontière espagnole, longue de trente-cinq kilomètres, est concédée à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est homologuée par décret impérial le .. De son côté, la Compagnie se décide à avancer, sous la menace d'une concurrence du Grand Central du duc de Morny, prêt à se voir concéder la ligne« La ligne Paris - Bordeaux - Irun » dans le magazine Le train, spécial 27, mars 2001, 22.

Contrairement au tronçon landais, les travaux, engagés en , présentent ici de grandes difficultés dues à la géographie du Pays basque. Le tracé présente de nombreux déblais et remblais ainsi que plusieurs ouvrages d'art importants. Le la ligne entre Bayonne et Irun est mis en service. Afin d'améliorer la jonction avec la ligne espagnole, qui vient d'être réalisée, il existe deux voies distinctes entre Hendaye et Irun en raison de la différence d'écartement des rails dans les deux pays : la première à écartement standard utilisée par les trains français faisant leur terminus à Irun, et une à écartement large permettant aux trains espagnols d'arriver à Hendaye. Chaque train repartant à vide vers son pays d'origine. Dorénavant, Paris et Madrid, deux capitales distantes de , sont reliées par le chemin de fer.

Avant la Première Guerre mondiale, afin d'améliorer la sécurité et d'augmenter le débit, la ligne a été équipée du block automatique Banjo entre Bordeaux et Lamothe et du block automatique Paul et Ducousso de Lamothe à Dax. Entre Le Boucau et la bifurcation de Mousserolles (Bayonne) a été installé le block manuel de double voie Regnault, le reste de la ligne étant sous cantonnement téléphonique.

Entre 1926 et 1929, la ligne est électrifiée par caténaire en courant continu : entre Dax et Hendaye en 1926, entre Morcenx et Dax en « La ligne Bordeaux – Dax : Championne des grands alignements », Rail Passion , avril 2025, pages 42 à 55., entre Bordeaux et Morcenx en , puis jusqu'à Irun en 1929, formant à partir de 1938 le plus long axe électrifié de France, de Paris à l'Espagne, sur « La ligne Paris - Bordeaux - Irun » dans le magazine Le train, spécial 27, mars 2001, 37. Vers 1937, le block Banjo frappé d'obsolescence est remplacé par du block automatique lumineux entre Bordeaux et Lamothe.

De 1940 à aujourd'hui Le block manuel unifié de double voie équipe en 1964 le tronçon entre Bayonne et Hendaye.

La vitesse est relevée à de la façon suivante : du km 4 au km 42 : au service d'été 1970 ; du km 42 au km 43,4 (courbe de Lamothe) : le ; du km 43,4 à Labouheyre : au service d'été 1973 ; de Labouheyre à Morcenx : au service d'hiver 1976 ; de Morcenx à Dax : en 1979. Cette vitesse limite de est toujours pratiquée aujourd'hui.

Le block automatique lumineux (BAL) remplace le block Paul et Ducousso entre Lamothe et Dax en commençant par Morcenx - Dax en 1979 et en terminant par Lamothe - Lugos en 1984. Il est prééquipé pour la préannonce, dans le cadre de la préparation à un relèvement de vitesse à . Pour les mêmes raisons, la suppression de tous les passages à niveau de cette section est également réalisée à cette époque. Le BAL est installé en 1986 et 1987 entre Bayonne et Hendaye en replacement du block manuel. La gare de Dax est équipée d'un PRG en 1997, supprimant la signalisation mécanique encore présente dans cette gare. En 2002, à Talence-Médoquine et à Gazinet-Cestas, deux PRCI sont mis en service, télécommandés depuis Bordeaux. Les voies sont banalisées de Bordeaux à Gazinet-Cestas en 2008. Un PRS informatisé est mis en service en 2016 à Pessac, télécommandé depuis Bordeaux, à l'occasion de la réactivation du raccordement vers la Ceinture de Bordeaux et Blanquefort. Le Installations permanentes de contre-sens entre Morcenx et Dax vidéo de SNCF Réseau (consultée le 26 octobre 2025)., un autre PRS informatisé est installé à Laluque (télécommandé depuis le poste de commandes à distance (PCD) de Morcenx), permettant la création de deux pas d'IPCS de Morcenx à Dax.

La gare de Talence-Médoquine est officiellement ouverte le , après plus de 2 années de travaux.

Du fait de ses caractéristiques physiques, la ligne est propice aux essais de vitesse. Elle a été le témoin de records de vitesse sur rail, notamment les et avec une pointe à , puis elle a été le lieu des essais du prototype TGV 001 avec des pointes jusqu'à « La ligne Paris - Bordeaux - Irun » dans le magazine Le train, spécial 27, mars 2001, 73. Toutefois, entre Bordeaux et Dax, où se trouvent les grands alignements et où tous les passages à niveau ont été supprimés, des vitesses limites supérieures à n'ont jamais été mises en œuvre car il aurait fallu renforcer de façon importante les sous-stations et augmenter l'entraxe des voies, ce qui aurait nécessité de déposer les ogives supportant les caténaires.

Infrastructure Tracé La ligne possède un tracé particulièrement rectiligne. Elle quitte Bordeaux en direction du sud-ouest et se dirige vers le bassin d'Arcachon, avec une première ligne droite de entre les PK 9,55 et 24,450 (d'Alouette au nord de Croix-d'Hins) puis une deuxième de entre les PK 24,650 et 33,375 (du sud de Croix-d'Hins à Canauley) et une troisième de entre les PK 33,765 et 41,548 (de Canauley à Lamothe) où se trouve la gare de Facture-Biganos. À Lamothe, elle oblique en direction du sud par une courbe de de rayon, la ligne de Lamothe à Arcachon s'en détachant alors pour desservir la station balnéaire. Elle s'éloigne alors sensiblement du littoral à travers la forêt des Landes. D'ici, commence l'alignement le plus long du réseau ferré français, soit entre les PK 43,740 et 88,910 (du sud de Lamothe au sud de Labouheyre), interrompu par une courbe de de rayon, avant un nouvel alignement d'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Morcenx. Après quelques courbes au sud de cette gare, un nouvel alignement de se présente du PK 117,700 au PK 125,168, puis de nouveau quelques courbes avant Laluque. Le dernier grand alignement, de se situe du PK 132,475, au nord de Laluque, jusqu'au PK 143.380, à Berceau-de-Saint-Vincent-de-Paul. La ligne dessert alors Dax avant de se réorienter de nouveau vers l'océan vers l'ouest en suivant le cours de l'Adour. La ligne s'approche alors franchement du littoral et se réoriente en direction du sud après avoir desservi Bayonne. Au-delà de cette gare, le tracé devient sinueux alors qu'elle suit la côte du golfe de Gascogne jusqu'à Hendaye, puis atteint son terminus espagnol, Irun, après avoir franchi la Bidassoa, fleuve formant la frontière avec la France.

C'est une ligne dotée d'un excellent profil jusqu'à Bayonne, dont les déclivités ne dépassent pas . Au sud de Bayonne, le profil possède des déclivités qui atteignent Profils en long de la ligne de Bordeaux-Saint-Jean à Irun (Wikimidi).

Équipement La ligne a été électrifiée en courant continu de Dax à Hendaye en 1926Revue : Chemins de fer, éditée par l'AFAC, Les installations fixes de traction électrique à la SNCF, numéro 393 de novembre-décembre 1988, pages 257 à 272. et de Bordeaux à Dax en . Elle était équipée à l'origine par une caténaire non compensée de type Midi, incompatible avec les vitesses élevées et de section trop faibleDe même, le désaxement du fil de contact (500mm) c'est-à-dire un montage en zigzag afin de ne pas réaliser un effet "fil à couper le beurre" sur le pantographe interdisait les engins bi-courant dont le deuxième pantographe 25kv n'accepte que 200mm.. Cette dernière a laissé la place à une caténaire polygonale standard sur la majorité du parcours.