Le viaduc de Mirville est un ouvrage d'art ferroviaire de la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre, permettant la traversée de la vallée du ru de Bolbec sur le territoire de la commune de Mirville, dans le département de la Seine-Maritime en Normandie.
C'est un viaduc courbe, construit en briques rouges appareillées, composé de sur une longueur de et une hauteur maximum de . Il est construit sous la direction de l'ingénieur en chef Joseph Locke, par les entrepreneurs Mackensie et Brassey, pour le compte de la Compagnie du chemin de fer de Rouen au Havre qui le met en service en 1847 lors de l'ouverture à l'exploitation de sa ligne de chemin de fer homonyme. Pendant la guerre franco-allemande de 1870 et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, il subit des destructions, relativement faibles, qui interrompent le trafic ferroviaire mais permettent une remise en état rapide après la fin des conflits.
Propriété de Réseau ferré de France, il est principalement utilisé pour les circulations des trains de voyageurs et de marchandises de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).
Situation ferroviaire Le viaduc de Mirville est situé au point kilométrique (PK) 200,126 de la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre, entre les gares de Bolbec - Nointot et de Bréauté - Beuzeville. Il est séparé de cette dernière par les embranchements des lignes de Bréauté - Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme et de Bréauté - Beuzeville à Fécamp.
Histoire Le viaduc est situé sur le tracé du chemin de fer de Rouen au Havre concédé le à , Edward BlountFabrice Bensimon, « David Brooke, William Mackenzie. International Railway Builder and Civil Engineer. Londres, The Newcomen Society, 2004, 200 p. . David Brooke (ed.), The Diary of William Mackenzie, the First International Railway Contractor, Londres, Thomas Telford, 2000, 610 p. . », Revue d'histoire du [Online], 34 | 2007, Online since 02 July 2007, connection on 27 avril 2014. URL : http://rh19.revues.org/1572 et en prolongement du chemin de fer de Paris à Rouen. La Compagnie du chemin de fer de Rouen au Havre est autorisée le et les premiers chantiers au-delà de Rouen sont ouverts en par les entrepreneurs anglais et Thomas Brassey« Compagnie de Rouen au Havre », dans Annuaire officiel des chemins de fer, N. Chaix, 1848, 101-103 (consulté le 26 avril 2014)..
vignette|gauche|Dessin du viaduc en 1847 avant les travaux de consolidation. La brique, qui a fait ses preuves en Angleterre, est choisie comme matériau de construction pour les ouvrages d'art et les bâtiments. Elle est d'un coût un peu plus élevé que la pierre mais son maniement facile est bien maitrisé par les ouvriers anglais qui viennent en nombre travailler sur la ligne. Bien qu'étant largement utilisé outre Manche dans les ouvrages des chemins de fer, ce matériau n'est pas apprécié par les ingénieurs des ponts et chaussées français, qui vont imposer des renforcements et des épreuves supplémentaires pour les ouvrages. Néanmoins, sous la responsabilité de l'ingénieur en chef Joseph Locke, le chantier du viaduc de Mirville, débuté en 1844, est en voie d'achèvement en 1845 pour une mise en service prévue en François et Maguy Palau, « 3.16 Rouen-Le Havre et jonction Rouen Sotteville », dans Le Rail en France : les 80 premières lignes 1828-1851, éditeur Palau, Paris, 2003 , 143.
En , le viaduc de Barentin s'écroule alors qu'il était presque terminé. Ceci renforce le doute des ingénieurs français qui demandent d'autres renforts sur celui de Mirville ; l'épreuve des tests est longue et difficile. Pour un grand viaduc comme celui de Mirville, cela consiste à supporter pendant plusieurs semaines un remblai de deux à de hauteur, puis le passage de deux convois lourdement chargés et tractés chacun par deux locomotives qui vont effectuer cent fois la traversée en avançant de front. Les ouvrages passent avec succès toutes les épreuves et la ligne est déclarée bonne pour le service en ce qui représente un retard de neuf mois par rapport aux prévisions.
L'inauguration de la ligne a lieu le . Le train inaugural, composé de de première classe où se trouvent des membres de la compagnie, les ingénieurs et les invités, part de Paris, s'arrête à Rouen pour le petit déjeuner, puis repart pour Le Havre en s'arrêtant sur certains ouvrages d'art et notamment sur le viaduc de MirvilleAlain Frerejean, « Les Anglais construisent la moitié du réseau français », dans La Grande aventure des chemins de fer, éditions Flammarion, 2008 extrait (consulté le 26 avril 2014).. La mise en service a lieu le pour les trains de voyageurs et le pour ceux de marchandises.
vignette|Le viaduc vers 1900 avec les renforts des piles demandés par l'administration. Lors de la guerre franco-allemande de 1870, le viaduc se retrouve entre la défense du Havre et l'armée allemande. En , le général allemand Bentheim envoie un détachement, dirigé par le capitaine de cavalerie Frantzius, faire sauter le viaduc pour rompre la ligne du chemin de fer à proximité des forces de la défense havraise. Le , une équipe de pionniers est envoyée pour miner le viaduc mais, chargés par une douzaine de cavaliers entrainés par le capitaine de la Villeurnoy, les Allemands se retirent. Le lendemain, ils reviennent plus nombreux sur le viaduc, pendant qu'une opération de diversion a lieu sur Saint-Romain-de-Colbosc. Dans l'après-midi, ils réussissent à faire exploser leur charges, détruisant totalement la première arche, du côté de Rouen, et endommageant les deux suivantesSite gallica.bnf.fr : Albert Le Roy, Le Havre et la Seine-Inférieure pendant la guerre de 1870-1871, L. Roquencourt, Le Havre, 1877, (consulté le 27 avril 2014)..
Après la fin du conflit, le chantier pour la reconstruction définitive des trois arches est terminé en 1871Site gallica.bnf.fr : « Lignes de l'Ouest », dans Rapports et délibérations - Seine-Maritime, Conseil général, 1872, (consulté le 27 avril 2014)..
En 1923, on procède à la réparation des maçonneries (voutes et tympans) et au remplacement des parapets en maçonnerie par des garde-corps en ciment armé. Il est également ajouté de nouveaux regards de visite et des crochets de ravalementSite gallica.bnf.fr : « Lignes de Paris au Havre : viaduc de Merville », dans Rapports et délibérations - Seine-Maritime, Conseil général, 1923, (consulté le 27 avril 2014)..
Lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, l'armée allemande en retraite fait sauterSite documents.irevues.inist.fr : article de Georges Ribeill, « un témoignage sur les chantiers de la ligne normande », dans Vie et mort des ouvrages d'art : l'exemple des ponts de chemins de fer, 108 (consulté le 27 avril 2014). deux arches du viaduc, ce qui provoque la coupure de la ligne. Les trains s'arrêtent avant le viaduc et les voyageurs font cinq kilomètres à pied pour poursuivre leur voyage dans un autre train qu'ils prennent de l'autre côté du viaducGeorges Godefroy, Le Havre sous l'occupation 1940-1944, éditeur la Presse, 1965, 136 extrait (consulté le 27 avril 2014)..
Le viaduc est remis en état et rouvert en 1945François Caron, Alain Gernigon, « Viaduc de Mirville », dans Le Patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, tome 1, Flohic éditions, Paris, 1999 , 64.
Caractéristiques Réalisé en briques sous la direction de Joseph Locke, ingénieur en chef, et , ingénieur principal résident, c'est un viaduc ferroviaire à deux voies pour le passage des trains de la ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre« Note sur les principaux viaducs du chemin de fer de Rouen au Havre : Viaduc de Mirville (modifié) », dans Nouvelles annales de la construction : publication rapide et économique des documents les plus récents et les plus intéressants relatifs à la construction française et étrangère, juillet 1857, 79-80 (consulté le 27 avril 2014)..
Il comporte une pente de 0,0033. Il est en partie en courbe de de rayon, sur de développement. Sa longueur totale est de , dont entre les culées extrêmes. Il comprend de d'ouverture entre des piles de . La hauteur maximale des rails au-dessus du sol est de et la largeur entre les parapets est de .
Sa construction a nécessité des volumes importants : de maçonnerie de briques appareillées au mortier ordinaire, de maçonnerie de briques au ciment, de tablettes de pierre de taille, de béton pour les fondations, de déblais pour les fouilles des fondations, de remblais pilonnés autour des piles. Les modifications exigées ont entrainé l'établissement de contreforts dans l'intérieur de quelques arches, pour former des piles-culées. En outre, il a fallu ajouter de maçonneries de briques pour les contreforts et de maçonneries de briques pour le remplissage des vides.
Estimée à , la dépense totale, comprenant les modifications demandées par l'administration, a atteint .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Chemin de fer de Paris à la mer Ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre Ligne de Bréauté - Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme (passe dessous) Viaduc de Barentin Viaduc de Malaunay
Lien externe
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