La wicca, ou le wiccanisme, est un mouvement religieux néo-païen fondé au au Royaume-Uni par Gerald Gardner. La wicca comprend des éléments de croyance tels que le chamanisme, le druidisme et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique.

Ses adeptes, les wiccans (féminin : wiccanes), vouent un culte à la nature et pratiquent pour une grande partie, la magie blanche et à la sorcellerie bienveillante. La wicca est un culte à mystères où l'on se dédie à certains dieux comme Hécate, la déesse grecque de la magie et de la lune, Gaïa, la déesse de la Terre

La wicca est reconnue comme une religion aux États-Unis, y compris dans l'arméeCompliance Manual Section 12 - Religious DiscriminationFort Bragg N.C. - Wiccan BeliefsHandbook of religious beliefs and practices, 2004.

En France, le mouvement est très limité, et son influence est surtout visible de manière indirecte dans certains mouvements du « féminin sacré », surveillés par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires..

Sens du terme Le terme wicca a été repris par Gerald Brousseau Gardner au , qui affirmait qu’il signifie en vieil anglais. En réalité, sorcellerie en anglais ancien se dit wiċċecræft (d'où le terme actuel witchcraft) et wicca est le masculin de sorcier (le féminin étant wicce et le pluriel wiccan). Ces mots dérivent du verbe wiccian qui signifie .

D’autres étymologies sont cependant apparues. Robert Graves, dans La Déesse blanche, traite du saule, un arbre qui dans la Grèce antique était dédié à Hécate et il écrit : Margot Adler, dans Drawing Down the Moon, rattache wicca à l’indo-européen wic/weik dont la signification recouvre les sens de et de . Elle estime donc qu’une .

Histoire Origines La wicca s'inscrit dans la mouvance européenne du néopaganisme de la première moitié du , consistant à les religions pré-chrétiennes, sur fond de sorcellerie et parfois de revendication nationaliste ou régionaliste (sous l'influence du Mouvement völkisch allemand). Comme toutes les spiritualités créées à cette époque, la wicca consiste en un syncrétisme, largement inspiré des travaux de Charles Leland (1824-1903), Margaret Murray (1863-1963) et Robert Graves (1895-1985), et popularisés par le Britannique Gerald Gardner (1884-1964) dans deux livres : Witchcraft Today, publié en 1954 et The Meaning of Witchcraft en 1959.

Le Livre des Ombres, un ouvrage majeur de la wicca gardnérienne, fut écrit par son créateur, Gérald Gardner.

Évolution du mouvement D'abord confinée à un cercle restreint, la wicca s'est progressivement développée dans les pays anglo-saxons où elle constitue la principale forme de néopaganisme new age. Diffusée par les milieux féministes américains dans le contexte général de la contreculture des années 1970, Elle s'est développée aux États-Unis parallèlement à une forte présence animiste dans la culture afro-américaine, le Hoodoo ou vaudouVoodoo in America (2012). Puis, elle s'est progressivement transformée et diversifiée, acquérant une dimension écologiste qu'elle n'avait pas au départ. Parallèlement aux structures initiatiques issues de la lignée de Gardner ou d'Alex Sanders, s'est créée une wicca éclectique que les membres pratiquent en dehors de toute initiation formelle. Les croyances et les pratiques divergent considérablement selon les individus, d'autant que la frontière entre la wicca proprement dite et les autres formes de néopaganisme est souvent floue.

La diversité des pratiques, l'absence de structure centrale – et souvent de structure tout court – rendent le nombre des wiccans difficile à déterminer Bonewits, I (2005) How Many "Pagans" Are There?. En 1990, l'étude NSRI avait estimé à 8 000 le nombre des wiccans aux États-Unis. L'étude ARIS, réalisée en 2001, en trouve auxquels il faut ajouter une part significative des Américains se définissant comme païens.

Croyances Théologie Les points théologiques de la Wicca sont diversifiés. Ils rassemblent des croyants théistes, athées et agnostiques, certains considérant les divinités de la religion comme des entités ayant une existence dans le réel, tandis que d'autres les voient comme des archétypes junguiens ou des symboles. Même parmi les wiccans théistes, les croyances sont diverses et inclut des panthéistes, monothéistes, duothéistes et polythéistes. Cependant, un point commun à ces différentes perspectives est que les divinités de la Wicca sont perçues par ses pratiquants comme des formes de divinités anciennes, préchrétiennes.

Duothéisme La plupart des premiers groupes wiccans suivaient le culte duothéiste d'un Dieu cornu et d'une Déesse mère, les pratiquants croyant généralement qu'il s'agissait des divinités antiques vénérées par les chasseurs-cueilleurs de l'âge paléolithique, dont le culte avait été transmis en secret jusqu'à nos jours. Cette théologie était dérivée des affirmations de l'égyptologue Margaret Murray dans son livre The Witch-Cult in Western Europe, publié par Oxford University Press en 1921 Murray, Margaret Alice. The Witch-Cult in Western Europe: A Study in Anthropology. Oxford University Press, 1921. Elle expliquait que ce culte vénérait un Dieu cornu à l'époque des procès en sorcellerie de l'époque moderne, mais que, des siècles auparavant, il avait aussi adoré une Déesse mère. Cette structure duothéiste Dieu cornu/Déesse mère a été adoptée par Gardner, qui affirmait qu'elle prenait ses racines à l'Age de pierre, et elle reste la base théologique de la tradition gardnérienne. Gardner considérait que le nom de ces divinités devait être gardé secret au sein de la tradition.

Bien que différents wiccans attribuent des traits différents au Dieu cornu, il est le plus souvent associé aux animaux, au monde naturel, ainsi qu'à l'au-delà, présenté comme un modèle idéal pour les hommes. La Déesse mère, quant à elle, est associée à la vie, à la fertilité et au printemps. Elle est décrite comme le modèle idéal pour les femmes. Le duothéisme de la Wicca a été comparé au système taoïste du yin et yang.

D'autres wiccans ont adopté la structure duothéiste originale du Dieu/Déesse gardnérienne, mais ils ont choisi des divinités autres.

Par exemple, le dieu a été personnifié comme le Roi du Chêne, le Roi du Houx, le Dieu-Soleil, le Dieu-Fils/Amant, et le Dieu de la Végétation. Il a aussi été identifié au Chef de la Chasse Sauvage et au Seigneur de la Mort.

La Déesse est souvent représentée comme une Triple Déesse, une divinité triadique comprenant une déesse vierge, une Déesse mère et une déesse vieille, chacune symbolisant des périodes différentes de la vie d'une femme : la virginité, la fertilité et la sagesse. D'autres conceptualisations wiccanes l'ont représentée comme une Déesse lunaire et une Déesse menstruante. Selon l'anthropologue Susan Greenwood, la Déesse est "un symbole de transformation personnelle - elle est perçue comme évoluant en permanence, une force de changement pour ceux qui s'ouvrent à elle."

Monothéisme et polythéisme

Gardner affirmait qu'au-delà des deux divinités, existait la "Divinité Suprême" ou "Premier Moteur", une entité trop complexe pour être comprise par les humains. Cette croyance a été reprise par d'autres pratiquants, qui l'ont appelée le "Cosmos", "Puissance Cosmique Suprême" ou "Essence Divine". Gardner imaginait cette Divinité Suprême comme une entité déiste ayant créé les "Sous-dieux", parmi lesquels le Dieu cornu et la Déesse mère, ne s'impliquant pas autrement dans le monde. D'autres wiccans ont interprété une telle entité comme étant un être panthéiste, dont le Dieu et la Déesse ne seraient que des facettes.

Bien que Gardner ait critiqué le monothéisme en raison du problème du mal, des formes explicitement monothéistes de la Wicca se sont développées dans les années 1960, lorsque l'Église de la Wicca aux États-Unis a développé une théologie centrée sur l'adoration d'une "divinité unique, sans genre". Dans les années 1970, des groupes de sorcières dianiques se sont développés, se vouant à une seule Déesse monothéiste. Cette approche a souvent été critiquée par les membres des groupes wiccans traditionnels britanniques, qui voyaient ce monothéisme de la Déesse comme une imitation inversée de la théologie chrétienne. Comme dans d'autres formes de Wicca, certains monothéistes de la Déesse ont exprimé l'idée qu'elle n'était pas une entité ayant une existence littérale, mais plutôt un archétype jungien.

En plus du panthéisme et du duothéisme, de nombreux Wiccans acceptent le concept de polythéisme, croyant ainsi en l'existence de nombreuses divinités. Certains adoptent le point de vue défendu par l'occultiste Dion Fortune selon lequel "tous les dieux sont un dieu, et toutes les déesses sont une déesse", c'est-à-dire que les dieux et déesses de toutes les cultures sont, respectivement, des aspects d'un Dieu et d'une Déesse suprêmes. Avec cette perspective, un wiccan peut considérer la déesse germanique Ēostre, la déesse hindoue Kali et la Vierge Marie catholique comme des manifestations d'une seule et même Déesse suprême, de même que le dieu Cernunnos des divinités celtiques, Dionysos de la Grèce antique, et Yahweh du judaïsme et du christianisme comme des aspects d'un même dieu archétypal. Une approche plus strictement polythéiste considère les diverses déesses et dieux comme des entités séparées et distinctes à part entière. Les écrivains wiccans Janet Farrar et Gavin Bone ont émis l'hypothèse que la Wicca devient de plus en plus polythéiste à mesure qu'elle mûrit, tendant à embrasser une vision du monde plus traditionnellement païenne. Certains wiccans conçoivent les divinités non pas comme des personnalités littérales, mais comme des archétypes métaphoriques ou des formes-pensées, permettant ainsi techniquement d'être athées. Ce point de vue est partagé par la Grande Prêtresse Vivianne Crowley, elle-même psychologue, qui considère les divinités wiccanes comme des archétypes junguiens existant dans le subconscient et pouvant être évoquées lors des rituels. C'est pour cette raison, dit-elle, que "la Déesse et le Dieu se manifestent à nous dans les rêves et les visions".

Les wiccans croient souvent que les dieux ne sont pas parfaits et qu'il est possible de débattre avec eux.

De nombreux wiccans adoptent également une vision du monde plus explicitement polythéiste ou animiste, où l'univers est peuplé d'êtres spirituels. Dans de nombreux cas, ces esprits sont associés au monde naturel, comme des genius loci, des fées et des élémentaux. Dans d'autres cas, ces croyances sont plus idiosyncratiques et atypiques ; par exemple, la wiccane Sybil Leek défendait la croyance aux anges.

La vie après la mort La croyance en une vie après la mort varie parmi les wiccans et n'occupe pas une place centrale dans la religion. Comme l'a fait remarquer l'historien Ronald Hutton :

« la position instinctive de la plupart des [wiccans] semble être que si l'on tire le meilleur parti de la vie présente, sous tous ses aspects, la prochaine vie en bénéficiera presque certainement, alors autant se concentrer sur le présent ».

Il est néanmoins courant chez les wiccans de croire que les êtres humains possèdent un esprit ou une âme qui survit à la mort physique. La compréhension de ce qu'est cette âme varie selon les différentes traditions, la tradition Feri de la sorcellerie ayant, par exemple, adopté une croyance issue du mouvement Huna, inspiré par la théosophie, la Kabbale et d'autres sources, selon laquelle l'être humain possède trois âmes.