La (abréviation de l'AAR : RDG) plus communément appelée était un ancien chemin de fer américain de classe qui desservait le Sud-Est de l'État de Pennsylvanie, ainsi que les États voisins jusqu'en 1976. Jusqu'au déclin du transport d'anthracite dans la région houillère de l'État, l'entreprise était l'une des plus prospères des États-Unis. Cependant, une fois que le transport de charbon a commencé à diminuer, et que la concurrence des autoroutes s'est affirmée, l'entreprise a connu des difficultés qui ont mené à sa faillite au milieu des années 1970. La fusionna alors avec d'autres compagnies en déclin pour fonder la ou Conrail qui fut à son tour démantelée en 2000.
Développement du (1833–1896) Le (P&R), créé le , fut l'un des premiers chemins de fer construit aux États-Unis. Le P&R et le Little Schuylkill, chemin de fer utilisant la traction hippomobile dans la vallée de la Schuylkill, constituèrent les toutes premières structures de ce qui allait devenir la (prononcer « Réding »). À l'origine, le P&R fut construit pour acheminer le charbon anthracite des régions charbonnières du Nord-Est de la Pennsylvanie vers Philadelphie. La portion entre Norristown et Reading a été construite sous la direction de , ingénieur en chef de la compagnie Historic American Engineering Record : Reading-Halls Station Bridge - The Philadelphia & Reading Railroad , sur lcweb2.loc.gov., fut ouverte le , et la totalité de la ligne le . La ligne d'origine du P&R partait de la ville minière de Pottsville pour gagner Reading au sud, puis Philadelphie, grâce à une ligne de faible pente qui longeait les rives de la Schuylkill sur une grande partie des du parcours. Le terminus de Philadelphie, appelé Philadelphia & Columbia Railroad (P&C), se trouvait sur la rive ouest de la Schuylkill et était contrôlé par l'État de Pennsylvanie; pour continuer vers l'est, le P&R empruntait le Columbia Bridge du P&C, puis passait sur le réseau du City Railroad (propriété de la ville) avant d'arriver à son dépôt situé à l'angle sud-est des rues Broad Street et Cherry Street.
Presque immédiatement, le P&R devint très profitable car le charbon remplaçait le bois comme combustible dans les entreprises et les habitations. Rapidement, le P&R acheta ou loua de nombreux chemins de fer dans la vallée de la Schuylkill et de la région charbonnière du nord-est de la Pennsylvanie.
Une extension partant de Reading vers Mount Carbon, situé également sur la rivière Schuylkill, au nord-ouest, fut ouverte le ; elle permit au Reading de concurrencer le Schuylkill Canal. À Mount Carbon, il se connectait avec le Mount Carbon Railroad, puis traversait Pottsville pour desservir plusieurs mines, avant d'atteindre un peu plus tard Williamsport. Le , un embranchement pour les marchandises fut ouvert entre West Falls et Port Richmond sur le fleuve Delaware au nord du centre-ville de Philadelphie. La construction de Port Richmond permit d'exporter le charbon par navires ou par barges. Cela augmenta le potentiel du négoce du charbon, et fut la clé du succès du P&R. Port Richmond devint un énorme terminal pour le charbon, et se proclama le . En 1843, le P&R acheva la construction de la première ligne principale à double voie des États-Unis The Reading Eagle .
Le fut créé en 1836 pour relier Reading à Harrisburg à l'ouest. Le Reading le racheta, commença la construction en 1854, et ouvrit la ligne en 1856. Cela donna au Reading une route entre Philadelphie et Harrisburg; il se trouva ainsi pour la première fois en compétition directe avec le , lequel deviendrait son principal rival. En 1859, le Reading loua le Chester Valley Railroad, ce qui lui apporta un embranchement entre Bridgeport et Downingtown à l'ouest. Auparavant, il avait été exploité par le Philadelphia Germantown & Norristown Railroad.
Le , le Reading ouvrit un nouveau terminus à Philadelphie, à l'angle de Broad Street et de Callowhill Street, juste au nord de l'ancien sur Cherry Street.
Le fut créé en 1857 pour construire une ligne entre Reading et Columbia, Pennsylvanie sur le fleuve Susquehanna dans le sud-ouest. Il ouvrit en 1864, et utilisait le Lebanon Valley Railroad entre Sinking Spring et Reading à l'est. Le Reading loua le Reading & Columbia en 1870. Cette même année, il loua le Port Kennedy Railroad, un petit embranchement qui reliait des carrières à Port Kennedy, PA. Également en 1870, le Reading loua le Pickering Valley Railroad, qui ne relia Phoenixville, PA à Byers, PA à l'ouest qu'en 1871.
En 1871, le Reading constitua une filiale appelée , laquelle achetait l'anthracite de la région minière. Cette concentration verticale apporta au P&R le contrôle total du négoce du charbon, des mines jusqu'à sa commercialisation. Les investissements lourds dans le charbon furent rapidement payants, et en 1871 le Reading fut la plus grosse entreprise au monde, valorisée à , et probablement le plus gros gros conglomérat de l'époque.
À ses débuts, le Philadelphia & Reading Railroad donnait un nom à chacune de ses locomotives, tel que Winona ou Jefferson, comme la plupart des chemins de fer américains qui perpétuaient l'habitude britannique. Mais en , le P&R remplaça tous les noms par des numéros Benjamin L. Bernhart, Reading Railroad Steam in Action, , ..
En 1877, des cheminots du Reading se mettent en grève et sont durement réprimés par la Garde nationale, qui tue 11 d'entre eux.
Le , le Reading prit le contrôle du . Cela lui permit non seulement de relier Philadelphie à Bethlehem, PA, dans la Lehigh Valley où l'industrie de l'acier était en plein développement, mais également de posséder le Delaware & Bound Brook Railroad dont la route menait à New York et le mettait en concurrence directe avec le United New Jersey Railroad & Canal Company, filiale du Pennsylvania Railroad. À Jersey City, le Reading utilisait le terminus du Central Railroad of New Jersey (CNJ). Le , le Reading loua le Central Railroad of New Jersey.
Le , le Reading et le CNJ firent l'acquisition du . Ce dernier avait été créé en , afin de relier Camden, New Jersey à Atlantic City, New Jersey via Clementon. La ligne à voie étroite, longue de 88 km, fut rapidement ouverte en . Mais il fit banqueroute en . Le , il fut rebaptisé Philadelphia & Atlantic City Rairoad. Le , sa ligne était remise à l'écartement standard. Le Reading finit par le racheter totalement le .
Le , le Reading consolida les différentes compagnies de chemins de fer suivantes, situées dans le sud du New Jersey, avec l' : le le le le le . Pour améliorer ses ventes de charbon sur le marché New Yorkais, le Reading créa le en 1890; cet embranchement se détachait de la ligne principale au niveau de Bound Brook, NJ pour relier le nouveau port de Port Reading sur le détroit d'Arthur Kill près de Perth Amboy, NJ. Le charbon était directement chargé sur des barges pour atteindre ensuite New York. Auparavant, l'approvisionnement maritime étaient beaucoup plus long puisque les navires, après avoir quitté Port Richmond, devaient contourner Cape May, NJ, et remontaient le long de la côte du New Jersey jusqu'au port de New York.
Au lieu de développer son réseau, le Reading concentra toutes ses forces dans l'anthracite et son transport durant la seconde moitié du . En 1890, le Reading sous la présidence d'Archibald A McLeod, réalisa qu'il devait grossir pour gagner plus d'argent. En 1891, il était apte à prendre le contrôle de réseaux voisins comme le , le , et le . Le fut loué le , mais la location s'acheva le lorsque le Reading fut placé en redressement judiciaire. Le Reading dut également renoncer au contrôle du et du . J.P. Morgan fut satisfait de cette issue, car il ne souhaitait pas l'arrivée d'un nouveau réseau concurrent dans le nord-est du pays. À la suite de la crise financière de 1893, McLeod fut remplacé par Joseph Smith Harris. Suspecté de monopole, le Reading fut contraint de se réorganiser. Ainsi la fut créée pour servir de compagnie holding pour ses filiales: le , et le . La absorba le P&R le James L. Holton, The Reading Railroad: History of a Coal Age Empire. Garrigues House, Publishers, Laury's Station, Pennsylvania. 1989. p. 339.. vignette|Le à Philadelphie. Ce fut également en 1893, que le construisit son plus célèbre bâtiment : le à Philadelphie. Le servait non seulement de terminus pour la plupart des trains du Reading, mais également de quartier général pour la compagnie.
Mines de charbon La compagnie entreprend de racheter la totalité des mines de charbon de Schuylkill. Les conditions de vie des mineurs sont assez misérables : plusieurs centaines sont tués ou gravement blessés à Schuylkill, les enfants de 7 à reçoivent moins de par semaine pour trier le charbon, les adultes sont rémunérés à la tonne extraite et donc soumis à une grande pression, et la plupart des habitations des mineurs sont possédées par les compagnies minières. Les éventuels grévistes s'exposent ainsi non seulement à la perte de leur emploi, mais aussi de leur logement.
Pour accroitre ses bénéfices, le président de la compagnie Franklin Benjamin Gowen décide en 1871 de diminuer d'un tiers les salaires des mineurs. Il contraint ses concurrents à en faire de même, faute de quoi il leur impose une taxe spéciale pour le transport par chemin de fer. Les mineurs demandent à la Justice d'intervenir mais celle-ci rend un jugement favorable à Gowen. Avec la dépression de 1873 les conditions de vies des mineurs se dégradent encore davantage. Leurs salaires passent de par semaine en 1869 à 9,20 en 1877 ; beaucoup sont considérablement endettés auprès de la compagnie qui, après déduction du prix des outils, de l'alimentation et du loyers leur remet souvent des bulletins de paye négatifs.
Une grève est alors déclenchée : sont arrêtés et incarcérés pour association de malfaiteurs. La compagnie fait également interdire le syndicat des mineurs par les tribunaux. Dans un rapport ultérieur à ses actionnaires, Gowen indiquera avoir dépensé de dollars pour briser la grève. L'association secrète des Molly Maguires riposte en sabotant la production et en incendiant des bureaux. En raison de ces événements Gowen obtient l'intervention de la milice de l’État ; avec l'aide de cette dernière et de l'agence Pinkerton, il fait disperser les rassemblements ouvriers et trois dirigeants syndicaux seront assassinés (par l'agence Pinkerton ou par des tueurs engagés par Gowen). Un agent des Pinkerton s'infiltre au sein de la société secrète et dénonce présumés, dont 20 seront exécutés.
(1896–1923) vignette|droite|Loco vapeur de la Reading de type 4-4-2 en 1907. Cependant en 1906, avec l'appui de l'Administration Roosevelt, la loi Hepburn Act fut votée. Elle obligeait les compagnies de chemins de fer à se désengager totalement du secteur minier: propriété et exploitation. La fut donc obligée de vendre le . Le Reading dont l'activité de base reposait sur l'acheminement du charbon, fut obligé de se diversifier en développant de nombreux embranchements vers des sites industriels. Le Reading, oubliant son rêve de grand réseau, se spécialisa dans son rôle de bridge route.
vignette|gauche|Carte montrant les lignes de la Reading en 1923.