L'escadron de transport 4/61 Béarn est une unité de transport de l'armée de l'air française équipée de Airbus A400M Atlas recréée le , stationnée sur la Base aérienne 123 Orléans-Bricy. Il devient le deuxième escadron de transport de l'armée de l'air et de l'espace équipé de l'Airbus A400M Atlas.
Auparavant, l'escadron de transport 1/64 Béarn était une unité de transport de l'armée de l'air française équipée de C.160NG Transall, stationnée sur la base aérienne 105 Évreux-Fauville. Le Béarn est rattaché à nouveau, depuis le , à la 64e escadre de transport qui a été reformée le même jour sur la base d'Evreux..
L’escadron fut « mis en sommeil » le avant d'être réactivé sur Airbus A400M Atlas le ..
Historique vignette|Un C-160 Transall NG du 1/64 Béarn en 2012. L’un des escadrons parmi les plus décorés de l’Armée de l’Air, l’Escadron de transport 04/061 Béarn a des origines aussi anciennes que celles de l’aviation militaire. L’Armée de l’Air doit à cette seule unité quelques-unes des plus belles pages de son histoire. Ses citations, ses décorations ainsi que les fourragères rouges et vertes portées fièrement, en témoignent. Si l’appellation « Béarn » ne date que de 1944, l’escadron a hérité des traditions et de la gloire du groupe de bombardement 1/34 qui lui a donné son insigne ainsi que des Escadrilles Salm 14 et Salm 18 à l’origine de sa naissance.
Escadrille 14 L’escadrille 14 est créée le . Elle est rattachée à la VII armée et est équipée d’avions Farman puis de Dorand DO.1 comme unité de reconnaissance. Elle se charge du repérage de positions d’artilleries, des lignes ennemies tout en résistant aux tirs des batteries anti-aériennes allemandes. Stationnée dans les Vosges puis à Belfort, elle participe aussi aux combats sur la frontière entre les Vosges et l’alsace allemande : Hartmannswillerkopf, La Chapelotte, et le Linge. En , l’escadrille reçoit des Dorand AR.1 plus efficaces face aux Fokkers allemands. Entre et , elle est stationnée en Italie pour repousser l’offensive autrichienne de ; l’escadrille s’établit successivement à Vérone, Trissino et Castello di Godego.
En mai-, elle prend part à la 3 bataille des Flandres. Elle opère en Marne et en Champagne, participant à l’avancée du front contre la ligne Hindenburg. L’escadrille finit la guerre avec des Salmson 2A2, des appareils plus rapides et plus maniables. Elle compte 8 victoires aériennes homologuées pendant les quatre années de guerre. C’est aussi la première escadrille française à abattre un ballon Drachen en . Elle a utilisé trois avions différents : le Farman, le Dorand et le Salmson.
Citation à l’ordre du 35 corps d’armée L’aéronautique du 35 Corps d’armée, composée des escadrilles 10, 14, 225, et 282, sous le commandement du capitaine Amiot a rendu des services éminents, grâce à son audace, son habileté et son esprit de sacrifice.
Pendant la période d’avril a aout 1918, tant dans la défensive que dans l’offensive, a su maintenir une liaison étroite et fructueuse avec le commandement, l’infanterie et l’artillerie, donner les renseignements d’une précision remarquable et prendre une part importante dans le succès.Au Quartier général, le
Signé : JACQUOT
Les insignes de l’Escadrille 14
Son premier insigne est une croix de Lorraine, puisque cette région est le lieu de naissance de l’escadrille. On y ajoute un griffon qui tient un blason. Lorsqu’elle fait partie de la Division d’infanterie de Chasseurs en 1917, un cor est ajouté à l’insigne. thumb|Insigne de l'Escadrille 14.|centré
Escadrille 18
Créée en 1913, l’escadrille 18, qui prend le nom de BL 18, se fait remarquer avant même la guerre par un parcours dans tout le Nord de la France : Dijon – Verdun – Maubeuge – Dunkerque – Saint-Cyr – Camps d’Avord – Dijon. Mobilisée en aout 1914, elle est d’abord affectée à la 1 armée et stationne en Lorraine au début de la guerre, à Epinal puis Nancy.
Depuis Toul, l’escadrille effectue une des premières missions de bombardement de nuit. Le capitaine Boucher, chef de l’escadrille, mène des représailles à la suite du raid mené par les Zeppelins allemands sur Nancy. Quatre avions vont bombarder Metz de nuit à la lampe torche. Deux atteignent leur cible, un ne trouve pas l’objectif à cause de ses lunettes encrassées, le quatrième a un problème technique, attaque un nœud ferroviaire puis se pose dans un champ. La BL 18 continue les bombardements jusque 1916, puis est transférée au Corps d’armée. En , la C18 est en Champagne : elle participe à des missions de photo et de reconnaissance pour repousser les attaques allemandes à la jonction des armées françaises et anglaises. Elle prend part à la bataille de l’Aisne, la de la Marne, puis contribue à enfoncer la ligne Hindenburg en 1918.
L’escadrille 18 est créditée de 6 victoires aériennes, 346 missions photos, 1135 missions de reconnaissance, et de 245 réglages d’artillerie. Elle est récompensée par deux citations à l’ordre de l’armée et le port de la fourragère de la Grande Guerre.
Elle a utilisé trois appareils : le Blériot XI, Caudron G4 et le Salmson2A2.
Citation à l’ordre de la X Armée Unité remarquable par son entrain, son allant, sa bravoure, sa haute conception du devoir. Sous le commandement du capitaine Collet, a participe brillamment, depuis janvier 1916 aux opérations importantes faites sur les fronts de Verdun, Somme, et Champagne. Au cours de l’offensive ennemie de mai 1918, a donné de nouvelles preuves de son esprit de sacrifice, en exécutant, malgré les moyens réduits, toutes les missions demandées. De juillet a aout 1918, a été de tous les combats, affirmant ses belles qualités militaires, son absolu mépris du danger et sa foi patriotique, malgré de lourdes pertes, n’ayant jamais de repos, elle est toujours aussi fraîche, toujours animée du plus bel esprit offensif. Compte 346 missions photographiques, 1135 reconnaissances, 245 réglages et 6 avions abattus.Au quartier général, le .
Signé : MANGIN
Insignes de l'Escadrille 18 L’escadrille a d’abord une étoile bleue dans un cercle rouge. Cet insigne change en 1917 pour être remplacé par un bonhomme dont le chapeau s’envole. Cet insigne particulier est né d’une anecdote liée à une visite de l’escadrille par Clemenceau. Le Président du Conseil passe en revue l’escadrille 18, dont les pilotes font tourner à fond les moteurs de leurs « coucous » pour leur donner une impression de puissance. Le président et son cortège passent alors derrière les avions. Le vent des hélices fait s’envoler le chapeau du président et l’on voit sa suite s’élancer pour tenter de récupérer le haut de forme. thumb|Premier insigne de l'escadrille 18.| centré thumb|Deuxième insigne de l'escadrille 18.| centré
L'entre-deux guerres L’entre-deux-guerres est une période de remaniement de l’armée, avec notamment la création de l’Armée de l’Air. Les escadrilles SALM 14 et SALM 18 connaissent des changements de noms, leurs appareils sont modernisés plusieurs fois et les équipages s’entraînent de manière intensive. En effet, les SALM 14 et 18 deviennent la et escadrille du deuxième groupe du Régiment d’aviation d’observation numéro 4 stationné au Bourget, puis la et escadrille du Régiment aérien d’observation de la division aérienne. En 1932, les régiments deviennent des escadres et les bases aériennes dédiées sont mises sur pied. Le , avec la création de l’Armée de l’Air, le RAO devient la escadre d’observation de la région aérienne: le Groupe 1/34 est né. Il est équipé à cette époque de Breguet 19 et Potez 39. À partir de 1936, la mission du groupe change : il devient un groupe de bombardement sur Amiot 143, et prend donc le nom de Groupe de Bombardement 1/34. Il effectue alors plusieurs entrainements en Afrique-Occidentale française et en Afrique française du Nord.
La bataille de France Au début de la guerre, en , le groupe est stationné à Dugny. Le sonne l’entrée en guerre et le GB 1/34 effectue sa première mission de reconnaissance. Le groupe commence un grand nombre de déménagements en s’établissant d'abord à Abbeville. D’ici, il enchaîne les missions de reconnaissance pendant la « drôle de guerre ». Cependant, l’Amiot 143 est obsolète et vétuste : c’est une cible facile pour la DCA. Il passe donc à des missions de reconnaissance de nuit. En , le GB fait mouvement à Montdidier (Somme) ou il fait partie du Groupe de bombardement N⁰ 9 dépendant de la Zone d’opérations aériennes Nord (ZOAN). Le marque le début de la bataille de France avec invasion de l’armée allemande en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. La nuit du , le GB 1/34 participe au bombardement de Munich en réponse à celui de Metz par les Allemands. Le Groupe effectue de nombreuses missions de bombardement de jour comme de nuit jusqu’en , pour tenter de ralentir le Blitzkrieg. Le , le Groupe est décimé par la DCA lors d’un raid de jour sur la X division Panzer et le 14 il perd son chef, le capitaine Veron qui est fait prisonnier. Après cela, c’est le début du repli vers le Sud : Avord, Bergerac, Lézignan, le Groupe recule en même temps que le reste de l’armée. Le , l’échelon volant part pour Oran en AFN, mais le lendemain l’armistice est signée avec l’Allemagne. Le GB 1/34 part en Tunisie pour poursuivre la lutte contre les Italiens, mais l’armistice est aussi signé avec l'Italie. De retour en France en août de la même année, avec l’ordre de réduction des forces aériennes par les Nazis à la France, le Groupe est dissout le . Pour ses actes durant la bataille de France, le GB 1/34 reçoit une citation à l’ordre de l’Armée donnée par le général Vuillemin.
La reprise du combat
En , le groupement PATRIE est créé au Maroc par le lieutenant-colonel Demozay « Morlaix », membre du Gouvernement provisoire de la République française. Des équipages sont rassemblés d’un peu partout, notamment en Syrie. Divers avions sont récupérés dans la région : DB7, GM167, A24. Le nouveau groupe a pour mission de soutenir et ravitailler les poches de résistance des Forces françaises de l'intérieur et de harceler la retraite Allemande en France. En aout 1944, le « Patrie » arrive à Toulouse, après le débarquement en Provence, premier à se poser en France libérée. Il commence par mener des missions de reconnaissance et de liaison entre états-majors, qui vont s’enchainer dans le Sud-Ouest. Le Groupe déménage beaucoup : Bourges, Cazaux, Cognac. Il recherche de terrains adéquats pour lancer des missions offensives. Face aux manques de munitions, les mécaniciens bidouillent des lance-bombes en fonction de ce qu’ils trouvent. Le , le GB II/18 Béarn est créé suivant la tradition des FAFL de donner des noms de provinces françaises aux unités. La première mission de bombardement est réalisée le . Le , le groupe prend l’appellation GB 1/34 Béarn. Il se base d’abord à Cognac puis à Bordeaux. Les bombardements sur les poches allemandes de l’Atlantique s’enchaînent. En , le Béarn est envoyé en Tunisie pour apprendre à voler sur les B26 Marauder. Il apprend là-bas la fin de la guerre, et mène des missions de stabilisation de la région. Il est de retour en France (St Dizier) en et effectue des vols de liaison entre Alger, Lyon et Tunis.
Citation attribuée au Groupement de bombardement « Patrie » Sur proposition de Monsieur le ministre de l’Air, le général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République Française, chef des armées, cite à l’ordre de l’armée aérienne :
Le Groupement aérien « Patrie »
Commandant : Lieutenant-colonel Morlaix