Henri-Marie-Gaston de Bonnechose, né à Paris le , mort à Rouen le , est un homme d'Église français, archevêque de Rouen et cardinal.
vignette|Armoiries de Henri de Bonnechose
Biographie Début de carrière dans la magistrature Henri de Bonnechose naît le à Paris. Son père est français, ancien page du roi devenu sous-préfet de Nimègue sous l'Empire, tandis que sa mère est néerlandaise protestanteThe Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of December 11, 1863 (XIV)... Il est le frère aîné d'Émile de Bonnechose historien, écrivain et bibliothécaire royal, et de Louis de Bonnechose (-) qui fut page de et fut tué en Vendée lors de l'insurrection légitimiste de 1832.
Il passe sa jeunesse à Bruxelles, puis à Nimègue où son père est en fonction. La chute de l'Empire le conduit à Yvetot et il fait ses études à Rouen, puis à Paris. Protestant, il se convertit au catholicisme à et il est baptisé le .
Après la licence en droit obtenue à Paris le , il est nommé substitut aux Andelys en , mais quitte cette ville pour exercer les mêmes fonctions à Rouen. Le , il devient procureur du roi à Neufchâtel-en-Bray, puis est nommé substitut du procureur général à la cour royale de Bourges, le . Il n'y reste que quelques mois pour devenir avocat général à la cour de Riom, le . Le , grâce à l'archevêque, Louis de Rohan-Chabot, il entre à la cour de Besançon comme premier avocat général. Il donne sa démission le pour entrer dans la communauté de l'abbé Bautain à Strasbourg.
Carrière ecclésiastique Le , il est ordonné sous-diacre et reçoit le diaconat le . Le , il devient prêtre et célèbre sa première messe le dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux.
Après quelques années consacrées à l'enseignement au collège de Juilly, le gouvernement de Louis-Philippe l'envoie à Rome comme recteur de Saint-Louis-des-Français (-). C'est là qu'il reçoit l'ordonnance royale le nommant évêque de Carcassonne. Élu le , il est consacré le à l'église Saint-Louis-des-Français de Rome par le cardinal Orioli, assisté de Girolamo D'Andrea, archevêque de Mélitène, et Domenico Lucciardi, archevêque de Damas. Il ne peut rejoindre son siège que le . Il y est nommé chevalier de la Légion d'honneur en . Le climat du Midi ne lui convenant pas, il est transféré à Évreux le qu'il rejoint le . Pour quelques années seulement, puisqu'il est nommé archevêque de Rouen par le et promu le .
Le cardinalat En , il est promu officier de la Légion d'honneur. Il est créé cardinal-prêtre au consistoire du tenu par le pape . Le , il reçoit la barrette cardinalice des mains de l'Empereur dans la chapelle des Tuileries. Il reçoit le chapeau rouge et le titre de le . Sa nouvelle dignité lui donne accès au Sénat du Second Empire où il interviendra fréquemment. En , il est promu commandeur de la Légion d'honneur..
Soucieux de la conservation du patrimoine, il nomme en l'abbé Cochet inspecteur des monuments religieux du diocèse. Toutes transformations des églises ou aliénation de biens doit recevoir l'aval de Cochet, qui rend compte de sa mission chaque semestre. Bonnechose invite également ses desservants à rédiger des annales paroissiales.
En , il procède à la translation, du fort de Braine (près de Soissons) à Rouen, des reliques de saint Victrice (évêque de Rouen), qui avaient été soustraites et protégées des invasions normandes au . Au nom du Saint-Père et des chanoines du chapitre de la Basilique Vaticane, il procède au couronnement de la Vierge de Notre-Dame-de-la-Délivrande (près de Caen) le .
Pour diffuser ses décisions dans tout le diocèse, il lance en La du diocèse de Rouen, un des premiers bulletins diocésains en France.
L'occupation de Rouen par l'armée prussienne lui donne l'occasion de renouer avec la tradition de l'évêque (défenseur, protecteur de la cité). À la demande de la municipalité de Rouen, il se rend à Versailles où il est reçu par le chancelier Otto von Bismarck, par l'Empereur et par son fils. Il obtient une réduction des deux tiers de la dette de la ville..
Auparavant, il avait été l'un des Pères du premier concile du Vatican et soutiendra le dogme de l'infaillibilité pontificale.
Il observe une stricte neutralité pendant les débats qui amènent l'établissement de la , ce qui ne l'empêche pas de faire de nombreuses démarches notamment auprès de Jules Grévy.
Il participe au conclave de 1878 à l'issue duquel le pape est élu.
Mort et monument funéraire alt=|vignette|Orant du cardinal de Bonnechose, dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen. vignette|Pierre tombale dans la cathédrale de Rouen. En , il se rend une dernière fois à Rome, mais, pris d'un malaise le à la gare Saint-Lazare, il meurt le suivant. Ses obsèques sont célébrées le ; c'était la dernière fois qu'un cardinal français recevait l'hommage des pouvoirs publics. François-Nicolas Besson, évêque de Nîmes, prononce une oraison funèbre à Rouen le La Semaine religieuse du diocèse de Tulle, , , ..
Bonnechose avait demandé à être représenté à genoux, tourné vers le maître-autel de la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul où sa sépulture devait se trouver. L'œuvre est celle du sculpteur Henri Chapu. Il réalise une maquette à la fin qu'il expédie à Carrare. Il meurt sans pouvoir achever la traîne de la cappa magna. La statue est exposée au Salon de puis est mise en place. Le monument, dont le piédestal est l'œuvre d'Edmond Bonet, est inauguré le .. Assise sur le socle, une grande statue de bronze, réalisation de Carlus, représentait la « France chrétienne ». Après guerre, seul l'orant de marbre blanc a été conservé et placé à l'entrée de la chapelle de la Vierge.. On peut lire sur le socle l'épitaphe :
Succession apostolique Henri de Bonnechose a ordonné les évêques suivants : Évêque Félix-Clair Ridel, M.E.P. (1870) Évêque Léopold-René Leséleuc de Kerouara (1873) Évêque Abel-Anastase Germain (1876) Archevêque François-Edouard Hasley (1878) Évêque Paul-Félix-Arséne Billard (1881)
Représentations et évocations artistiques vignette|Daniel Dupuis - Cardinal de Bonnechose ()
Portraits et représentations Le musée des beaux-arts de Rouen conserve le Portrait en pied de Monseigneur de Bonnechose (1859) par Alexandre-Amédée Dupuy Delaroche. Un buste sculpté, signé d'Alexandre Falguière, est présenté au salon de 1878.. Une médaille en bronze de diamètre est gravée à son effigie par Daniel Dupuis (1883). Camille Pissarro a peint l'impression laissée par ses funérailles (1883).
vignette| Camille Pissarro - Enterrement du cardinal de Bonnechose à Rouen, vers 1883. Aquarelle sur traits au crayon noir. Musée du Louvre, Paris.
Évocation dans des œuvres littéraires
Maurice Leblanc, qui reçut la confirmation par Henri de Bonnechose, en fait un personnage d'un des romans d'aventures d'Arsène Lupin : La Comtesse de Cagliostro (1924). Jean de La Varende l’a mis en scène, dans quelques passages de son roman, Le Centaure de Dieu (1938). Patrick Grainville mentionne la contrariété que provoquent ses obsèques à Claude Monet, alors en train de peindre la cathédrale de Rouen, dans un passage de Falaise des Fous (2018).
Distinctions ()
Notes et références
Sources et bibliographie Henri de Bonnechose, Oeuvres, Paris, éd. Victor Palmé, 1848-1874 : () et () : lettres pastorales, circulaires et mandements ; () : allocutions, discours politiques et de circonstances. Abbé Henri Congnet, Notice sur la translation des reliques de saint Yved et saint Victrice en la ville de Braine, Paris, 1865. Honoré Fisquet, Notice biographique sur , Cardinal-archevêque de Rouen, Paris : P. Brunet / Rouen : Fleury, 1865. , Vie du cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, 2 volumes, Retaux, Paris, 1887. Émile de Marcère, Le Cardinal de Bonnechose et la société contemporaine, Paris, Nouvelle Revue, 1887, Armand Ravelet, Le Bienheureux J. B. de la Salle, fondateur de l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes, Librairie Alfred Mame et Fils, Tours, 1888; (page 632, gravure de Farlet et texte de la guérison d'Etienne de Suzane d'Epinay).
Voir aussi Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française Famille de Bonnechose Liste des évêques et archevêques de Rouen Le troisième miracle de Saint-Jean-Baptiste de la Salle : guérison miraculeuse après neuvaine (menée par le cardinal à Rouen) d'un jeune garçon de la famille de Susanne d'Epinay. Vitrail de cet événement à Bordeaux
Liens externes
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