Le Burundi (prononcé : ; en kirundi : ), en forme longue la république du Burundi (en kirundi : ), est un pays d'Afrique de l'Est sans accès à la mer mais possédant un grand rivage sur le lac Tanganyika, situé dans la région des Grands Lacs et bordé à l'ouest par la république démocratique du Congo, au nord par le Rwanda et à l'est et au sud par la Tanzanie.

Depuis le , sa capitale politique est Gitega. Bujumbura, ancienne capitale politique et économique et ville la plus peuplée du pays, est la capitale économique.

Les premiers habitants de la région étaient les ancêtres des Twa, qui représentent moins de 1 % de la population actuelle. Les autres groupes démographiques du pays sont les Tutsi et les Hutu qui constituent respectivement 15 % et 85 % de la population. Le royaume du Burundi est établi en 1680 et dirigé par des rois tutsis qui imposent un système de caste sur la majorité hutue. Le territoire est colonisé en 1885 par l'Empire allemand avant de devenir partie de la colonie belge de Ruanda-Urundi à la suite de la Première Guerre mondiale. L'Allemagne et la Belgique continuent toutes les deux la politique pro-Tutsi précoloniale à travers la monarchie.

Après l'indépendance du pays en 1962, la monarchie est renversée par un coup d'État en 1966 et un gouvernement républicain est établi. Au cours des 27 ans suivants, le pays est dirigé par une série de dictateurs tutsis dans un système à parti unique et éprouve deux autres coups d'État ainsi qu'un génocide des Hutu en 1972. En , la première élection présidentielle multipartite dans l'histoire du pays amène au pouvoir Melchior Ndadaye, le premier président Hutu. Son assassinat en après seulement trois mois au pouvoir provoque un génocide des Tutsi ainsi qu'une guerre civile qui a duré douze ans. En 2000, l'Accord d'Arusha met en place des institutions de partage du pouvoir transitoires, qui seront inscrites dans une nouvelle Constitution en 2005. Depuis la fin de la guerre en 2005, le parti dominant est le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), une ancienne faction dans la guerre civile à dominante Hutu. Le CNDD-FDD est largement accusé de gouvernance autoritaire et de perpétuer le mauvais bilan des droits de l'homme dans le pays.

Histoire

Les premières traces archéologiques d'un État burundais remontent au dans l'Est de ses frontières actuelles.

À partir de 1903, le Burundi fait partie de l'Afrique orientale allemande. Après la Première Guerre mondiale, le pays tombe dans le giron de l'empire colonial belge qui s'appuie sur l'aristocratie tutsi.

L'indépendance du pays est proclamée le , date alors choisie pour célébrer la fête nationale, et le roi établit un régime de monarchie constitutionnelle qui sera aboli en 1966.

Des heurts ont lieu entre Tutsis et Hutus dans les années 1960. En 1972, l'insurrection des Hutus contre le régime dictatorial du président Michel Micombero (d’origine tutsi) est durement réprimée, les massacres atteignent plusieurs dizaines de milliers de victimes chez les Hutus (estimation : ).

Les conflits latents entre Tutsis et Hutus se poursuivent dans les années 1970 et 1980 et débouchent sur la guerre civile burundaise en 1993. Au début, des milliers de civils tutsis sont massacrés par leurs voisins hutus. Puis, l'armée réagit très violemment comme en 1972 et engage une répression très dure et massacre des Hutus. Au total (à majorité hutu) sont tuées.

À la suite de négociations tenues à Arusha sous l'égide des pays de la région et avec la médiation de Julius Nyerere puis de Nelson Mandela, les parties au conflit adoptent l'Accord d'Arusha en 2000. Une nouvelle constitution, de transition, est promulguée le , établissant une alternance « ethnique » du pouvoir, la présidence et la vice-présidence changeant tous les , alternant Tutsis et Hutus.

La constitution de 2005 met en place un système de partage du pouvoir de type "associatif" qui vise à garantir la représentation politique de la minorité Tutsi tout en dépolitisant l'ethnicité en encourageant la formation de partis politique multi-ethniques. Le système atteint ces objectifs en mettant en place des quotas ethniques sur les listes électorales (sur trois candidates successifs, au maximum deux peuvent être de la même ethnie).

Le CNDD-FDD (hutu) parvient au pouvoir en 2005 en remportant les élections législatives du . Lors des élections présidentielles du , l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès élisent Pierre Nkurunziza président pour un mandat de rééligible une seule fois. 162 parlementaires votent pour Nkurunziza, 9 contre et 2 s'abstiennent. Ce scrutin constitue l'étape finale du processus de paix. Cinq ans plus tard, un congrès extraordinaire du Conseil national pour la défense de la démocratie / forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) désigne le , Pierre Nkurunziza comme candidat du CNDD-FDD pour briguer un second mandat à la tête du pays à l'élection présidentielle du . Des dirigeants de l'opposition sont arrêtés et cette opposition refuse de participer au scrutin. La campagne est émaillée d'incidents, plusieurs membres de l'opposition sont arrêtés.. Pierre Nkurunziza est réélu président avec plus de 91 % des voix, seul candidat de l'élection..

En 2015, Pierre Nkurunziza s'impose en avril comme le candidat du pouvoir pour l'élection présidentielle du . Cette décision est contraire à la constitution du Burundi, promulguée en . Sa candidature est néanmoins validée par une décision controversée de la Cour constitutionnelle.. Une nouvelle crise politique, émaillée à nouveau de violences, s'ouvre.

En , une tentative de coup d'État échoue.. Cette tentative engendre une répression sanglante de l'opposition de la part du président, avec des centaines de morts et des centaines de milliers de Burundais se réfugiant à l'extérieur du pays. Après plusieurs reports, l'élection présidentielle, jugée illégale et truquée par tous les observateurs de la politique burundaise, se tient finalement en juillet. Le , la commission électorale nationale indépendante proclame Nkurunziza vainqueur avec 69,41 % des suffrages.

La situation économique continue à se dégrader. Début 2020, le général Évariste Ndayishimiye est désigné comme candidat pour l’élection présidentielle du par le parti au pouvoir, pour succéder à Pierre Nkurunziza. Il remporte l'élection présidentielle du , en obtenant 68,72 % des voix et devance très largement le principal candidat de l'opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la liberté (CNL), qui réunit 24,19 % des voix.

Massacres et génocides

NomDateLieuMortsNotesMassacres de la révolution au Rwanda1959 à 1962PartoutMassacres1969PartoutPrincipalement des HutusGénocide des Hutus et massacres1972PartoutEntre et plus de White, Matthew. Death Tolls for the Major Wars and Atrocities of the Twentieth Century: C. Burundi (1972-73, primarily Hutu killed by Tutsi) 120,000 Dunnigan (1991): , la grande majorité des Hutus. Des Tutsis sont massacrés.Massacres de Hutus1988Partout à Barbara Harff. No Lessons Learned from the Holocaust? Assessing Risks of Genocide and Political MassMurder since 1955. The American Political Science Review, Vol. 97, No. 1 (Feb., 2003), . Published by: American Political Science Association. Stable URL: Dunnigan (1991): .Génocide des Tutsis, au Burundi1993Partoutmassacre du Titanic ExpressBujumbura21Attaque contre un autobus par le groupe Hutu Palipehutu-FNLMassacre à ItabaItaba267Burundi: No justice for victims of the Itaba massacre | Amnesty InternationalCamp de réfugiés de GatumbaGatumba160Burundi massacre and the continuing conflict in the Congo Durant la période de guerre civile de 1993-2004, plus de sont mortes.

Politique et société

Le Burundi est une république multipartite à régime présidentiel où le président de la République occupe la charge de chef d'État et où le Premier ministre occupe la charge de chef de gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (le Sénat et l'Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

L'Assemblée nationale compte répartis en . Parmi les députés, 100 sont élus au suffrage universel direct. Ils doivent provenir à 60 % du groupe hutu et à 40 % du groupe tutsi et compter au moins 30 % de femmes. Si ces quotas ne sont pas atteints, autant de députés supplémentaires qu'il est nécessaire pour les remplir sont cooptés. Trois sièges supplémentaires sont également réservés à des députés twa à coopter.

Le Sénat est composé de deux membres par province, un Hutu et un Tutsi, élus par les conseils communaux, de trois personnes issus de l'ethnie twa et des anciens chefs de l'État. Il doit en outre comporter au moins 30 % de femmes. Le cas échéant, il peut être recouru à la cooptation pour atteindre les quotasArt. 180 de la Constitution de la République du Burundi..

Les systèmes électoraux adoptés pour l'Assemblée Nationale et le Sénat visent explicitement à favoriser l'émergence de partis multi-ethniques, dans le but d'éviter la tribalisation de la politique Burundaise.

Le Burundi est membre de l'Organisation internationale de la francophoniehttp://www.francophonie.org/Burundi.html. de même que de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

La situation des Réfugiés au Burundi Le Burundi a abrité près de et demandeurs d’asile en 2007 et la plupart provenaient de la République démocratique du Congo et les autres du RwandaU.S. Committee for Refugee and Immigrants. 2008. "World Refugee Survey 2008." Disponible sur le Web http://www.refugees.org/article.aspx?id=2114&subm=179&area=Investigate.. Au cours de cette même année, près de et demandeurs d’asile vivaient dans quatre camps dirigés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et les autres vivaient dans des lieux prédéterminés et dans des régions urbaines. Tel que décrit dans le World Refugee Survey 2008 du Comité américain pour les réfugiés et les immigrantsU.S. Committee for Refugees and Immigrants., les réfugiés devaient obtenir des permissions et certains documents lors de leurs déplacements à l’extérieur des camps qui ont limité leur capacité à travailler.

Subdivisions

vignette|Provinces du Burundi depuis 2025. Depuis , le Burundi est divisé en , 42 communes et .. Les provinces et les communes du Burundi sont créées le par un décret colonial belge.

En , le gouvernement de Burundi propose réduire le nombre des provinces à 5 et de communes à 42. Cela répond aux exigences d'uniformisations territoriales de la Communauté d'Afrique de l'Est. Ce projet centralisateur doit cependant être adopté par le Parlement du Burundi. La réforme territoriale est adoptée en et voit sa mise en place lors des élections législatives et municipales de juin 2025..

Géographie vignette|Paysage du Burundi.

alt=Kivubo|vignette|Paysage de la région de Kivubo au Burundi Situé sur un plateau au cœur de l'Afrique, le Burundi jouit d'un climat équatorial tempéré par l'altitude ( en moyenne au centre, plus bas en périphérie). Le mont Heha, au sud-est de Bujumbura, culmine à , mais le point culminant du pays se trouve un peu au sud-est du mont Heha à . Une bande de terre longeant le fleuve Rusizi, au nord du lac Tanganyika, est la seule région dont l'altitude est inférieure à . Cette région fait partie du rift Albertin, extrême ouest de la vallée du Grand Rift.

Économie vignette|Évolution du PIB réel par habitant de Burundi.

L'économie du Burundi est principalement rurale et repose sur l'exportation agricole et l'élevage. La production agricole se répartit entre les produits destinés à l'exportation, comme le café, le thé, le coton et les cultures vivrières. La filière du café représente la première ressource du pays (80 % des exportations). Le Burundi est également le huitième au palmarès des producteurs africains de thé au début de la décennie 2010, classement où le Kenya occupe le premier rang.