Le Service de police métropolitaine de Tokyo (en japonais , ; traduit officiellement en anglais en , MPD) sert de force de police pour la préfecture métropolitaine de Tokyo. Formée en 1874, elle sert de point de départ à la création d'une police japonaise.
Le MPD est dirigé par un surintendant-général, nommé par la Commission nationale de la Sécurité publique (organe gouvernemental), avec le consentement de la Commission métropolitaine de sécurité publique (qui fait partie de l'exécutif préfectoral et dépend du gouverneur de Tokyo) et l’approbation du Premier ministre.
La Police métropolitaine possède un effectif de de police et civils. Elle gère et administre de police à l’intérieur des différentes communes de la préfecture, à quoi s'ajoutent , petits postes de police dont les agents sont chargés tout à la fois de faire de la prévention, d'orienter les passants perdus, de porter assistance aux personnes ivres errant dans la rue et de réaliser les premiers constats (éventuelles victimes, dégâts physiques ou moraux) lors d'accidents de la circulation. Le ratio de policiers par habitant est d’environ 1:290.
L’édifice du quartier général du Keishicho s’élève à côté du bâtiment historique du ministère de la Justice dans le quartier de Kasumigaseki (au ), l'un des centres politiques et administratifs de la capitale dans l’arrondissement spécial de Chiyoda. Construit en 1980, cet édifice de 18 étages possède de larges arêtes acérées surmonté par une tour de forme cylindrique. Cet édifice se distingue dans son environnement et est facilement visible de la rue.
Histoire
vignette|Premier bâtiment des services de police de Tokyo à Ginza à l'ère Taishō, au début du . thumb|Deuxième bâtiment des services de police de Tōkyō, inauguré en 1931, et siège du MPD jusqu'en 1980. Le , une est formée comme point de départ d'une police japonaise et en étant initialement autonome du ministère de l'Intérieur, avec à sa tête un : cette fonction est confiée à un proche de Takamori Saigō venu comme lui de la province de Satsuma, Kawaji Toshiyoshi (1829-1879). Fervent moderniste, il se retourne finalement contre son ancien protecteur et participe à la répression de la rébellion de Satsuma en 1877. Toutefois, pour des raisons financières, le Keishichō est supprimé en janvier 1877 pour être rétabli dès le mois d'octobre de cette même année (il manquera à nouveau d'être supprimé en 1905). Voulant créer une force de l'ordre armée sur le modèle de la gendarmerie française, Kawaji est envoyé à la tête d'une mission en Europe pour s'informer sur les pratiques policières occidentales en 1878 mais doit rapidement rentrer au Japon pour raisons de santé et meurt en 1879, juste après avoir créé l'Académie de police de Tokyo.
vignette|gauche|Le Tokubetsu-keibi-tai, l'équipe de réaction spéciale du TMPD de l'époque d'avant-guerre. Il est remplacé temporairement par Iwao Ōyama, vite nommé ministre de la Guerre (en 1880), puis surtout le par Kabayama Sukenori, lui aussi natif de la province de Satsuma et membre de l'entourage de Takamori Saigō avant d'être l'une des figures de la répression de la rébellion de ce dernier. Le , il est le premier à prendre le titre de surintendant-général de la police de Tokyo. Pendant toutes les ères Meiji et Taishō et la première partie de l'ère Shōwa, le Keishichō se confond avec la direction centrale de la police japonaise, étant placé sous l'autorité directe du ministère de l'Intérieur à partir de 1886. En 1911, les ou Tokkō sont créées au sein du Keishichō pour constituer les troupes d'élite de maintien de l'ordre au service du gouvernement, et qui seront au centre du dispositif policier de l'État autoritaire Shōwa. En 1931, il s'installe dans un nouveau siège, l'ancien ayant été détruit par le tremblement de terre de Kantō de 1923, et qui restera son quartier général jusqu'en 1980.
Après la Seconde Guerre mondiale en 1945, le ministère de l'Intérieur (et les forces spéciales) est aboli et le système policier est entièrement transformé en séparant totalement les fonctions militaires, de prévention des risques et la sécurité publique. La loi de 1948 confie d'abord cette dernière fonction aux communes, par le biais de police municipale, mais elle est rapidement réformée, dès 1954 et le système actuel est mis en place le 1er juillet de cette année : une Commission nationale de la Sécurité publique est créée comme organe du gouvernement central pour superviser les politiques de sécurité publique tandis que toutes les préfectures, y compris la métropole de Tōkyō, sont compétentes pour la gestion, l'entretien et l'organisation des services policiers T. Khun, « No sleep, No rest : A Survey of the Pre-Modern and Meiji Era Police System », NSNR.
À l'époque d'avant-guerre, le MPD dispose de l' comme une équipe de réaction spéciale. Cette unité a été dissoute en 1946, mais en même temps, l' a été créée pour la même mission. En 1948, le Bougotai a été renforcée des , et en 1957, elles deviennent les , employées par toutes les polices métropolitaines. En 1959, le est créé pour le contre-espionnage et la lutte anti-terroriste et la surveillance des groupuscules extrémistes, originalité de la police métropolitaine de Tokyo par rapport à ses homologues préfectorales qui fait de ce service l'équivalent local de l'Agence d'investigation de sécurité publique.
En , le système de communication du centre d'appel d'urgences a entièrement été modernisé « POLICE EMERGENCY CALL "110" AN ACCESS FOR PEACE AND ORDER OF TOKYO », site officiel du Tokyo MPD.
En , le est créé comme réponse au renforcement de la législation vis-à-vis des crimes organisés « ERADICATING ORGANIZED CRIME TO PROTECT THE SAFE LIVING STANDARDS OF TOKYO RESIDENTS », site officiel du Tokyo MPD. En , l'Académie de police métropolitaine emménage dans de nouveaux locaux flambant neufs, avec notamment des dortoirs modernes associés à une piscine, dans la ville de Fuchū, en périphérie de la Métropole « POLICE ACADEMY TRAINS OFFICERS WHO CAN BE ENTRUSTED WITH TOKYO'S LAW AND ORDER AND SAFETY OF RESIDENTS », site officiel du Tokyo MPD.
L’organisation
L'administration centrale Le MPD est dirigé par son et est placé sous l'autorité et le contrôle de la Commission métropolitaine de la Sécurité publique de Tōkyō. Il comprend les bureaux et services suivants : le , chargé de la gestion administrative : Division de la Planification : gère les relations avec la Commission métropolitaine de la Sécurité publique, le secrétariat du Surintendant-général, le centre de soutien aux victimes et la gestion du siège du service. Division de l'Imprimerie : réalisation des documents officiels et des brochures d'information. Division de la Gestion de l'Information. Division des Relations publiques : promotion des activités de la police auprès du grand public par le biais du musée ou de la fanfare de la police métropolitaine. Division de la Comptabilité. Division des Remplacements. Division de l'Équipement. Division des Installations. Division de Gestion de la Rétention. thumb|right|250px|Hôpital de la Police Métropolitaine de Tokyo, dans le quartier de Fujimi à Chiyoda le , chargé de la gestion du personnel : Première division du personnel : gestion, avancement et recrutement des inspecteurs. Deuxième division du personnel : gestion, avancement et recrutement des officiers de police. Division des Litiges. Division des Salaires. Division de la Santé : notamment pour les examens médicaux réguliers obligatoires. Division de l'Entraînement : entraînements au judo, kendo, aux techniques d'arrestation, au tir et à l'interprétation. Division de l'Assistance médicale, qui gère notamment l'Hôpital de la Police Métropolitaine de Tokyo. le , chargé du contrôle et de la surveillance du trafic routier : Division des Affaires générales de la Circulation : organisation administrative, liaison et gestion des actions et interventions. Division de l'Exécution de la Circulation : s'occupe des contraventions, de la formation des agents et de la gestion des équipes d'intervention motorisées. Division des Enquêtes de la Circulation : enquêtes sur les accidents, violations au code de la route ou délits commis avec son véhicule. Division de la Régulation de la Circulation : gestion des technologies du trafic et des agents de sécurité. Division de Contrôle de la Circulation : gestion de la signalisation. Division de la Mesure du Trafic urbain : comptage statistique du trafic, définition des places de stationnement libres, plan de circulation. Division du Permis de conduire : organisation des cours de conduite, tarification, inscription, gestion et délivrance des permis de conduire. 3 Centres d'examens du Permis de conduire. 10 Unités de de la Circulation. Unité de la . thumb|right|270px|L'ERT (Emergency Response Team), unité d'intervention spécialisée des unités de police anti-émeute le , chargé des affaires de maintien de l'ordre public : Première division de la Sécurité : affaires générales, gestion des actions de maintien de l'ordre et leur exécution, collecte et analyse des informations, communication, sécurisation des lieux et gestion des . Deuxième division de la Sécurité : réalisation des enquêtes relatives au maintien de l'ordre, formation et équipement des équipes ainsi que gestion des équipes de déminage. Division des Catastrophes : unités de secours et de sécurité en cas de tremblement de terre ou de désastre urbain. Division de la Protection des Personnalités : la réparties en quatre sections chargées de la garde rapprochée du Premier ministre, des membres du Cabinet, des dirigeants des grands partis et des personnalités étrangères. Elle fournit également les agents chargés de la sécurité du Kantei, la résidence officielle du Premier ministre. Division de la Garde : assurant la sécurité de la famille impériale, divisé en trois unités respectivement chargées de l'Empereur et de l'Impératrice, les Princes et Princesses et enfin la sécurité au sein du Palais impérial. Les neuf premières . Division des sections spéciales de véhicule. le , chargé de la police de proximité, comprenant surtout les patrouilles et les Kōban : Division des Affaires locales générales : supervise les actions locales (prospective, planification, patrouilles d'intervention d'urgence). Division de Direction locale : supervise au niveau du poste de police les enquêtes et la circulation, la communication avec le central, la planification et la circulation des consignes, les 4 , la et les . le , parfois qualifié de « version japonaise du FBI » S. MACKO, « JAPANESE POLICE STILL HAVE TROUBLE WITH LEFTIST RADICALS », ERRI DAILY INTELLIGENCE REPORT-ERRI Risk Assessment Services, 31/07/1998, est chargé de « détecter et prévenir les crimes sérieux commis à l'étranger et qui pourrait touché le pays » et « protéger contre les méfaits du terrorisme et de l'espionnage » : Administration générale : l'investigation directe sur les organismes suspectés de crime ou d'actes de terrorisme, notamment connu pour avoir mené les enquêtes sur l'ensemble des activités de la secte Aum Shinrikyō après l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo du ) « Aum Shinri-kyo and Related Controversies », Revue de presse sur l'enquête sur la secte Aum, Center for Studies on New Religions. Première division de la sécurité publique : surveillance et collecte de renseignements sur les milieux d'extrême-gauche violents et terroristes. Deuxième division de la sécurité publique : surveillance et collecte de renseignements sur des syndicats et mouvements d'extrême-gauche radicaux. Troisième division de la sécurité publique : surveillance et collecte de renseignements sur les milieux radicaux d'extrême-droite. Quatrième division de la sécurité publique : gestion des données. Première division des Affaires étrangères : renseignement sur l'espionnage et contre-espionnage vis-à-vis des pays de l'ancien bloc communiste.