Nicolas François Joseph Éloy, né à Mons le et mort le dans la même ville, est un médecin et écrivain, auteur d'un Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne.

Biographie Nicolas Éloy est le fils de Pierre-Joseph Éloy et d'Anne Hardenpont. Ayant perdu ses parents très jeune, il est élevé par son oncle maternel, qui veille sur son éducation. Il fait ses premières études au Collège d'Houdeng.

Il étudie la philosophie puis la médecine à Louvain, obtenant sa licence en médecine le .

Il va à Paris, où il est l'élève des médecins Jean Astruc et Nicolas Andry de Boisregard. Il assiste à des conférences de chimie, d'anatomie et de botanique et suit assidument les démonstrations médicales de l'amphithéâtre d'anatomie de Saint-Côme, de l'Hôtel-Dieu et de l'hôpital de la Charité.

Éloy revient définitivement à Mons vers la fin de 1737 pour exercer sa profession. Il se marie le , avec Jeanne Marguerite, petite-fille d'un typographe de Mons, Gaspard Migeot, dont le nom servit de pseudonyme à des traductions de la Bible en français (comme le Nouveau Testament de Mons), utilisées par les solitaires de Port-Royal. Ils eurent quatre enfants, dont trois restèrent célibataires.

En 1752, il est nommé médecin pensionnaire (payé par la ville) de Mons. En 1754 il devient le conseiller-médecin d'Anne-Charlotte de Lorraine, puis de son frère le duc Charles-Alexandre de Lorraine Mathieu Guillaume Delvenne, , Liège, Veuve J. Desoer, 1828, , .. En sus de sa pratique médicale, il consacre ses loisirs à des lectures et recherches historiques médicales, jusqu'à sa mort survenue à Mons, le .

En collaboration avec Joseph-Maximilien Duvivier, Alexandre Griez et Honnorez, il rédige un mémoire sur les travaux urgents à réaliser, dans l'intérêt des malades, à l'hôpital de Saint-Nicolas de Mons.

Vers la fin de sa vie, en hommage à son dévouement à la ville de Mons et à ses travaux publiés, les États du Hainaut lui avaient offert une récompense : une tabatière ciselée, en or, portant d'un côté un écusson aux armes du Hainaut avec l'inscription ex domo Patriae et de l'autre côté, un génie figurant la Renommée avec l'inscription Aemulationis incitamentum.

Un portrait de Nicolas Éloy se trouve à Mons, et le catalogue de vente de son imposante bibliothèque personnelle est conservé à la Bibliothèque royale de Belgique.

Œuvres Dictionnaire historique Son œuvre principale est un vaste dictionnaire de l'histoire de la médecineAmédée Dechambre a ce jugement : . , , V. Masson et Fils, 1886, .. Dictionnaire historique de la médecine, Liège, J. Bassompière, 1755, in-8

Ce fut un succès dès sa parution. Le livre est réédité la même année à Francfort, et en 1756 à Paris. Une traduction italienne, corrigée et enrichie, parait à Naples de 1761 à 1765, en . Éloy reçoit de nombreuses félicitations et encouragements à poursuivre son œuvre. Il est nommé membre associé de la Société Royale de Médecine de Paris..

En de travail, il refond entièrement la première version, en contrôlant soigneusement toutes ses sources, pour les mettre à disposition du lecteur par de nombreuses références bibliographiques dans chaque article. Dans la préface, il indique clairement son but, son plan et ses méthodes de travail, pour en souligner les difficultés, s'excusant par avance des erreurs inévitables.

Son édition de 1778, en , n'a en commun avec celle de 1755 que le titre. Elle devient une riche documentation médicale, dans laquelle puiseront tous les historiens et biographes du , beaucoup en le critiquant sur ses erreurs sans reconnaître leurs emprunts.

En 1951, l'historien américain John Farquhar Fulton juge ainsi le Dictionnaire d'Éloy : Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne. Ou mémoires disposés en ordre alphabétique pour servir à l'histoire de cette science, et à celle des médecins, anatomistes, botanistes, chirurgiens et chymistes de toutes nations, Mons, Hoyois, 1778Il y a une édition de 1755 (en ligne, le et le , Liège et Francfort, J. F. Bassompierre, 1755). > — En ligne : sur Medic@ : : A à C ; : D à K ; : L à P ; : Q à Z sur Google Livres : : A à C ; : D à K ; : L à P ; : Q à Z Édition moderne en facsimilé, avec une et une documentation bio-bibliographique médicale des par Franz-André Sondervorst, Bruxelles, Éditions Culture et Civilisation, 1973

Autres En 1750, il publie sous anonymat des Réflexions sur l'usage du thé où il dénonce l'abus de ce breuvage ; un adversaire, lui aussi anonyme, lui ayant répondu la même année par une Apologie du thé, il répliqua par des Réflexions sur une brochure intitulée : « Apologie du thé »Envoyées au contestataire, selon Paquot, pour ses étrennes de 1751. (1751), auxquelles l'adversaire riposta par un « supplément à l'Apologie » qui termina le débat. Un commentateur a pu alors conclure que le thé est resté la boisson favorite des Flamands et des Hollandais. , Mons, Plon, 1750, in-12, 16 pages. Réflexions sur une brochure intitulée : Apologie du thé, Mons, 1751, in-12, 73 pages.

En 1755, il prend une part importante, en collaboration avec des collègues, à la rédaction d'un code pharmaceutique : Codex medicamentarius amplissimi senatus Montensis auctoritate munitus, Mons, 1755, in-4. En 1779, une épidémie de dysenterie, qui dura jusqu'en 1783, frappe Bruxelles et les provinces du Sud. Éloy est chargé de mission par les États du Hainaut, et publie un mémoire sur le sujet : , Mons, Hoyois, 1780, in-8.

En 1781, il traite la question du café : Examen de la question médico-politique : « si l'usage habituel du café est avantageux ou doit être mis au rang des choses indifférentes à la conservation de la santé, s'il peut se concilier avec le bien de l'état dans les provinces belgiques ou s'il est nuisible et contraire à tous égards », Mons, Hoyois, 1781, in-8,

On lui a longtemps attribué un : Cours élémentaire des accouchements, distribué en , avec l'exposition sommaire de la manière dont on doit expliquer dans chacune d'elles, par ordre des États du Pays et Conté (sic) de Hainaut, Mons, 1775, 1782 et 1793, in-12. Mais le manuscrit de ce cours ayant été retrouvé, portant le nom de Henri Capiaumont, cet écrit ne devrait plus être attribué à Éloy, selon F. A. Sondervorst.

Bibliographie « Éloy (Nicolas-François-Joseph) », site du Centre national d'histoire des sciences de Belgique Jean-Noël Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas de la Principauté de Liège et de quelques contrées voisines, Louvain, De l'imprimerie académique, 1768, , Franz-André Sondervorst, Introduction relative à la vie d'Éloy, dans l'édition moderne en facsimilé de 1973, Adolphe Mathieu, Biographie montoise, Hoyois, 1848

Notes et références

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