Maryse Joissains-Masini« Masini » est le nom de jeune fille de sa mère, une filiation corse qu'elle « revendique »., née Maryse Charton le à Toulon, est une femme politique française.

Membre de l’UDF, de l’UMP puis de LR, elle est députée des Bouches-du-Rhône de 2002 à 2012, maire d'Aix-en-Provence et présidente de la communauté d'agglomération du pays d'Aix puis du territoire du Pays d'Aix à partir de 2001. Après vingt ans de mandat, en 2021, elle démissionne de son mandat de maire, invoquant des raisons de santé, puis est rendue inéligible par décision de justice pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics.

Situation personnelle

Origines Maryse Charton, née à ToulonCoralie Bonnefoy, « Maryse Joissains, en guerre et contre tous » sur Libération, 15 mars 2016, est la fille unique de militants communistes : son père est garde du corps de Maurice Thorez et sa mère guichetière à la Sécurité sociale.

Vie privée et familiale Elle est l'épouse d'Alain Joissains, lui-même maire d'Aix-en-Provence de 1978 à 1983, et qui a été son directeur de cabinet de 2001 à 2008. Ils sont séparés depuis 1986, mais n'ont pas divorcé.

Leur fille, Sophie Joissains, est sénatrice de 2008 à 2020, vice-présidente de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence depuis 2020 et maire d'Aix-en-Provence depuis 2021.

Carrière professionnelle Adhérente à la CGT et au Mouvement des Jeunes communistes« Municipales 2001 - Aix-en-provence : La surprise Joissains », Le Point, 22 janvier 2007, elle entreprend une capacité en droit à la faculté libre de Toulon. Dans le même temps, estimant que , elle adhère au Parti radical de Jean-Jacques Servan-Schreiber.

À la suite des élections municipales de 1977, et malgré deux annulations successives par le Conseil d'État« Annulation des municipales à Aix : la quatrième fois en 40 ans ! », laprovence.com, 8 juin 2009., son époux, Alain Joissains, conquiert la mairie d'Aix-en-Provence en 1978. Mais à la veille des élections municipales de 1983, alors que le maire sortant est crédité de 66 % d'intentions de vote, éclate l'« affaire Joissains » : le maire est accusé d'avoir financé une partie de la villa de son beau-père avec l'argent de la municipalité. Accusant le « clan Defferre », le couple Joissains se dit victime d'une brigue « politico-médiatique ». Alain Joissains est condamné à d'amende et deux ans de prison avec sursis pour L'article incriminé Nouvel Observateur, 10 janvier 2007..

Peu de temps après cette affaire, son père se suicide d'une balle dans la tête à l'âge de , et la sénilité atteint sa mère.

Par la suite, Maryse Joissains-Masini traite, dans le cadre de ses activités professionnelles, de dossiers liés à la santé publique. De 1980 à 1983, elle est directrice du bureau d'aides sociales d'Aix-en-Provence. En tant qu'avocate à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, elle est partie prenante lors des condamnations de l'État dans l'affaire du sang contaminé et du scandale de l'amiante.

État de santé Peu après sa cinquième élection à la mairie d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains-Masini, âgée de , est victime de plusieurs malaises en public. À la fin de l’, elle est hospitalisée en unité de soins intensifs pendant une dizaine de jours. Par la suite, elle révèle avoir été victime d'un accident vasculaire cérébral, intervenu après l’annonce de sa condamnation judiciaire et ayant affecté sa vision...

En , le mois suivant la démission de sa mère de la mairie, Sophie Joissains annonce que celle-ci est atteinte d'un cancer et qu’elle a été opérée au centre hospitalier du pays d'Aix, dans l’attente d'un traitement de l’Institut Paoli-Calmettes..

Parcours politique Ascension à la mairie d’Aix-en-Provence Maryse Joissains-Masini est candidate divers droite aux élections municipales de 2001 à Aix-en-Provence, après son ex-mari. Elle doit affronter au premier tour une liste RPR conduite par Jean Chorro et une liste UDF menée par François-Xavier de Perreti. Alors que les sondages la donnent battue durant toute la campagne, elle arrive en deuxième position du premier tour, avec 16,4 % des voix, loin derrière le sénateur et maire sortant socialiste, Jean-François Picheral (33,1 %). Avec 9,8 % des suffrages, la liste d’extrême droite (MNR) conduite par Damien Bariller échoue de justesse à se maintenir au second tour.

Entre les deux tours, alors qu'une quadrangulaire est possible, les trois listes de droite (DVD, RPR et UDF) fusionnent avec Maryse Joissains-Masini comme chef de file, tandis que le candidat socialiste, convaincu de sa réélection, refuse une fusion avec la liste divers gauche de son ancien adjoint Lucien Ambroggiani, soutenu par le PCF (8,1 %). Lors du second tour, la liste socialiste est, à la surprise générale, défaite par celle conduite par Maryse Joissains : avec 50,6 % des suffrages, elle devance de celle du maire sortant, en partie fragilisé par un rapport de la chambre régionale des comptes qui faisait état de la mauvais gestion de la ville et par l'absence de triangulaire au second tourLe contexte politique aixois Sur le site memoireonline.com..

Maryse Joissains-Masini est élue maire le par le nouveau conseil municipal et attribue le poste de chef de cabinet à son ex-mari. Le tribunal administratif estimera, sept ans après, que le contrat et ses avenants étaient illégaux et rédigés sur la base d’une rémunération excessive (environ en sept ans)Maryse Joissains-Masini, « la poissonnière » d’Aix : « Il y a tant à dire sur notre chère maire » par Émilie Brouze sur rue89.com du juin 2012, hébergé sur nouvelobs.com..

Députée de la des Bouches-du-Rhône Quelques mois plus tard, Maryse Joissains-Masini est candidate aux élections législatives dans la des Bouches-du-Rhône, sous l'étiquette Union pour la majorité présidentielle. Arrivée en tête du premier tour, elle est élue députée au second, avec 58,1 % des suffrages, face à une radicale de gauche..

Sollicitant un nouveau mandat, elle arrive en tête du premier tour des élections législatives de 2007, avec 44,63 % des voix exprimées. Le , elle affronte son adversaire socialiste sur France 3 Méditerranée : les questions du logement et de l'environnement y sont notamment abordées. Lors du second tour, le , Maryse Joissains-Masini est réélue avec 54,9 % des voix, contre 45,1 % à son adversaire Alexandre Medvedowsky..

Le , elle inaugure le Grand théâtre de Provence, érigé sous son impulsion« Aix-en-Provence - Tous contre une », L'Express, 18 février 2008., en compagnie de Christine Albanel, ministre de la Culture. La même année, Maryse Joissains attribue le poste d’adjointe à la culture et à la politique à sa fille, qui avait dirigé son cabinet à la communauté d’agglomération du pays d’Aix (CPA), que l'édile préside depuis 2002.

Elle perd son mandat de députée à l’issue des élections législatives de 2012, battue par le socialiste Jean-David Ciot, élu avec 53,5 % des voix..

Réélections à la mairie d’Aix-en-Provence Candidate à un deuxième mandat en 2008, Maryse Joissains-Masini fait savoir qu'elle entend continuer à diriger la ville avec un cercle restreint de fidèles afin d'éviter les luttes de pouvoir au sein de sa majorité« Maryse Joissains : “En principe je ne reprendrai pas Genzana” », La Provence, 27 octobre 2007.. Arrivée en tête du premier tour, sa liste l’emporte au second avec 44,3 % des suffrages contre 42,9 % à la liste de gauche et 12,8 % à celle du Mouvement démocrate. Le , Maryse Joissains-Masini est réélue maire par le conseil municipal, puis, le suivant, présidente de la communauté d'agglomération du pays d'Aix, alors que l'opposition n'a pas présenté de candidat« La présidente Joissains joue d'entrée l'ouverture », La Provence, 19 avril 2008..

En , à la suite d'un recours formé par son ancien adjoint Stéphane Salord, le Conseil d'État invalide ces dernières élections en raison de la diffusion d’un tract anonyme aux « AIX-EN-PROVENCE : Le Conseil d'État annule les municipales », Le Point, 8 juin 2009. De nouveau candidate, Maryse Joissains-Masini doit faire face, entre les deux tours, à la fusion des listes PS-MoDem d’Alexandre Medvedowsky et Les Verts-Partit occitan d’Hervé Guerrera ; cette liste d'opposition reçoit le soutien des deux listes éliminées au premier tour (celle divers droite de Stéphane Salord et la liste communiste), la presse qualifiant cette situation de hétéroclite« Municipales d'Aix : les dés sont jetés », La Provence, 12 juillet 2009.« À Aix, l'UMP vole au secours de la candidate Joissains », L'Express, 16 juillet 2009.« Une alliance PS-Modem-Verts à la conquête de la mairie d’Aix », France Info, 19 juillet 2009.. Alors qu'un sondage la donne battue, plusieurs responsables de la majorité présidentielle viennent soutenir la maire sortante« Aix : Joissains perdrait en duel face à Medvedowsky », La Provence, 8 juillet 2009.. Lors du second tour, le , sa liste l’emporte finalement avec seulement 50,2 % et de majorité« L'UMP conserve la mairie d'Aix-en-Provence », Le Figaro, 20 juillet 2009.. Le , elle est réélue à la présidence de la communauté d'agglomération du pays d'Aix avec sur 120« Maryse Joissains retrouve la tête de la Communauté du Pays d'Aix », La Provence, 30 juillet 2009.

Alors qu’elle brigue un troisième mandat en 2014, sa liste UMP-UDI doit faire face à huit autres listes au premier tour, dont une UDI et une conduite par son ancien allié François-Xavier de Perreti. Au second tour, alors que la tête de liste centriste-divers droite Bruno Genzana s’est désisté et que de Perreti n’était pas en mesure de se maintenir, elle gagne avec 52,6 % contre la liste de gauche menée par Édouard Baldo et celle du Front national de Catherine Rouvier, qui obtiennent respectivement 36,5 % et 10,9 % des suffrages. Maryse Joissains-Masini est alors l’une des six femmes élues dans une ville de plus de et la seule femme UMP à être élue parmi les maires UMP.

En 2020, sa candidature à un quatrième mandat est longtemps mise en doute en raison de sa condamnation à un an d’inéligibilité, mais celle-ci est cassée le mois précédent le premier tour .. Refusant l’idée d'une alliance avec le Rassemblement national tout en précisant qu’elle refuse de critiquer ce parti, elle prend sa fille en troisième position sur sa liste.. La République en marche, parti du président Emmanuel Macron, fixe alors Aix-en-Provence comme l’une de ses conquêtes possibles. Mais la liste de la maire sortante arrive en tête du premier tour (30,3 %), puis du second tour (43,5 %) dans le cadre d’une triangulaire avec la liste LREM de la députée Anne-Laurence Petel (32,1 %) et celle d’union de la gauche de Marc Pena (24,3 %).. Elle est réélue maire par le conseil municipal le . et devient vice-présidente de droit de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence..

La présence de Rémy Perrad, président de l'Union nationale inter-universitaire Aix-Marseille, sur sa liste aux élections municipales de 2020 donne lieu à une polémique locale. Gaëlle Lenfant, élue de l'opposition municipale, fustige la proximité de la maire avec une organisation étudiante et leur reproche des affiches . De son côté, Marc Pena s'indigne d'un tweet du jeune militant dans lequel il affirme que , des propos selon le candidat de gauche. Défendu par Maryse Joissains, Rémy Perrad annonce déposer une plainte pour diffamation au nom de l'UNI et récuse tout lien avec l'extrême droite .

Démission de son mandat de maire Invoquant la dégradation de son état de santé, Maryse Joissains-Masini annonce le , à l’âge de , son intention de démissionner de son mandat de maire d’ici au suivant. Lors du conseil municipal du , sa fille Sophie Joissains lui succède, tandis qu'elle devient deuxième adjointe, chargée de la Politique de la ville et de la Protection animale.. Elle démissionne de l'ensemble de ses mandats électoraux le , notamment de la présidence du conseil de territoire du Pays d'Aix., à la suite de sa condamnation pour trafic d'influence et détournement ..

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