vignette|200px|Corentin en évêque avec la crosse et vêtu d'une chasuble, et à ses pieds son attribut le poisson.

Corentin de Quimper, surtout connu comme saint Corentin ( en latin), appelé en breton Kaourintin ou KaourSaint Corentin sur infobretagne.com, est selon la tradition, le premier évêque de Cornouaille au , à la tête d'un diocèse dont le siège se trouve à Quimper (actuel département du Finistère).

Selon une tradition littéraire et hagiographique datant du , il est considéré comme l'un des Sept saints fondateurs de Bretagne. La ville de Quimper est en conséquence une étape du pèlerinage médiéval des Sept saints de Bretagne, le Tro Breizh (« Tour de Bretagne »).

Dans la tradition locale, Corentin est l'un des quatre piliers de la Cornouaille, aux côtés du roi Gradlon et de ses disciples saint Guénolé et saint Tudy.

Il est fêté le par l'Église catholique et selon le calendrier des saints bretons.

Sources anciennes Les textes les plus anciens sur saint Corentin datent d'un époque bien postérieure à sa vie.

La Vita de saint Corentin, publiée en 1886 par Dom Plaine a été écrite vers 1220-1235Dom Plaine, « Vie inédite de saint Corentin » (avec traduction), Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 13 (1886), p. 118-153, d’après (1°) le ms. Bruxelles, Bibliothèque royale, n°3472, et (2°) le Breviarium Corisopitense, imprimé au début du , dont le seul exemplaire connu est conservé chez les bollandistes, à Bruxelles., cette publication ayant été ensuite l'objet de commentaires et de mises à jour apportant rectificatifs et compléments, notamment la découverte d’une « Vie ancienne » de saint CorentinE. C. Fawtier-Jones, « La vita ancienne de saint Corentin », dans Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. 6 (1925), p. 8.André-Yves Bourgès, « À propos de la Vita de saint Corentin » consultable en ligne sur ce site, 2008.

Saint Corentin est aussi évoqué dans le roman d'Aiquin, chanson de geste en françaisAndré-Yves Bourgès, "La chanson d'Aiquin et saint Corentin, Hagiohistoriographie médiévale", 2009, consultable http://andreyvesbourges.blogspot.com/2009/05/la-chanson-daiquin-et-saint-corentin.html. Cette légende hagiographique écrite au , mais qui parle d'événements datant du (Charlemagne, les vikings) révèle un enjeu politique, la volonté de légitimer la domination de l'évêque de Cornouaille sur les abbayes de Landévennec et de Loctudy.

Datation de saint Corentin par les historiens bretons de l'Époque moderne La « Vie des saints de la Bretagne Armorique », publiée en 1637 par l'hagiographe Albert le Grand, évoque la vie de saint Corentin. Celui-ci serait né à Locmaria de Cornouaille (actuellement un quartier de Quimper) vers 375 (donc dans l'Antiquité, dans l'Empire romain d'Occident) .

Dom Lobineau pense que sa naissance a eu lieu vers 530 (donc au haut Moyen Âge, à l'époque mérovingienne), un , jour où il est fêté.

Cette interprétation entre en contradiction avec le fait que ses disciples, Guénolé (saint fondateur de l’abbaye de Landévennec) qui nait vers 460 et saint Tudy, l'accompagnent à Tours, ce qui suggère que Corentin était contemporain de ces deux saints. Dans ce cas, il serait né au V, dans l'Empire romain d'Occident, qui prend fin en 476.

Biographie de saint Corentin selon la tradition hagiographique L'ermite de Plomodiern Il devient ermite à Plomodiern, au pied du Ménez-HomBulletin de la Société archéologique du Finistère, Société archéologique du Finistère, 1874, Quimper, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2081934.r=menez-hom.f426.langFR.hl, où sa grande piété fait des miracles.

Création du diocèse de Cornouaille par le roi Gradlon Le jour où le roi de Cornouaille Gradlon (personnalité semi-légendaire) décide de fonder le diocèse de Quimper, il fait appel à Corentin pour en être le premier évêque. Il l’aurait envoyé à Tours, siège archiépiscopal dont dépendent les évêques de la région, pour se faire consacrer évêque par Martin de Tours (saint Martin), dont la vie est datée du ).

Gradlon lui aurait fait don d'un palais à Quimper, situé à l’emplacement de l’actuelle cathédrale.

Corentin et la légende d'Ys Corentin est également associé à la légende d'Ys. La littérature bretonne, s'appuyant sur la version hagiographique d'Albert Le Grand, fait de Dahut, fille de Gradlon, une femme impudique devant être châtiée. Elle est responsable par ses mauvaises actions de la submersion de la ville d'Ys.

Son père Gradlon tente de la sauver de la noyade, mais l'homme de Dieu qui l'accompagne (saint Guénolé ou saint Corentin selon les versions) provoque sa chute dans les eaux.

Funérailles et destin de ses reliques Après sa mort, il aurait été enterré devant le maître-autel de la cathédrale de Quimper.

Lors de l'invasion normande de 878, ses reliques sont transportées à l'abbaye Saint-Magloire de Léhon avant d'être réparties dans des abbayes autour de Paris, dont une partie à l'abbaye Saint-Corentin de Mantes où une abbaye royale lui sera dédiée en 1201 par le roi Philippe Auguste, ainsi qu'à Tours à l'abbaye de Marmoutier.

Iconographie

Attributs Sa légende lui attribue, près de son ermitage, un poisson miraculeux qui se présentait chaque jour dans une fontaine et dont il coupait quotidiennement, pour se nourrir (agrémentant à son menu le pain dur qu'il mendiait et les herbes et racines sauvages), un fin morceau qui repoussait. La légende raconte encore que Corentin aurait partagé ce poisson avec un chasseur mourant de faim ou qu'il aurait nourri le roi Gradlon et sa cour d’un morceau de ce poisson un jour où, s’étant égarés lors d’une chasse dans le bois de Névet, ils étaient arrivés affamés à son ermitage. Certains prédicateurs y ont vu une allusion au poisson qui symbolisait les chrétiens au début du christianisme, le mot grec "ichtus" voulant dire . Or le signe du et le mot "ichtus" (ΙΧΘΥΣ), qui est un acronyme en grec pour "Iesous CHristos THeou Yios Sotèr" (Jésus le Christ, Fils de Dieu, le Sauveur) étaient des symboles pour les premiers chrétiens et leur permettaient de se reconnaître sans subir les persécutions des Romains, mais l'ichthus des catacombes n'a guère franchi les frontières de l'ItalieÉtude hagiologique et iconographique. Le fait donc que le morceau du poisson repousse symboliserait sa piété grandissant chaque jour.

Ses attributs traditionnels sont donc le poisson ainsi que les attributs épiscopaux (mitre imposante sur la tête et crosse épiscopale massive dans la main). En général, il est représenté avec un poisson entier ou une moitié de poisson (rappel du poisson qu'il partagea avec le chasseur) qu'il tient dans la main ou à ses pieds où il est parfois associé à une fontaine. Dans la chapelle Saint-Corentin en Plomodiern, la crosse épiscopale est massive. Par mauvais temps persistants, les fidèles se rendaient à la chapelle et faisaient faire le moulinet à la crosse pour qu'elle pointe vers le nord.

Chapelles et statues de saint Corentin

Notes et références

Voir aussi Sources Vie inédite de saint Corentin : écrite au , par un anonyme de Quimper, édité par Dom Plaine, Quimper, M. Diverrès, 1886, 336 p. (extrait du B.S.A.F.). Albert Le Grand, Vie du bienheureux saint Corentin : premier évêque de Cornouaille, édité par Félix du Marhallarch, Quimper, M. Diverrès, 1886, 80 p.

Bibliographie . . Irien, J. an, Cormerais, J., et Daniélou, H., Saint Corentin, vie et culte / Sant Kaourantin, Tréflévenez, éd. Minihi Levenez, 1999 (avec traduction en breton et en français de la Vita Chorentini (BHL 1954) , et de la Vie ancienne de saint Corentin ). .

Articles connexes

Corentin, prénom masculin breton Hagiographie bretonne

Liens externes

Saint Corentin sur le site du diocèse de Quimper Les temps légendaires : Gradlon, saint Corentin et la fondation de Quimper

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