Les Jeux olympiques de 1904, officiellement nommés Jeux de la olympiade, sont la troisième édition des Jeux olympiques modernes. Ils ont lieu à Saint-Louis aux États-Unis du au . Les Jeux sont attribués à Saint-Louis en raison de l'exposition universelle qui s'y tient la même année. Les épreuves sont disputées à Saint-Louis et ses alentours.

Des pays ayant pris part à la précédente édition, dix-sept nations ne participent pas aux Jeux de 1904 et seule l'Afrique du Sud y fait une première apparition. Douze nations sont présentes à Saint-Louis, contre vingt-quatre en 1900. Ce sont 651 athlètes (dont six femmes) qui s'affrontent dans 16 sports et 17 disciplines sur un total de 91 épreuves.

La boxe, la crosse, le plongeon et le roque sont des sports présents aux Jeux olympiques pour la première fois tandis que le basket-ball, le football et le water-polo sont des sports de démonstration. Le format des trois médailles (or, argent et bronze) fait sa première apparition lors de ces Jeux.

Les nations les plus médaillées sont les États-Unis, l'Allemagne et le Canada. Les États-Unis terminent largement premiers au tableau des médailles avec plus de deux cents médailles de différence avec la deuxième nation. Le pays hôte remporte deux-cent-trente-et-une médailles dont soixante-seize en or. Le nombre de médailles attribuées au pays hôte est cependant contesté, de nombreux médaillés n'avaient pas encore la nationalité américaine lors des Jeux.

Les tensions causées par la guerre russo-japonaise ainsi que les difficultés pour se rendre à Saint-Louis au début du ont rendu ces Jeux très américains ; en effet, sur les 651 athlètes présents, seulement 62 provenaient de l'extérieur de l'Amérique du Nord.

Sélection de la ville hôte vignette|upright|Henry J. Furber, président du Comité de candidature de Chicago.|alt=Portrait en noir et blanc d'un homme portant un costume. Dès 1894 et la tenue du premier Congrès olympique à Paris, il est, selon les mots de Pierre de Coubertin, que les Jeux olympiques de 1904 se tiendront aux États-Unis et ce afin de souligner le caractère universel et mondial des Jeux.. Après Athènes en 1896, capitale de la Grèce, pays berceau des Jeux olympiques antiques et Paris en 1900, capitale de la France, pays d'origine de Coubertin, l'organisation de Jeux olympiques sur le sol américain sonne comme une évidence pour le Comité international olympique (CIO).

Coubertin évoque en la possibilité que les Jeux soient organisés non pas aux États-Unis, mais à Berlin ou à Stockholm.., mais il suggère également la ville de New York, qui lui semble être la plus propice à démontrer le caractère cosmopolite des Jeux.. Durant les Jeux de Paris en 1900, les autorités sportives britanniques évoquent la possibilité que les compétitions soient organisées par Londres et que les Jeux de 1908 soient accueillis par les États-Unis ; les Américains parviennent cependant à les convaincre que l'inverse serait une meilleure option, d'autant que les Britanniques ne se montrent plus particulièrement désireux d'obtenir les Jeux de 1904...

Si le pays d'accueil est connu d'avance, la ville hôte doit encore être désignée. Se présentent ainsi Philadelphie, New York, Chicago et Saint-Louis. Philadelphie est un temps pressentie pour accueillir les Jeux et les journaux annoncent déjà de façon certaine qu'ils se tiendront dans l'enceinte de l'université de Pennsylvanie.. Cependant, Coubertin annonce le depuis son domicile parisien que New York et Chicago ont ses faveurs et celles du CIO..

Devant l'enthousiasme des représentants de la candidature de Chicago, parmi lesquels on compte William Rainey Harper, président de l'université de Chicago, et George Pullman, et se remémorant le faste de l'Exposition universelle de 1893 organisée dans la plus grande ville d'Illinois, Coubertin se montre séduit par l'organisation de Jeux olympiques dans cette ville... Le , le Comité de Chicago, présidé par Henry J. Furber, fournit à Coubertin un dossier complet offrant notamment l'assurance d'un prêt gracieux des terrains de sport de l'université de Chicago si les Jeux y sont accueillis.. Le projet de Chicago comprend aussi la construction d'un grand stade s'inspirant de l'architecture grecque..

Des critiques contre cette désignation qui semblait jouée d'avance fusent toutefois dans le pays, portées notamment par James Edward Sullivan.. Une tente même de supplanter le CIO et d'assurer l'organisation des Jeux olympiques modernes, tentative cependant qui reste sans suite..

La ville de Chicago est malgré tout choisie à l'unanimité par les membres du CIO le lors de la de l'institution olympique qui se tient à Paris au siège de l'Automobile Club de France... Alors que Coubertin vient d'inviter William McKinley, le président des États-Unis depuis 1897, à proclamer l'ouverture des Jeux, celui-ci est assassiné le .. Son vice-président, Theodore Roosevelt, accède au pouvoir. Comme il est acquis à la cause de l'olympisme, l'horizon des Jeux de 1904 semble s'éclaircir..

Cependant, les autorités chargées de l'organisation de l'Exposition universelle de 1904 à Saint-Louis dans le Missouri, commémorant le centenaire de la vente de la Louisiane en 1803 se montrent très intéressées voire véhémentes par l'organisation des Jeux olympiques en parallèle de l'Exposition... Coubertin, bien que partagé par une telle association après les difficultés connues lors des Jeux olympiques de 1900, organisés eux aussi pendant une exposition universelle, propose aux membres du CIO de voter afin d'entériner le transfert. Le , il réclame l'arbitrage du président américain sur ce changement de ville hôte, non sans avoir préalablement demandé aux membres du CIO leur avis. Sur les et , 14 ont voté pour, 2 contre et 5 se sont abstenus.. Le transfert est finalement officiellement acté par un télégramme qu'envoie Coubertin à Furber le ..

Organisation Comité d'organisation Le (OGC), pour Comité des Jeux olympiques, s'organise rapidement après la désignation de Saint-Louis comme ville hôte des Jeux de la Olympiade. Son président d'honneur est Theodore Roosevelt.. David R. Francis est le président de la Louisiana Purchase Exposition, c'est lui qui déclare l'ouverture des Jeux.. En sa qualité de chef du département de la culture physique de l'Exposition universelle de 1904, James E. Sullivan est désigné directeur des Jeux olympiques de 1904 et en devient le principal organisateur.. Le Comité est de plus composé de Walter H. Liginger, président de l'Amateur Athletic Union (AAU), de John J. O’Connor, président de la division ouest de l'AAU, de Harry McMillan, ancien président de l'AAU et de Henry Garneau, ancien président de la division ouest de l'AAU..

Hormis les trois membres américains du CIO – W. M. Sloane, James H. Hyde et Caspar Whitney. – rares sont ceux qui traversent l'Atlantique. Coubertin refuse la tenue de la en terre américaine par crainte d'un nombre très faible de participants et donc une perte de crédibilité du mouvement olympique.. Elle est finalement organisée à Londres du 20 au . et donne lieu à l'élection de Rome comme ville hôte des futurs Jeux olympiques de 1908. L'éruption du Vésuve le 7 avril 1906 remet en cause cette attribution, et les Jeux de la seront finalement accueillis par la capitale britannique..

Henry Garneau, Harry McMillan, John J. O’Connor, James E. Sullivan et Walther H. Liginger.|upright=1.2|vignette|alt=Photographie en noir et blanc de cinq hommes en costume posant chapeau à la main

Alors que rares encore étaient les fédérations sportives internationales à l'époque, elles qui ont, entre autres, pour rôle d'uniformiser les règles des sports dont elles sont responsables, c'est l'Amateur Athletic Union, dont James Edward Sullivan est secrétaire, qui organise la grande majorité des épreuves sportives et en décide donc des règles, selon les normes américaines.. Les divergences de règlementation de part et d'autre de l'Atlantique conduisent à de nombreuses incompréhensions entre les arbitres, tous américains, et certains compétiteurs, voire à du favoritisme au bénéfice des athlètes originaires du pays hôte, ce qui sonnait comme une revanche après des traitements similaires pour les Américains à Paris quatre ans auparavant..

Contrairement à ce qui est aujourd'hui demandé aux Comités d'organisation des Jeux olympiques dans la Charte olympique ., l n'a pas produit de rapport officiel des Olympiades.. Ce rapport compile habituellement toutes les informations utiles sur l'obtention, l'organisation et la tenue des Jeux, ainsi que les résultats des épreuves sportives. Toutefois, deux ouvrages sont considérés comme rapports officiels par le CIO et les historiens olympiques, tous deux édités en 1905 et écrits en langue anglaise .. Le premier, le plus apprécié car le plus illustré des deux, est le , édité par Albert Spalding et rédigé par Sullivan. Le second a pour titre et est édité par Charles J. P. Lucas. Le peu de place accordée aux célébrations olympiques dans les divers rapports de l'Exposition universelle témoigne du faible engouement des spectateurs pour les compétitions.

Relations entre Coubertin et Sullivan Les relations entre Coubertin et Sullivan sont pour le moins tendues.. .. Les deux hommes se sont pour la première fois rencontrés à New York en .. Tous deux ont une conception différente de l'organisation d'évènement sportifs de l'ampleur, certes naissante, des Jeux olympiques.

Sullivan tente à de nombreuses reprises de supplanter Coubertin et le CIO. Il propose qu'en marge de l'exposition pan-américaine organisée à Buffalo en 1901 se tiennent des Jeux olympiques sous les auspices de l'AAU.

Le président du CIO montre peu d'intérêt et d'implication dans l'organisation des compétitions et ne se rend pas aux États-Unis pour assister aux Jeux...

Promotion vignette|Couverture d'un programme journalier. En 1895, la maison Thomas Cook & Son à Londres, prémices du groupe Thomas Cook, signe avec le CIO un partenariat couvrant les trois premières Olympiades pour en assurer la publicité en Europe mais également organiser des voyages pour s'y rendre ..

En France, la promotion des Jeux est notamment assurée par Brentano's, grande librairie anglophone de Paris dans laquelle on pouvait trouver les informations et les renseignements utiles aux Européens souhaitant se rendre aux États-Unis pour assister aux Jeux..

Aucun environnement graphique n'est créé pour cette Olympiade. Il n'y a donc ni mascotte, ni torche ni même affiche produites pour la promotion des Jeux. La couverture du programme journalier est toutefois considérée comme l'affiche de ces Jeux, bien qu'il n'y soit fait aucune mention... C'est une création Art nouveau de St. John, illustrant une vue générale de l'Exposition universelle .... Un poster non officiel sera réalisé bien après les Jeux à la demande des collectionneurs en se basant sur la couverture du programme journalier et faisant apparaître cette fois les termes ..

Bien que des oblitérations postales et des vignettes sont créées pour l'Exposition universelle, il n'y est jamais fait mention des Jeux olympiques..

Programme

Les compétitions sportives sont étalées sur plusieurs mois alors que se tient l'Exposition universelle. Le Comité d'organisation des Jeux olympiques fournit au CIO un premier programme sportif, approuvé par l'organisation olympique et annoncé dans la Revue olympique d' .. L'ouverture de la Olympiade est annoncée pour le et sa clôture pour le de cette même année. Le Spalding’s Official Athletic Almanac for 1905 contient lui aussi un programme des épreuves., mais différant légèrement de celui annoncé dans la Revue olympique.