est une actrice japonaise, née le à Yokohama et morte le dans la préfecture de Kanagawa.
Elle commence sa carrière à l'âge de et tourne dans plus de cent dix films. Figure emblématique de l'âge d’or du cinéma japonais des années 1950, elle annonce brutalement, à , qu'elle arrête le cinéma avant de se retirer dans la ville balnéaire de Kamakura, à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo, décor de nombre de ses films mais aussi endroit où se trouve le temple Engaku-ji où sont déposées les cendres du réalisateur Yasujirō Ozu, qui l'a employée à cinq reprises.
Biographie Les débuts au cinéma vignette|gauche|De d. à g. : Chōjūrō Kawarasaki, Setsuko Hara et Kanʼemon Nakamura dans Kōchiyama Sōshun (1936). Setsuko Hara naît sous le nom de à Tsukimidai, un quartier situé à Hodogaya-ku, arrondissement de Yokohama. Elle est la benjamine d'une fratrie de cinq filles et deux garçons.. Son père, un riche négociant en soie brute, perd sa fortune lors de la Grande Dépression de 1929, l’effondrement de la bourse de New York ayant entraîné la chute des exportations de soie. Désireuse d'aider financièrement sa famille, elle quitte les bancs de l'école à l'âge de pour entrer à la Nikkatsu par l'entremise de son beau-frère, le réalisateur Hisatora Kumagai.
Elle apparaît pour la première fois sur les écrans dans N'hésitez pas jeunesse de en 1935. Le personnage qu'elle interprète dans ce premier film se prénomme Setsuko, et c'est ainsi que la Nikkatsu lui attribue le nom de scène de Setsuko Hara. Dans ses premières apparitions, elle campe une adolescente espiègle et débrouillarde et devient vite la lycéenne préférée des japonais. Elle n'a pas lorsqu'en 1936 Sadao Yamanaka lui offre un rôle d'importance dans Kōchiyama Sōshun, une adaptation moderne d'une pièce de kabuki de Kawatake Mokuami. Elle incarne la tenancière d'une petite échoppe d'amazake, poussée vers la prostitution à cause de dettes consécutives aux méfaits de son frère, et qui ne doit son salut qu'au sacrifice d'un aigrefin et d'un rōnin..
Les années de guerre et le cinéma de propagande : 1937-1945 vignette|droite|redresse|Setsuko Hara dans La Fille du samouraï (1937). Le cinéaste allemand Arnold Fanck, qui visite en 1936 le studio de la à Kyoto pendant le tournage de Kōchiyama Sōshun, remarque Setsuko Hara. Après avoir un temps envisagé Kinuyo Tanaka, c'est elle qu'il choisit pour le rôle titre de son film La Fille du samouraï (1937).. Avec sa beauté exotique et ses grands yeux, elle est différente des actrices alors en vogue au Japon. Cette production germano-japonaise propagandiste, co-dirigée par Mansaku Itami, est destinée à familiariser le public allemand avec le Japon. Elle y tient le rôle d'une jeune femme qui tente vainement de se jeter dans un volcan quand son fiancé de retour de Berlin tombe amoureux d'une journaliste allemande.
Fort du succès du film au Japon, elle part cette même année en Europe et aux États-Unis pour promouvoir le film. Elle est accompagnée par son beau-frère Hisatora Kumagai et le voyage qui la mène du Mandchoukouo, à Berlin et dans plusieurs villes allemandes, puis à Paris, New York, Los Angeles et Hollywood, dure quatre mois. En Allemagne, elle est accueillie comme une invitée officielle par Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande, épisode de grand malaise pour la jeune femme qui ne comprend pas très bien ce qu'on attend d'elle.. Mais elle a aussi l’occasion de rencontrer partout où elle va des personnalités éminentes du cinéma, comme Jean Renoir à Paris, Josef von Sternberg et Marlene Dietrich, avec qui elle dîne à Hollywood.. Son retour, juste avant que n'éclate la guerre, est triomphal et la jeune comédienne est qualifiée par le magazine féminin Fujokai de « star mondiale » et de « premier espoir du cinéma japonais ».
En 1937 commence la seconde guerre sino-japonaise et le la loi sur le cinéma qui vise à placer toute la création cinématographique sous le contrôle du gouvernement est mise en application au Japon. Dès lors, Setsuko Hara se retrouve propulsée à l'affiche d'une dizaine de films de propagande militariste voulu par le Japon du début des années 1940. Ainsi la retrouve-t-on dans La Bataille navale à Hawaï et au large de la Malaisie (1943) de Kajirō Yamamoto, réputé pour son impressionnante reproduction du bombardement de Pearl Harbor, Les Kamikazes de la tour de guet (1943) de Tadashi Imai ou encore Vers la guerre décisive dans le ciel (1943) de Kunio Watanabe.
Devenue l'icône d'un cinéma nippon prompt à exalter le nationalisme et l'impérialisme pendant la Seconde Guerre mondiale, Setsuko Hara incarnera pourtant, dès la capitulation, les souffrances d’un peuple victime de la politique belliciste de ses dirigeants..
L'après guerre vignette|redresse|gauche|Setsuko Hara filmé par Asakazu Nakai et Akira Kurosawa sur le tournage de Je ne regrette rien de ma jeunesse (photo de Tadahiko Hayashi).
Dès 1945, l'armée d'occupation américaine entreprend la démocratisation des médias et de l'industrie cinématographique du Japon. Un bureau spécial est créé, la Section d'information et d'éducation civiques ( ou CI&E) qui compte au nombre de ses tâches l'examen des scénarios nouveaux et le compte rendu des produits achevés afin d'encourager la production de films faisant la promotion de la démocratie.
Dans ce contexte, Akira Kurosawa lui offre dans Je ne regrette rien de ma jeunesse en 1946, un rôle de grande amoureuse qui, toute sa vie, devra assumer les conséquences tragiques de son mariage avec un militant pacifiste radical. Se concentrant sur une décennie de la vie d'une femme prise dans la répression politique du régime militariste de la fin des années 1930, le film, sans doute le plus féministe de Kurosawa, permet à Setsuko Hara d'exprimer de manière convaincante une large palette de ses talents, tour à tour lycéenne insouciante, femme au foyer inquiète, prisonnière, veuve puis leader de la réforme agricole. Ce film va considérablement changer l'image de l'actrice et la propulser à nouveau au devant de la scène.
vignette|droite|redresse|Tournage de Voyage à Tokyo en 1953 avec, au premier plan : Setsuko Hara et Yasujirō Ozu. Elle arrête subitement sa carrière en 1962, et mène ensuite une vie retirée à Kamakura (dans le quartier de Jōmyōji), refusant d'être photographiée ou d'accorder la moindre interview. Pour cette raison, le critique Donald Richie, spécialiste du cinéma japonais, l'a surnommée la « Greta Garbo du Japon ».
On peut supposer que cette interruption brutale est liée à la relation très intime que Setsuko Hara semble avoir entretenue avec Yasujirō Ozu : celui-ci est en effet décédé en 1963, et ses cendres reposent au Engaku-ji à Kita-Kamakura.
Elle tourne dans plus de 110 films de 1935 à 1962..
Setsuko Hara meurt le d’une pneumonie.
Filmographie La filmographie de Setsuko Hara est établie à partir de la base de données JMDb. Les années 1930 1935 : de vignette|Dans Kōchiyama Sōshun (1936). 1935 : de Fumindo Kurata 1935 : de 1935 : de Yutaka Abe 1935 : de Yutaka Abe 1936 : de Yutaka Abe 1936 : de Sadao Yamanaka : Onami 1936 : de Ren Yoshimura 1936 : de Tomu Uchida 1936 : de Kunio Watanabe 1937 : de Kunio Watanabe 1937 : La Fille du samouraï (Die Tochter des Samurai) de Arnold Fanck et Mansaku Itami : Misuko Yamato 1937 : de Tamizō Ishida 1937 : de Satsuo Yamamoto 1937 : de Satsuo Yamamoto 1938 : de Mansaku Itami : Chiyo 1938 : de Satsuo Yamamoto : Yukiko 1938 : de Kunio Watanabe vignette|Setsuko Hara dans Shanhai rikusentai (1939). 1938 : de Shirō Toyoda 1939 : de Satsuo Yamamoto 1939 : d'Eisuke Takizawa 1939 : de Kajirō Yamamoto 1939 : de Hisatora Kumagai 1939 : de Satsuo Yamamoto 1939 : de Yutaka Abe 1939 : de Yutaka Abe 1939 : d'Osamu Fushimizu
Les années 1940 1940 : de Yasujirō Shimazu 1940 : de 1940 : de Yasujirō Shimazu 1940 : de Teinosuke Kinugasa 1940 : de Tadashi Imai 1940 : de Yasujirō Shimazu 1940 : de Satsuo Yamamoto 1941 : de Yasujirō Shimazu 1941 : de 1941 : de Tadashi Imai 1941 : de Hisatora Kumagai 1942 : de Kajirō Yamamoto 1942 : d'Osamu Fushimizu vignette|Dans La Bataille navale à Hawaï et au large de la Malaisie (1942). 1942 : de 1942 : de 1942 : de Yasujirō Shimazu 1942 : de Yasujirō Shimazu 1942 : de Kajirō Yamamoto : Kikuko Tomoda 1943 : de Masahiro Makino : Ai Lang 1943 : de Tadashi Imai 1943 : de 1943 : de Kunio Watanabe 1943 : de Satsuo Yamamoto 1944 : de Tadashi Imai 1945 : de Kiyoshi Saeki vignette|Dans Le Bal de la famille Anjo (1947). 1946 : de Kunio Watanabe 1946 : de Kunio Watanabe 1946 : d'Akira Kurosawa : Yukie Yagihara 1947 : de Kiyoshi Saeki 1947 : de Kōzaburō Yoshimura : Atsuko 1947 : de Fumindo Kurata 1947 : de Sadatsugu Matsuda 1948 : de Kōzaburō Yoshimura 1948 : de Ren Yoshimura 1948 : de Ren Yoshimura 1948 : de Kiyoshi Saeki 1948 : de Hideo Ōba vignette|Dans Printemps tardif (1949). 1948 : de Keigo Kimura 1949 : de Fumindo Kurata 1949 : de Keisuke Kinoshita : Yasuko Ikeda 1949 : de Tadashi Imai : Yukiko Shimazaki 1949 : de Tadashi Imai : Yukiko Shimazaki 1949 : de Yasujirō Ozu : Noriko Somiya
Les années 1950 1950 : de Ren Yoshimura : Kayoko Amamiya 1950 : de Ren Yoshimura 1950 : de Tsutomu Sawamura 1950 : de 1951 : d'Akira Kurosawa : Taeko Nasu 1951 : de Yasujirō Ozu : Noriko 1951 : de Mikio Naruse : Michiyo Okamoto vignette|Setsuko Hara et Chishu Ryu dans Voyage à Tokyo (1953). 1952 : de Shirō Toyoda 1952 : de Yasuki Chiba 1952 : de Yasuki Chiba : Yuki 1953 : de Kajirō Yamamoto 1953 : de Hisatora Kumagai 1953 : de Yasujirō Ozu : Noriko 1954 : de Mikio Naruse : Kikuko Ogata 1955 : de Fumindo Kurata 1955 : de Hisatora Kumagai 1956 : de Mikio Naruse : Fumiko 1956 : de Shin Saburi 1956 : de Toshio Sugie 1956 : de Seiji Hisamatsu 1956 : de Shūe Matsubayashi 1957 : de Yasuki Chiba 1957 : de Yasujirō Ozu : Takako Numata 1957 : de Hisatora Kumagai 1957 : de Yasuki Chiba 1957 : de Senkichi Taniguchi 1957 : de Yasuki Chiba 1958 : de Yūzō Kawashima 1958 : de Kajirō Yamamoto 1958 : de Yasuki Chiba 1959 : de Seiji Maruyama 1959 : de Hiroshi Inagaki
Les années 1960 1960 : de Seiji Hisamatsu 1960 : de Mikio Naruse : Sanae Soga 1960 : de Hiroshi Inagaki 1960 : de Yasujirō Ozu : Akiko Miwa 1961 : de Seiji Maruyama 1961 : de Yasujirō Ozu : Akiko 1962 : de Hiromichi Horikawa 1962 : de Hiroshi Inagaki
Distinctions Récompenses 1950 : prix Mainichi de la meilleure actrice pour Printemps tardif, La Montagne bleue et Un toast pour mademoiselle. 1952 : prix Mainichi de la meilleure actrice pour Le Repas et Été précoce. 1952 : prix Blue Ribbon de la meilleure actrice pour Le Repas et Été précoce.
Postérité Setsuko Hara a servi d'inspiration au film d'animation Millennium Actress (2001) de Satoshi Kon...
Du au , le National Film Archive of Japan consacre une vaste rétrospective de vingt-trois de ses films à l'occasion du centenaire de sa naissance...
Notes et références Notes lexicales bilingues
Références
Voir aussi
Bibliographie
Vidéographie
Liens externes
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