Guy du Faur, seigneur de Pibrac, né en 1528 (ou 1529) à Pibrac et mort à Paris le , est un magistrat, diplomate et poète français.
Biographie Jeunesse et formation Guy du Faur naît en 1528 (ou 1529) au château de PibracSi la date de naissance précise de Guy du Faur n'est pas connue, le lieu est donné par Guy du Faur lui-même, dans son poème sur les Plaisirs de la vie rustique.Cabos 1922, .. Il est le quatrième enfant de Pierre du Faur et de Gauside Doux (dont le nom est parfois féminisé en Doulce), mariés le .
Son père appartient à une famille de la noblesse parlementaire toulousaineCabos 1922, .. En 1483, Arnaud du Faur, le grand-père de Guy, est procureur du roi au parlement de Toulouse. Il a, de sa deuxième épouse, Louise Minarde, un fils, Pierre, et de sa troisième épouse, deux fils, Michel du Faur, seigneur de Saint-Jory, juge ordinaire de Toulouse en 1531, juge-mage en 1535 et président au parlement en 1556Cabos 1922, ., et Jacques du Faur, abbé de la Case-Dieu, professeur de droit à l'université, conseiller au parlement de Toulouse, puis président au parlement de Paris et membre du Grand ConseilCabos 1922, .. Pierre du Faur suit quant à lui une brillante carrière de magistrat : juge ordinaire à Toulouse et capitaine du château de Muret en 1529, il est conseiller et maître des requêtes au parlement en 1531, garde des sceaux à la chancellerie et quatrième président du parlement en 1539Cabos 1922, ..
La mère de Guy du Faur, Gauside, est la fille de Jean Doux, également conseiller au parlement. Elle apporte en dot, lors de son mariage, la seigneurie de Pibrac. Parmi les six enfants de Pierre du Faur et de Gauside Doux, les deux filles épousent des juristes, les garçons suivent également des carrières de magistrats, sauf l'aîné, Pierre, qui se consacre à une carrière ecclésiastique et devient évêque de Lavaur entre 1577 et 1584Cabos 1922, ..
Guy du Faur est élevé au château de ses parentsCabos 1922, .. En 1541 ou 1542, à l'âge de treize ans environ, il quitte Pibrac pour Paris, où il rejoint son oncle, Jacques du Faur, afin d'y étudier la philosophieCabos 1922, .. Il y rencontre aussi Michel de L'Hospital, un ami de son oncle et conseiller au parlement de ParisCabos 1922, .. En 1543, revenu à Toulouse, il est confié à Pierre Bunel, humaniste toulousain étroitement lié au père et aux oncles de Guy, les trois frères Pierre, Jacques et Michel du FaurCabos 1922, et 21-23.. Guy du Faur aurait également reçu des leçons particulières du jurisconsulte Jacques CujasCabos 1922, .. En 1546, avec son frère et Pierre Bunel, il voyage en Italie. Après la mort de Pierre Bunel, à Turin, il se rend à Pavie, où il suit les cours du jurisconsulte Andrea Alciato. Ils se rend ensuite à Ferrare, où il rencontre Olympia Fulvia Morata, humaniste proche de la famille princière d'Este. En 1548, à presque vingt ans, il rentre à ToulouseCabos 1922, ., où il suit encore les cours de la faculté de droitCabos 1922, ..
Carrière À la mort de sa mère, Guy du Faur reçoit la seigneurie de PibracCabos 1922, .. En 1553 (ou 1554), il est appelé à Paris où il obtient une charge de conseiller au Grand ConseilCabos 1922, .. Rentré à Toulouse pour assister son père, gravement malade, il épouse en l'église de la Dalbade, en , Jeanne de Custos, fille de Pierre de Custos et de Marie de BertierCabos 1922, .. Le , Guy du Faur est nommé juge-mage à la sénéchaussée de Toulouse, à la suite de la résignation de son oncle, Michel du Faur, qui vient de prendre la succession de son frère, Pierre, au parlement de ToulouseCabos 1922, ..
En 1558, Guy du Faur est élu mainteneur des Jeux floraux, son oncle, Michel du Faur, en étant élu chancelier en remplacement de son père, Pierre du Faure, mort à la fin de l'année 1557Cabos 1922, ..
La même année, Guy du Faur est choisi comme commissaire du roi par Henri II afin de présenter ses exigences à l'assemblée des États de Languedoc, réunis le à Montpellier. Henri II souhaite effectivement, en plus des aides habituelles, qui s'élèvent à livres, obtenir un subside supplémentaire de livres et une compensation de livres pour les généralités de Caen et de Rouen, durement touchées par la guerre contre l'AngleterreCabos 1922, ..
En 1559, Guy du Faur intervient en faveur de son frère, Louis du Faur, conseiller au parlement de Paris, suspect d'adhésion à la Réforme protestante et arrêté le avec plusieurs conseillers, dont Anne du Bourg. Si ce dernier est condamné à mort, Louis du Faur échappe au bûcher grâce au soutien de son frère, Guy, et de leur oncle, Jacques, ainsi qu'à l'influence du premier président, Christophe de ThouCabos 1922, ., et de Michel de L'HospitalCabos 1922, ..
En 1560, Guy du Faur est choisi, avec Claude Terlon, avocat au parlement et ancien capitoul, pour représenter les habitants du tiers-état de Toulouse aux états généraux réunis à Orléans, sur la convocation de la régente, Catherine de Médicis, et de son chancelier, Michel de L'Hospital, afin d'apaiser les tensions religieuses entre les catholiques et les protestantsCabos 1922, ..
Il fut choisi par Charles IX pour être un de ses représentants, en 1562, au concile de Trente.
En 1565, il devient avocat général au parlement de Paris, sur la demande du chancelier Michel de L'Hospital dont il fut ami puis parent. En 1570, il devint conseiller d’État.
En 1575, Pibrac vend sa charge d'avocat général à Barnabé Brisson. En 1576, il fonda l’Académie du Palais, celle-ci continuant l’œuvre de l’Académie de musique et de poésie fondée peu auparavant par Jean-Antoine de Baïf et Joachim Thibault de Courville.
Il fut chancelier du duc d’Anjou, futur Henri III, en Pologne, puis, en 1578, chancelier de Marguerite de France (la reine Margot) pour laquelle il manifesta une passion amoureuse qui lui attira la défaveur de cette princesse et les moqueries des courtisans.
Il meurt le , âgé de 55 ans. Il est inhumé au couvent des Grands-Augustins de Paris, avec sa femme et son fils.
Œuvres vignette|Page de titre d'une édition des Quatrains de Pibrac, 1583.
La vie publique de Pibrac fut celle d’un homme de bien, d’une âme élevée. On lui reproche d’avoir fait l’apologie du massacre de la Saint-Barthélemy, dans l’opuscule intitulé : Ornalissimi cujusdam viri de rébus Gallicis ad Stanislaum Elvidium epistola (Paris, 1573, in-4°), dont il fit aussi une version française.
Comme orateur, Pibrac se plaça parmi les plus illustres de son siècle, sans échapper à l’abus, alors général, des citations grecques et latines. On a conservé de ses discours : Oratio habita in concilia Tridentino (Paris, 1562, in-8°) ; Recueil des points principaux des deux remontrances faites en la cour à l’ouverture du parlement de 1569 (1570, in-4°) ; Discours de l’âme et des sciences, dans le Recueil de plusieurs pièces (1635, in-8°).
Comme poète, Pibrac acquit de son temps une grande réputation par ses quatrains, dont la première édition parut sous le titre de Cinquante quatrains, contenant préceptes et enseignements utiles pour la vie de l’homme, composés à l’imitation de Phocylide, Epicharmus et autres poètes grecs (Paris, 1574, in-4°). Cet ouvrage, augmenté par l’auteur de soixante-seize quatrains, a été réimprimé très souvent et mis entre les mains de la jeunesse jusqu’au . Florent Chrestien l’a traduit en vers grecs et latins, vers pour vers (Paris, 1584, in-4°). Il a été traduit en vers latins par Augustin Prévost (1584, in-4°), Christian Loisel (1600, in-8°), etc.; en prose grecque par Pierre Dumoulin (Sedan, 1641, in-4°) ; en vers allemands par Martin Opitz (Francfort, 1626, in-8°); etc.
Les Quatrains de Pibrac, supérieurs à ceux du président Favre et de Pierre Matthieu auxquels on les a réunis dans plusieurs éditions, sont en vers de dix syllabes, d’un style vieilli, mais plein de noblesse et précision :
On a encore de Pibrac dans quelques éditions des Quatrains : Poème sur les plaisirs de la vie rustique, et De la manière civile de se comporter pour entrer en mariage. Son Apologie à la reine de Navarre a été insérée dans le Recueil de plusieurs pièces (Paris, 1635, in-8°).
Chateaubriand écrit : "Pibrac est célèbre pour ses quatrains traduits en persan." (Mémoires d'outre-tombe, Liv.XIV, chap.2).
Ses quatrains ont été parodiés par l'écrivain Pierre Louÿs dans un recueil obscène publié à titre posthume, intitulé Pybrac.
La mise en musique des Quatrains Pièces très connues en leur temps, les quatrains de Pibrac ont été mis en musique par de nombreux musiciens. On peut citer essentiellement ceux de Guillaume Boni (1583), Paschal de L'Estocart (1582), Jean Planson (1583), Jean de Bournonville (1622) et Artus Aux-Cousteaux (1643 et 1652).
Outre ces compositeurs, qui les ont mis en musique par dizaines entières, on connaît encore quelques pièces de Roland de Lassus, Piat Maulgred, et d'autres auteurs encore des .
Notes et références Notes
Références
Bibliographie , et dans les Vitæ selectæ, Breslau, 1711, in-8°. Cette Vie de Pibrac est remplie de détails curieux et singuliers ; elle a été traduite en français par un de ses descendants (Guy du Faur, seigneur d’Hermay), Paris, 1617, in-12. Raoul du Faur, comte de Pibrac. Catalogue des ouvrages et éditions de Guy du Faur, seigneur de Pibrac, depuis 1562 jusqu'à nos jours, avec la nomenclature des livres parlant de cet illustre personnage. Paris et Orléans, 1901. Guillaume Colletet, Vie de G. du Faur de Pibrac publiée par Ph. Tamizey de Larroque. Paris, 1871. Charles-Joseph de Lespine de Grainville, Mémoires sur la vie de Pibrac, avec les pièces justificatives, ses lettres amoureuses et ses quatrains, Amsterdam, 1761. E. Cougny, Guy du Faur de Pibrac, sa vie et ses écrits : fragments d'une étude historique et littéraire, Versailles, 1869. Abbé Alban Cabos, Guy du Faur de Pibrac : un magistrat poète au XVIe siècle (1529-1584). Thèse. Paris, 1922. Abbé Alban Cabos, Un essai de propagande française à l'étranger au XVIe siècle : l'apologie de la Saint-Barthélemy par Guy du Faur de Pibrac. Thèse. Paris, 1922. Marie-Alexis Colin, « Les Quatrains de Guy du Faur de Pibrac mis en musique », L'Humanisme à Toulouse (1480-1596) : actes du colloque international de Toulouse, , réunis par Nathalie Dauvois (Paris : Honoré Champion : 2006), .
Voir aussi Articles connexes Littérature française du XVIe siècle Poésie française du Liste de poètes de langue française Château de Pibrac Pierre Du Faur de Saint-Jory
Liens externes
Jacques de Faye d'Espeisses (auteur), Guy du Faur de Pibrac (auteur) et Jean de Sponde (éd.), Recueil des remonstrances faites en la cour de Parlement de Paris aux ouvertures des plaidoiries, par Feu M. Jaques Faye, … Plus adjouté à la fin les Remonstrances du Seigneur de Pybrac, le tout reveu & corrigé de nouveau, Toulouse, 1594.
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