La Commission biblique pontificale (PCB pour Pontificia Commissio Biblica en latin) est un organisme de la curie romaine fondé le ayant un rôle consultatif en ce qui concerne l'interprétation des textes bibliques. Depuis la réforme de la curie (1971), elle est un sous-organisme de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ancien Saint-Office), dont le cardinal préfet est automatiquement président. Elle siège à la Cité du Vatican, dans le palais du Saint-Office.
Histoire La Commissio Pontificia de Re Biblica (littéralement « Commission pontificale pour les affaires bibliques ») a été instituée le par Léon XIIILettre apostolique , Acta Apostolica Sedis 35 [1902-1903] 234-238. avec un triple objectif : promouvoir les études bibliques parmi les catholiques ; s'opposer par des moyens scientifiques aux « opinions erronées » à propos des études bibliques. En fait, il s'agissait de contrôler et de réprimer les auteurs réputés modernistes, comme l'indique la lettre Vigilantiae du . Le domaine des études bibliques devait être confié à un organisme plus qualifié que ne pouvaient l'être les consulteurs des congrégations romaines, insuffisamment au fait des questions d'exégèse et d'histoire ; approfondir les « questions débattues » et les problèmes émergeant dans ce champ d'études, à titre de conseil auprès du magistère de l'Église. En réalité, ses rapports fonctionnaient par question/réponse et son rôle se limitait à définir ce qu'il est interdit de dire.
Le premier secrétaire fut le cardinal Rampolla jusqu'en 1908. Il avait fait toute sa carrière dans la diplomatie et l'administration vaticane.
Pie XLettre apostolique Scripturae Sanctae du , Acta Apostolica Sedis 36 [1903-1904] 530-532. lui donne le droit de conférer les grades académiques de licence et de doctorat en sciences bibliques (in re biblica), cette fonction académique ayant ensuite été gérée avec l'aide des enseignants de l'Institut biblique pontifical de Rome.
Léon XIII et Pie X avaient pressé la commission de se confronter en particulier aux questions relatives au modernisme : entre le et le , 14 décrets (ou décisions) et 2 déclarations en forme de réponses à des questions ou des doutes ont été publiésces décrets sont recueillis dans l’Enchiridion Biblicum. Sous le pontificat de Pie XI (jusqu'au ) furent publiés deux autres décrets.
Le , dans le cadre de la réforme post-conciliaire, Paul VIMotu proprio Sedula cura ( texte italien), Acta Apostolica Sedis 63 665-669. donnait de nouvelles règles pour l'organisation de la Commission, qui était aussi rebaptisée selon le titre actuel « Commission biblique pontificale » (Pontificia Commissio Biblica). Le changement principal était que les membres ne seraient plus des cardinaux assistés de conseillers, mais des professeurs de sciences bibliques provenant des diverses écoles et régions du monde, choisis en fonction de leur science, de leur prudence et de leur respect envers le magistère (art. 3).
Du fait de sa composition, la commission est donc un organe consultatif, au service du magistère et rattaché à la Congrégation pour la doctrine de la foi (cf. art. 1), dont le cardinal préfet est aussi président de ladite commission.
Activités
Documents de la période antimoderniste
Les documents fournis pendant cette période se situent sur un plan plus disciplinaire que théorique.
Circa citationes implicitas in S. Scriptura contentas, sur les citations implicites contenues dans l'Écriture sainte () [ASS 37 (1904-05) 666]. Ce document interdit aux exégètes de parler de « citations implicites » quand les citations ne sont pas dument explicites et ne citent pas mot pour mot. Dans la mesure où jusqu'au premier siècle, aucun canon de l'Ancien Testament n'existe, cela interdit aux exégètes du Nouveau Testament de dire que tel passage est une citation de l'Ancien TestamentÉtienne Nodet o.p. relève 24 citations de l'Ancien Testament dans le récit de la passion selon Jean dans Fils de Dieu..
De narrationibus specietenus tantum historicis, récits seulement apparemment historiques () [ASS 38 (1905-06) 124]. La commission affirme que cette déclaration est illégitime sauf interprétations spécifiques de l'Église
De mosaica authentia Pentateuchi, sur l'authenticité mosaïque du Pentateuque () [ASS 39 (1906) 377]. La commission tient absolument à ce que Moïse soit l'auteur du Pentateuque en dépit du fait qu'on avait remarqué dès le qu'il racontait sa mortVoir Jean Astruc et Moses Mendelssohn.
De quarto evangelio, auteur et vérité historique du quatrième évangile () [ASS 40 (1907) 383]; Quoique l'évangile selon Jean diffère des synoptiques, l'auteur est l'apôtre Jean, désigné comme le « disciple préféré », et les événements parfaitement historiques.
De libri Isaiae indole et auctore, ampleur et auteur du Livre d'Isaïe () [ASS 41 (1908) 613]; Cette réponse fut fournie pour la condamnation d'Albert Condamin, qui avait exposé que le Livre d'Isaïe était le fruit de la compilation de deux recueils différents.
De organo officiali Pontificiae Commissionis de re biblica, l'organe officiel de la Commission biblique pontificale () [AAS 1 (1909) 241]
De charactere historico trium priorum capitum Geneseos, sur le caractère historique des trois premiers chapitres de la Genèse () [AAS 1 (1909) 567-569]. Il est interdit de dire que les premiers chapitres de la Genèse sont un mythe de la Création. Pour l'avoir affirmé, en 1954, dans un cours de formation biblique au séminaire dominicain d'Aix-en-Provence, Jean Bottéro se voit interdit d'enseignement. Il quitte l'ordre et rejoint une chaire d'assyriologie au CNRSL'Orient ancien et nous : Jean Bottéro, Clarisse Herrenschmidt, Jean-Pierre Vernant, Albin Michel..
De auctoribus et de tempore compositionis Psalmorum, auteurs et époque de composition des Psaumes ) [AAS 2 (1910) 354]
De examinibus coram Pontificia Commissione Biblica subeundis, examens pour les grades académiques devant la CBP () [AAS 3 (1911) 47-50]
Quaestiones de evangelio secundum Matthaeum, sur l'évangile selon Matthieu () [AAS 3 (1911) 294-296]
Quaestiones de evangeliis secundum Marcum et secundum Lucam, sur les évangiles selon Marc et selon Luc () [AAS 4 (1912) 463-465]
De quaestione synoptica, Sur la question synoptique () [AAS 4 (1912) 465]. La commission interdit d'exposer la théorie des deux sources, qui a aujourd'hui l'accord de la majorité des exégètes.
Quaestiones de libro Actuum Apostolorum, sur le livre des Actes des Apôtres () [AAS 5 (1913) 291-292]
Quaestiones de epistolis pastoralibus Pauli apostoli, sur les épîtres pastorales de l'apôtre Paul () [AAS 5 (1913) 292-293]. Il est interdit de parler d'épîtres trito-pauliniennes, c'est-à-dire pseudépigraphes. À l'heure actuelle, les chercheurs s'accordent pour les juger inauthentiques. Par exemple, Michel Quesnel, exégète catholique spécialiste de Paul de Tarse, déclare Le Monde de la Bible, numéro spécial Paul, voyageur du christianisme, mars 2008. douter de l'authenticité de l'épître aux Éphésiens, pendant que Régis Burnet, exégète catholique, expose que celle aux Colossiens est une copie un peu retravaillée de celle aux Éphésiens.
De epistola ad Hebraeos, sur l'épître aux Hébreux () [AAS 6 (1914) 417-418]. Cette responsa attribue à Paul l'épître aux Hébreux. Ce n'est qu'en 1961 qu'on a acquis la certitude que cette attribution n'est pas justifiéeRégis Burnet op.cit..
De parousia in epistolis Pauli Apostoli, la parousie dans les épîtres de Paul () [AAS 7 (1915) 357-358]
De additione variarum lectionum in versione Vulgatae tam Novi quam Veteris Testamenti, l'ajout des variantes dans les éditions de la Vulgate () [AAS 14 (1922) 27]
De falsa duorum textuum biblicorum interpretatione, sur la fausse interprétation de deux textes bibliques ) [AAS 25 (1933) 344]
Opus cui titulus« Die Einwanderung Israels in Kanaan » reprobatur, condamnation de l'ouvrage Die Einwanderung Israels in Kanaan () [AAS 26 (1934) 130]
De usu versionum Sacrae Scripturae in ecclesiis, sur l'usage des traductions de l'Écriture sainte dans les églises () [AAS 35 (1943) 270]
De experimentis ad lauream, les examens pour le doctorat () [AAS 31 (1939) 320]
Un opuscolo anonimo denigratorio, un opuscule diffamatoire () [AAS 33 (1941) 465-472]
De experimentis ad Prolytatum, sur les examens pour la licence (6 juillet 1942) [AAS 34(1942) 232]
De versionibus Sacrae Scripturae in linguas vernaculas, les traductions de l'Écriture sainte dans les langues vivantes () [AAS 35 (1943) 270]
De usu novi Psalterii latini extra horas canonicas, usage du nouveau psautier en dehors des heures du bréviaire () [AAS 39 (1947) 508]
Des sources du Pentateuque et de l'historicité de Genèse 1-11En français dans le texte, () [AAS 40 (1948) 45-48]
De Scriptura sacra recte docenda, l'enseignement de l'Écriture sainte dans les séminaires et les facultés () [AAS 42 (1950) 495-505]
De libro « Die Psalmen » Bernardi Bonkamp, sur le livre Die Psalmen de Bernard Bonkamp () [AAS 45 (1953) 432]
De consociationibus biblicis et de conventibus eiusdem generis, associations bibliques et colloques bibliques () [AAS 48 (1956) 61-64]
Consultations de la période Vatican II De historica evangeliorum veritate, la vérité historique des évangiles () [AAS 56 (1964) 712-718]
Ratio periclitandae doctrinae ad academicos gradus candidatorum, programme d'examen pour les titres académiques en Écriture sainte () [AAS 67 (1975) 153-158]
Activités à la fin du et au début du La nouvelle commission a tenu sa première assemblée plénière en 1974, pour réviser les programmes d'examen en vue de l'obtention des titres académiques en sciences bibliques. Depuis lors, elle se réunit chaque année, la deuxième semaine après Pâques, sur un thème précédemment choisi par le cardinal président.
En 1975-1976, il s'agissait de « la condition de la femme dans la Bible » et, par extension, du rôle de la femme dans la société d'après l'Écriture sainte. En 1977-1978 c'est la théologie de la libération, alors en question, qui est l'objet de leur étude, du moins dans sa façon d'utiliser l'Écriture. En 1979, l’inculturation dans l'Écriture sainte. À l'issue de cette assemblée plénière, les interventions furent publiées dans le volume . En 1980 la commission se penche sur le rapport entre herméneutique et christologie, thème dont l'étude se prolongea jusqu'en 1983 et donna lieu à la promulgation de De sacra Scriptura et christologia, en traduction italienne : .. De 1985 à 1988, la commission a étudié les rapports entre les Églises locales et l'universalité du Peuple de Dieu : le était publié un document de 20 pages intitulé : Unité et diversité dans l'Église.. En 1989 il s'agit de l'interprétation de la Bible ; le travail occupe la commission pour plusieurs années, et le est produit le document L'interprétation de la Bible dans l'Église ; . Le document fut en fait daté du 18 novembre, date anniversaire de l'encyclique de Léon XIII, Providentissimus Deus., avec une préface du cardinal président, Joseph Ratzinger. De 1994 à 1996 les travaux de la commission portent sur l’universalité du salut par le Christ et la diversité des religions. À partir de 1997 elle étudie les rapports entre Ancien Testament et Nouveau Testament, entre chrétiens et Juifs : la conclusion en a été faite en 2000 et a donné lieu à la publication en du document Le peuple juif et ses Écritures saintes dans la Bible chrétienne. En a été publié : Bible et morale. Les racines bibliques de l'agir chrétien. Inspiration et vérité de l'Écriture sainte, le « Qu'est-ce que l'homme » (Ps 8,5). Itinéraire d'anthropologie biblique, le
Composition * Président : Víctor Manuel Fernández, (préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi)
* Secrétaire : Rév. Sr. , M.H.S.F.N.
* Secrétaire technique : Don Alessandro Belano, F.D.P.Voir la liste : .
* Membres: Rév. Rév. P. Paul Béré, S.J. Rév. Eduardo Córdova González
Pierre Debergé Rév. Luís Henrique Eloy e Silva Rév. Federico Giuntoli