Dinant Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Namur.
La ville de Dinant se situe dans la région de la Haute-Meuse qui s'étend jusqu'à la frontière française. Elle est traversée par la Meuse qui y a creusé une profonde vallée dans le plateau condruzien. On y trouve également de nombreuses falaises et affleurements rocheux calcaires au nord et au sud de la ville notamment à Freÿr, où l'on trouve les plus hauts rochers de Belgique.
La ville, elle-même, est dominée par une haute falaise sur laquelle a été construite la citadelle de Dinant, monument emblématique de la cité et enjeu militaire de première importance dans l'histoire de la ville. Dinant est entourée d'une série de villages se situant principalement sur le plateau condruzien et qui lui ont été rattachés lors de la fusion des communes en 1977.
Dinant compte, au , . La vallée de la Meuse, ses nombreux monuments, la collégiale Notre-Dame de Dinant, l'abbaye Notre-Dame de Leffe encore habitée par des Prémontrés, la tour et les grottes de Mont-Fat et sa grotte « la Merveilleuse » en font un haut lieu touristique de la région mosane. De nombreuses croisières fluviales sont organisées au départ de la cité des Copères (du germanique koper qui signifie « cuivre »).
En outre, la ville et le centre culturel organisent très souvent des événements musicaux en rapport avec le saxophone : Adolphe Sax, l'inventeur du saxophone, est né à Dinant le .
Dinant est également connue pour avoir donné son nom à la fabrication des objets en cuivre et en laiton : la dinanderie.
Toponymie
743 Dionante castro (Dipl. Mer. no. 192). 824 vico Deonanti (Stavelot no. 027). 862 Deonanto (Dipl. Lo. II. no. 017). 870 ecclesia sanctae Mariae in Deonant (Reg. Imp. I, no. 1480). 873 Deonanto (Dipl. LD. no. 147). 1006 Dionanto (Reg. Imp. II, no. 1615). 1070 Dienant (Reg. Imp. III, no. 551). Géographie vignette|redresse|Le célèbre rocher Bayard de Dinant. Dinant est bâtie sur la rive droite de la Meuse, à au sud de Bruxelles, 28 de Namur et 16 au nord de Givet, en France. Elle s'étend sur un peu moins de 2.
Dinant est située dans la vallée de la Haute-Meuse belge, où le fleuve entaille profondément le plateau du Condroz occidental. Sur le plateau, le relief est ondulé mais des vallées encaissées (Fonds de Leffe, Lesse) y ont été creusées par les affluents de la Meuse. En résultent les strates calcaires apparaissant à certains endroits comme des lames étroites tombant à pic sur les cours d'eau secondaires. Ces caractéristiques ont profondément imprégné l'habitat et la morphologie des villages (en moellons calcaires, agglomérés au fond des vallées).
Serrée entre la roche et l’eau, la ville de Dinant, elle-même, ne dispose que de peu d’espace pour s’étendre ; c’est donc tout en longueur que la cité s’est développée, d’abord en noyaux distincts, dès la période romaine, puis en un ruban continu orienté du nord au sud. Dans le courant du , l'ancienne île des Batteurs, au sud de la ville, est « rattachée » au continent par l'abandon et le comblement du bras de Meuse qui la séparait de la cité.
Géographie physique
Topographie et hydrographie Le relief de la commune de Dinant est l'un des plus accidentés de Belgique. L'altitude varie entre (au niveau de la Meuse) et sur le plateau à l'est de la vallée de la Meuse.
Au niveau hydrographique, les deux cours d'eau principaux sont la Meuse et son affluent la Lesse. La Meuse et la Lesse ont profondément entaillé le plateau condruzien à travers les strates calcaires. D'autres rivières ont creusé des ravins à Froidvau et au Fonds de Leffe et à Bouvignes. Le ravin du Colébi sur la rive droite de la Meuse au sud de Dinant constitue un véritable canyon qui entaille perpendiculairement le plateau du Condroz sur près de de longueur. Des nombreuses falaises apparaissent sur les flancs de vallée abrupts : notamment à Freÿr (atteignant de hauteur entre le bord de Meuse et le plateau), Moniat, au rocher Bayard, à Walzin et à la falaise surmontée par la citadelle de Dinant.
Géologie Dinant occupe une position intermédiaire entre le Condroz et l’Entre-Sambre-et-Meuse. Cette région est formée d’un plateau ondulé s’élevant entre 180 et d’altitude profondément entaillé par la Meuse et son affluent, la Lesse. Sur le territoire de Dinant, on note principalement la présence de calcaires du Carbonifère inférieur (aussi appelé Dinantien) en strates horizontales d'orientation est-ouest et des strates de grès et siltites du Famennien supérieur intercalées entre les calcaires carbonifères (notamment à Anseremme). Le fond des vallées est constitué d'alluvions.
Sections de commune En 1964, Dinant est fusionnée avec les communes d'Anseremme, Bouvignes-sur-Meuse et Dréhance (AR du , Loi du )
À cette entité sont ajoutées en 1977 les communes de Falmagne, Falmignoul, Foy-Notre-Dame, Furfooz, Lisogne, Sorinnes et Thynes.
La commune compte aussi plusieurs quartiers : Les Rivages, Leffe et Neffe, ce dernier ayant eu la particularité d'appartenir à deux localités, Anseremme et Dinant.
# Nom Superficie.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Dinant 21,21 7.544 356 91034A 2 Dréhance 4,27 334 78 91034A1 3 Anseremme 6,80 1.420 209 91034A2 4 Bouvignes-sur-Meuse 4,95 724 146 91034A5 5 Lisogne 9,16 830 91 91034B 6 Thynes 8,31 428 52 91034C 7 Sorinnes 18,27 870 48 91034D 8 Foy-Notre-Dame 3,97 158 40 91034E 9 Furfooz 6,78 172 25 91034F 10 Falmagne 9,56 331 35 91034G 11 Falmignoul 6,76 447 66 91034H
Communes limitrophes
Population
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS, de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvierPopulation_par_commune
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,31994102,11995102,61996101,81997102,31998102,41999102,92000103,52001103,72002103,82003104,12004103,42005104,92006105,82007106,82008107,22009107,32010108,32011109,92012110,42013111,12014110,22015110,22016109,72017110,32018110,12019109,32020108,72021108,12022108,22023108,12024108,32025108,32026109,0
Histoire
Préhistoire Sans remettre en cause une indéniable présence paléolithique, mésolithique et néolithique sur les rives de Meuse, Dinant trouve son appellation du celtique, langue des peuples belges, Divonanto, c'est-à-dire la « vallée sacrée ». Les illustrations photographiques constituent une preuve de cet « art de dénommer », à la fois visuel et terre-à-terreDinan, ville bretonne jumelée, a le même étymon toponymique. Elle semble même avoir été fondée beaucoup plus tardivement par des Brittons, autres descendants de peuples belges émigrés en (Grande-)Bretagne avant de gagner dès le la petite Bretagne armoricaine, c'est-à-dire la région Bretagne actuelle.. Des la préhistoire, les hommes ont fréquenté la vallée de la Meuse. Les fouilles, opérées au cours du dans de nombreux abris sous roche, ont révélé une occupation mésolithique (env. 10000 à ) et néolithique (env. 5000 à ) en amont de Dinant (grotte de Naulette, trou Magrite).
Le trou Magrite à Pont-à-Lesse... a aussi été occupé au Paléolithique moyen (Moustérien, probablement de type charentien) et au Paléolithique supérieur avec l'Aurignacien, ., le Gravettien et le Magdalénien. Des datations de 1995 sont comprises entre ±˙ AP et ±˙ AP. Cité dans ..
Le résultat de ces fouilles est présenté, pour l'essentiel, au musée archéologique de Namur. Édouard-François Dupont, l'une des figures les plus connues de l'archéologie dinantaise et la géologie, après 1864, fit partie de la Société archéologique namuroise.
Antiquité Les périodes celtique et romaine ne sont documentées que de façon lacunaire, par quelques fouilles de sauvetage opérées à la fin du par des archéologues bénévoles ou amateurs. Toutefois, la région fut colonisée par les armées romaines dès , et des découvertes ponctuelles confirment l’utilisation pendant l’Antiquité de la Meuse comme voie navigable, ce qui n’était toutefois pas une innovation romaine. La présence romaine est attestée à Namur dès le Haut-Empire, à en aval de Dinant, ainsi que sur les plateaux du Condroz. Les régions sont alors intégrées à la Cité des Tongres, qui est à l'origine de l’évêché à partir duquel la religion chrétienne s’implantera.
Moyen Âge
La transition entre l'Antiquité et le haut Moyen Âge est mal connue à Dinant - comme ailleurs. Il faut sans doute, plutôt qu'une brusque rupture, imaginer une lente érosion de l'autorité romaine, transférée aux notables locaux, qu'ils soient d'origine indigène, germanique ou romaine. Par ailleurs, la religion chrétienne progresse dans la vallée de la Meuse ; la tradition situe au la fondation à Dinant d’un oratoire par Saint Materne. Il semble que la ville gagne ensuite rapidement en importance, puisqu'au , le de Maastricht, nommé Monulphe, serait le fils d’un seigneur dinantais. De plus, l’Anonyme de Ravenne cite « Dinantis » au .
À partir du VIe siècle, Dinant fait partie, avec Namur, Huy et Maastricht, des quatre portus qui constituent une ossature urbaine permanente dans la vallée de la MeuseRaymond Brulet, Les agglomérations de Germanie Seconde au , Gallia 74-1, 2017, .. Contrairement à une idée ancienne, ces centres ne tiraient pas d'abord leur essor de la circulation marchande fluviale mais principalement des campagnes alentourRaymond Brulet, Les agglomérations de Germanie Seconde au , Gallia 74-1, 2017, ..
A la période mérovingienne, la ville est un vicus, encore mal documenté. Il est fait allusion à un atelier de monnaie et à un marché au nord de la ville. Il est vraisemblable que plusieurs noyaux pré-urbains évoluent à faible distance avant de fusionner. À la fin de la période mérovingienne, Saint Perpète préside aux destinées de la ville. Évêque de Tongres (la réalité de sa fonction serait controversée), il serait né à Dinant où ses reliques furent transportées, en la Collégiale Notre-Dame. vignette|Gravure de Dinant. Lorsque l’empire carolingien se disloque, la Francie médiane échoit à , fils de Louis le Pieux, dans un accord conclu à Verdun en 843 entre les petits-fils de Charlemagne. La Lotharingie, qui allait des actuels Pays-Bas aux portes de Rome, fut à nouveau morcelée en 855, avant de faire l’objet d’un partage entre l’héritier de la Francie Occidentale, Charles le Chauve, et celui de la Germanie, Louis le Germanique. En 880 enfin, par cette tectonique des territoires, Dinant fut partiellement intégrée à la Germanie, par le biais de l’évêché de Liège.
À cette période, entre 850 et 875, les anciens pagi, divisions administratives carolingiennes, sont modifiées au profit de quelques familles, désormais comtales mais toujours itinérantes et chargées de l’administration du territoire. Il faudra attendre le pour que Namur voie s’installer « son » comte en ses murs, tandis qu’au cours du règne de l'évêque Richer (entre 920 et 945), à Liège, apparaît la première mention de l’épiscopat dans la cité ardente.