La place de l'Hôtel-de-Ville - esplanade de la Libération., ancienne place de Grève jusqu'en 1803, est une place du , capitale de la France.

S'y trouve notamment l'hôtel de ville de Paris.

Situation et accès vignette|Photo de l'Hôtel de Ville. La place de l'Hôtel-de-Ville - esplanade de la Libération, d'une longueur de et de de largeur, est située dans le , quartier Saint-Merri, et commence au 2 quai de Gesvres et quai de l'Hôtel-de-Ville et finit au 31 rue de Rivoli.

Au , la place de l'Hôtel-de-Ville était située dans l'ancien , quartier des Arcis, pour la partie des numéros impairsCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Arcis », îlot , /31/86/04, îlot , F/31/86/12, îlot , F/31/86/14., et dans l'ancien , quartier de l'Hôtel-de-Ville pour le côté bordé par l'hôtel de ville de ParisCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Hôtel de Ville », îlots , F/31/89/27, îlots , F/31/89/28. et était située entre les quais Le Pelletier et de la Grève et les rues du Mouton et de la Tixéranderie.

La place de l'Hôtel-de-Ville - esplanade de la Libération est desservie par les lignes de métro 1 et 11 à la station Hôtel de Ville.

Origine du nom Place de l'Hôtel-de-Ville - esplanade de la Libération Cette place est située devant l'hôtel de ville de Paris.

Elle est rebaptisée « esplanade de la Libération », le , afin de « Paris : la place de l'Hôtel-de-Ville devient l'esplanade de la Libération », www.lexpress.fr, 22 avril 2013 (lire en ligne).. vignette|Plaque apposée à l'occasion des JO 2024.

Place de Grève « Grève » signifie un endroit uni, couvert de gravier, sur le bord de mer ou d'une rivière. Avant que la place de Grève fût haussée et que le quai de la Grève, devenu « quai de l'Hôtel-de-Ville », fût pavé, cet endroit était réellement une grève.

Description de la place de Grève La place de Grève était d'une superficie d'environ le quart de la place de l'Hôtel-de-Ville actuelle et avait une forme plus ou moins trapézoïdale, dont le petit côté était situé au nord et le grand côté était situé au sud.

Cette place était également coupée en deux parties par une rangée de pieux qui séparaient la partie basse, qui descendait en grève vers le port de Grève, de la partie haute qui était la place proprement dite.

La partie haute recevait les rues du Mouton, Jean-de-l'Épine, de la Vannerie, de la Tannerie, du Martroi-Saint-Jean.

Au sud de la place, il y avait au , une croix gothique en pierre, au sommet de huit marches, dont le haut était en fer forgé. Cette croix était destinée à recueillir les dernières prières des suppliciés mais servait aussi de cote d'alerte lors des inondationsJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Pont de l'Alma », ..

Un gibet occupait le milieu de la place, qui fut remplacé sous par une fontaine détruite en 1674. vignette|gauche|Panneau Histoire de Paris« Hôtel de Ville ».

Historique thumb|left|Au premier plan, la place de Grève et, en arrière-plan, l'ancien hôtel de ville avant sa reconstruction commencée en 1533, ainsi que l'église disparue de Saint-Jean-en-Grève (plan de Braun et Hogenberg vers 1530). vignette|gauche|L'ancien Hôtel de Ville et place de Grève vers 1610, par Claude Chastillon.

Le site était occupé autrefois par une ancienne grève, donc une sorte de plage faite de sable et de gravier, où il était facile de décharger des marchandises arrivant par la SeineFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues et des monuments de Paris, édition de 1844, ..

Ainsi très vite s'y installe un port remplaçant, progressivement, le port Saint-Landry situé sur l’île de la Cité« La Seine, les ponts et les ports de Paris », paris-atlas-historique.fr.. Le port de Grève devient le plus important de Paris : le bois, le blé, le vin, le foin y sont déchargés, facilitant ainsi l’installation d’un marché. C’est autour de ce port que va ainsi se développer sur la rive droite, un quartier très dense.

Ce port permet l'installation, dès le début du , d'un marché public qui portait en raison de sa proximité à la Seine le nom de « place de Grève ».

Aussi les hommes sans emploi y trouvaient-ils facilement du travail. L'expression « faire grève » a donc d'abord signifié avant d'évoluer vers le sens qu'on lui connaît aujourd'hui, à savoir (Littré, 1872)..

En vertu d'une charte du roi , de 1141, sur la demande des bourgeois de Paris des quartiers de la Grève et du Monceau, le marché fut supprimé moyennant la somme de soixante-dix livres parisis que ces bourgeois paieraient au trésor royal. La place resta ainsi libre et on n’y éleva aucun bâtiment. Depuis ce temps, on organise sur cette place différentes cérémonies. En 1242, vingt-quatre charretées du Talmud y sont solennellement brûlées en présence du prévôt et du clergé., ce qui est l'une des manifestations de l'antisémitisme alors naissant. La ville y donne aussi des fêtes ainsi que le feu de la Saint-Jean. Celui-ci, qui était traditionnellement allumé par le roi de France en personne, perdura jusqu’en 1648, date à laquelle officia pour la dernière foisYves-Marie Bercé, Fête et révolte. Des mentalités populaires du , Paris, Hachette, coll. « Le Temps et les Hommes », 1976, ..

C'est également là que se déroulaient ordinairement les exécutions. On ignore à quelle époque la place de Grève servit la première fois de lieu patibulaire. La première exécution date de l’année 1310, époque à laquelle une femme hérétique, nommée Marguerite Porette, y fut brûlée.

Le siège de la municipalité parisienne s'y installe vers 1357, quand Étienne Marcel, prévôt des marchands, acquiert là à tel effet la maison aux Piliers.

En 1362, l'hôpital du Saint-Esprit est fondé au nord de l'Hôtel de Ville. Son église est construite en 1406. L'ensemble est détruit en 1798, ..

La halle au vin y fut transportée en 1413, ainsi que la place au charbon, en 1642Notice "PLACE DE L’HÔTEL-DE-VILLE" du wall "Paris" avec citation. consultation du 28 septembre 2020..

À son retour des guerres d'Italie, décide de substituer la maison aux Piliers par un nouvel édifice qu’il commande à l'Italien Dominique Boccador. Le nouveau bâtiment, conçu en 1533, n’est achevé qu’en 1628.

Elle est citée sous le nom de « place de la Grève » dans un manuscrit de 1636.

Le , Louis XIV et Mazarin assistent à un feu d'artifice tiré sur la place de Grève puis un banquet est offert par la municipalité..

Le , un feu d'artifice est tiré devant l'Hôtel de Ville pour la publication de la paix« Vue perspective d'un feu d'artifice tiré devant l'Hôtel de Ville pour la publication de la paix à Paris », gallica.bnf.fr..

La place de Grève est agrandie vers 1770 en vertu des lettres-patentes du .

Le 5 octobre 1789, la place est l'un des lieux de rassemblement de la marche des femmes sur Versailles, qui force le roi et sa famille à rentrer à Paris.

Le eut lieu en place de Grève la première exécution par guillotine. Le condamné, Nicolas Jacques Pelletier, était un simple voleur. La foule, accoutumée depuis le Moyen Âge à des supplices plus « raffinés », se montra déçue de la rapidité du procédé. Le lendemain, une chanson courait les rues :

La célèbre châsse de sainte Geneviève fut enlevée de l'abbaye Sainte-Geneviève en 1793 pour être fondue et les reliques de la sainte furent alors brûlées en place de GrèveÉmile Raunié : Épitaphier du vieux Paris, Tome IV, page 416.

La guillotine devait à nouveau être montée en place de Grève de novembre 1794 à mai 1795. Parmi les dernières têtes à tomber, il y eut celles du député de la Convention, Jean-Baptiste Carrier, et de l'accusateur public Fouquier-Tinville.

thumb|Jean-Victor Schnetz, Le Combat devant l’Hôtel de ville le , Paris, musée du Petit Palais. vignette|La place sur un extrait du plan d'Edme Verniquet (fin ) avant son agrandissement au milieu du (jusque là, elle faisait un quart de la surface actuellePanneau Histoire de Paris, le long de la Rue de Rivoli.).

La place de l'Hôtel-de-Ville est ainsi nommée le « Place de l'Hôtel-de-Ville », www.v2asp.paris.fr, arrêté du .Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Hôtel de Ville », îlots , F/31/89/27, îlots , F/31/89/28..

Une décision ministérielle du fixe la largeur de cette voie publique à .

Durant les Trois Glorieuses, et plus particulièrement le , la place et l'Hôtel de Ville feront l'objet de furieux combats entre la troupe et les insurgés. La place et le bâtiment seront plusieurs fois perdus et repris au cours de la journée, avant de finir par rester aux mains des insurgés.

Le , un arrêté du comte de Bondy, préfet de la Seine déplace le lieu d’exécution :

La place prend sa physionomie actuelle dans la seconde partie du dans le cadre des travaux de transformations de Paris sous le Second Empire.

La place est alors prolongée vers le nord jusqu'à la rue de Rivoli, tracée à la même époque. Le côté occidental de la place est aligné dans l'axe de la rue du Renard élargieEugène Andriveau-Goujon, Plan d'ensemble des travaux de Paris à l'échelle de 0,001 pour 10 mètres (1/10000) indiquant les voies exécutées et projetées de 1851 à 1868, Paris, E. Andriveau-Goujon, 1868 .. La place absorbe alors la rue du Mouton au nord et la rue Jean-de-l'Épine à l'ouest.

vignette|gauche|Plaque au , annexe de la mairie de Paris, en hommage aux combattants de La Nueve. vignette|Place de l’Hôtel-de-Ville en hiver (décembre 2011), avec une patinoire.

Après sa destruction lors de la Commune, l'hôtel de ville de Paris, qui avait fait l’objet au début du d’importants remaniements qui avaient altéré son style initial, est reconstruit.

La place devient un espace réservé aux piétons en 1982« En vidéo : quand les voitures régnaient sur le parvis de l’Hôtel de Ville », paris.fr, 31 mars 2025..

Par décision du Conseil de Paris en date du , la place prend officiellement le nom de « place de l'Hôtel-de-Ville - esplanade de la Libération », en hommage aux libérateurs de Paris en 1944.

Aujourd'hui, la place de l'Hôtel-de-Ville est un lieu d'animation : pour Paris Plages de 2004 et 2011, une grande partie de la place est transformée en un terrain de volley-ball ; en hiver, depuis 1997, on y installe souvent une patinoire géante. ; des « salons » s'y tiennent, par exemple pour les étudiants ; au printemps, une manifestation pour le don du sang y a lieu ; en , une partie d'une exposition sur les jardins se déroule place de l'Hôtel-de-Ville ; lors des grands soirées sportives, un écran géant est installé sur la place (Coupe du monde de football, Coupe du monde de rugby à XV) ; chaque été, elle accueille les concerts gratuits de Paris Plages du festival Fnac Indétendances de 2009 à 2010 (ces concerts étaient auparavant situés sur les berges de Seine) puis Fnac Live (2011-2025) ; en , la place est le siège de la ronde des Obstinés, une ronde qui dure plus de mille heures (> , nuit et jour, sans interruption)http://www.liberation.fr/education/0101558875-la-ronde-des-obstines-s-elargit . Cette ronde a pour but de protester contre le projet Pécresse de réforme des universités.

Mi-2025, une cinquantaine d'arbres y sont plantés, une centaine de petits arbres et plus de . Il s'agit de d’espaces végétalisés en pleine terre et végétalisés au totalÉlie Julien, « « C’est beau et ça change » : devant l’Hôtel de Ville de Paris, les premiers visiteurs de la « forêt urbaine » séduits », leparisien.fr, 21 juin 2025..