La Grande Loge nationale française (abrégé en GLNF) est une obédience maçonnique française fondée en sous le nom de . Elle est reconnue l'année de sa création par la Grande Loge unie d'Angleterre (GLUA) comme faisant partie des obédiences régulières, dont les préceptes sont proclamés en par cette dernière.

Elle est interdite comme toute la franc-maçonnerie durant la Seconde Guerre mondiale et à l'image de toutes les autres obédiences maçonniques de France. Après la guerre, elle adopte le nom de Grande loge nationale française en et se développe à l'instar de toutes les obédiences dans les années . Sa forte croissance, à partir de , suscite des problèmes de fonctionnement et de gestion qui aboutissent à la plus grave crise de son histoire en , celle-ci se soldant par une scission d'une partie de ses membres et de la suspension temporaire de sa reconnaissance par la GLUA.

Obédience exclusivement masculine selon ses statuts, elle n’entretient pas d’accords formels de reconnaissance avec les autres obédiences françaises, tout en maintenant des relations amicales ou des rencontres occasionnelles, ainsi que certains liens administratifs avec la plupart de celles-ci.

Histoire L’origine et la création La création de la GLNF est la conséquence de la décision prise en par la principale obédience maçonnique française de l'époque, le Grand Orient de France, dans le cadre de la querelle liée au Grand Architecte de l'Univers.

Dans le contexte de la mise en place de la Troisième République (France), l'Église catholique romaine, craignant de perdre à terme son statut privilégié de religion d'État, s'engageait de tout son poids dans les questions politiques et condamnait avec une égale vigueur la franc-maçonnerie et la République française. Ce conflit bouleversa l'équilibre idéologique des loges : les catholiques pratiquants et les royalistes se tenant désormais à l'écart des loges, celles-ci devinrent assez rapidement républicaines et anticléricales..

Dans ce climat passionné, le convent du Grand Orient de France en supprimait de ses constitutions l'obligation de la croyance en Dieu ainsi que toute référence au Grand Architecte de l'Univers, lors de l'ouverture de leurs travaux notamment. Chaque loge devenait ainsi libre de le faire ou pas..

Ces décisions, ainsi que le soutien accordé par le Grand Orient de France à un régime républicain, furent très mal ressenties par plusieurs loges en France, par la Grande Loge unie d'Angleterre et par la plupart des autres obédiences dans le monde, principalement dans l'Empire britannique. Toutefois, les évolutions politiques suivantes, et en particulier celles qui allaient donner naissance à l'Entente cordiale à l'approche de la Première Guerre mondiale, permirent un certain temps le maintien de relations amicales, exprimées notamment lors de la consécration à Londres, sous la Grande Loge unie d'Angleterre, des loges et ..

Cependant, différents membres du Grand Orient de France, et surtout Édouard de Ribaucourt . En , Ribaucourt réveille à Paris la loge , pour laquelle il obtient du Grand Orient une patente lui permettant de travailler au Rite écossais rectifié et d'utiliser l'invocation au Grand Architecte de l'Univers lors des tenues. En , il reçoit une nouvelle version obligatoire des rituels, où toutes les références au Grand Architecte de l'univers ont été soigneusement omises. Après de nombreuses négociations qui n'aboutirent pas, la rupture fut décidée.

Les débuts de la GLNF La Loge s'érige en le Cf Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie. Puis, dans une lettre datée du , de Bordeaux annonce son souhait de rejoindre la nouvelle obédience. L'annonce de la reconnaissance anglaise a lieu le en tenue trimestrielle de la Grande Loge au Freemason's hall de Londres. rejoint alors la le au lendemain de la reconnaissance par la Grande Loge unie d'Angleterre.

Le , l’obédience change de nom pour adopter le nom de (GLNF). Elle demeure néanmoins marginale, n'étant principalement composée jusque dans les années que d’anglophones résidant en FranceVoir à ce sujet Histoire de la GLNF 1913-1963.

De à : l’essor

Il faut attendre l'année pour voir l'essor de la GLNF. Une scission importante intervient en au sein de la Grande Loge de France, à la suite d'un traité d'alliance conclu avec le Grand Orient de France. Au cours de cette crise, plusieurs centaines de francs-maçons - parmi lesquels une vingtaine de membres de , qui avait rejoint la GLDF - quittèrent la Grande Loge de France pour rejoindre les rangs de la GLNF, lui permettant ainsi de dépasser les membres, de travailler au Rite écossais ancien et accepté et de fonder des loges composées principalement de francophones..

Dans un mouvement inverse, il arrive à plusieurs reprises que des membres d'une grande loge, désireux d'autonomie et/ou de nouer des relations fraternelles avec un courant maçonnique différent, la quittent pour fonder de nouvelles obédiences. Ce fut le cas avec la Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra en , du réveil de la Troisième Province de la Stricte observance templière (puis rectifiée)Qui fut réveillée en partie par des frères de la GLNF. Elle comportait deux grands prieurés, un mixte de la Stricte Observance Templière, un autre masculin et rectifié. Cette province était administrée par un seul et même maître provincial ("Eques a Stella per Ensem") avant une scission SOT/RER fin en , du Grand Prieuré des Gaules en , et en de la Grande Loge des maçons réguliers francs et accepté..

De à : la forte croissance Jusqu'à la fin des années , la GLNF avait été en France une obédience maçonnique très minoritaire (moins de membres) et très discrète, bien que représentant le courant maçonnique majoritaire dans le monde. La GLNF a connu depuis lors un développement très important au point de devenir la deuxième obédience française après le Grand Orient de France. Ses effectifs sont ainsi passés de au début des années à en , puis à , regroupés en plus de , en , avec à l'époque un objectif annoncé par son grand maître d'alors, de en ..

Cette croissance importante souleva un certain nombre d'interrogations parmi ses membres, comme parmi ses détracteurs. Il est avéré qu'elle fut en partie le résultat d'une politique de recrutement particulièrement active dans certaines de ses , notamment du sud de la France.. Des journalistes accusèrent l'obédience d'affairisme, en particulier dans ses provinces, pour expliquer ces recrutements en nombre élevé et soi-disant fondés sur d'autres critères que la recherche de la voie initiatique.. À la fin des années , plusieurs scandales éclatent dans ses provinces, les instances de la GLNF affirment alors avoir fait un certain ménage interne et recentré leurs activités autour de leurs préoccupations spirituelles, ainsi que de l'interdiction traditionnelle des débats politiques ou religieux en loge..

De à : la crise En , une crise se développe au sein de la GLNF, principalement autour de la conception de la grande maîtrise exprimée par l’ancien grand maître, François Stifani, ainsi que des pratiques et des modalités de sa gouvernance, notamment quant aux rapports qu'il entretenait avec la classe politique..

En , plusieurs représentants provinciaux de la GLNF s’expriment ouvertement contre des dérives constatées dans ce domaine (allongement de trois à cinq ans de la durée de mandat du grand maître sans concertation et acquisitions de biens mobiliers et immobiliers conséquents, communication externe inadéquate). Les mesures disciplinaires prises pour faire cesser et sanctionner ces critiques internes mettent en évidence une dérive autoritaire du grand maître alors en fonction, François Stifani, ainsi qu'un manque de démocratie avec l'élection ou la réélection du grand maître par un dont il désigne lui-même et préalablement les membres. Tout ceci entraîne un profond malaise, qui se diffuse à travers de nombreuses loges.. La démission de François Stifani de ses fonctions de Président de l'association, tout en conservant celle de Grand Maître, crée une situation de blocage de l’obédience qui se retrouve porté devant la Justice. Les décisions rendues par les tribunaux, portant injonction d'organiser une nouvelle assemblée générale, conduisent à la fin du mois de à la désignation d’un administrateur judiciaire pour gérer les affaires courantes et organiser l’assemblée générale de l’association..

La forte médiatisation de cette crise amène, en , cinq obédiences européennes (Grandes Loges unies d'Allemagne, Grande Loge d’Autriche, Grande Loge régulière de Belgique, Grande Loge de Luxembourg et Grande Loge suisse Alpina) à suspendre leurs relations avec la GLNF. Le , la Grande Loge unie d'Angleterre annonce à son tour la suspension de ses relations avec la GLNF alors que, jusqu'à cette date, cette dernière était la seule obédience maçonnique française reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre.. Pour finir la GLUA lui retire sa reconnaissance le .. Le les cinq obédiences européennes précédemment citées, réunies à Bâle, retirent définitivement leur reconnaissance de la GLNF par une déclaration commune. et cessent leurs relations avec la GLNF, qu'elles considèrent comme et se tournent vers d'autres obédiences françaises, comme la GL-AMF et la Grande Loge de France.

Au cours de cette crise, la GLNF a vu ses effectifs se réduire considérablement, passant de membres en à en . et la création d'une nouvelle obédience issue de celle-ci, la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française (GL-AMF)..

Depuis : la reconstruction

Le Jean-Pierre Servel est élu nouveau grand maître de la GLNF. Il commence alors un travail de reconstruction et de restructuration de l'obédience., qui aboutira le mercredi à une reprise de la reconnaissance de La Grande Loge unie d'Angleterre..

Au les cinq obédiences signataires de l'appel de Bâle ont toutes restauré leurs relations d'amitié avec la Grande Loge Nationale Française. Ces décisions parachèvent le rétablissement de sa reconnaissance au sein de l'ensemble des grandes loges régulières dans le monde..

En , Jean Pierre Servel, grand maître de l’obédience annonce dans un média, que les effectifs de l’association sont de plus de ..

Fonctionnement

La GLNF est dirigée par un grand maître, élu pour trois ans renouvelables; il est assisté par un député et plusieurs assistants grand maître, choisis et nommés par le grand maître au sein d'un conclave appelé . Les seuls postes électifs sont celui du grand maître, du grand trésorier et ceux du vénérable maître et du trésorier de loge. La GLNF a adopté un découpage territorial proche du découpage administratif français. Chaque entité administrative est dirigée par un grand maître provincial sur le territoire français ou de district à l'étranger.), nommé par le grand maître, lui aussi assisté par un député grand maître provincial ou de district, des assistants grand maître provinciaux ou de district ainsi qu'un collège d'officiers provinciaux ou de district. Le siège de la GLNF se situe à Paris.

Le Souverain Grand Comité Il est formé de membres à vie, de membres de droit, et de membres désignés. Les membres de droit sont des grands officiers nationaux (nommés par le grand maître). Les membres désignés le sont par des conseils provinciaux composés d'officiers provinciaux et (au moins) autant de vénérables de loge ; ces derniers représentent environ le double des officiers nationaux nommés par le grand maître. Le Souverain Grand Comité participe activement à la vie de l'obédience, par son rôle de consultant bien sûr, mais aussi en émettant toute proposition utile à l'institution. Depuis , il jouit en outre d'un droit de destitution du grand maître, sur proposition d'un Conseil indépendant appelé Conseil National des Sages, dont les membres sont élus et protégés de leur éviction éventuelle par les nouvelles constitutions Voir Règlement Général de la GLNF, Articles 58 (Pouvoirs du Conseil National des Sages) et 59 (Indépendance du Conseil National des Sages).