La Robertsau (prononcé ou ; , de l'allemand et ) est le quartier le plus septentrional de Strasbourg, autrefois maraîcher et aujourd'hui essentiellement résidentiel.
Administrativement, la Robertsau est regroupée avec le Wacken pour former l'ensemble Robertsau - Wacken.
Géographie Localisation La Robertsau couvre , soit 23 % du territoire communal de Strasbourg ()ADEUS, Plan local d'urbanisme de Strasbourg 2025, juillet 2009, 12 p.. Le quartier est délimité à l'ouest par l'Ill, au nord par la forêt de la Robertsau, à l'est par le Rhin et au sud par le canal de la Marne au Rhin. Les quartiers strasbourgeois mitoyens sont le Wacken, le quartier de l'Orangerie, le quartier du Conseil des XV et la cité de l'Ill. À l'ouest se trouvent les communes de Hœnheim, Bischheim, Schiltigheim et au nord La Wantzenau.
Population
Longtemps terre insalubre appréciée des seuls pêcheurs, la Robertsau a connu une croissance démographique continueBernard Irrmann, La Robertsau, côté village, B. Irrmann, Strasbourg, 2008, . D'après les registres paroissiaux, la population du quartier peut être estimée à environ personnes en 1700. En 1871, le quartier comptait habitants et dès 1900.
En 1990, la Robertsau comptait habitants. Lors du recensement réalisé par l'INSEE en 1999, la Robertsau, le Wacken et la cité de l'Ill comptaient habitants, soit 8,5 % de la population strasbourgeoise. En dépit d'une perte de population concernant la cité de l'Ill où sont concentrés 90 % des logements aidés, la Robertsau enregistre ainsi une progression de 16 % par rapport au recensement précédent (1990), soit trois fois supérieure à celle observée sur l'ensemble de la ville.
Ses habitants sont appelés les Robertsauviens et les Robertsauviennes.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme RuprechtsauJean Schweitzer - La toponymie alsacienne - Page 37 - .
Se décompose Ruprecht, nom d’homme germanique et du mot allemand aue, « prairie humide, prairie au bord de l'eau ».
Accès La Robertsau est facilement accessible, que ce soit en tramway, bus, vélo, à pied ou en automobile. Pour le tram, la ligne de tramway E dessert le quartier avec quatre arrêts, Robertsau Boecklin, Jardiniers, Mélanie et enfin Robertsau L'Escale, ou la ligne a son terminus. En bus, on peut venir avec le C1 (Lingolsheim Alouettes-Robertsau Lamproie), le C6 (Pont Phario-République-Les Halles), le 15 (République-Conseil des XV-Robertsau Boecklin), le 30 (Robertsau Chasseurs-Neuhof Wattwiller), le 70 (Robertsau Renaissance-Poteries), le 72 (La Wantzenau Golf-République), et le N1, bus nocturne (Pont Corbeau-Bischeim Cheval Blanc-Robertsau Boecklin). De nombreuses pistes cyclables passent dans le quartier, et permettent de rejoindre le centre en vélo.
En voiture, trois sorties de l'autoroute A4 desservent le quartier : La sortie n°50 Bischeim, qui fait arriver à la Robertsau par la Rue de l'Ill, la sortie n°51 Les Halles-Robertsau et la sortie n°1 Marché Gare-Quartier Européen.
Historique vignette|gauche|Jacob van der Heyden, Zu Wasser und zu Land, Walzer Zoll in der Ruprechts Aw, 1613. Le chevalier Robert Bock y construisit un château, dont il ne reste aujourd'hui aucun vestige, aux alentours de l'an 1200. On lui doit le nom du quartier — nommé « Ruprechtsau » en allemand —, de son axe principal, la rue Boecklin, et celui d'une rue adjacente, la rue du chevalier Robert.
Au , un fort avancé, le Fort-Louis, y fut construit par Vauban sur une île. Ce fort était destiné à la défense de la ville de Strasbourg à la veille de la guerre de la ligue d'Augsbourg.
Au , Joseph Guérault, entrepreneur des ouvrages du Roi, fait construire son château en bordure de la forêt. La noblesse et la haute-bourgeoise, attirées par le caractère bucolique de la Robertsau, y construisent des maisons de campagnes ou « güeter ». En 1784, on recense 256 foyers dont 45 « güeter »Journée européenne du Patrimoine 17 et 18 septembre 2015, brochure éditée par la ville de Strasbourg..
Le site était initialement traversé par de nombreux bras de l'Ill et du Rhin et occupé par une partie de la forêt rhénane, qui subsiste aujourd'hui au nord du quartier. Ses fréquentes inondations ont entraîné une apparition tardive de l'urbanisation, au cours du . Elle fut le fait de maraîchers, dont les exploitations ont été progressivement remplacées par un habitat pérenne et peu à peu par des villégiatures de riches Strasbourgeois.
La confrérie des jardiniers de Saint-Fiacre est fondée en 1752. Celle-ci existe encore de nos jours et organise chaque année la fête des jardiniers à l'occasion de la Saint-Fiacre.
Au début du , la Robertsau comptait une centaine de maraîchers ce qui lui valait le surnom de « Laüch » (poireau). Le quartier est alors essentiellement peuplé de maraîchers et d'ouvriers et en 1895 la papeterie employait 327 personnes. De nombreuses maisons de maître, le presbytère catholique, le collège et le sanatorium sont construits au cours de la période allemande. Les restaurants et cafés du quartier sont alors très fréquentés par les excursionnistes venus du centre-ville. Le quartier est desservi par le tramway à partir de 1883.
Le port aux pétroles et le bassin Albert Auberger, à l'est, sont construits en 1927. Bombardé durant la Seconde Guerre mondiale, le port aux pétroles est agrandi dans les années 1960. Sept cents jardins vivriers, près du port aux pétroles, sont soumis à une interdiction d'arrosage, car l'eau de la nappe phréatique est durablement polluée par les produits pétroliersLa France toxique association Robin des Bois page 30 . Un incinérateur de déchets dangereux est également implanté dans le port aux pétroles Carte des installations de traitement en Alsace sur industrie-environnement-alsace.fr.
En septembre 1940, une partie des Robertsauviens se sont réfugiés en Dordogne, dont près de 200 à Saint-Martial-d'AlbarèdeF.A. Boddart. Saint-Martial-d'Albarède, village du pays d'Excideuil en Haut-Périgord : le paradoxe du pauvre mais bon terroir, 2012..
La ligne de tramway 3/13 (Gare centrale - Robertsau Église - Robertsau Sainte-Anne) est fermée en 1953.
Le nombre d'exploitations maraîchères a considérablement chuté depuis les années 1960. On dénombrait 69 exploitations en 1960, 56 en 1967, 28 en 1984 et une quinzaine au milieu des années 1990. En 2010, le quartier ne comptait plus que 8 maraîchers mais ce chiffre est remonté à 15 en 2015« Bienvenue chez les Hornecker », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 18 octobre 2015..
La population actuelle du quartier est caractérisée par des revenus supérieurs à la moyenne de la ville, à l'exception de la cité de l'Ill, construite dans les années 1960 dans sa frange nord-ouest.
vignette|Vue aérienne du quartier. À gauche on distingue le collège de la Robertsau et l'église Saint-Louis. Le quartier européen ainsi que la cathédrale sont visibles à l'arrière plan.
Son isolement, son caractère verdoyant et champêtre, la proximité des institutions européennes et sa réputation de quartier aisé sont à l'origine de son attractivité et ont favorisé son récent développement. Cette forte pression foncière se heurte cependant à plusieurs contraintes, à commencer par l'inondabilité du site, que ce soit par remontée de nappe ou par submersion. Les rares terres non-inondables disponibles sont par ailleurs frappées de restrictions, voire d'interdiction d'urbanisation, du fait de la proximité d'installations industrielles et portuaires à l'est (le port aux pétroles) et de leurs périmètres Seveso et de boil over. De plus, la faible accessibilité du quartier (seuls trois ponts routiers relient la Robertsau aux quartiers centraux et une absence de transport en commun en site propre) imposent de contrôler le développement et l'urbanisation pour limiter la saturation de son réseau.
vignette|Tram : Boecklin, ancien terminus de la ligne E.
Enfin, la densification récente du quartier a eu pour corollaire l'affaiblissement de ses caractéristiques patrimoniales et urbaines, du fait de la disparition progressive des maraîchers et de certaines villas et maisons vernaculaires au profit de constructions plus banales, voire dans certains cas, de lotissements pavillonnaires au cours des années 1980 et 1990 (quartier de la Renaissance). vignette|Vue de l'extension de la ligne E du tramway avec sa piste cyclable bidirectionnelle et le cheminement piéton. Depuis novembre 2007, l'entrée sud de la Robertsau est desservie par la ligne E du nouveau tramway via les stations Droits de l'Homme et Boecklin. Cette ligne est prolongée de 1,6 km — comportant 3 nouvelles stations — jusqu'au centre socio-culturel l'Escale le « Premiers passagers sur l’extension de la ligne E du tram à la Robertsau », article des Dernières nouvelles d'Alsace du 17 juin 2019..
La Robertsau était jadis traversée par le canal des Français. Construit en 1707, pour un usage militaire, il reliait la Citadelle de Strasbourg à l'Ill au droit de Fuchs am Buckel. Ce lieu-dit tire son nom du pêcheur Georg Fuchs, qui y ouvre une auberge au début du Didier Carbiener, Chroniques naturelles des forêts de Strasbourg, Conservatoire des sites alsaciens, 2000, . Il perd sa fonction militaire dès 1714« Courrier des lecteurs », Dernières Nouvelles d'Alsace du 20 mars 2012.. Abandonné, il a quasiment disparu dans les années 1960 provoquant notamment l'asséchement des étangs du Parc de Pourtalès. Un projet de remise en eau est en cours depuis 2012. Son tracé constitue la limite à l’urbanisation du quartier« Canal des Français: retour aux sources », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 8 mars 2012.« Le miroir de Pourtalès », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 21 novembre 2014..
En mars 2017, le projet de construction de trois tours de 50 et 40 mètres de haut comportant 240 logements en bordure du Muhlwasser, à l'emplacement d'anciens entrepôts de la papeterie, suscite de nombreuses critiques et une vive opposition de la part des RobertsauviensLes tours qui fâchent », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 15 mars 2017.. Une nouvelle version du projet est présentée en septembre 2018, celle-ci prévoit la réalisation de 130 à 150 logements dans une trentaine de petits immeubles ne dépassant pas les deux étages « Friche Lana : exit les tours, place aux villas », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 22 septembre 2018..
Le foyer de la paroisse Saint-Louis est construit en 1910 en bordure de la place du Corps-du-Garde. Il devait être démoli pour laisser place à un programme immobilier et nouveau foyer aurait été construit dans le jardin de l'église Saint-Louis. Ce projet a rencontré une forte opposition de la part des riverains avec notamment la création d'un collectif pour la sauvegarde du bâtiment et l'aménagement de ses abordsSite du collectif "Un cœur pour la Robertsau" (consulté le 31 mars 2017).. En , deux délibérations du conseil municipal aboutissent à la préservation du bâtiment et du jardin de l'église. Le foyer sera rénové grâce à la vente par la paroisse de plusieurs parcelles de terrain dont l'une, située rue Boecklin, accueillera une nouvelle mairie de quartier à l'horizon 2022« [DOSSIER] Foyer Saint-Louis de la Robertsau: vente de parcelles au conseil municipal de Strasbourg ce lundi », article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 26 avril 2019..
Le Cours Saint-Louis