vignette|Le logo de l'asbl Folknam. Folknam est l'association des principaux groupements historiques et traditionnels de Namur, créée en 1995. Elle s'engage dans la défense du patrimoine folklorique et traditionnel de Namur.
Plusieurs reconstitutions d'éléments du folklore local ont ainsi été réalisées depuis sa création.
L'association organise, chaque année le troisième samedi d'avril, la Journée du Folklore et des Traditions. Un cortège et des activités sont organisés mettant en avant le patrimoine de Namur.thumb|right|La place d'Armes envahie, lors de la Journée du folklore à Namur. vignette|La vitrine réalisée en 2012 par Folknam à la gare de Namur à l'approche de la Journée du Folklore et des Traditions. Cette vitrine est chaque année visible entre mars et avril.
Membres de Folknam Les groupes sont classés par ordre chronologique d'apparition (tantôt plausible tantôt réelle) dans l'histoire, depuis les traditions moyennesâgeuses jusqu'au :
La Confrérie Royale du Grand Feu Traditionnel de Bouge Le Cheval Bayard et les Quatre Fils Aymon Compagnie Médiévale du Furet ** Blanche de Namur * Les Loups de Fer ** La Confrérie de la Malemort ** La Compagnie Franche Les Géants Namurois ** Charles V Les Chevaux Godins La reine Margot, Don Juan d'Autriche et leur escorte *
Les Alfers ** La Compagnie aux Tricornes Le Char de Belgrade Sergent Benoît et Carême * Le 1er Régiment d'Infanterie des États Belgique Unis, dit de Namur Le Bataillon des Canaris de Dumonceau ** La Caracole ** La Marche St-Éloi (l'Armée Grouchy) Les Volontaires de 1830 Jeux anciens en bois Festival Mondial de Folklore Jambes-Namur Les Bragards ** Accordance FolkNam Musique Trad **
Ancrage historique
Compagnie Médiévale du Furet vignette|200x200px|La Compagnie Médiévale du Furet, Journée du Folklore et des Traditions 2019 à Namur. La Compagnie Médiévale du Furet est une association d’évocation médiévale basée à Namur.
L’objet principal de cette association est la pratique du combat à l’aide de différentes armes blanches du dans une démarche identique à celle que l’on pourrait retrouver dans un club d’arts martiaux. Ils mettent également en avant la démarche de reconstitution, l’apprentissage de l’histoire et le divertissement du public lors de rassemblements et de fêtes médiévales.
L’introduction pédagogique historique auprès du public du , âge d’or médiéval qui voit croisades et essor urbain changer le paysage social et culturel de l’occident, est un des moteurs de la compagnie.
Ce groupe met en scène un petit groupe de mercenaires du (1240-1280) escortant quelques voyageurs au sein des terres du comté de Namur, de Hainaut, et de la principauté de Liège.
Parfois engagés en renforts de troupes armées régulières ou bien se faisant discrètement les dents sur de pauvres voyageurs imprudents, ces hommes d’armes présentent un aperçu social rarement évoqué dans les musées et livres d’histoire qui s’intéressent davantage aux grands noms d’une époque.
Blanche de Namur Fille aînée du Comte Jean de Namur et de Marie d’Artois, Blanche de Namur fut couronnée reine de Norvège, de Suède et de Scanie le , après qu’elle eut épousé Magnus IV Eriksson. Elle est toujours très populaire en Suède, où on lui accorde l'introduction de la culture française. Elle développa notamment son goût pour l'art en invitant à sa cour poètes et artistes.
Au sein du cortège namurois, Blanche de Namur, accompagnée de Magnus IV Eriksson son époux, parcourt la ville montée en amazone sur un fier étalon. Quand ils sont en nombre, quelques figurants, montés eux aussi sur leurs destriers, représentent la cour de Suède accompagnant le couple royal.
Les Loups de Fer vignette|Le Comte Guillaume II, Journée du Folklore 2018 à Namur.|200x200px
Les Loups de Fer est une troupe d'évocation sourcée médiévale qui représente une troupe de mercenaires mosans attachés au Comté de Namur durant une partie (1346-1415) de la Guerre de Cent-Ans :
1346 pour la Bataille de Crécy à laquelle le Comte Guillaume 1er de Namur participe du côté du Roi Philippe VI. Petite anecdote, durant la bataille, le Comte verra sa monture "être tuée sous lui et il échappera de peu à la captivité". 1415 pour la Bataille d'Azincourt.
Cette compagnie médiévale a été fondée en et compte aujourd'hui une vingtaine de membres actifs.
Durant la journée du Folklore et des Traditions, elle met en scène une troupe de mercenaires souvent accompagnée du Comte Guillaume II de Namur et de quelques arbalétriers namurois/miliciens. Lors du rondeau final, elle présente une petite saynète mélangeant combat et humour pour le plus grand plaisir des spectateurs.
La Confrérie de la Malemort vignette|200x200px|La Malemort, Journée du Folklore à Namur. La confrérie de la malemort est une a.s.b.l. namuroise de reconstitution médiéval, qui fut créée en 1992, représentant une troupe de mercenaires de la fin du quatorzième (1380) au début du (1420), durant la Guerre de Cent Ans.
La spécialité de la confrérie dans l'art du combat à pieds lui permet de recréer l'ambiance des plus petits tournois jusqu'aux batailles et sièges de places fortes.
Lors des journées du folklore à Namur, elle met scène le train sanitaire namurois revenant de Calais en 1347.
Goliath et sa dame, les Géants namurois thumb|Le cheval Bayard et les quatre fils Aymon, Goliath et sa dame, Journée du folklore à Namur|200x200pxFigurant parmi les plus anciens géants , le « Goliath namurois » est déjà mentionné dans la procession annuelle de la « Ducasse » de 1458, en l’honneur de la Vierge (sortie processionnaire, le , fête de la Dédicace).
A. Colard rapporte une étude de Jules Borgnet dans un article qu'il signe dans le « Guetteur Wallon » (no 4 de 1934): « Au , les processions deviennent de plus en plus brillantes, et la présence des Géants est encore signalée dans le cortège. Borgnet énumère les différents groupes qui participent à la procession, et voici comment il s'exprime au sujet du groupe qui nous occupe :"Goliath, géant d'osier revêtu de toile peinte en rouge et noir (couleurs de la ville) et garnie de gros boutons dorés. Il porte une perruque en mousse."La femme de Goliath portant une perruque du même genre."Les porteurs de falots, les ménestrels et les guisterneurs ou joueurs de guitares, marchant devant le groupe des géants."Les cinq gardes du groupe des géants. Ils servent à diriger les porteurs cachés dans l'intérieur des machines, à abaisser et à relever celles-ci aux passages des portes de la ville."Le géant, la géante et leurs quatre enfants. Ils sont vêtus d'habits de toile peints et portent des fraises empesée et des ceintures rouges, sa femme a une chaîne dorée"Au fil du temps, le groupe se transforme et au dix-septième siècle, le père des géants apparaît; il est armé d'une épée; un des enfants a disparu; Goliath a abandonné la hallebarde pour l'épée également, "il est vêtu d'une robe de toile, avec collier et manchon d'étoffe dorée... la géante porte une chaîne, une fraise empesée, un rabat bien paré et monté; leurs deux filles avec des rabats; leur petit garçon avec un escoussoir (fouet), un mouchoir et un collier"Pourtant, au , les « Aurjouwants » (ce qui signifie « Géants » dans le dialecte local) avaient été exclus des processions et avaient fini par disparaître définitivement des cortèges vers 1862. Voulant renouer avec sa tradition patrimoniale et folklorique, c’est en 1906 que la Ville de Namur fera reconstruire ses anciens géants, à l’initiative du peintre namurois Henry Bodart qui en réalisera d’abord des dessins en se fondant sur la documentation fournie par A. Oger.
Si les « Goliath » (le nom générique désigne l’ensemble de la famille) étaient initialement 5 (pour rappel donc, Goliath, sa dame, deux filles et un fils), il n’en subsiste aujourd’hui plus que le couple parental. À ce duo, s’ajoutent le cheval Bayard et les quatre fils Aymon issus de la légende de Bayard, ainsi qu’une cohorte de chevaux Godins, personnages burlesques, porteurs de « chevaux à bretelles » (encore appelés chevaux-jupons), dont la mission est à la fois de tenir le public hors de l’espace de progression des géants mais aussi de taquiner celui-ci en donnant régulièrement l’impression de foncer sur la foule, pour changer de direction à la dernière seconde.
L’escorte de Don Juan d’Autriche et la Reine Margot En 1577, le roi d’Espagne, Philippe II, fait appel à son demi-frère Don Juan d'Autriche pour combattre les États généraux de Guillaume d'Orange-Nassau, rétablir son autorité sur le territoire qu’il possède et surtout préserver la religion catholique contre les protestants. Il le nomme donc Gouverneur des dix-sept provinces des Pays-Bas. Don Juan a fort à faire pour mener à bien sa mission. S’il reconquiert la citadelle de Namur en 1577 et repousse les États Généraux jusqu’au-delà de Gembloux qu’il libère en 1578, c’est finalement à Bouge, sur les hauteurs de Namur, vraisemblablement à la Ferme du Quartier, qu’il se retire, atteint du typhus qu’il a contracté au cours d’une campagne militaire. Il y décède le 10 octobre 1578, à l’âge de trente ans.
Dans le folklore namurois, l'Escorte de Don Juan d'Autriche rappelle cet épisode de notre passé militaire et représente le peloton de hallebardiers wallons au service de l'Espagne.
Marguerite de France, appelée aussi la Reine Margot, épouse d’Henri de Navarre, futur Henri IV, roi de France est associée à cette occasion, puisqu’elle a rencontré Don Juan d’Autriche à Namur, alors qu’elle est en déplacement au sud des Pays-Bas, à la recherche d’appuis politiques pour son frère cadet.
Le folklore historique d’une ville ayant aussi pour mission de rappeler les faits saillants de son histoire et les personnages emblématiques qui marquèrent son passé, il est normal que cette rencontre (fût-elle anecdotique) sur l'île de La Plante, de deux figures aussi importantes ait abouti à la création d’un groupe de reconstitution historique.
Les Alfers namurois thumb|Les Alfers, Journée du folklore à Namur.|200x200px C’est durant la période des Pays-Bas espagnols (1555-1715) que le jeu de drapeaux aurait été introduit chez nous, soit par des soldats espagnols en garnison dans nos contrées, soit par d’anciens soldats des Gardes Wallonnes au service du Roi d’Espagne. En effet, le terme « Alferez », utilisé au-delà des Pyrénées, désigne le porte-étendard. Le jeu de drapeaux est donc bien un jeu militaire, puisque sur les champs de bataille, les drapeaux étaient utilisés pour communiquer des ordres aux troupes dispersées.
Dans la tradition folklorique de nombreuses villes de Belgique, le jeu de drapeaux a, bien sûr, pris une connotation moins belliqueuse pour s’orienter vers un superbe spectacle sur fond de musique d’époque, quand la sonorisation est possible. Si les Alfers exécutent solennellement des mouvements dans un bel ensemble harmonisé, il est aussi surprenant d’assister aux lancers de drapeaux dans les airs, figures toujours plus risquées notamment lors de vents perturbateurs.
Le « Sergent » Jean-Charles Benoît Chansonnier populaire baptisé à Namur le 12 septembre 1707, Jean-Charles Benoît est le premier auteur wallon namurois dont le nom soit parvenu jusqu’à nous. Il n’a en effet pas été écrit de pièces en wallon avant cette date en la ville mosane. De l’homme qui fut sergent de ville en 1754, d’où son nom de « Sergent Benoît », on ne sait que peu de choses. Il fut marié deux fois. Sa première épouse s’appelait Juliette Walteer. Elle décéda en 1766, le 21 juillet. C’est alors avec Marie-Christine Defays qu’il convola en justes noces. On comptait pourtant dans le répertoire de notre chansonnier un air intitulé « Dja one feume comme on houzard (J’ai une femme comme un hussard) » dont Marie-Christine fut peut-être l’inspiratrice. Mais cela ne l’a pas retenu. Veuf, le Sergent Benoît fut recueilli à l’Hospice Saint-Gilles (lequel abrite aujourd’hui le Parlement wallon) et y mourut le 12 janvier 1784.