vignette|Saint-Pol-de-Léon : chapelle Notre-Dame du Kreisker, les sept saints du Tro Breizh. Les Sept saints fondateurs de la Bretagne sont, selon une construction littéraire et hagiographique tardive forgée à partir du , des moines et ermites venus du Pays de Galles et de Cornouailles vers les , à l'époque de l'émigration bretonne en Armorique.
Ils sont considérés comme les fondateurs des sept premières cités épiscopales et du christianisme en Armorique.
Historique
Description L'histoire des Sept saints est celle du passage de la Gaule Armorique à la Bretagne. Hormis les pays de Rennes, de Nantes et de Retz qui étaient restés en liaison avec la civilisation latine et qui ne furent adjoints à la Bretagne que sous Nominoë (mort en 851 dans les environs de Vendôme), la Bretagne s'organisa, sous l'impulsion de l'immigration des Bretons insulaires, en sept diocèses fondés chacun par un clerc qui fut ensuite proclamé « saint » par le peuple. C'est donc parmi ces nouveaux émigrés, probablement des chefs de clan ou des membres de famille aristocratiques contraints de s'exilerLes hagiographes les lient souvent à l'aristocratie britto-romaine, car certains portent des noms latins gentilices, comme , saint Pol Aurélien, que ..
Le missel de Saint-Vougay, qui date du , est le plus ancien texte manuscrit à faire référence aux Sept saints fondateurs par le biais d'une prière qui leur est collectivement dédiée mais qui reflète probablement des traditions plus anciennes. S'agissant, par exemple de saint Maclou, la première hagiographie date des années 860. Le testament de Guillaume Le Borgne, sénéchal du Goëlo, rédigé en 1215 prévoit une donation de cent livres « aux abbayes de Bretagne et aux églises des Sept saints, à partager entre elles ».
Les historiens ne connaissent de leur vie que quelques épisodes importants et surtout des miracles, rapportés dans des vitae tardivement écrites. Ces récits rapportent notamment leur débarquement d'« auges en pierre » (saint Malo, saint Brieuc, voir aussi auge de saint Conogan). Il s'agit plus probablement d'esquifs encore utilisés de nos jours en Irlande, les coracles et les currachs. Au cours des siècles, les hagiographes ont émaillé leurs récits de nombreux détails dont la valeur historique est douteuse à l'instar de nombreux miracles qui entendent accréditer leur sainteté.. Il semble que .
Les sept diocèses d'origine ainsi constitués, formeront avec ceux de Rennes et Nantes, les 9 diocèses de BretagneLa tradition des Sept-Saints est entièrement dans le cercle des chrétientés bretonnes influencées par l'Émigration des Bretons venus de Grande-Bretagne. Les évêchés de Rennes et de Nantes qui n'ont été rattachés à la Bretagne qu'au , n'ont pas été partie prenante à cette tradition. qui perdureront sans changement jusqu'à la création des départements par la Révolution française.
Historiographie L'historiographie contemporaine questionne la notion d'identité et de peuple, ainsi que l'origine des saints fondateurs, qui pourrait être une construction historiographique récente. Ainsi, la légende des Sept saints fondateurs s'avère procéder d'une construction littéraire et hagiographique tardive, forgée à partir du , par des moines et ermites venus du Pays de Galles et de Cornouailles vers les et , à l'époque de l'émigration bretonne en Armorique. Cette littérature hagiographique procède de la volonté de donner une origine chrétienne à des éléments païens. et résulte d'un enjeu politique et ..
Les Sept-Saints
Les Sept-Saints auraient fondé sept cités épiscopales :
Saint-Malo fondée par saint Malo (ou Maclou), Dol-de-Bretagne fondée par saint Samson Saint-Brieuc fondée par saint Brieuc Tréguier fondée par saint Tugdual Saint-Pol-de-Léon fondée par saint Pol Aurélien Quimper fondée par saint Corentin Vannes fondée par saint Paterne (ou Patern)
Lieux de cultes dédiés aux Sept-Saints collectivement
La première église connue de Brest se trouvait, au Moyen Âge, dans l'enceinte du château gallo-romain et était à la dédicace des Sept-Saints, mais des Sept-Saints de la Rade de Brest, sept enfants abandonnés sur un bateau errant en Rade de Brest, à ne pas confondre avec les Sept saints fondateurs de la Bretagne. Lors de l'intronisation du maire de Brest, avant la Révolution, une cérémonie d'allure archaïque se tenait dans l'église.
Une chapelle dédiée aux Sept-Saints fondateurs existe sur la commune d'Erdeven, dans le Morbihan. Vers 1980, la chapelle a été reconstruite et une fête annuelle, un « pardon », est célébrée de nouveau. Une légende des sept saints propre à Erdeven existe, qui n'est pas sans rappeler celle de la Rade de Brest :
Une autre légende des Sept Saints concerne la région de Plestin.
Le pèlerinage aux Sept-Saints de Bretagne
La renommée des Sept-Saints est à l'origine du Tro Breiz (tour de Bretagne, en latin, circuitus Britanniae), souvent appelé aussi « pèlerinage aux Sept Saints », effectué pour les honorer, car les récits populaires sur ces saints sont émaillés d'innombrables miracles produits autour de leurs tombeauxLa mémoire des sept anciens évêchés est restée vivante, puisque les Bretons se réfèrent encore au Trégor, au Léon, à la Cornouaille, voire au Clos-Poulet (« Poulet » venant d'une déformation de Pagus Aletis/Pou-Alet = « pays d'Aleth », aujourd'hui Saint-Servan, dont saint Malo aurait été évêque). Le pèlerinage à Saint Patern a laissé une trace dans le procès qui oppose, à la fin du , les paroissiens et les chanoines de la cathédrale de Vannes sur la destination des revenus des offrandes déposés dans l'église Saint-Patern. Une des pièces du procès inclut le nom de Tro Breiz et c'est la plus ancienne trace du nom en breton du pèlerinage.
Le pèlerinage islamo-chrétien
Selon Louis Massignon, le culte des Sept-Saints-Dormants serait parvenu au Vieux Marché au par l'intermédiaire de moines et de missionnaires grecs qui accompagnaient les commerçants d'Orient sur la route de l'étain . Il se fondait sur un cantique en langue bretonne ou gwerz, publié par Alexandre Lédan (1777-1855), éditeur à Morlaix, et traduit par Geneviève Massignon, dont il reste 18 strophes dans le Cantique de la procession..
Il a repris cette idée d'identifier les Sept-Saints bretons aux Sept-Saints syriens d'un numéro de la revue Mélusine paru en 1878, où François-Marie Luzel et Ernest Renan avaient publié en parallèle deux articles décrivant, pour le premier, la chapelle des Sept-Saints dans la commune du Vieux-Marché (Côtes-d'Armor), pour le second la légende des Sept-Dormants..
Notes et références
Notes
Références
Bibliographie . . . .
Voir aussi
Articles connexes Liste des saints bretons Diocèses de Bretagne Vallée des Saints
Liens externes
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