Nornickel (nom complet en russe : ПАО « ГМК „Нори́льский ни́кель“ », forme courte : Норни́кель), anciennement Norilsk Nickel jusqu'en 2016 est une société russe spécialisée dans l'exploitation et la transformation du nickel et du palladium (1/2 de la production mondiale) dans la région de Norilsk, dans le kraï de Krasnoïarsk. Le siège central de l'entreprise se situe à Moscou. Norilsk Nickel, dans une moindre mesure, exploite et transforme l'or, le platine, le cuivre et le cobalt. Elle est de loin le premier producteur mondial de nickel et de palladium et le principal producteur d'or de la Russie. Elle est classée parmi les quatre principaux producteurs mondiaux de platine. Norilsk Nickel est également parmi les dix premiers producteurs de cuivre au monde.
La société anonyme détient le complexe minier et métallurgique de la ville de Norilsk, ainsi que la compagnie minière et métallurgique de la péninsule de Kola, l'Institut Gipronickel (institut de recherche en génie métallurgique), NordStar, et la Compagnie de navigation fluviale du Ienisseï.
Le siège social de l'entreprise est situé dans le gratte-ciel Mercury City Tower au sein du quartier d'affaires Moskva-City. Jusqu'en 2014, l'entreprise siégeait dans la rue Bolсhaïa Tatarskaïa à Moscou.
Le , Norilsk Nickel a annoncé avoir acquis environ 90 % de la compagnie canadienne LionOre, un des dix premiers producteurs mondiaux de nickel. Cet achat est évalué à de dollars, soit la plus grande acquisition d'une compagnie russe à l'étranger jusqu'ici.
L'entreprise est cotée à la bourse de Moscou où elle fait partie de l'indice RTS, ainsi qu'à la bourse de Londres.
Histoire L'exploitation commence dans la région de Norilsk, dans les années 1920.
Des de l'ère soviétique, l'entreprise en compte désormais la moitié. Le combinat de Norilsk offre des salaires nettement plus élevés que dans le reste du pays (plus de mille dollars pour un simple ouvrier), ce qui est dû aux conditions de vie très pénibles du grand nord arctique.
Mutations historiques
Période soviétique : Du Norillag au Combinat de Norilsk En 1919, une expédition menée par les géologues Nikolaï Ourvantsev et Alexandre Sotnikov, prélève les premiers échantillons de minerai à l'emplacement de la future ville de Norilsk. Ils sont considérés comme les pionniers du gisement. En 1923, un autre géologue, Nikolaï Vyssotski, relève la présence de platine dans un minerai. Les recherches géologiques durent jusqu'en 1934, quand les résultats d'une prospection détaillée fournissent une première mesure des ressources en minerais sur les gisements Norilsk-1 et Norilsk-2.
Les 23 et , un décret du politburo du Comité central du Parti Communiste prévoit la construction du combinat de Norilsk et du camp de travaux forcés de Norilsk, baptisé Norillag.
En fin d'année 1935, le combinat passe sous le contrôle du NKVD. L'exploitation et la production du métal sont effectués par le travail des prisonniers du goulag ; au total, en vingt ans, un demi-million de personnes passeront au Norillag. Autant de main-d'œuvre gratuite, parmi laquelle s'est trouvé Nikolaï Ourvantsev, pionnier du gisement. vignette|Timbre postal, Russie, 2015 L'extraction du nickel, du cuivre, du Cobalt et des métaux platinoïdes débute à partir des années 40.
Après la fermeture du goulag entre 1954 et 1956, beaucoup de travailleurs étaient des volontaires attirés par de meilleurs salaires et des avantages sociaux. À cette époque, le combinat de Norilsk produit 35 % du Nickel, 12 % du cuivre, 30 % du cobalt et 90 % des platinoïdes de l'Union soviétique.
En 1960, le plus grand gisement de minerais sulfurés cupro-nickélifères (cuivre et nickel) au monde est découvert dans le massif de Talnah. En 1965, le gisement Oktiabrskoïé est découvert.
En 1981 démarre l'exploitation de l'usine d'enrichissement de Talnah. En 1979 s'achève la construction de l'usine métallurgique de Nadejda.
1989-2014 : Norilsk Nickel, privatisation et internationalisation Le , le Conseil des ministres de l'URSS résout la création de l'entreprise d'État pour la production de métaux non ferreux « Norilski Nikel’ ». Le consortium englobe le combinat minier-métallurgique de Norilsk, les combinats de la péninsule de Kola, l'usine mécanique d'Olenegorsk, l'usine d'affinage de métaux non ferreux de Krasnoïarsk (OAO Krastsvetmet), ainsi que l'Institut Gipronickel de Léningrad. Ces entreprises sont fusionnées au sein d'un même consortium sur la base d'un processus de traitement des minerais sulfurés cupro-nickélifères communs à toutes ces entreprises.
En 1993, un décret présidentiel requalifie le consortium Norilski Nickel en société anonyme, l'entreprise devient Norilsk Nickel, société anonyme spécialisée dans la production de métaux non ferreux et de métaux rares.
En 1994, les actions de RAO Norilsk Nickel sont ouvertes à la vente. En 1995, l'Onexim-Bank, appartenant à Vladimir Potanine, obtient 38 % du capital social du consortium (51 % des actions avec droit de vote) pour 170,1 millions de dollars américains. En 1997, le groupe de Potanine rachète l'intégralité du consortium pour 640 millions de dollars.
En 2001 a lieu une restructuration : les actionnaires de RAO Norilsk Nickel échangent leurs titres contre des titres GMK Norilsk Nickel. Les actions de l'entreprise circulent sur la bourse RTS ainsi qu'à la bourse de Moscou.
En 2002, Norilsk Nickel acquiert le groupe Polyus et devient avec plus de 15 % des parts de marché le premier producteur d'or en Russie. Tous les actifs de la filière or de Norilsk Nickel sont transférés dans l'entreprise Polyus. En 2006, Polyus devient une société par actions à entière : Polyus Gold.
En 2006, Norilsk Nickel obtient un droit d'exploitation pour le gisement de Maslov. En , les mesures des ressources de ce gisement sont validées par l'agence fédérale (Rosnedra) pour l'utilisation des sous-sols.
En 2007, Norilsk Nickel obtient le rachat de l'entreprise canadienne LionOre avec une offre de 6,3 milliards de dollars américains.
À partir de 2009, le consortium possède sa propre flotte de navires brise-glace.
En 2014, Norilsk Nickel cède ses actifs internationaux dans les mines aurifères et le projet de mines nickélifères en Australie.
Depuis 2016 : Nornickel, diversification et nouveaux défis En 2016, la plus ancienne usine de nickel de l'entreprise située à Norilsk (construite en 1942) est fermée à marche forcée pour des raisons écologiques. Le coût de la fermeture avoisine les 11 milliards de roubles. La même année, l'entreprise change de nom et d'identité visuelle, devenant désormais Nornickel.
En 2017, Nornickel devient le seul producteur de nickel en Russie. La marque Nornickel est estimée à 675 millions de dollars par Brand Finance. Le groupe lance l'exploitation du Combinat d'extraction et d'enrichissement minier en Transbaïkalie, dont les coûts de construction sont estimés à 1,5 milliard de dollars, traitant 10 millions de tonnes de minerais par an. Nornickel entre dans le top 5 WWF des entreprises minières russes à responsabilité écologique.
En 2018, Nornickel crée une coentreprise avec Russian Platinium. Les volumes produits par Russian Platinium atteignent les 100 tonnes par an, un niveau comparable avec les volumes de production de Nornickel. Nornickel cède l'exploitation du gisement Maslov à la coentreprise et Russian Platinium mutualise celle des gisements de Tchernogorsk ainsi que de la partie Sud de Norilsk-1. Cependant, la coentreprise est dissoute en 2020 car son activité faisait obstacle à celle de Rusal. De plus, Russian Platinium et Nornickel trouvent un accord d'exploitation commune du gisement de Tchernogorsk.
En 2018 également, le fonds Interros de Vladimir Potanine rachète la part de 2,1 % d'actions de Nornickel appartenant à Roman Abramovitch, agrandissant sa participation dans le groupe à 32,9 % du capital. La même année s'achève la rénovation de l'aéroport de Norilsk, propriété de Nornickel, avec un volume d'investissement global de plus de 12,5 milliards de roubles, parmi lesquels 7,6 milliards sont octroyés par l'État. Encore en 2018, Nornickel conclut avec l'entreprise allemande BASF un contrat de livraison de nickel et de cobalt à l'usine finlandaise de Harjavalta produisant batteries et pièces de voitures électriques pour un volume de 300 000 véhicules par an.
En 2019, Roman Abramovitch vend 1,7 % des actions de Nornickel pour la somme de 551 millions de dollars à un large cercle d'investisseurs, excluant de la transaction tout acteur lié aux sociétés de Vladimir Potanine et à Rusal. Nornickel devient le premier employeur de Russie selon le magazine Forbes (comptant à cette date plus de 75 000 collaborateurs), et occupe la 36ᵉ place au classement mondial. La même année, Forbes place Nornickel à la première place du classement des entreprises russes ayant versé le plus de primes à ses dirigeants. Nornickel est partenaire de l'Universiade d'hiver de 2019 qui s'est tenue à Krasnoïarsk.
Le , un accident survient dans une centrale thermique appartenant à la filiale énergétique Norilsk-Taïmyr de Nornickel (voir partie Incidents écologiques). En , le ministère des Situations d'urgence de Russie annonce la réparation d'une fuite de carburant sur des installations de Nornickel.
Encore en 2020, Nornickel consacre 157 millions de dollars à la lutte contre la pandémie de COVID-19. La même année, Nornickel commence un projet de numérisation de ses ventes de métaux et annonce devenir le premier émetteur d'actifs virtuels sur sa plateforme suisse Atomyze.
En début d'année 2021, Nornickel interrompt sa production pour cause d'inondation de deux de ses principaux sites d'extraction : Oktiabrski et Taïmyrski.
À l'été 2021, Nornickel fabrique le premier Nickel neutre en carbone dans l'histoire de la métallurgie.
En , la cour d'arbitrage du kraï de Krasnoïarsk fait droit à la requête du procureur aux transports de Sibérie Occidentale, retirant 30 places d'amarrage portuaire à Norilsk Nickel. Les poursuites portent sur des emplacements du port maritime de Doudinka (sur l’océan Arctique), utilisés par l’entreprise avant la privatisation, et qui, selon le ministère public, ne faisaient pas partie des biens privatisés.
Privatisation et soupçons de fraude En 1994, les actions de RAO Norilsk Nickel sont ouvertes à la vente. Conformément au programme de privatisations, une partie des actions de la société est redistribuée aux salariés de l'entreprise, l'autre partie est vendue aux enchères. Norilsk Nickel est alors détenu par plus de 250 000 actionnaires.
La part réservée à l'actionnaire majoritaire de la société par actions (38 % du capital soit 51 % des voix), jusqu'alors entre les mains de l'État, est hypothéquée en (sous forme de « prêt contre actions », en russe залоговый аукцион, Radvanyi 2010). À la suite de cela, Onexim-Bank devient en tant que personne morale actionnaire majoritaire de Norilsk Nickel. Selon le calcul de Daniel Treisman cité par Julien Vercueil, L'entreprise est alors cédée pour 40 % de sa valeur réelle (170,1 M$ contre 425 M$).
Le , l'entreprise de logistique Swift (ЗАО "Свифт"), représentant les intérêts du groupe Onexim-Bank, remporte un appel d'offres pour la reprise des actions de Norilsk Nickel détenues par l'État. Le vainqueur récupère 38 % des actions du consortium contre 270 millions de dollars et des compensations financières supplémentaires envers l'État (financement de programmes d'investissement et rachat de dettes).
Le montant de la privatisation de Norilsk Nickel est jugé en conformité avec la valeur réelle de l'entreprise par :
le rapport 14300-2113/91 rendu par Dmitri Lvov, académicien et secrétaire de l'Académie des sciences de Russie. le rapport 93-1 rendu par Alla Griaznova, rectrice de l'université des finances du gouvernement russe.