Jacques Rigaud, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un haut fonctionnaire et administrateur français.

Ancien directeur de cabinet du ministre des affaires culturelles, il a été PDG du pôle radio RTL en France pendant 20 ans.

Biographie

Jeunesse et études Élève au lycée Carnot, il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et licencié en droit. Après l'ÉNA (promotion Félix Eboué, 1954).

Il compte parmi ses plus proches amis l'écrivain Gérard Nicaisse et l'artiste Jacqueline Debutler.

Parcours professionnel Il fait carrière au Conseil d'État en tant qu'auditeur de (1954), auditeur de (1956), maître des requêtes (1960) et conseiller d'État (1979), avant d'être admis à la retraite en 1986.

En 1958, il entre comme chargé de mission, dans le cabinet du ministre de la Construction, Pierre Sudreau, auprès duquel il avait effectué son stage de l'ENA en 1952. Ensuite, en , il est mis à la disposition du délégué général du gouvernement en Algérie.

Conseiller juridique de la Direction des transports terrestres du Ministère des travaux publics entre 1961 et 1969, il est appelé par Jacques Duhamel pour diriger son cabinet au ministère de l'Agriculture puis à celui de Culture, et participe, avec lui, au comité directeur du Centre démocratie et progrès. Rue de Valois, il et conduit une équipe qui prend davantage d'importance que les directions du ministère.

Selon Guy Dumur, Il conserve le même poste à la nomination de Maurice Druon puis est sous-directeur général de l'UNESCO de à novembre 1978.

En parallèle, il est commissaire du gouvernement auprès de l'Assemblée du contentieux du Conseil d'État (1964-1969) et rapporteur adjoint auprès du Conseil constitutionnel (1965-1969). Il préside à partir de 1977 la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, centre culturel de rencontre. En 1978, il est appelé par Jean François-Poncet, ministre des Affaires étrangères, comme chargé de mission.

Nommé administrateur délégué de la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion en , il devient PDG d'Ediradio (RTL) en pour 20 ans. À ce poste, il parvient, malgré l'ouverture des ondes FM, à faire conserver à RTL sa place de première radio françaiseBruno Fraioli, « Jacques Rigaud quitte RTL », Stratégies , 30 juin 2000, . Il impose également la CLT à la télévision, en reprenant la sixième chaîne en 1986, après avoir été écarté par François Mitterrand de la concession de La Cinq en 1984Jacques Rigaud, « C’est l’alternance de 1981 qui a rompu avec le dogme de médias audiovisuels aux mains du pouvoir », Lettre : La politique de l’audiovisuel entre 1981 et 1995, Institut François Mitterrand, avril 2004. En 1998, il perd son mandat d'administrateur délégué. À cette époque, il avait été tout de même reconduit comme Pdg de RTL pour deux ans. En 1998, il entre pour 2 ans au conseil de surveillance de la régie publicitaire IP France, et est élu à la tête du Syndicat des radios généralistes privées pendant 3 ans. Il siège également au conseil de surveillance de Bayard Presse (1985-2007).

Ayant participé à la naissance du projet du Musée d'Orsay, comme directeur de cabinet du ministre de la Culture sous Georges Pompidou, il prend la présidence entre 1981 et 1987 de l'établissement public chargé de sa mise en place, tout en assurant également la présidence de l’Association pour le livre et la lecture, organisatrice du premier salon du livre à Paris. Il contribue à la création d'un centre de divertissement au sein du théâtre de la Gaîté-Lyrique : Planète magique. Il siège à la Société d'exploitation de la Gaîté-Lyrique (SEGL) dont la Compagnie luxembourgeoise de télévision en est un des actionnaires. Le parc ouvre quelques mois, de 1989 à 19911986, la planète magique de Jean Chalopin..

Il participe à la création de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France en 1979, et demeure membre de son conseil d'administration jusqu'à sa mort. Il préside l'ADMICAL de sa création en 1980 jusqu'en 2008. Il est par ailleurs vice-président de la Fondation Robert Schuman, et membre du conseil d'administration de l'INA, du Festival de CannesJacques Rigaud, l'ancien président de RTL, est mort, Le Figaro, 7 décembre 2012.. Il dirige entre 2000 et 2006, le Fonds régional d'art contemporain d'Aquitaine.

Spécialiste de la culture et de la communication, il publie plusieurs ouvrages sur la politique culturelle française, dont La Culture pour vivre (1975), Libre culture (1990) et L'Exception culturelle (1995) où il défend une politique plus offensive que défensive en la matière. En 1996, le nouveau ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy, le charge d'une mission « pour une refondation de la politique culturelle » française. Dans ce rapport qui conclut les travaux de cette commission, il préconise une réorganisation administrative du ministère, réaffirme l'importance de l'éducation artistique, soutient la nécessité d'encourager le mécénat, et souhaite une meilleure prise en compte des industries culturelles. En 2008, il remet un rapport à la ministre de la culture sur « l'inaliénabilité des collections publiques en France », dans lequel il réaffirme la nécessité de l'inaliénabilité des œuvres, même s'il émet la possibilité d'une expérimentation de location ou de déclassification d'une partie des collections récentes du FNAC et des FRAC« Jacques Rigaud favorable à l’aliénabilité des œuvres du FNAC et des FRAC », auclair.com, 8 février 2008..

Son nom reste indirectement rattaché à ce qui fut qualifié d'« accident industriel » à RTL en 2000, car il avait mis en place Stéphane Duhamel qui ne put moderniser l'antenne et, au contraire, occasionna par ses choix une très forte baisse de l'audience.

Il meurt le dans le arrondissement de ParisÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à l'âge de 80 ans« Jacques Rigaud, président de RTL pendant 20 ans, est décédé » sur RTL, 7 décembre 2012., et est enterré au cimetière d'Arcachon auprès de son épouse Dominique Paul-Dubois-Taine (petite-fille de Jean Roland-Gosselin et arrière petite-fille de Paul Dubois et d'Hippolyte Taine).

Parcours professoral Jacques Rigaud enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1958 et 1987. Pendant les évènements de Mai 68, il est élu par les maîtres de conférences de l'école pour les représenter au sein d'une commission composée d'étudiants, de représentants des maîtres de conférences, et de représentants des professeurs. Il siège ainsi aux côtés de Jean-Michel Bloch-Lainé, Pierre Gerbet, Pierre Joxe et Alain Lancelot.

Il est par la suite membre du conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques.

Ouvrages Débat sur la France de demain, Julliard, 1961 La Culture pour vivre, Gallimard, L’Air du Temps, 1975 + réédition collection Idées, 1980 Les Relations culturelles extérieures, La Documentation française, 1980 Les Institutions administratives françaises (en coll., 2 tomes), Fondation nationale des sciences politiques et Dalloz, 1984-1985 Libre culture, Gallimard, Le Débat, 1990 Miroir des mots Robert Laffont, 1991 Le Bénéfice de l'âge, Grasset et Fasquelle, 1993 et Livre de Poche, 1998 (prix des Quatre saisons 1994) L'Exception culturelle - Culture et pouvoirs sous la République, Grasset et Fasquelle, 1995 Pour une refondation de la politique culturelle, La Documentation française, 1996 Un balcon sur le Temps, Grasset et Fasquelle, 1999 Place de la culture : Le relais culturel d'Aix-en-Provence 1970-1976, Charles Nugue, Gut & Mac, 2001. (Préface) Les Deniers du rêve : essai sur l'avenir des politiques culturelles, Grasset, 2001 « J'ai choisi d'être prêtre », de Patrice Gourrier, entretien avec Jacques Rigaud, Flammarion, 2003 Pierre Sudreau : Un homme libre, Christiane Rimbaud, Le Cherche Midi, 2004 (préface) Vivre à propos, Grasset et Fasquelle, 2005 Note du CAS, , : Art et société : Renforcer les liens sociaux par les arts, La Documentation française, 2007 Le Prince au miroir des médias : Machiavel (1513-2007), Arléa, 2007 Les Âges de la vie, entretiens avec Pierre-Michel Menger (France Culture « A voix nue », éd. de l'Aube, 2008 Quand les ombres s’allongent, Editions Bernard de Fallois, 2010 Hommage à Jacques Rigaud, homme de conviction et d'action, organisé par le Comité d'histoire du ministère de la Culture et des institutions culturelles sous la présidence de Maryvonne de Saint-Pulgent, lire en ligne

Décorations

Notes et références

Liens externes

Histoire orale - Tome III, service historique de la défense, Château de Vincennes, 2005 - Éric Lengereau, L'État et l'architecture, 1958-1981, une politique publique ?, Ed. Picard, 2001 -

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