Louis Poirson, surnommé « Rambo »« Louis Poirson, le tailleur de pierres » en septembre 2007 et septembre 2008 dans Faites entrer l'accusé présenté par Christophe Hondelatte sur France 2Doté d'une incroyable force physique, adepte de la musculation, il est complètement fasciné par Rambo, d'où ce surnom. Le procès d'un homme presque ordinaire - Un homme quelconque, FidèsLouis Poirson est capable de soulever d'une seule main sans manifester le moindre signe d'effort « L'itinéraire sanglant du tailleur de pierre » Article de Stéphane Sellami publié le 3 février 2005 dans Le Parisien, est un tueur en série et violeur multirécidiviste français, né en à Manakara (Madagascar).

L'affaire fait beaucoup de bruit dans les années 2000, lors des aveux successifs de Poirson concernant les assassinats de quatre personnes, entre 1995 et 1999. Il est par ailleurs soupçonné d'avoir déjà tué dans les années 1980, avant sa première incarcération.

Poirson est arrêté une première fois en et placé en détention pour douze affaires de viols et agressions sexuelles, commises entre et , dans Strasbourg. Dans ses effets personnels est découvert un cliché montrant une femme nue et terrorisée dans un bois, mais ce cliché ne débouche sur aucune piste, Poirson affirmant l'avoir trouvé lors de son service militaire.

Condamné en à 15 ans de réclusion criminelle, Poirson est finalement libéré en et s'installe en Île-de-France.

Il est de nouveau incarcéré en , après avoir enlevé trois auto-stoppeuses de 15 ans. Condamné à trois ans de prison ferme, Poirson est libéré en .

Il connaît une troisième arrestation, le , après avoir enlevé et tenté de violer une femme dans l'une des pièces de la ferme où il travaille. Poirson est de nouveau placé en détention provisoire pour ces faits.

C'est à ce moment-là que deux gendarmes soupçonnent Poirson d'être l'auteur d'un assassinat commis en . Ce dernier est mis en examen en , avant d'être mis en cause de à , dans le cadre d'un double assassinat datant d', puis d'un autre assassinat commis en , ainsi que d'un viol commis en .

Lors de ses gardes à vue, Poirson est décrit comme calme et respectueux des enquêteurs. Il ne reconnait les faits que si les enquêteurs lui soumettent des preuves irréfutables.

Dans un premier temps jugé en , pour le double assassinat de 1995, Poirson est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, innocentant ainsi Michel Villain, fils et frère des deux victimes jusque-là accusé du crime, qui aura été détenu trois ans en prison.

Poirson est de nouveau jugé en , pour les deux assassinats commis en 1999, le viol de 1998 et l'enlèvement commis en 2000, puis est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Bien qu'il ait reconnu avoir tué quatre personnes, le mystère plane toujours sur le fait que Poirson ait fait une cinquième victime. Le cliché de la femme nue et torturée dans un bois, découvert en , a suscité l'ouverture, en 2002, d'une enquête pour ainsi que d'un appel à témoins. Cette enquête n'a cependant rien donné et s'est soldée par un non-lieu.

Biographie

Enfance et jeunesse Louis Poirson naît en à Manakara (Madagascar), Son père est français, tandis que sa mère est malgache. Les Poirson résident à Madagascar jusqu'en 1966.

Poirson est l'aîné d'une fratrie de quatre et le seul garçon. Il déclare être devenu le souffre-douleur de son père alcoolique qui le bat régulièrement, souvent sans raison, sous l'œil d'une mère passive. Il éprouve par la suite une haine féroce à leur égard. Il est décrit par son entourage comme étant un élève « très motivé et agréable à fréquenter », employé « exemplaire », compagnon « prévenant »Le procès d'un homme presque ordinaire - Un homme quelconque, Fidès.

En , Poirson obtient un CAP de navigation. Doté d'une force herculéenne, il devient marinier sur un pousseur du Rhin. Son employeur vantera un travail « efficace et sérieux » et un comportement « exemplaire ».

En , Poirson part effectuer son service militaire, à l'âge de 19 ans. Fasciné par l'armée, il souhaite devenir para-commando, mais ne pourra jamais réaliser son rêve, ni même être un simple parachutiste, en raison d'une fracture au péroné. Poirson est fortement déçu et commence à ressentir des envies de violence. Il détient, à partir de cette période, une photographie représentant une femme nue et terrorisée dans un bois. Cette femme, vraisemblablement âgée d'une soixantaine d'années, semble inanimée, voire morte. De futurs enquêteurs, qui travailleront bien plus tard sur le profil de Poirson, auront la conviction qu'il s'agit de son premier meurtre.

Poirson retourne à Strasbourg lorsque son service militaire s'achève. Il est alors âgé de 20 ans.

Série de viols à Strasbourg Du au , Poirson commet sept viols et cinq agressions sexuelles (parfois sous la menace d'une arme, certaines de ses victimes faisant l’objet d’un début d’étranglement). Les onze premières agressions se déroulent de nuit, dans un parking souterrain du centre-ville de Strasbourg. Poirson entre dans le parking, se cache derrière un mur, puis se précipite sur la voiture de jeunes femmes seules, avant que celles-ci n'aient le temps de réagir. Les victimes de Poirson sont des jeunes femmes, âgées de 18 à 40 ans. La police et les enquêteurs, travaillant sur cette série de viols et d'agressions, font rapidement le rapprochement entre toutes ces affaires. Plusieurs suspects sont placés en garde à vue, mais sont systématiquement relâchés. Celui que la presse surnomme le reste insaisissable pendant près de deux ans.

Le , Poirson prend en auto-stop une jeune femme à bord de la voiture de sa petite-amie. Il l'emmène dans une forêt à l'écart de Strasbourg puis la viole. Lors de l'agression, la victime relève partiellement la plaque d'immatriculation de la voiture que conduit Poirson, avant que ce dernier ne s'enfuie.

Quelques jours plus tard, les enquêteurs parviennent à établir que la voiture du violeur est une berline Renault 21 beige, immatriculée 6846 TM 78, appartenant à la petite-amie de Louis Poirson.

Arrestation et première incarcération Poirson est arrêté en et placé en garde à vue dans le cadre du dernier viol. Il est également présenté aux onze autres victimes du , qui reconnaissent formellement Poirson comme étant leur agresseur. À l'issue de sa garde à vue, Poirson est inculpé de sept viols et de cinq agressions sexuelles et placé en détention provisoire à la prison d'Ensisheim. Il est alors âgé de 22 ans.

Présenté à plusieurs psychiatres, Poirson accuse sa famille de l'avoir mal éduqué et d'avoir fait de lui un violeur. Lorsqu'il évoque l'une de ses sœurs, Poirson déclare n'avoir . Il dit également que l'armée et son ancien employeur lui ont . À l'égard des autres membres de sa famille, Poirson rétorque : . Lorsqu'on l'interroge sur sa façon de se bagarrer, Poirson répond : .

Bien que son comportement puisse paraître comme étant schizophrènique, les experts psychiatres déterminent néanmoins que Poirson est responsable de ses actes et qu'aucune thérapie n'est à envisager.

Le cliché représentant une femme nue et terrorisée dans un bois, est retrouvé dans les affaires personnelles de Poirson. Interrogé par les enquêteurs, ce dernier déclare n'avoir jamais vu cette femme et qu'il s'agit d'un cliché qu'il a simplement trouvé lors de son service militaire. N'étant seulement poursuivi pour viols et agressions sexuelles, Poirson ne sera jamais inquiété pour ce meurtre supposé.

Poirson comparaît du 2 au , devant la Cour d'assises de Strasbourg. Il est reconnu coupable des 12 affaires de viols et d'agressions sexuelles et condamné à 15 ans réclusion criminelle. Tandis qu'il purge sa peine dans les prisons d'Ensisheim et de Fleury-Mérogis, il entretient une correspondance avec Chantal Vaslet, sa future compagne de 14 ans son aînée. Elle est assistante maternelle et est mère de six filles.

Poirson est libéré en , après 9 ans et demi de détention« Réclusion criminelle à perpétuité pour le tueur en série de la Villeneuve-en-Chevrie -Le parcours terrifiant du tueur en série- » Article publié le 9 février 2005 dans Le Courrier de Mantes. À la suite de sa libération, il déménage en région parisienne pour s'installer avec Chantal et devient tailleur de pierres.

Double assassinat du champ de Neuilly Le , Poirson boit un verre à la terrasse d'un bar. Il savoure ce moment de repos, mais les aboiements d'un chien à proximité l'en empêchent, cela le met en colère. Il marche à travers les champs et se rend au cimetière animalier de Douains pour se venger d'avoir été ainsi importuné. Il brise la vitre du cabanon à outils, en saisit un et s'en sert pour saccager les tombes des animaux. Jeanine Villain, 67 ans, et sa fille Monique, 44 ans, domiciliées à Saint-Vincent-des-Bois, venues se recueillir sur la tombe de leur chienne « Babette », entendent les bruits et le surprennent. Monique le menace d'appeler les gendarmes et lui tient tête. Ne supportant pas cela, il assomme Jeanine et attache Monique, les met dans leur voiture, une BX, et les emporte dans un champ à Neuilly. Il propose à Monique de les relâcher si elles renoncent à le dénoncer, elle refuse. Il étouffe Monique en lui mettant la tête dans un sac plastique et brise la nuque de Jeanine en la frappant avec un bout de bois. Il va chercher un bidon d'essence à La Villeneuve-en-Chevrie à la ferme des Molières où il travaille et revient brûler les corps des deux femmes. Ensuite, il part avec la voiture se promener dans Paris et revient à Mantes-la-Jolie, où il abandonne et incendie la voiture sous un pont de chemin de fer, là où elle sera retrouvée. Il rentre à pied chez lui.

Le , les corps des deux femmes sont retrouvés par des promeneurs. Les enquêteurs dirigent leurs soupçons sur Michel Villain, 40 ans, fils et demi-frère des deux victimes, avec qui il est brouillé depuis une dizaine d'années, mais qui est bénéficiaire d'une énorme somme d'argent en cas de décès de sa familleLe procès d'un homme presque ordinaire - Un passé judiciaire déjà chargé, Fidès« Trois ans volés à un innocent » Article de Jean-Pierre Thibaudat publié le 19 octobre 2002 dans Libération. Ce dernier est placé en garde à vue puis relâché, du fait de ses deux alibis.

Affaire d'enlèvement et ré-incarcération En , Louis Poirson enlève trois auto-stoppeuses de 15 ans à Chaufour-lès-Bonnières et les séquestre dans la ferme à La Villeneuve-en-Chevrie. Elles s'échappent, se rendent au commissariat et désignent la photo de Poirson, présente sur un cliché des services de police. Poirson est arrêté et placé en détention provisoire.

Poirson comparaît en , pour enlèvement en séquestration, et est condamné à trois ans de prison ferme.

Le , alors que Poirson est en prison, le fils de Michel Villain est placé en garde à vue dans le cadre du double meurtre, toujours irrésolu, et accuse son père d'avoir tué sa propre mère et sa propre sœur. Michel Villain est arrêté deux jours plus tard puis mis en examen et placé en détention provisoire.

Poirson, quant à lui, est libéré le , après avoir effectué deux ans de détention. Lorsqu'il retourne chez sa compagne, de 14 ans son aînée, il apprend que celle-ci lui a fait des infidélités alors qu'il était incarcéré.

Récidive de viol et autres assassinats Le , à Douains, Poirson viole Adeline, 20 ans. La jeune fille dépose plainte au commissariat et établit un portrait-robot de son violeur. L'enquête piétine et ne débouche sur aucune piste.