Châteaurenard () est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Châteaurenardais.
Géographie
Elle est le chef-lieu du canton portant le même nom. Entourée par les communes de Noves, Graveson, Rognonas et Eyragues. Châteaurenard est située à au sud-est d'Avignon qui est la plus grande ville des environs. La commune fait partie de l'agglomération Terre de Provence. Par sa population, Châteaurenard constitue la des Bouches-du-Rhône. La commune est bordée au nord par la rivière de la Durance.
Communes limitrophes
Accès Par l'autoroute A7 (depuis le nord ou le sud), sortie . Suivre la direction Châteaurenard, qui se trouve à environ . Par la D 7N : depuis le nord, après la traversée d'Avignon, en continuant sur la N 7 suivre la direction d'Aix-en-Provence, puis prendre la sortie Châteaurenard juste après le pont qui enjambe la Durance ; depuis le sud, après Saint-Andiol, suivre la direction Avignon puis prendre la sortie Châteaurenard.
Hameau Le hameau de la Crau (à au sud-ouest du centre-ville) fait administrativement partie de la commune de Châteaurenard.
Relief La commune est relativement plane, les seuls reliefs étant la colline du Griffon (où se situe le château) et le vallon de la Roquette avec le massif du Rougadou.
Géologie La plaine qui entoure l'éperon rocheux est formée d'alluvions quaternaires issues de la Durance.
Sismicité La commune est soumise à une sismicité faible mais non négligeable (zone sismique 3).
Hydrographie La commune de Châteaurenard est bordée au nord par la Durance, qui est la limite séparative avec Avignon et le département de Vaucluse. Elle est également traversée par l'un de ses affluents, l'Anguillon et par un de ses tributaires, le Réal.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Eyragues à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Châteaurenard est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'Avignon, une agglomération inter-régionale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avignon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (65,5 %), zones urbanisées (10,6 %), cultures permanentes (8,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,6 %), prairies (1,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,8 %), forêts (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la ville a pour origine Reynard (ou Reynardus), premier seigneur des lieux, vers 965Vincent Fournier, Châteaurenard, éditions de l'Equinoxe, 1993 (Le temps retrouvé), page 6. Le nom de la commune en provençal est Castèu-ReinardLou tresor dóu Felibrige, F. Mistral, vol. 1 , éditions CPM 1979.
Histoire Préhistoire Les premiers signes d'occupations sur le site de Châteaurenard dateraient de 2000 à 1800 Le fait qu'une flèche en cuivre ait également été découverte, permet de dire que l'on est au chalcolithique (étymologiquement : âge de la pierre et du cuivre). Ces individus sont robustes, mais de faible stature. Ils sont agriculteurs (céréales) et éleveurs de moutons.
Antiquité L'arrivée des Romains en Provence se fit le long des vallées fluviales. Le Rhône et la Durance furent les voies de pénétrations. À Châteaurenard, c'est dans le quartier du Vigneret que l'on trouve le plus de vestiges romains.
Au , les grandes invasions saccagèrent la région effaçant malheureusement tous les témoignages importants de cette période sur la commune.
Moyen Âge Le premier seigneur du nom de Renard (Reinhard ou Reynardus)« Château féodal de Châteaurenard », E-patrimoine en Pays d’Arles., vivait vers l'an 970. Sa mère s'appelait Balde et son père, Lambert dit Dodon. Il apparaît sous le nom de "Eldeberthus de Castro-Raynardus" au bas d'une charte concernant une dotation faite en faveur du monastère de Montmajour en 1015, par la comtesse Emma, fille de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse. Un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1094Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre de la Durance : d’étranges bateaux », in Guy Barruol, Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière no 149, Forcalquier 2005, , . Il fusionne avec celui de Rognonas vers 1450Catherine Lonchambon, , .
Au , lorsque devint comte de Provence, il voulut se doter de fortifications imprenables. Jordane, sa maîtresse, reçut la lourde charge de veiller à la transformation du castel primitif en une place forte. La pierre remplaça le bois et la construction dura plusieurs années. Femme de goût et de culture, Jordane organisa des cours d'amour. Les troubadours passèrent par Châteaurenard, et l'un d'eux composa un poème que l'on fit graver sur une pierre (encore visible aujourd'hui) dans la "Tour des Trois Poignards". Blacas de Pontevès, viguier de Marseille (1369-1377), lieutenant du sénéchal (1379 ; 1381), frère de Barral de Pontevès - seigneur de Pontevès, fut seigneur de Châteaurenard. Alors que son frère était carliste, il prit le parti des Angevins lors de la guerre de l'Union d'Aix en conditionnant toutefois ce soutien à la participation du duc à l’expédition de secours à la reineGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 409 et 410 (note 41)..
Au , le pape Benoît XIII alors en poste sur Avignon vient se réfugier à Châteaurenard pour échapper au siège du palais des Papes mené par Charles VI.
Période moderne En 1727, Sexte Gabrielle d'Aymar, épousa Jean Louis Gabriel de Thomassin, marquis de Saint-Paul. En 1781, Joséphine Henriette de Thomassin de Saint-Paul épousa Louis Marc Antoine de Valori. Ainsi par le biais des mariages successifs, les Aymar, les Thomassin et les Valori se succédèrent tout au long du dans la baronnie de Châteaurenard. On peut voir aujourd’hui la sépulture aux armes des Valori dans le cimetière de Châteaurenard et l’ancien château de Valori transformé en clinique par le Docteur Perrier, aujourd’hui résidence « le Valori »..
En 1887, la ville ouvre une gare située sur la ligne de Barbentane à Orgon. Le trafic est ouvert aux voyageurs et au transport de marchandises.
Période contemporaine
Le succès du marché hebdomadaire qui se déroulait sur le cours Carnot tous les dimanches, incita les agriculteurs de la commune à perfectionner leur outil de travail en créant, dès 1958, un CETALe CETA de Châteaurenard.
Ce Centre d'études techniques agricoles vit le jour en même temps que les premières serres dans le nord des Bouches-du-Rhône. Il permit d'assurer le passage des cultures plein champ vers les cultures sous abris. Actuellement, il compte 47 exploitations agricoles et représente environ 114 hectares de cultures sous serres. Ce qui permet de mettre en marché tomates et melons durant la période printemps-été, et les salades en automne-hiver.
Devise Tutus in arce vigil. (« À l'abri dans la forteresse je veille. »)À partir du XVIIe siècle, la famille d’Aymar (ou Eymard), noble famille provençale, détient des droits et des possessions sur le château de Châteaurenard. Les archives de cette famille comprennent des contrats de mariage, testaments et donations, ainsi qu’un registre de généalogie daté de 1686 (fonds Bausset et Valory, cote 597AP/52). Par le biais de mariages successifs, notamment avec la famille de Pontever, la famille d’Aymar consolide ses biens et alliances dans la baronnie de Châteaurenard.
Ces documents montrent l’activité féodale de la famille, avec des alliances matrimoniales, gestion de seigneuries et transmission de propriétés.
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Châteaurenard vote largement pour l’extrême droite aux scrutins régionaux, nationaux et européens.
Marine Le Pen obtient 57,11 % des voix au second tour de l'élection présidentielle de 2022, et 51,18 % à celle de 2017 - des scores largement supérieurs à la moyenne nationale. Son père, Jean-Marie Le Pen, obtenait également des scores nettement supérieurs à la moyenne nationale : 35,59 % des voix au second tour de l'élection présidentielle de 2002 (contre 17,79 % sur la totalité du territoire français).