Firmin Gémier est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français., né le à Aubervilliers (Seine) et mort le à Paris. Promoteur du Théâtre populaire, il crée le premier Théâtre national populaire à Paris en 1920.

Biographie Firmin Gémier naît au de la rue de la Haie-Coq à Aubervilliers, d'un compagnon tanneur et d'une « mère des compagnons charpentiers ». Installé à Belleville, il suit sa scolarité à l'école primaire supérieure Turgot grâce à une bourse. Refusé deux fois à l'entrée du Conservatoire, il apprend l'art dramatique dans des théâtres de quartier, notamment au Théâtre de Belleville et aux Bouffes du Nord, ainsi qu'avec le Cercle des Echoliers, . avant d'entrer au Théâtre Libre d'André Antoine en 1892 comme acteur et régisseur.

Il découvre avec Antoine la volonté de proposer un théâtre de qualité et bon marché. Il débute sur scène et se fait connaître par la première interprétation d'Ubu dans Ubu roi d'Alfred Jarry, au Nouveau-Théâtre de Lugné-Poe. Il quitte Antoine avec quelques membres de la troupe, et joue au Théâtre du Gymnase pendant une saison, puis dirige le Théâtre de la Renaissance où il s'essaye une première fois au théâtre populaire avec la mise en scène de Quatorze Juillet de Romain Rolland en 1902.

Redevenu acteur un an plus tard, pour payer les dettes contractées à la Renaissance, il s'associe à Camille de Sainte-Croix pour créer un théâtre populaire parisien, soutenu par la commission de la Chambre des Députés en 1906, mais refusé par le Conseil municipal de Paris. Il met également en scène à l'Odéon La Rabouilleuse d'après Balzac, pour laquelle il interprète Philippe Bridau. gauche|vignette|354x354px|Firmin Gémier interprétant Philippe Brideau dans "La Rabouilleuse" de Balzac. À la tête du théâtre Antoine entre 1906 et 1919, il alterne pièces à succès et nouveaux auteurs pour équilibrer les recettes. Influencé par Romain Rolland et son « théâtre pour le peuple » et par le Théâtre du Peuple de Bussang, il crée, avec l'appui de Joseph Paul-Boncour, le Théâtre national ambulant (1911-1912).Charles Gir, « Journal de route du Théâtre national ambulant de Firmin Gémier », Comœdia, 23 août 1911. : à la tête de la troupe du Théâtre Antoine, avec plusieurs camions puis wagons pour le transport d'une salle démontable de places, il parcourt la France pour présenter les pièces montées à Paris, tel qu'Anna Karénine, la Rabouilleuse et les Gaîtés de l'escadron. Faute de recettes suffisantes, malgré le gros succès populaire, l'expérience est rapidement abandonnée.

Il fonde la Société Shakespeare en 1917 et créé Le Marchand de Venise. Comme Antoine, Gémier cherche à renouveler la mise en scène : il investit la salle comme un élément de la scène, il utilise les effets de foule, poursuit le travail d'Antoine sur la lumière en supprimant la rampe et travaille avec Émile Jaques-Dalcroze l'intégration de la musique dans la représentation...

thumb|Buste de Firmin Gémier exposé au palais de Chaillot Il fonde ensuite le Théâtre national populaire (TNP) (1920-1933). Pour le critique Régis Messac, Firmin Gémier a trouvé « la formule exacte du Théâtre Populaire. […] Gémier, écrit-il, a donc songé à offrir au peuple des spectacles beaux, émouvants, artistiques – et aristocratiques. Il lui présente les vieux et les nouveaux chefs-d’œuvre de notre art dramatique, avec les meilleurs acteurs. […] Des orchestres excellents jouent du Beethoven ou du Mozart. […] Le peuple se presse à ces représentations magnifiques. Le peuple, qui a du goût, se déclare enchanté et ravi. » Régis Messac, « Note parisienne », la Liberté, n° 22081, 30 mars 1921, p. 1.

Il dirige simultanément le Théâtre de l'Odéon de 1922 à 1930. Il avait épousé l'actrice Andrée Mégard (1869-1952). Il a en 1922 avec la comédienne Mary Marquet un fils prénommé François dont il suit l'éducation. L'enfant sera adopté par le second mari de sa mère, le comédien Belge Victor Francen. Cherchant à entrer dans la résistance, le jeune homme est arrêté et meurt au camp de Buchenwald en 1943.

Il est chargé d'organiser le cérémonial du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon le . Il écrit un article, "L'Internationale du théâtre" pour le premier numéro de La Nouvelle Revue Socialiste () dirigée par Jean Longuet, par ailleurs avocat de Gémier, et Ludovic-Oscar Frossard.

Il lance la S.U.D.T. dont le Premier congrès international du théâtre et premier festival international d'art dramatique et lyrique se déroule en à Paris. et dont le but est l'amélioration et la protection l'amélioration du statut des professionels des arts du spectacle, idée qui sera reprise en 1948 par l'Institut international du théâtre.

Firmin Gémier est socialiste et franc-maçon, membre des loges La Clémente Amitié et Ernest RenanLaurent Kupferman - Emmanuel Pierrat, Le Paris des Francs-Maçons, Paris, 2013, p. 77.. Il reçoit en 1920 l'insigne d'officier de la Légion d'honneur, avant d'être élevé au rang de commandeur quelques années plus tard.

Firmin Gémier meurt le en son domicile, au , rue Blanche, dans le de ParisArchives de Paris 9e, acte de décès , année 1933 (vue 12/24), et est inhumé à Saint-Amour (Jura), avec son épouse, la comédienne Andrée Mégard (1869-1952), née Marie-Adélaïde-Alexandrine Chamonal, native de Saint-AmourSépulture de Firmin Gémier et son épouse Andrée Mégard à Saint-Amour « Le Progrès » 30 octobre 2015.

Hommages alt=Statue du mémorial Firmin Gémier dans le Square Stalingrad d'Aubervilliers.|thumb|Statue du mémorial Firmin Gémier dans le Square Stalingrad d'Aubervilliers. Le théâtre d'Antony, créé en 1967 à l'initiative de son maire Georges Suant et dirigé par le metteur en scène Jacques Sarthou, prend le nom de Théâtre Firmin Gémier. Une école de sa ville natale, Aubervilliers, porte le nom de Firmin Gémier. Un mémorial est présent dans le square Stalingrad d'Aubervilliers.. Le de Paris dispose depuis le d'une rue Firmin-Gémier..

Théâtre Comme comédien

Comme metteur en scène

Théâtre de la Renaissance

Théâtre Antoine

Théâtre de l'Odéon

Autres Théâtres 1911 : L'Oiseau bleu de Maurice Maeterlinck, Théâtre Réjane 1913 : L'Honnête fille de Gabriel Nigond, Théâtre du Palais-Royal 1920 : La Grande Pastorale de Pol d'Estoc et Charles Hellem, Cirque d'Hiver

Filmographie Comme acteur

Comme réalisateur 1933 : Le Simoun

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Études . . . . .

Éditions des textes de Gémier Firmin Gémier, Théâtre populaire Acte I, textes réunis et présentés par Catherine Faivre-Zellner, préface de Jean-Pierre Sarrazac, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2006.

Articles connexes Décentralisation théâtrale

Liens externes

Catherine Faivre-Zellner, « Gémier », site Les commérages de Tybalt. « Gémier Firmin », site du Théâtre de l'Odéon. Thérèse Achart, Gémier - L'Homme d'un Théâtre à venir, préface de Frédéric Pottecher, plaquette illustrée, éditée par l'Association des Amis du Théâtre Firmin Gémier d'Antony.

Catégorie:Metteur en scène français Catégorie:Directeur français de théâtre Catégorie:Acteur français de cinéma Catégorie:Naissance en février 1869 Catégorie:Naissance à Aubervilliers Catégorie:Décès en novembre 1933 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Pseudonyme