Le musée national d'Art moderne (MNAM) est un musée français consacré à l’art moderne et contemporain des . Il est situé à Paris dans le centre Georges-Pompidou, où il occupe deux niveaux (« Art contemporain » au et « Art moderne » au ), outre l'atelier Brancusi, des galeries d'expositions temporaires et divers autres espaces liés au musée. La collection est la deuxième plus grande du monde après celle du musée d'Art moderne de New York et rassemble plus de cent dix mille œuvres dont seule une partie est exposée par roulement. L’accrochage est en principe révisé tous les deux ans.. Des expositions temporaires sont également présentées.

Historique Musée Le musée national d'Art moderne a pris le relais de l'ancien musée du Luxembourg créé en 1818 par pour accueillir les œuvres des artistes vivants destinées à rejoindre le musée du Louvre dix ans après leur mort.. En 1861, le musée s'ouvre aux écoles étrangères jusqu'à constituer à partir des années 1890 une section suffisamment importante pour être installée en 1922 dans une antenne au Jeu de paume, renommée « musée des Écoles étrangères » en 1932, qui présentera de 1922 à 1939 plus de trente expositions temporaires consacrées à ces écoles.

Confronté de nouveau à l'exiguïté du musée du Luxembourg, malgré son installation dans le bâtiment actuel, construit en 1886, et l'Orangerie contiguë qui abrite les sculpturesLes musées du Luxembourg depuis 1750, Le musée des arts contemporains dans l’Orangerie Férou 1886-1937, Site du Sénat., et après l'abandon de son transfert envisagé en 1906 dans l'ancien séminaire Saint-Sulpice, puis du projet de « Cité des musées », proposé en 1929-1930 par Auguste Perret à l'emplacement du palais du Trocadéro, l’idée de construire un musée d'art moderne est alors promue en 1932 par Louis Hautecœur, conservateur du musée des Artistes vivants du Luxembourg. Déjà le musée de Grenoble à partir de 1919, le musée de Peinture occidentale moderne (MNZJ1 et 2) de Moscou en 1920, le musée Folkwang d'Essen en 1927, le musée d'Art de Łódź en 1930, puis le musée Kröller-Müller d'Otterlo en 1938, avaient été parmi les premiers musées en Europe à consacrer une section de leurs collections à l'avant-garde de l'art moderne, alors qualifiée d'« art indépendant » en France par référence au Salon des indépendants ; tandis qu'à New York était créé en 1929 le MoMA, spécialement consacré à cette période.

En 1934, l'État décide alors de construire un musée national d'Art moderne sur le site de l'ancienne manufacture de tapis de la Savonnerie doublé d'un second musée d'Art moderne pour la ville de Paris et, le , le président Lebrun inaugure le « palais des Musées d'art moderne », construit pour l’Exposition universelle de 1937 et ensuite dénommé palais de Tokyo. Néanmoins, il accueille à cette occasion une rétrospective de l'art français depuis le Moyen Âge, le choix ayant alors été fait de présenter la collection moderne d'art français au musée du Petit Palais, avec l'exposition Les maîtres de l'art indépendant 1895-1937., de juin à et les écoles étrangères au musée du Jeu de paume, avec l'exposition « Origines et développement de l'art international indépendant », du au .

Le , le musée national d'Art moderne, dont l'inauguration prévue pour 1939 avait été repoussée par la nécessité de travaux de finition puis par la guerre, connut enfin une ouverture partielle dans le palais de Tokyo avec un tiers seulement de la collection ramené des dépôts de la zone occupée et sans les écoles étrangères, conservées depuis 1922 au musée du Jeu de paume, alors évacuées et mises à l'abri au château de Chambord. À la Libération, le « musée des Arts modernes » reprend ses activités avec l'exposition Art et Résistance, du au . Mais le musée national d'Art moderne n'ouvrira véritablement ses portes que le en intégrant les collections du « musée des Écoles Étrangères » du Jeu de Paume ; tandis que ce dernier reçoit la même année les impressionnistes, déjà versés au Louvre en 1929.

En 1977, le musée national d'Art moderne est transféré dans le nouveau centre Georges-Pompidou avec les œuvres débutant par le fauvisme en 1905, en laissant au palais de Tokyo les œuvres post-impressionnistes des artistes nés avant 1870, qui rejoindront en 1986 le musée d'Orsay.

Sur les huit niveaux du Centre Pompidou accessibles au public totalisant Découvrir l'architecture du centre Pompidou - Site officiel, , la Bibliothèque publique d'information (BPI), dont l'entrée est désormais indépendante du Forum et qui possède sa propre cafétéria, occupe le tiers du de mezzanine et les niveaux 2 et 3, soit environ , dont de salles de lecture. Le reste de l'édifice, soit environ , est en réalité dévolu au musée national d'Art moderne, qui compte d'espaces d'exposition ( pour les collections nationales, atelier Brancusi de inclus, pour les expositions temporaires réparties dans sept galeries dont deux au sein même du musée)Bilan d'activité 2024 du centre Pompidou - Site officiel, et à ses annexes (bibliothèque Kandinsky, librairies d'art, boutique, ateliers pédagogiques, salles de conférences et de spectacles, ces dernières étant principalement liées à la programmation du musée) ou bénéficie directement au musée, comme les espaces de restauration des niveaux de mezzanine et du sixième étage consacrés aux expositions temporaires.

Travaux La première grande vague de travaux intervient en 1985. Les collections ayant alors presque doublé, les espaces d'exposition sont agrandis par l'architecte italienne Gae Aulenti, qui réaménage les galeries contemporaines, et de nouveaux espaces sont créés comme la « Galerie du Forum » dédiée aux expositions les plus exploratoires..

En 1990, l'Ircam, qui avait été construit en souterrain en 1978 sous la place Igor Stravinsky et la fontaine de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, est doté d'une tour émergente de par Renzo Piano, puis augmenté de deux immeubles aussi disparates qu'une ancienne école Jules-Ferry et un bâtiment de Bains-Douches réaménagés par Daniel et Patrick Rubin.. Lancé en , le remodelage des abords du Centre Pompidou porte sur une zone piétonne de délimitée par les rues Saint-Martin, Rambuteau, Beaubourg, du Renard et Saint-Merri. Il comporte la réfection des revêtements de sol, du mobilier urbain, de l'éclairage, de l'environnement paysager avec la plantation d'arbres, la réalisation d'un escalier reliant la Piazza à la rue Rambuteau et la création d'un parc de stationnement souterrain pour les autocars et des locaux de stockage. Ces travaux s'achèvent le , à l'occasion de la célébration des 20 ans du Centre Pompidou par l'inauguration de la reconstruction par Renzo Piano de l'atelier de Brancusi, avec une ouverture sur un jardin privatif de , sur le côté nord de la Piazza Beaubourg, où il avait déjà été réinstallé en 1977..

Du au , le Centre Pompidou ferme pendant plus de deux ans à l'exception d'un espace d'exposition de et du belvédère, pour une importante rénovation d'un coût de 440 millions de francs, menée par Renzo Piano et Jean-François Bodin. Le trou du Forum est en grande partie rebouché pour accueillir au sous-sol de nouvelles salles du Forum dédiées au spectacle vivant. Le transfert des bureaux à proximité dans le quartier de l'Horloge, permet d'agrandir la Bibliothèque publique d'information, qui dispose alors de sa propre entrée rue Beaubourg, ainsi que les lieux d'exposition, notamment au dernier étage, où deux galeries d'exposition temporaire sont aménagées ; tandis que les galeries du musée sont revues de part et d'autre de leur grande rue traversante. Le « tepee » de conçu par Chaix et Morel pour une exposition au Grand Palais est réutilisé sur la Piazza pour servir à l'information des visiteurs, aux « revues parlées » et à l'activité de la librairie-boutique.

Du au , l’escalator extérieur surnommé la « chenille » a été rénové, avec le retour du public de la BPI par l’entrée commune sur la Piazza et l’ajout d'un accès à la bibliothèque par le niveau 2 via l'escalator...

Le centre Pompidou a fermé le jusqu'en 2030, pour des travaux de désamiantage, réfection des peintures, changement de l’ensemble des baies vitrées et des ascenseurs, refonte des systèmes d’aération et de climatisation et mise aux normes de sécurité incendie et d'accessibilité, d'un montant de 200 millions d'euros..

Collections Le fonds initial hérité du musée du Luxembourg (reliquat de 803 œuvresReliquat des œuvres acquises par le musée du Luxembourg affectées au MNAM - Collection.centrepompidou.fr. porté à 1415 œuvres par 619 acquisitions de 1937 à 1946Œuvres acquises de 1937 à 1946 conservées par le MNAM - Collection.centrepompidou.fr.) a été considérablement enrichi depuis 1947 et constitué en partie par des donations d'artistes (Picasso, Braque, Matisse, Chagall, Delaunay, etc.) et de leurs héritiers, incluant le legs de fonds d'atelier (Brâncuși, Kandinsky, Dufy, Rouault) et des dons de collectionneurs privés (André Lefèvre, baronne Gourgaud, Raoul La Roche, Marie Cuttoli et Henri Laugier, Louise et Michel Leiris (218 œuvres), Docteur Robert Le Masle.., Paul et Lucienne Rosenberg, Marguerite, Aimé et Adrien Maeght, Daniel-Henry Kahnweiler, Daniel Cordier (1608 œuvres)Œuvres données par Daniel Cordier - Collection.centrepompidou.fr., Heinz Berggruen, Emmanuel Perrotin, Florence et Daniel Guerlain (1157 œuvres), Bruno Decharme (980 œuvres)Œuvres données par Bruno Decharme - Collection.centrepompidou.fr., etc.) ou avec l'aide du fonds du patrimoine, ainsi que par d'importantes dations (Man Ray, Chagall, Duchamp, Breton, Derain, Dubuffet, etc.).

L'enrichissement des collections, par dons et parfois participation aux achats, bénéficie également du soutien d'associations et de fondations amies : Les amis du Centre PompidouAssociation des amis du Centre Pompidou - Site officiel., remplaçant en 2017 la Société des amis du musée national d’Art moderne, mais dont l'origine remonte à 1903La Société des amis du musée national d’Art moderne créée en 1947 a absorbé en 1969 la Société des amis du musée du Luxembourg, créée en 1903 et reconnue d’utilité publique en 1924, laquelle avait déjà absorbé en 1947 l’Association des amis des artistes vivants créée pour la seconder en 1929.. L'association comprend six groupes d’acquisition et de recherche, dont un cercle international, et est liée au fonds ChanelComités d'acquisition et de recherche de l'association des amis du Centre Pompidou - Amis.centrepompidou.fr. : le Cercle international (CI) créé en 2013, lui-même constitué de huit chapitres géographiques redéfinis à partir de 2017 (488 œuvres acquises depuis 2014, en Œuvres acquises grâce au Cercle International des amis du Centre Pompidou depuis 2014 - Collection.centrepompidou.fr.) : CI-Amérique Latine créé en 2017 (49 œuvres depuis 2021Œuvres acquises grâce au Cercle International-Amérique latine des amis du Centre Pompidou depuis 2021 - Collection.centrepompidou.fr.), remplaçant le Groupe America Latina créé en 2010 (6 œuvres de 2013 à 2016), CI-MENA (Moyen-Orient et Nord-Afrique) créé en 2015 (21 œuvres depuis 2022Œuvres acquises grâce au Cercle International-MENA des amis du Centre Pompidou depuis 2022 - Collection.centrepompidou.fr.), remplaçant le Groupe Moyen-Orient créé en 2013 (20 œuvres de 2015 à 2018Œuvres acquises grâce au Cercle International-Moyen-Orient des amis du Centre Pompidou de 2015 à 2018 - Collection.centrepompidou.fr.), CI-Asie Pacifique créé en 2017, remplaçant le CI-Greater China créé en 2015 (dont 88 œuvres chinoises depuis 2014Œuvres chinoises acquises grâce au Cercle International-Greater China puis Asie Pacifique des amis du Centre Pompidou depuis 2014 - Collection.centrepompidou.fr.), CI-Global créé en 2017, pour le monde entier (31 œuvres depuis 2021Œuvres acquises grâce au Cercle International-Global des amis du Centre Pompidou depuis 2021 - Collection.centrepompidou.fr.)),